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28/10/2008

Mal loti

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Le lotissement, cet immeuble par terre, étalé, horizontal, est, en ces temps de subprimes et d’accession à la maison individuelle (idéal définitif du rêve français qui s’effondre) et dans cette France de propriétaires ( à l’époque où notre visionnaire président idéologisait en plein American way of life) incarne bien le triomphe de l’individualisme dans une illusion communautaire :

- cette « petite maison individuelle dans la prairie » entité clôturée isolée refermée sur elle-même au sein d’une entité plus large, clôturée, isolée également.et refermée sur elle même tout pareil.

Sorte de mise en abîmes.

En ce sens, il fétichise remarquablement cette nouvelle organisation sociale qui s’installe.

Ensemble mais seuls.
Regroupés mais pas solidaires
Agglomérés et atomisés à la fois.
Indépendant sous le regard (le flicage) de l’autre
Autonome dans la promiscuité.

Une forme d’intimité dans l’inter-surveillance.
Un collectif de gens seuls.

Le lotissement est le lieu même du ni ni
Du non lieu - Du nulle part –
Une forme de délocalisation
De non localisation.

Ni à la ville, ni à la campagne.
Ni culture urbaine, ni culture rurale (on notera tous les contentieux, rapport aux cloches des églises, au chant matinal du coq du voisin, au son des clarines ou aux odeurs des épandages…)
Ni autochtone, ni étranger
Ni tout à fait public, ni tout à fait privé
Ni nomade, ni sédentaire vraiment

Enraciné là par hasard, sans fondations, à crédit et sans racines :

- une communauté aléatoire plaquée sur une autre communauté historique avec mémoire. Une communauté qui, devenue souvent majoritaire finit par prendre le pouvoir (aux municipales par exemple) aux dépends mêmes des « indigènes » de leurs traditions, (s’il en reste) de leurs modes de vie (sans les idéaliser évidemment)

Espace indéfini donc, no man’s land, à la culture indéfinie, voire à l’acculturation dans une non identité, une non identification sociale et géographique au moins.. .

Le lotissement est l’espace même de l’uniformisation et du conformisme.

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Boites rangées alignées pareilles, semblables et différentes.
Pareilles dans leur style architectural et leur urbanisation
et différentes dans les détails, qui rendent les inégalités sociales encore plus criantes et plus insupportables à vivre.

Une plus grande baie vitrée par çi, un étage supplémentaire par là, un 4X4 garé ici, un barbecue plus sophistiqué là, voire carrément une piscine, accomplissement définitif de l’accession à la bourgeoisie et symbole même d’une réussite sociale dans sa représentation cliché.

Ce vis a vis qui pousse à l’envie, à la jalousie ou à la compétition
A l’étalonnage de sa propre existence sociale, ce côte à côte où on mesure d’emblée sa position sa progression dans la hiérarchie ou sa dégringolade, ce miroir déformant, cet autre soi-même qui valorise ou dévalorise, auquel on se confronte en permanence, famille contre famille.

On se tolère, on coexiste, mais a t’on un véritable sentiment d’appartenance ?

Le lotissement est l’expression même de l’anti-écologie par excellence

Espace banlieue sans les avantages, les infrastructures
paysage suburbain sans esthétique définie, privé de transports public le lotissement impose à chaque ménage actif de posséder au minimum deux bagnoles (et un seul garage - on imagine que c’est le chef de famille qui en hérite).

Le jardin, accessoire indispensable et rétréci, voire symbolique., impose évidemment des choix draconiens, voire des non-choix d’évidence.

Entre l’arbre fruitier et le barbock, entre le jardin potager et la cabane en plastique pour les mômes, entre le panier Basket, la parabole, le parasol, le salon de jardin Grosfilex et un espace sauvage pourquoi pas voué aux orties, l’espace vert du pavillon moderne, pratique, fonctionnel, de plein pied, (avec sa cuisine américaine) se veut forcément rationalisé et fait l’impasse sur le superflu à savoir l’essentiel. Le végétal.

Une petite maison individuelle dans la prairie c’est comme un appartement à plat, le jardin n’étant qu’une pièce en plus finalement.

Pas d’arbres donc et donc pas d’ombre.
Pas d’ombre et donc la clim (pour le sud et les plus fortunés)
10m2 de gazon et sa tondeuse individuelle
Une piscine enfouie pour la classe supérieure, en toile et posée là, pour la classe inférieure, une pataugeoire à boudins pour les plus modestes.

Le lotissement dans sa conception même est un bouffeur d’énergie, un gaspilleur d’espace, un non sens dans une économie maîtrisée.

