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29/07/2008

la vie barbaque (4)

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Et l'assassin moustachu, qu'est ce qu'il dit l'assassin moustachu ? " humpf humph" qu'il fait, bien en rythme, et en cadence sur son gigot. Il s'active fort le gros du bide, " humph humph", il y met du coeur et de l'ardeur. Mais non, le voilà qui s'impatiente, y'a des gens qui attendent, y'a des gens dans la queue ; la queue ?!

- "Je sais pas moi - qu'on se dit  - ...des câlins, de la tendresse - qu'on voudrait, avant la sentence, avant la feuille tranchante et affûté du garçon boucher en tablier blanc et bleu, avant le billot en bois et la masse à exploser les boites crânienne - On voudrait bien des câlins oui - qu'on insiste en interne  - bon mais quoi ? "

- deux trois cents grammes de tripes en souvenirs, on finit par lâcher
- deux ou trois ? qu'il dit le gros du bide
- heu deux...qu'on confirme tremblant
- faut vous les emballez  ?...
- heu comme vous voulez....
- c'est comme vous voulez vous 
- y' a qu'à faire comme ça !
- comme ça comment ? qu'il s'agace le moustachu
- comme ça avec du papier cadeau autour, qu'on ironise
- ...?!....et avec ça ?
- ben c'est tout ! 
- c'est tout ? suspecte le gros du bide en insistant
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A ce moment crucial de la partie on sent bien que ça suffit pas. On entend la connotation menaçante. Implicitement on se sent désigné pas rentable, petit joueur, mange-petit. On doit faire un effort, si on veut sortir vivant, on a l'esprit de conservation, on se lance : 

- ben......une paire de Francfort !
- ...y'a qu'à dire !  qu'il conclue le tueur fou aux mains sales

- Ben oui quoi ! -  qu'on gamberge mortifié -  c'est juste pour faire bon poids ". On sent bien sinon qu'on aurait dérangé pour rien. Pas dans son assiette peut être mais surtout pas dans la leur ce soir.

Manger, ingérer, ingurgiter, faire pénétrer des choses du dehors. On a pris très jeune l'habitude de résister aux plats de résistance. Y'a des choses qu'on avale pas, des choses qui passent pas. C'est pas facile de faire rentrer des choses dedans, alors qu'on à tant de choses à faire sortir déjà, qu'on songe.  "

Des saucisses quelle horreur !  " On a un haut le coeur. On pense au hot dog à la sauvette, brûlant à l'extérieur pas décongelé à l'intérieur, dégueulasse !

Le petit monsieur stresse. Il ne voulait pas deux ou trois ou quatre ou cinq ou six ou sept cent grammes de tripes, il ne voulait pas une paire de Francfort. Il voulait bien à la rigueur qu'on se mange entre nous, qu'on s'entre-dévore à coups de sourires carnassiers. Le petit monsieur avait tout à coup la dent dure et carnivore et cannibale. Il voulait, pourquoi pas, qu'on se bouffe à mort les parties génitales, qu'on se vautre dans le comestible, la denrée alimentaire, qu'on se fasse sécher les boyaux au soleil, qu'on se sorte la tripaille à l'air, pour oublier que la vie n'est pas un jeu vidéo.

Parce qu'en attendant, faut s'occuper, qu'on pense, parce qu'en attendant faut qu'on s'aime et qu'on saigne, dans un concert atroce de glapissements sauvages, à coups de bittes dans le fond du fion.

A suivre…

19:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

22/07/2008

La vie barbaque (3)

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- et pour Monsieur ce sera ?...

Ben oui au fait qu'est ce qu'on voulait ? On sèche. On voulait bien quelque chose mais quoi...du fromage de tête, des pieds Paquet, de la langue de bœuf en gelée, de la salade de joues de truie ?…Le silence se prolonge. On cherche ses oreilles de Mickey, on regrette sa télécommande, on rêve de Nigoland, de Sit com avec plateau TV, de Lara Croft, de star authentiquement virtuelle qui ne fasse pas caca.

Mais voilà que ça repart, que la paire de nichons nous saute au naseau, que la touffe généreuse nous apparaît tartinée de Saindoux et voilà qu'on se voit à nouveau se fader la grosse truie, lui laper la fente, lui bouffer la moule, lui lécher la foune odorante, lui bâfrer la chatte directe, lui sucer la couenne recta, lui aspirer la moelle et la traîner dans le congelo, la prendre a quatre pattes, la queue toute engivrée, dans la symétrie des carcasses, des cadavres accrochés.

L'amour, la mort, tous ces corps étêtés sur rail ! Non pas de la géométrie Mac Do, pas du calibré propret de chez Nigoland, de la mort toute nue, toute fraîche, de l'écorché, de la peau et du cuir même pas encore tanné avec du poil autour.

