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22/04/2018

Qu'un sang impur...

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Chez les gens bien mis, on prend toujours soin de tirer des missiles en costume cravate. On a l’extrême obligeance de s’essuyer la conscience sur le paillasson avant que d’exploser la gueule de l’humanité à coups de bombes propres sur elles, subtilement chirurgicales, qui ont la délicatesse de frapper avant d’entrer.

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C’est une marque d’hygiène élémentaire et de bonne éducation versaillaise.

Oui, chez les opportunistes à la carrière tirée à quatre épingles, on fait de la politique sans auréoles sous les bras. On a les valeurs propres parce qu’on n’a pas de valeurs. On a la parole impeccablement repassée. On change de conviction comme de slibard tous les jours et on passe à la machine sa signature histoire de pas trop puer la sueur.

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On lave, on délave.

Non, chez les petits marquis tout poudrés, les aristos de l’ascenseur en chaise à porteur, on ne se permettrait pas de sortir sans cravate. On a l’argent sale peut-être mais la pochette assortie, on a l’opinion modulable mais le pli du pantalon strict et vertueux. Car rappelons le encore, le meilleur moyen de se payer un costard, c'est de travailler faire trimer les autres.

En revanche notons que chez les feignants d’en face, les grévistes, les activistes, les zadistes, les prolos, les gauchos, les riens, les punks à chien, les assistés, les incultes, la racaille, les pouilleux, les crasseux, les sans dents, les gueux…bref les nuisibles, on laisse toujours les universités occupées (insalubres depuis des années) dans l’état où on ne les a pas trouvées en entrant, après s’être adonné au sexe, à la drogue, à la prostitution et à la violence (tiens pourquoi pas à l’alcoolisme ?).

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On a l’interview déboutonnée sans même donner du « monsieur le président », on a la tenue débraillée et forcément les idées qui vont avec, on souille, on pullule, on pollue, on pisse à côté, on ne fait pas là où on nous dit de faire :

On n’est pas fréquentable. On n'est pas respectable. On est sale.

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Dans la bonne société où l’ordre de la femme de ménage exploitée mais startupeuse règne, on ne confond pas l’écologie bien peignée, bien rangée sur l’étagère du fond avec l’anarchie toute avachie.

On a le mépris, la morgue ou l’arrogance toujours bien épilé du maillot. On licencie en smoking, on expulse avec déodorant. On embastille les gosses peut-être mais avec l’haleine fraîche, on matraque sans doute mais toujours scrupuleusement manucuré.

On n’aime pas les chemises arrachées

On aime les chemises grises.

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Oui, dans cette bonne bourgeoisie glabre, rasée de frais, on pratique la guerre au nom de l’humanitaire, on préfère la milice en uniforme plutôt que le juste hirsute, on donne de la charité mais jamais la justice, on libère ses sphincters au micro de radio bistrot pour mieux balancer du stéréotype sur l’opposant mal léché, mal lavé mal blanchi, mal élevé, mais sans mettre son doigt dans son nez.

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Enfin faut voir…

Oui, chez les gens bien, on a l’idée crade certes, la pensée dégueu sans doute, la diarrhée verbeuse comme jamais, mais la mimine gantée et les ongles vernis. On fait semblant de disrupter le petit doigt en l’air. On jette de la menue monnaie du haut des balcons particuliers. On s’offusque du déboutonné pour mieux piétiner les blouses blanches entre deux blanchisseurs.

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On baise les babouches ensanglantées avec distributeur. On privatise les profits, on socialise les pertes. ON vend, on brade, on récompense, on ristourne aux riches amis fraudeurs, on traque, on stigmatise on culpabilise le petit gratteur de rien. 



Leur morale n’a pas d’odeur. Celle qu’on nous inflige pue.

Ils sont purs, nous sommes impurs c’est une affaire entendue, tranchée, définitive et totalement récurrente durant les siècles des siècles, car plus c’est moderne et plus ça sent sa vieille lune.

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Alors oui et pour en finir avec ce malentendu de la marseillaise, quitte à s’en prendre plein la gueule, à se faire insulter, cracher au visage par les bien nés, les cuillerés de la bouche en cul de poule, leurs valets, leurs larbins, leurs chiens policiers et leurs chiots de micro, qu’un sang impur, le notre, celui qui n’est ni de sang royal ni de sang bleu, abreuve à nouveau nos sillons.

Ce n’est pas à coups de pistolet à eau qu’on se fera respecter.

Puisque nous sommes affreux et sales, devenons enfin méchants !

tgb

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19:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

11/04/2018

L'armée est dans le pré

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Ainsi nos « va t’en guerre » réformés, qu’ont trop vu la télé,

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de jouer aux petits soldats et de diriger, planqués, les grandes manoeuvres entre deux salades.

