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11/06/2007

l'effet papillon

medium_la_vague.3.jpg



Hier j’ai voté.
Je n’ai jamais autant voté.
J’ai voté plus en un mois qu’en dix ans.
J’ai rentabilisé à mort ma carte d’électeur.

Puis je suis allé voir la mer
et les abstentionnistes.
A vue d’œil 40 % qu’ils étaient.
Les pieds dans l’eau, la tête dans le sable.
Dans une géniale stratégie d’opposition toute taoïste :

Le vide
Le zen
La planche.

On les reconnaissait facilement :
bronzage Marcel et coups d’soleil.
Illustrant à merveille le proverbe populaire :

« Quand Bidochon sortir glacière
Soleil taper sur plage arrière
»

La moule était marinière, la vague clapotante et la mer d’huile, loin de la déferlante mazoutée dont les éclaboussures et les embruns à radio bleue égayèrent en nocturne mes heures d’attente dans les bouchons à péages et à queue de poisson.

J’ai voté. Une fois, deux fois, trois fois.
Depuis un certain 22 avril j’ai révisé mes objectifs à la baisse :

Résultat pour hier, carton plein :

1) les sondages n’ont pas votés à ma place

2) ma voix à rapportée à mon candidat extrêmement marginal et désargenté : 1 euro 66.

Que des satisfactions finalement. (un conseil par les temps qui courent soyez modestes et pragmatiques)

Et donc pour faire original en ce lundi d’après Grand Soir avorté (reporté à une date ultérieure) et de petit matin glauque avéré (mais on a pris un abonnement) faisons comme tout le monde : parlons de tsunami.

Anecdote :

Un jour je fus appelé en catastrophe par ma frangine en panique suite à un débordement féroce de ruisseau bucolique mais capricieux et d’une inondation de rez-de-chaussée après un furieux orage (elle habite un moulin). Seul au milieu de millions de mètres cubes d’eau déchaînés, avec ma pelle et ma pioche « j’avais l’air d’un con ma mère… » Je restais prudemment en retrait du déluge, des éléments en furie et en inimaginable disproportion.

Il y a des jours, où le véritable héroïsme consiste à ne pas faire semblant de sauver l’honneur. D’autant que l’avantage avec la crue, comme avec le flux, c’est que l’eau finit toujours par retourner d’où elle vient, en l’occurrence dans ce cas, gentiment le lendemain dans son lit.

Ce que moi aussi je fis en reflux bien senti.

Tout ça pour dire que quand je vois en ce raz de marrée dominical le crawl gesticulé et pathétique de quelques socialistes essayant vaguement de surnager entre deux gros bouillons, je me dis que Laure Manaudou a bien fait de sortir du grand bain et des tentacules musclés du débardeur en coach pour filer l’anguille amoureuse en dolce Italia.

Buvons la tasse, ingurgitons une fois, deux fois, trois fois la vase et le plancton, faisons une cure intensive d’iode et de cours bouillon, que la note soit sale et salée et n’en parlons plus : à partir d’aujourd’hui, j’arrête de me prendre pour Bob l’éponge.

De plus, quand la moindre tanche estampillée UMP (au hasard Klarsfeld) se retrouve éligible, une seule issue devient possible, se la couler douce, à la nage indienne et si possible dans la fluidité en apnée, surtout qu’à force de coups de harpon dans le fion, je commence à douter de mon étanchéïté et de ma garantie water-proof.

Je ne sais pas si la montagne ça vous gagne mais je suis sûr qu’on a tout intérêt parfois à gagner la montagne et particulièrement en ces temps de guérilla (et c’est un savoyard qui vous parle).

Alors, en ce lundi de bac philo et dans le creux de la vague, phosphorons un peu.

Sur l’estampe célèbre et japonaise qui illustre ma note du jour, on pourrait constater que la vague bleue domine largement le Mont Fuji. Or sans tomber dans les révisions bachelières du type Platon, mythe de la caverne et le toutim tout cela n’est qu’effets d’optique, de trompe l’œil et d’illusions à la mort moi l’expert politologue de soirée électorale tout prêt à célébrer l’extraordinaire civisme français en discipline participative et citoyenne un dimanche et à ne pas trop s’inquiéter de son goût soudain pour les châteaux de sable le dimanche suivant.

