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20/03/2019

Vodka et cocktail molotov

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Tout d’abord permettez moi, en ces jours funestes, d’avoir une pensée émue pour les Champs Elysées affreusement saccagés, les nombreuses devantures de magasin lâchement agressées par les terroristes jaunes et les succursales du grand capital tombées au combat : Bulgari - Hugo Boss - Chanel - Longchamp - Le Fouquet’s - Swaroski - Nespresso - Le PSG - Lacoste

une minute de silence aussi pour les familles des vitrines bouleversées :

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-…………………..............................................................-

 

merci !

 

La violence c’est pas bien. La violence c’est mal. La violence appelle la violence. Non à la violence. Halte à la violence. D’autant que l’instrumentalisation de la violence méchante justifie la répression gentille, qu’être aussi féroce qu’eux n’est pas gagné, tandis que la non violence n’empêche pas d’acheter un sac Vuitton ou un maillot du PSG.

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Ce n’est évidemment pas en brisant la vitrine d’une banque qu’on va faire tomber la banque sur la gueule du banquier même si ça la fout mal.

Donc, quand on m’éborgne l’oeil droit, je me justifie devant Pujadas, puis me culpabilise devant Aphatie et enfin tend l’oeil gauche à Castaner pour me soigner de tant d’aveuglement. Ce n’est pas parce qu’on me mutile, m’humilie, me nie, me conchie, me vire, m’exploite, me crache à la gueule, que je dois me laisser aller sauvagement à égratigner un robocop qui est un être humain aussi.

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Je n’oublie évidemment pas d’exiger en toute décence d’un factieux éborgné à peine mutilé, devant le spectacle des Champs Elysées affreusement défigurés, qu’il verse sa larme du dernier oeil qui lui reste. Lui l’a bien cherché contrairement au Fouquet’s. (qui ne nous appartient alors que les aéroports, Engie ou la française des jeux bradés à la mafia…mais que c’est pas une raison).

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Je m’excuse donc si un membre de la bac a contracté quelque courbature à cause de moi, quelque méchante crampe de flashball et condamne avec la plus grande vigueur le fait d’avoir occasionné, à force de réglementaire matraquage, une tendinite par ci, une contracture par là, parmi nos dévouées forces de l’ordre nouveau.

J’ai bien conscience que, jusqu’à aujourd’hui, c’est avec la plus grande retenue que le pouvoir a massacré son peuple, certain préfet ne souhaitant pas spécialement entrer dans l’histoire avec du cadavre sur son CV, mais que les meilleures choses ayant une fin, il devient légitime, sous les encouragements civiques de l’éditocratie collaborationniste française, qu’on enferme les sauvages fluos dans un stade sauce Pinochet, qu’on en fusille quelques uns pour l’exemple, et qu’on mitraille à balles réelles la foule, le grand Dieu jaune et le franc tireur Luc Ferry, reconnaissant les siens.

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Le consciencieux et zélé Lallement, nouveau chef des milices de l’oligarchie méritante semble être de ce point de vue tout à fait déterminé à courageusement salir ses gants blancs.

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Un tel sens du devoir rappelle avec nostalgie les meilleures heures préfectorales du serviteur de l’état qu’était le regretté Papon.

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N’oublions pas non plus de compassionner fort socialement pour une fois, avec le pauvre kiosquier privé soudain de son outil de travail encore tout fumant avant d’aller rejoindre la longue cohorte des assistés en vacances aux Bahamas, tout en nous fichant parfaitement des chômeurs virés pour cause de dividendes, de la spéculation de certaine ministre du travail sur les plans de licenciement, des accidentés du travail, des riens d’une manière générale qui peuvent crever.

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(Chaque année en France : - 2000 morts dans la rue - 560 morts au travail - 67 000 morts à cause de la pollution - 14 000 morts à cause du chômage...)

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Rassurons les accros de la manif merguez et cotillons, l’itinéraire Bastille Nation restera praticable tous les premiers samedis du mois (et encore), histoire de pas déranger, d’autant qu’un Grand Débat fort démocratique nous est offert pour exprimer nos incessantes doléances.

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Rappelons surtout que la boxe est strictement interdite sur les passerelles, que les tractopelles ne doivent pas défoncer les portes des ministères, et qu’on ne martyrise pas les plâtres des allégories de l’arc de triomphe sous peine de paniquer le patronat en son merdef, le subtil Griveaux en son pantalon et le président volant en son hélicoptère affrété, entre deux télésièges éjectables.

Pour résumer notre devoir citoyen du jour, consommons plus consumons moins

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pour aider notre grand patron Arnault et lui éviter de devoir jeter l’éponge et son RH Macron tout en même temps.

tgb

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12:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

11/03/2019

Le jeune tambour

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Je vois ça, estomaqué et alors me reviens ça du fond de ma mémoire d’écolier du temps lointain où l’ école républicaine en sa glorieuse propagande vous apprenait encore, en cours d’instruction civique, la république et c’était toujours mieux que de programmer des gamins à devenir milliardaire, d’autant qu’ils ne le seraient jamais.