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Dans la salle de crise, martial, le général Tapioca, de mener les opérations et d’envoyer les forces aéroportées affronter les légumes.

Bio

2500 militaires avec blindés, contre 200 joyeux jardiniers avec tracteurs, de surjouer la guerre et de singer quelque blockbuster hollywoodien pour mieux finir en navet pour dérangés bien rangés du bocage.

Et de les imaginer déplacer les petits drapeaux sur la carte et se projeter sur la ligne de front :

- chef, chef on vient de reprendre le poulailler et de faire prisonnier trois brebis dont deux avec armes de destruction massive.

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- j’informe immédiatement le QG !!

Mais ne nous y trompons pas, ce ne sont pas trois cabanes inoffensives que cherche à détruire l’état de l’ordre capital, du flic et du fric, c’est bien toute trace d’alternative, de solidarité et d’entraide, toute idée de résistance et d’autrement. Les zones de non droit étant réservées exclusivement aux potes de l’oligarchie.

Et de parfaire l’offensive en faisant donner la troupe et la milice, la grenade dans les champs et la matraque fasciste dans les facs, sur les piquets de grève, dans les gares où l’on croise les riens, sous le regard énamouré de quelque retraité 68, de ces jeunes putains finissant en vieilles maquerelles à toucher leurs dividendes mérdiatiques.

Pas super bottom up la start up nation mais bien super has been à genoux dans la boue à défendre le vieux monde vermoulu qui craque de partout et la Tina ripolinée comme un camion qui fait le tapin.

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Et le Maréchal Macaron dans sa panoplie immaculée d’aviateur frelaté de baiser les babouches de l’acronyme le plus abject de la planète, SMB,

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de s’associer aux crimes de guerre du Yemen, aux coups de fouet donnés aux poètes,

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à l’obscurantisme pétro-monarchique relooké par Publicis entre une pincée de sabre, une autre de goupillon.

Et le Maréchal Macaron, entre deux bisous à Sissi impérator, à Erdogan dictator, de s’indigner sur facture avec le marchand d’armes Trump de la Syrie sans preuve mais avec scénario et de s’offrir enfin son baptême de bombardement unilatéral en violant la charte de l’ONU comme un grand au risque de tout faire péter.

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Lui faire sa fête le 5 mai au petit troufion de carnaval, au télévangéliste versaillais, au petit larbin des banques et des finances, à ce genre de trouduc tiré à quatre épingles qui adore faire la guerre avec la vie des autres pour mieux montrer son petit poing tout bushien.

tgb

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13:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

27/03/2018

Le silence des oiseaux

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Il y a encore aujourd’hui dans les campagnes chinoises comme une impression bizarre.

Un étrange silence.

Au début des années soixante pour lutter contre la disparition des graines de céréales mangées par les oiseaux fut instaurée par Mao une grande opération d’hygiène qui avait pour but d’exterminer les « quatre nuisibles » : moustiques, mouches, rats, moineaux.

Pour tuer les oiseaux, les paysans chinois tapaient sur des casseroles empêchant les moineaux notamment, de se poser et de se reposer jusqu’à ce qu’ils meurent d’épuisement et tombent du ciel comme des pierres.

Les autorités ayant juste négligé le fait que dans l’ écosystème (qu’on ne maîtrisait pas encore) les oiseaux ne mangeaient pas que les graines mais aussi les « parasites » le résultat ne se fit pas attendre : une recrudescence d’insectes, une invasion de criquets et un effondrement des rendements de riz.

Cette planification à courte vue, avant d’être corrigée, fit des dégâts considérables et fut l’un des facteurs contribuant à la grande famine chinoise où près de trente millions de chinois crevèrent de faim.

Aujourd’hui encore, 50 ans plus tard, dans les campagnes chinoises : le silence.

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Ce silence est en train de gagner nos campagnes à nous, où, à ce rythme mortifère, bientôt nous nous passerons du gazouillis des zoziaux, du bourdonnement des abeilles sans plus de frissonnement des arbres.

Si le gouvernement chinois pêcha par ignorance et par logique absurde, nous c’est en toute conscience que nous participons à l’éradication de la faune et de la flore, de la bio diversité de nos campagnes, nous c’est par cupidité, sous le joug des lobbies, que nous organisons le silence des oiseaux.

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C’est le printemps et l’on remarquera les pudeurs de gazelle du Niel-Pigasse de référence

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pour ne pas lâcher le mot insecticide en sa une, en ces temps de fusion monstrueuse Bayer/Monsanto.

Le profit du poison, la rentabilité du médicament.

Face à cette extinction progressive et discrète notons l’indignation triste de notre tout vert Nicolas Hulot, l’homme qui ne recule jamais, s’en prenant courageusement au ministre de l’écologie, caution de la start up gouvernementale à tout manager qui pense et dépense le printemps avant de l’épuiser.