- Oh Pitié pour ma viande, pour ma bidoche à moi - qu'on implore - et pitié pour le corps du cri, pour mon corps, pour mon trash, pour le carnage ici- bas, pour le regard des cochons avant la mise à mort, pour les hommes à genoux direction Pïtchipoï.
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Parce qu'ici c'est la vie barbaque - qu'on cogite -  c'est l'amour viande, l'esprit bidoche. C'est notre histoire - qu'on gémit et qu'on grince - l'histoire de nous, homme animal, nous triste pourriture sur pattes,  triste charogne ambulante. Parce que toutes ces têtes c'est nous, tous ces trophées gisants, ces têtes de mort, c'est nous. Parce que la prochaine tête au comptoir, c'est nous, Hamlett revisité, façon gore - qu'on bave dans sa barbe -  Parce que rien de plus barbaque qu'un brillant esprit pensant tombé d'un seizième étage, encore tout chaud  et tout lucide, quasi clairvoyant, tout plein encore de Schopenhauer, de Kierkegaard, et d'une pincée de BHL gnangnan.

Parce que rien de plus bidoche qu'une princesse people en bouillie anglaise dans un tunnel parisien.

Allons - qu'on braille tout bas -  défoulons nos entrailles, chions dans nos frocs pendant qu'il en est temps, avant l'abattoir, avant l'échafaud, avec le regard pathétique du porc flairant la décharge électrique, avant le dernier mégot si dérogation parce qu'à Nigoland on rigole pas avec la nicotine, on préfère la bombe à fragmentation - qu'on s'enflamme -

Et paf la lame de la guillotine glisse, et boum la tête dans la sciure tombe, et " hoooooo " la foule fascinée fait tout en pseudo répulsion. .A qui le tour ? y'a pas relâche, à la faux, à la hache, à la scie égoïne s'il le faut, au suivant, débitons  les tonnes de barbaque hormonée et la chair à saucisse EPO, et le boudin HIV et la moelle épinière à la Kreutzfeld Jacob, et le cerveau frais tout dioxiné du jour et l'intestin sauce Tchernobyl. C'est l'amour viande, l'esprit barbaque, l'instinct bidoche - qu'on gueule - en silence.

à suivre…
tgb 
 
 
 
 
 
 

14:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

09/07/2008

La vie barbaque (2)

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Sursis parce que quand même ça sent la mort tout ça, ça sent la vie aussi et c'est ça qui fait mal. Y'a pas tant de différence au final - qu'on se pense en pensant pas à mal. ça sent la saleté putride et la mort sale, comme sur les champs de bataille - vu à la télé - sauf que c'est carrelage blanc et frigo clinique, sauf qu'on se la prend avec des gants cette sale mort là. Mais on la pressent, on la sent, on la devine dans les traces suspectes des pas dans la sciure par terre. On se sent faisander alors, terriblement pourrissant et putrescible. On sent comme un corps lourd et mort comme un squelette qui s'impatiente à l'intérieur.

On se voit tout en sang, en os et tout en abats dedans. On sent venir les mouches. On imagine le fruit de nos entrailles pas fraîches et on commence à suivre le va et vient de la machette avec inquiétude. " A qui le tour ? "  - " madame était avant je crois... "  on murmure. Et hop c'est comme automatique, on s'embarque dans le bordel du monde du crâne du là dedans. On touille bien son crémol. On voit plus son cerveau pareil, ça commence à ressembler furieu

 

sement à de la cervelle rance sauce gribiche et on se sent tripal, noué, sanglant et on se met à schlinguer la peur.


Romance ! 

- " Et qu'est ce qu'il veut le petit monsieur ? " couine la patronne d'autorité dans une tonalité grave et graisseuse, comme quoi, si, finalement, elle est aussi moustachue que musicale et c'est elle qui visiblement porte la culotte de cheval.

Bon ben voilà. On est repéré. Fait comme deux ou trois rats. Rien ! Fuir serait judicieux mais….Rien le petit monsieur ne veut rien, ou pas grand-chose, trouver la sortie au plus vite quitte à se frayer un chemin à coups de hachoir, retourner à Nigoland dare-dare . Voilà ce qu'il veut le petit monsieur. Mais…

Mais peut être aussi que le petit monsieur, s'il lâche ses instincts les plus primaires, voudrait bien basculer derrière l'étal et se la goinfrer sauvagement la toute boudinée ; goûter à l'opulence de la chair mure et dodue de madame Norbert, au gros gras grand cul flasque de la pulpeuse gironde. Et c'est comme si que déjà il te nous la tringlait là sur le comptoir dans son quintal 

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de graisse, la bougresse, qu'il te la lui plantait son dard, à la plantureuse. Mais non, on se contrôle, on calme ses pulsions animales et morbides. Quand même on sait se tenir, se les tenir ses nerfs. On prépare sa retraite. On assure ses arrières. Mais penses-tu, voilà que ça reprend, on se sent viandard en diable, avec comme un besoin irrépressible de se la farcir la dame jambon. Tout est bon dans le cochon, tout doit être bonne dans la cochonne, dans cette femelle porcine patronymée Norbert, délicatement maquillée à la truelle de chantier et emparfumée de "sent-bon" de chez graillon sauvage.