Bref, l’histoire du tambour Bara, joseph de son prénom, neuvième enfant d’une famille pauvre, engagé volontaire au 8e de hussards et combattant en Vendée les contre révolutionnaires.

L’histoire raconte que près de Cholet le 7 décembre 1793, menant ses deux chevaux à boire, Bara est pris à partie par des chouans, qui le contraignent à crier « Vive le Roi ! ». Il répond : « Vive la République ! » et tombe sous les balles royalistes.

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Ainsi naquit le mythe de l’enfant soldat Bara, héros et martyr qui faillit entrer au Panthéon et que la Convention Nationale s’empressa d’ instrumentaliser (on faisait de la comm

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et du story telling déjà) le peintre David immortalisant le jeune Joseph avant qu’une reproduction du tableau soit placé dans chaque école primaire.

L’histoire du jeune Bara est sans doute en partie une légende fabriquée, inscrite dans l’imagerie républicaine mais quoi, comme chez John Ford, quand la légende dépasse la réalité, publions la légende.

Et alors nous y voici,

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voici qu’une jeune tambour en gilet jaune se fait prendre à parti par la milice française, de celle qui héroïquement tue les grands mères aux fenêtres, gaze les paraplégiques, écrase les lunettes des manifestants, éborgne, matraque, insulte, humilie, avec un zèle tout macroniste, la jeune fille, le retraité, voire le touriste égaré, puis rentre chez elle après une journée harassante, fière du devoir accompli, embrasser ses gosses et regarder les chaînes de l’ORTF de la start up nation.

« délit de roulement de tambour » à n’en pas douter ça doit faire chic sur un procès verbal, avec pour tarif peu syndical, une nuit de garde à vue.

On a les actes de bravoure que l’on peut quand on pense comme un porc.

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Cet évènement ici est évidemment moins tragique que le drame de Joseph Bara, l’histoire se répétant comme une tragédie d’abord puis comme une farce selon Marx, mais il est en ce moment des clins d’oeil révolutionnaires, comme ce fameux Drouet, qui nous dit quelque chose de notre incorrigible et admirable penchant pour l’insurrection populaire, tatouée de façon indélébile dans notre mémoire collective.

Et décidément en pleine régression infantile et par association me vient inévitablement cette vieille comptine qu’on loge tous dans un coin de sa tête et qui en redécouvrant les paroles faussement anodines me cause de mésalliance, d’un monde où l’on s’épouse entre soi, dans sa classe, d’un Niel mariant la fille d’Arnault,

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de cette caste endogamique, arrogante, cupide, suffisante, qui contrairement à ce qu’elle croit, ne nous fait pas envie.

Roulons tambours, percutons, répercutons…

liberté égalité fraternité

de leur monde pourri on n’en veut pas

le notre est plus modeste et plus joli

tgb

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20:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

11/02/2019

Le manifeste jaune !

 

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Symboliquement, le jaune n’a jamais été une couleur sympathique. Elle est connotée au social traitre briseur de grève, genre cfdt négociant le poids des chaînes, au cocu qui se voit offrir des cravates jaunes citron par sa femme, au rire jaune compassé, à l’étoile jaune de sinistre mémoire, et ce n’est pas forcément en bougeant avec la poste qu’on risque de faire tendance et furieusement start up nation.

Bref, le jaune porte les codes de la honte et le maillot jaune frelaté d’un Amstrong par exemple, ne sauvera pas cette couleur de l’infamie.

Le jaune et même le petit n’a pas bonne réputation.

Loin du noir de l’anarchie, du blanc de l’innocence, de l’immaculée ou de la neutralité, du rouge de la révolution et du sang, du bleu royal ou républicain, du vert de l’espérance, le jaune politiquement n’est associé qu’au renégat, à la traitrise, au félon, au Judas.

Carton jaune.

Alors en faire soudainement une couleur révolutionnaire ça n’était pas gagné d’avance. Je ne sais pas qui a eu cette idée bizarre d’associer cette chasuble, moche accessoire obligatoire de sécurité, que si tu l’as pas dans ta bagnole t’as une amende et que si maintenant tu l’as, tu vas direct en garde à vue, mais il ne devait sans doute pas s’attendre à déclencher des marées fluos sur les Champs Elysées ni à en faire internationalement l’emblème de l’insurrection contre le nouvel ordre mondial.

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L’histoire a de ces facéties.