Le Mont Fuji sera encore à sucer les nuages quand la méchante vague sera redevenue stagnante et raplapla, car le principe de réalité surviendra forcément, dissipant d’un coup d’un seul, ce gaz virtuel qui semble anesthésier la France jusqu’à la rendre faussement euphorique devant un président habile et fort en gueule mais quand même très limite et petit joueur à la vodka.

Donc considérant que :

Une canicule, une grève, une cata, un furoncle, une facétie dont le réel a le secret finira par surgir en effraction même au jt de TF1,

que la nature ayant horreur du vide, la droite faute d’une opposition deviendra son propre ennemi,

qu’opposer face à la force, le néant et l’inertie c’est pas si con,

que je me fiche éperdument d’assurer les points de retraite de Daniel Vaillant en mon dix-huitième arrondissement,

que je ne vois pas bien la différence entre 53, 67, où 86 députés socialistes contre 500 UMP, et qui tel Jack Lang fileront illico missionner chez Président (un job de conseiller conjugal pour Royal Hollande peut être ?),

qu’il vaut mieux pas de digues du tout que des digues pourries et spongieuses (au moins on prend nos précautions on gonfle nos brassières)

qu’il est préférable de se décomposer pour se recomposer plutôt que de poser et composer :

dimanche prochain je dors.

Et du haut du Mont Fuji (qui est un volcan) et pour filer encore la métaphore liquide et aquatique ‘ je vais attendre assis, de voir passer sur le fleuve le cadavre de mon ennemi.’

Sachant qu’attendre c’est tout sauf ne rien faire, hier à Trouville, j’ai effectué quelques ricochets dans l’eau...

Selon la loi de l’effet papillon, les conséquences devraient être amplifiées et terribles.

Je ne sais pas où, je ne sais pas quand mais je sais qu’elles surviendront violemment en boomerang.

Et pour passer le temps on peut toujours se répéter cette maxime Bouddhiste et Shadokienne

"Quand y’a pas de solutions c'est qu'y a pas de problème!"

 

tgb

 

estampe : la vague - Hokuzaï (merci Zgur) 

18:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Ah ! Un régal ce billet !:D Merci.

Écrit par : Françoise | 11/06/2007

Beau et intéressant billet.
J'ai toujours adoré Hokusaï et ses scènes du monde flottant.

Seul hic ;0) du billet:

"que je ne vois pas bien la différence entre 53, 67, où 86 députés socialistes contre 500 UMP"

A quoi je répondrai ce que Grabuge a eu la gentillesse de laisser chez moi :

"Quoiqu'on en pense et quels que soient nos dégoûts à voter PS, il y a tout de même une et UNE SEULE excellente raison de se faire violence et d'aller voter CONTRE l'UMP : la Constitution.
Si l'UMP de Sarkofacho a 2/3 du Parlement, elle peut faire ce qu'elle veut de la Constitution sans problèmes.
Avec plus de 140 parlementaires d'opposition (quelle qu'elle soit), impossible de modifier la constitution sans débat.

Et là... là.... c'est VRAIMENT gravissime !"


Donc Dimanche ...
Courage!

Votons
Quand même...

Zgur

Écrit par : Zgur | 11/06/2007

Entièrement d'accord avec Zgur. On se "bouche le nez" et on vote à gauche.

Écrit par : Françoise | 11/06/2007

"attendre assis, de voir passer sur le fleuve le cadavre de mon ennemi", c'est une fort bonne idée, sauf que le fleuve bleu va nous faire une crue mémorable, et du coup c'est plutôt ton ennemi, tranquillement accoudé au bastingage d'un yacht, qui verra passer ton cadavre...

Pour ma part, je préfère quand même tenter de retaper les digues pourries dans l'espoir de limiter les dégâts. Au moins, j'aurais essayé...

Écrit par : Gaëlle Huron | 12/06/2007

Allez voter, vous nagerez ensuite. Cet instant sera d'éternité. Un seul coup de sabre, mais l'honneur, l'honneur sera sauf.

Écrit par : ipatia | 13/06/2007

Vu le score de Vaillant, t'es allé voter

non ?

;0D

Zgur

Écrit par : Zgur | 17/06/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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