 

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Il est aussi l’espace du conflit.

On se renvoie le week-end ses odeurs de saucisses et de sardines, ses petites soirées conviviales (quel mot atroce) qui débordent après 22 heures, on y dépose plainte, pour des histoires de chiens et chats, des différents de haies mal taillées, ou de palissades abusives, on y expose en vitrine, ses légitimes scènes de ménage qui nourrissent le commérage et rassurent les autres.

On fait dans le procédurier.

On est chez soi et chez les autres
On ne se connaît pas mais on se reconnaît
On ne voisine pas : on se juxtapose.
On est le spectateur de l’autre comme il l’est de nous-même.

Je suis frappé par le nombre de faits divers sanglants qui se situent précisément au cœur même de ces lotissements.

Divorces coïncidant souvent avec la livraison de la maison
suicides, massacres familiaux, pétages de plomb divers entre coexistants…

Et en corollaire, le témoignage abasourdi du voisinage après l’horreur :

…rien ne laissait présager…une famille normale…un monsieur courtois…une dame sympathique…bonjour/bonsoir…un couple sans histoires…

Je suis frappé aussi du nombre de panneaux à vendre sur ces maisons-là.

Etrange turn over. : Du aux accidents de la vie. Aux surendettements Aux licenciements. Aux séparations. Aux mutations. Ce genre de maisons provisoires qu’on ne transmet pas, dont on rêve et qu’on s’approprie finalement si peu.

Une accession à la propriété si fragile….

Contrairement aux tours des cités qui ont évidemment leurs inconvénients, leurs violences, leurs solitudes, mais aussi et paradoxalement leur solidarité, leur esthétique, une forme d’appartenance, une identification jusque dans les gangs des halls d’immeubles et des organisations structurées comme on l’a vu même durant les émeutes, dans ces lotissements pas d’enfants qui jouent dehors, pas de bandes de lotissements en vadrouille…

Le lotissement est t’il même un espace pour l’enfance, le souvenir de l’enfance ?

Sociologiquement il serait intéressant de voir ce que donnent de singulier les générations élevées dans cet univers parcellisé.
Politiquement il serait intéressant aussi de sonder particulièrement cette population.

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Je paierai mon billet que c’est là, l’électorat lambda Sarkozien.
Couche moyenne (celle qui va déguster sévère avec la crise)
Famille composée et bientôt recomposée aspirant au confort matériel individuel, croyant aux valeurs de l’effort, du mérite et de la récompense cablée et consommée, recherchant une forme de sécurité grégaire dans un isolement théorique et une intimité de faux semblant..

Le lotissement exemple de désocialisation cloisonnée réussie

Enfermé autant dehors que dedans..


tgb

17:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

25/10/2008

Maraboutage, mode d'emploi

2805032023-nicolas-sarkozy-assigne-une-societe-qui-vend-des-poupees-vaudou.jpgTrès procédurier le petit monsieur.

Très à cheval sur son image à bascule, le leader du monde libre, dealer de sa propre came qu’il nous inflige en dose média, gélule, suppo ou patch, matin midi et soir.

Depuis notamment, que par son avocat Herzog, plainte fût déposée contre le fabricant de la poupée vaudou à son effigie, Sarko, hyper crédible en victime expiatoire vient de faire exploser les ventes du produit marabouteur.

Joli coup de pub.

Poupée vaudou prochainement interdite à la vente ou pas, quelques aiguilles, une photo découpée dans les journaux, (et c’est pas ce qui manque) feront l’affaire.

Mode d’emploi :


Pour commencer avec délectation, plantez deux ou trois aiguilles rouillées dans la langue du blablateur démago qui en docteur Sarkoz, refonde réforme, moralise, ripoline, le système qui vient de bouffer 25 000 milliards de dollars (ce qui aurait largement suffit à éradiquer misère, famine et apocalypse écologique) pendant que Mister Y, en bon télégraphiste continue de cautionner la machine folle bien servilement.

Pour promettre au peuple en colère quelques bonnes têtes de coupable, un trader par çi, un patron de banque par là et dépénaliser le monde des affaires comme jamais, enfoncez en jouissant une bonne série d’aiguilles tétaniques dans le cœur du petit méchant pas drôle, si vous le localisez.

Pour dénoncer avec force de persuasion, sur toutes les scènes du monde les paradis fiscaux, tout en créant par l’intermédiaire de Médor Lefebvre de nouvelles niches fiscales, introduisez sauvagement  une ou deux alênes plantées bien profondément dans les miches qu’il a d’ailleurs assez flasques. 