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Une telle schizophrénie dans l’impuissance ferait presque peine à voir.

C’est le printemps et nos forêts en voie de privatisation, de marchandisation, d’attendre la grande faucheuse à pognon, l’impitoyable tronçonneuse à profit tandis que les pseudo castors bradent les barrages aux actionnaires et finissent de mettre en bouteille le liquide à dividendes.

C’est le printemps et alors que les matraques des milices fascistes bourgeonnent dans nos universités,

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tout autant que les paroles embourgeoisées des « starlettes » appointées de mai 68 ralliées à la grande saloperie en marche, une député LREM propose de tirer sans sommation sur quelque écolo lanceur d’alerte, introduit dans une centrale nucléaire.

En ce printemps donc, le paltoquet de la globishonie se pique de sauver la planète en éteignant la lumière.

Pour rien. Pour mieux faire écran. Comme on joue à faire clignoter la tour Eiffel, les jours sanglants.

Il y a longtemps que dans ce monde disjoncté, la commémoration printanière muséïfiée permet de mieux tuer le vivant du printemps, d’éteindre les voix dissonantes

et le chant des oiseaux même pas rentables.

tgb

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12:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

17/03/2018

La réponse est dans la question et vice versa

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En termes de communication, vous avez tout une typologie de questions qui va de la question ouverte - que pensez vous de…

à la question fermée oui/non.

Entre les deux, en entonnoir, on trouve également la question semi ouverte ou semi fermée, genre, question de fait : qui quoi quand comment …que l’on mémorise avec ce truc mnémotechnique CQQCOQP,

la question alternative, qui certes offre un choix, mais pour le moins cadré

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la question orientée qui induit le champ de la réponse …

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jusqu’à la question rhétorique

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qui elle n’appelle pas de réponse tant elle est inductive.



induction négative s’il en est.

bref, combien je vous dois ? ou est-ce que je vous dois quelque chose ?

si le sens de la question reste le même l’impact en est bien différent.

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Il n’est pas de question innocente, toute interrogation véhicule du connoté, de l’implicite de l’influence plus ou moins.

Ainsi les sondages reposent sur des questions types qui se voudraient neutres mais dont les biais conscients ou inconscients voulus ou pas, influent largement le champ de la réponse.

choix des mots, dramatisation ou pas, tournures des phrases, occurrences, figures rhétoriques...


N’oublions jamais que l’objectif de l’institut de sondage est de satisfaire le client et donc de lui offrir clef en main ce qu’il espère.

Rien de plus facile donc que de manipuler l’opinion, fabriquer le consentement ou un président et ce n’est pas par hasard si les milliardaires

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en plus de s’offrir les médias complètent leur panoplie avec des instituts de sondage.

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Comment convaincre l’opinion publique ?

La méthode est maintenant connue, rodée, même un poil éventée :

Un sous ministre lance une idée moisie de réforme bien pourrie, des éditocrates bien larbinés - Cohen Aphatie Barbier…- reprennent l’idée en la vantant, un article élogieux parait soudainement dans quelque journal de référence, un rapport sur le sujet sort comme par enchantement d’un tiroir, puis un sondage trafiqué indique qu’une majorité de français soutient le projet et le tour est joué.

Exemple : la réforme de la sncf -

quand on pose une question fermée assez neutre

Avez vous une bonne image des cheminots ?

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la réponse est sans ambiguïté

oui à 72%

On s’étonnera d’ailleurs de l’amateurisme de ce média en pleine crise d’honnêteté sondagière, car en principe si on pose une question fermée on prendra soin d’y mettre un avant propos un chouïa subjectif

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ou de libeller la question de manière radicalement pourrie

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J’en ai concocté une moi-même, testée sur un panel de 4 participants, échantillon parfaitement représentatif donc, et le résultat escompté ne s’est pas fait attendre

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Dans mon florilège de questions bien tordues bien perverses, j’ai un petit faible pour celle ci :

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ou comment, que vous soyez d’accord ou pas avec la réforme, vous devez quand même dire oui à la fin et pis c’est tout.

A ce stade d’acrobatie sémantique et de jeu d’influence, la réponse est tellement dans la question qu’elle n’a même plus lieu d’être.

Ma réponse est oui maintenant posez votre question - Woody Allen

En passant, je vous livre ce petit bijou où l’absurde le dispute à la poésie

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Bref on nous sonde en nous enfonçant une carotte dans l’oignon bien profond.

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Et me revient alors un extrait des Simpson...

Alors que le maire de Springfield en débat public propose de valider une décision fort discutable, il propose à son auditoire de crier

oui s’ils sont pour

ou

mort à l’Amérique s’ils sont contre

je vous laisse deviner le résultat de la concertation

tgb

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11:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

 
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