C’est donc ce gilet jaune dont personne ne voulait, objet de toutes les contraintes autoroutières qui fétichise les luttes d’aujourd’hui et c’est donc Jojo le gilet jaune déboulant en Bourgeoisie, ce rustre, ce manant, ce gueux, ce pouilleux qui finit par faire tomber les masques des bien assis bien pomponnés découvrant leurs faces hideuses de poudrés suffisants, de rebelles de pacotilles, d’artistes confortables, de journalistes de chambre, de politiques de gauche sans gluten qui aiment les révolutions partout en théorie oui mais surtout pas dans leurs chaussettes.

Faudrait voir à pas trop déranger cette société pseudo rebelle de notables paillassons.

Non ce n’était pas gagné d’avance, d’autant que le jaune fluo en ces heures sombres de charcutage gouvernemental, de boucherie policière joue même contre l’insurgé, le visibilisant comme jamais, l’identifiant dans le viseur, le désignant comme cible et dans le collimateur de cette violence « légale » de tous les abus de pouvoir, avec cette volonté féroce de martyriser les chairs, de punir, de casser, de faire mal, de ramener l'homo domesticus à son rang de domestique.

Tant que si nous naissions borgnes, finirions nous tous aveugles mais toujours moins que ceux qui ferment ou détournent les yeux ou recomptent en sordides comptables, le nombre de doigts arrachés comme la responsabilité navrante des mutilés qui l’ont bien cherché.

Mais paradoxalement c’est aussi cette extrême visibilité des invisibles ordinaires qui fait aussi sa force en tant que Jojo le gilet jaune s’assume, se reconnait, et que sans dents, descendant de sans culotte, se retrouve habillé pour l’hiver. (et sans doute le printemps).

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C’est donc dans cette société étrange, libéralement décomplexée, qui légifère contre la fessée sociétale et se perpétue par l’éborgnement social, qu’il va nous falloir repenser le jaune, le reconsidérer solaire, tel qu’il fut en cet hiver de lacrymo et de ronds points.

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Oui Jojo le Gilet Jaune a montré qu’avec deux poings on faisait reculer la milice, qu’avec un tractopelle on faisait trembler le château et que c’est le premier qui faisait dans son froc qui se retrouvait marron, comme ces pathétiques listes européennes de faux gilets mais de vrais jaunes pour le coup.

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L’hiver fut jaune, le printemps pourrait être coloré, comme le manifeste lumineux

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de Vasarely.

tgb

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16:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

13/01/2019

Lettre à mes gens

DdI6YwqWAAAXm29.jpgChers riens, chers fainéant(e)s, mes très cher(e)s cyniques,

C’est de Saint-Tropez, charmant petit port de pèche modeste et typique de notre start up nation, made in Europe, ce vieux continent de petits bourgeois se sentant à l’abri dans le confort matériel des ronds points, que je vous écris cette lettre que vous lirez peut-être, si vous savez lire et si vous n’êtes pas bourrés à cette heure, bande d’alcooliques assistés tout juste bons à boire votre RSA aux Bahamas et à chialer sur votre CSG et vos 5 euros d’APL de merde.

Sachez tout d’abord que si vous prenez le temps de me lire et que malgré ma subtilité et mon intelligence vous arrivez à me comprendre ma pensée complexe, c’est que vous avez du temps de libre et que probablement vous ne vous êtes même pas donné la peine de traverser la rue pour trouver du boulot et vous acheter un costume neuf.

Que vous ne soyez pas foutus de devenir milliardaires, justement exemptés d’ISF, comme mes patrons amis potes Arnault, Niel, Lagardère…passe encore, qu’à l’instar de ma RH copine complice Penicaud vous n’ayez même pas chouravé gagné 1 million d’euros en licenciant 900 cadres inutiles, admettons, mais que vous n’ayez rien d’autre à foutre le samedi que d’aller vous faire volontairement éborgner vêtus d’une sorte de gilet jaune moche comme tout hideux et même pas tricoté par Brizitte juste pour me faire chier, alors que je ne sens pas de colère dans le pays et que je vous ai lâché une prime pour vous éviter d’aller vendre de la drogue dans les quartiers, prouve bien que vous êtes des gaulois réfractaires à tout changement.

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Si vous n’êtes pas capable de piger que la démocratie est le système le plus bottom up de la terre et que je suis l’émanation du gout des français pour le romanesque alors en tant que leader du monde libre je vais vous envoyer casser des cailloux à Cayenne sur l’île de Guyanne pour vous apprendre à faire des efforts et comme Castaner, les chèvres indiennes à vous prosterner devant moi.

Bref, en tant qu’hyper président manager et dieu solaire et jupitérien, je vous renouvelle tout mon mépris disruptif et vous demande finalement de ne plus venir me chercher, mon valet de pisse Benalla étant passé me prendre.

Sinon à part ça vous pouvez toujours pensez printemps ça vous occupera

Je vous hais.

E. macron


(alias tgb)

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tous les mots en italiques sont des citations littérales

14:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

 
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