Pour polluer autant que 823 vaches (et je ne parle même pas de sa nana) et alors qu’il essaie laborieusement  de nous refourguer du Grenelle de l’environnement méchamment frelaté, lardez le baratineur, d’une grosse aiguille tordue dans le téton gauche ce qui devrait, lui, en termes d’acuponcture je sais pas, - mais vous, en termes d’exorcismes et de défoulements, vous soulager incontestablement.

Enfin et pour faire court, tant les raisons de faire des trous dans le paltoquet à talonnettes sont innombrables, et afin de protester contre les nationalisations de banques et la privatisation en loucedé de la sécu, plantez avec ravissement un énorme tison affûté et rougeoyant dans les testicules du nabot vaniteux.

Qu’il ne se reproduise plus serait déjà un moindre mal.

Mon conseil du week-end :

A sa place j’autoriserais tout simulacre et autres jeux d’envoûtements puérils, tant, il me semble, qu’il est préférable de laisser la fureur s’exprimer sur des poupées de chiffons plutôt que de se prendre, par le peuple au coup de sang imprévisible, des coups de piques et de fourche dans la tronche.

Ne jamais sous-estimer le pouvoir libératoire du substitut et de la magie…tel est mon avis

Je crains toutefois que malgré ses grandes oreilles le petit monsieur s’en cogne :

Il a tort.

tgb

16:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

21/10/2008

Ma réponse est non, maintenant posez votre question...

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«On peut au moins savoir si c’est une fille ?» Arlette Chabot (France 2) recevant Rachida Dati, ministre de la Justice....


je serai Arlette Chabot (un pur cauchemar je sais ) je recevrais la ministre de la justice dans une émission politique, je lui poserais un certain nombre de questions politiques qui concernent assez directement la vie de la cité, les citoyens ordinaires et la société civile ;

des questions politiques du genre :

Le budget de la justice en France est au 35e rang Européen est-ce bien raisonnable ?

Ou bien

Une femme qui s’immole par le feu pour dénoncer l’expulsion de son compagnon condamné à une double peine soi disant abolie par le ‘leader du monde libre’ est elle la marque d’une haute civilisation ou d’une nouvelle forme de barbarie ?

Mais ne nous égarons pas en questionnement anecdotique et un poil superficiel et recentrons donc sur l’essentiel des valeurs d’un grand professionnel des médias qui sait ce que le français attend d’une interview :

«On peut au moins savoir si c’est une fille ?» 11849_1.jpg

En tant qu’amateur un peu con ne comprenant rien a la démarche déontologique d’une pointure du service public, je demanderais encore (assez connement je le concède) et quitte à déstabiliser (quel manque de professionnalisme je sais) la ministre de la justice :

- et pourquoi donc que les magistrats vous sifflent et vous boycottent
-  et pourquoi donc que les gardiens de prison se mettent en grève en parlant de votre mépris à leur endroit ?
- et pourquoi donc tant de suicides en prison, devenue faute de moyens, le dépotoir d’une société déliquescente qui mélange dingues,  malades, asociaux et délinquants en 12m carrés
- et pourquoi donc à chaque fait divers, promulguer une loi dans l’émotion générale ?
- et pourquoi donc après avoir baissé l’age de la responsabilité pénale de 13 ans aujourd’hui à 12 ans demain ne pourrait on la baisser à 7 ans comme en suisse, voire mieux ?
- et pourquoi donc 12 collaborateurs vous ont balancé leur démission à la figure ?

Bref toute une batterie de questions idiotes et sans fondement qui me ferait passer pour un sacré petit rigolo n’ayant rien pigé à l’audimateur et mateuse du soir alors qu’une pure professionnelle de la chose médiatique ça demande avec pertinence en mobilisant tous ses neurones domestiqués sur une vraie question de fond terriblement dérangeante :

«On peut au moins savoir si c’est une fille ?»



11849_1.jpgAlors de guerre lasse et pour tenter d’être en phase avec le référentiel super pro d’une sommité du journalisme politique, je finirai par une question affective et people, qui à l’instar du story telling, enfume délicieusement le cerveau disponible :

Et au fait m’âme Dati, aimeriez vous accoucher, menottée en prison ? (fantasme mis à part)

Je prolongerai même cette question par un sondage Opinionway du style :

oui si c’est une fille ?
non si c’est un garçon ?

 

tgb

12:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

20/10/2008

La blague du lundi

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aprés le moderne essayez donc le nouveau
en vente trés prochainement dans tous vos médias habituels

d'ailleurs il commence fort le nouveau monde

tgb

10:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

 
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