- " Allez ma Jeannine, mon beau boudin scianosé, écarte tes jarrets roses soyeux  - qu'on s'obsède - qu'on y aille de son rut bestial etancestral. Lâchons l'animal qu'on socialise douloureusement depuis toujours . Faisons allègrement monter nos taux d'adrénaline et de cholestérol.

 Malaxons, malaxons ! Offrons-nous ce cul de charcutière congestionnée, cet admirable troufignon plissé, ces amples cuisses mafflues, ces divines chipolatas violacées tout enrubannées de bas résilles et de fines dentelles taillées dans le filet.

- Sois merveilleusement vulgaire, Matrone, ne te force pas, reste toi-même et pose ta paire de mamelles à même le présentoir. Faut qu'on se consomme à l'outrance, qu'on se ripaille à la Rabelaisienne. Qu'on fasse bombance de bonne chère, qu'on se purifie dans l'orgiaque, qu'on se rédempte dans l'extrême, par immersion dans la matière charnelle !

On se surprend à penser tout ça, on s'en excuserait presque....


tgb

A suivre…

12:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

02/07/2008

La vie barbaque

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" Il faut être léger, fluide et superficiel dans la profondeur "

                                 Nietszche


Maintenant que le ventilo président va brasser le vent des Européens, et faire des moulinets avec ses grandes oreilles, on peut toujours espérer qu’il cesse de nous pomper l’air ici.

En attendant, profitons précisément de cet été qui vient pour nous aérer et nous oxygéner les neurones.

Et pour nous ventiler juillet, une ‘nouvelle ‘ en 5 épisodes d’un certain tgb  : La vie barbaque

Aprés ça je vous garantis que vous ne verrez plus jamais pareil votre boucher et sa dame à la caisse

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La vie Barbaque (1)



On a repéré, pas loin, une boucherie-charcuterie-rôtisserie-souvenirs tout en un. Folklore et traditions. Bio genre. On trace. La devanture est décrépite ; sur la porte, un panneau, sur le panneau des mots : " la boucherie Norbert est transférée en face " On vérifie. C'est vrai. " Laboratoire Norbert " inscrit au néon rouge sang. Ben merde ! qu'on se dit, ça promet du produit pharma de qualité ! On traverse donc.

" Norbert, roi de la Tripe, champion de France 93 "  Marqué en gros avec T majuscule, gage d'authenticité fermier. On entre. La porte est musicale, elle fait gling-gling. C'est gai.
Le boucher n'est pas musical, mais il a une moustache. C'est son droit !

La boucherie-charcuterie-rotisserie Norbert sent le poisson : c'est pas banal ! La femme du boucher n'est pas musicale, mais elle à une moustache aussi ; ça a son charme. Elle a l'élégance charcutière avec quelque chose de Fellinien. On sent poindre l'émergence d'un fantasme. On jauge. On évalue. On audite.

Libidineuse en diable la grosse ! On reluque et on mate. On la suppute toute en chair mettable, tout en disposition adipeuse. Cette sale gueule à la gueule de l'emploi. Rien de plus barbaque, rien de plus bidoche, rien de plus viande que cette viande charcutière là, boudinée dans sa robe pas belle, quasi déguisée en rôti érotique, la garce ! On hésite, se retient, on prend sa place dans la file d'attente.

On a un doute quant à la clientèle et la marchandise exposée, comme une confusion bizarre - qui mange qui ? - Une angoisse : la vie ne serait pas un jeu vidéo ?

L'établissement Norbert est une galerie d'art. Un lieu d'exposition post-moderne aux installations les plus tendances. ça bouscule furieusement l' institution picturale, bouleverse d'entrée la conception muséale contemporaine. C'est ici, on en jurerait, que se prépare la révolution culturelle de demain.

Car le boucher Norbert de la boucherie Norbert est un artiste, un homme de goût et de viscères. Il ringardise à lui seul, les plus activistes des bargeots Viennois. Avec lui,  les arts plastiques prennent un coup de vieux et la beauté plastique de sa dame, pas formaté Barbie, est la preuve évidente de l'exception culturelle française.

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Galerie de portraits natures, détournements d'objets usuels et tranchants, ça sent le conceptualisme pur jus. Têtes de veau, têtes de mouton, têtes de cochon et leurs deux admirables têtes de noeuds dans un superbe alignement, tout ça frôle l'exposition totale, le tête à tête existentiel, la tête de con esthétisée.

On n'y est pas indifférent et on projette déjà dans une performance décalée leurs tronches de grossiers beaufs dépecées en tranches à la machine à jambon, en fines lamelles carpaccio bien découpées suivant les pointillés. Du body art à donf. ça ouvre des perspectives.

- "Au suivant ! " fait le gros lard fumé d'une voix étrangement fluette ( il a un mégot coincé entre les lèvres et arbore sa couperose du dimanche). Quand même, ça jette un froid ! - " non, encore un instant monsieur le bourreau "- qu'on se pense très fort. Chance ! une bonne femme informe et quasi transparente qu'on avait pris pour une garniture, grille la place. On la lui cède volontiers ;

…sursis…

à suivre….

17:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

 
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