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30/01/2010

Croissance verte à forte durabilité

 

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Un octogénaire plantait.
« Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge ! »
Disaient trois jouvenceaux, enfants du voisinage ;

Le Vieillard et les trois jeunes Hommes - Lafontaine

Je viens enfin de comprendre cette détestation des arbres.

Planter un arbre, c’est admettre qu’on n'en jouira pas avant longtemps.
Moins que d’un barbecue électrique auto nettoyant.
Moins que d’un parasol en son salon de jardin universellement Grosfillex.
Et moins que d’un air con-ditionné à développement modérément durable, mais autrement plus climatisé que l’ombrage d’un arbuste qui, p... de b... de m..., prend décidément tout son temps, ce qui dans ce monde très pressé à exploiter d’urgence, ne donne pas un super retour sur investissement.

Planter un arbre oui, c’est accepter de se projeter dans les trente prochaines années, alors qu’on est tout juste bon à se projeter vers la star Ac du soir.

En cette société où le profit hédoniste se doit d’être immédiat, investir dans un arbre dont l’ombre et l’oxygène ne profiteront qu’à ses petits merdeux de descendants qui lorgnent déjà sur l’héritage, n’est d’aucun intérêt.

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Tout à son court-termisme jouisseur, l’individu consommateur voit bien le bénéfice qu’il  a, à tronçonner en cinq minutes du chêne centenaire. Le Schumacher du caddy à Carouf, tout à son circuit de la marchandisation heureuse, peut se goberger à faire venir à prix d’or et par cargo spécial, pour épater son con de beau frère lors du prochain cocktail dînatoire au bord de la piscine, un olivier andalou qui se demande bien ce qu’il fout en ces brumes mormandes.

La municipalité qui privatise plus vite que son ombre et qui se fout de l’intérêt général comme de son premier service public, peut éradiquer les platanes un peu hauts à élaguer et qui ont une certaine tendance à heurter des primes à la casse, pour les remplacer par des palmiers exotiques  empotés, façon mobilier urbain, entre deux projets immobiliers à rétro commissions.

Mais pour ce qui est du long terme, pas très porteur électoralement, en tout cas moins que les paniers-repas de noël, avec bulletin de vote au fond du pâté pour vieux, tu peux te rhabiller. 

Le capitalisme tout pour ma gueule qui n’a jamais eu qu’une seule idée fixe « ça durera bien autant que moi » est prêt en revanche à investir dans le vocabulaire, histoire de toujours fourguer sa came à peine repackagée.

Que la croissance infinie dans ce monde sarkozistement fini, ait du plomb dans l’aile, il suffit d’y accoler le mot « vert » pour ripoliner l’affaire.

Que l’exploitation du monde par le spéculateur pue fort de la gueule, il suffit de rajouter du dentifrice  « durable » pour que l’haleine soit commercialement mentholée.

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Plus ça pollue, plus ça pub durable et plus vite s’achète l’absolution.

Plus ç'est cupide, plus ça privatise les bénéfices et nationalise les déficits, et plus ça pseudo-moralise pour pas démoraliser l'opinion.

Ne nous faisons aucune illusion, avant que d'aller saloper le reste de l'univers, le dernier Bill Gates, s’offrira le dernier arbre, le dernier baril de pétrole, et la dernière lichette d’eau, tout en faisant des chèques médiatiques pour les derniers enfants de Haïti qui finiront dans le dernier musée.

Et comme le dirait notre bonzaï président Petit : "l’homme n’est pas une marchandise comme les autres."

Les petits hommes verts à faible durabilité si.

tgb

13:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21)

28/01/2010

Les bronzés font du fric

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C’est donc à Davos, charmante station de ski helvétique sans minaret, mais avec émirs saoudiens en parka et leurs dames en burqa molletonnée (les arabes riches étant des riches, les arabes pauvres étant des fanatiques musulmans, comme tout Zemour le sait ) que notre moralisateur en chef vint moraliser, en 30 minutes Rolex, le capitalisme.

Sarkos à Davos une première et vraisemblablement une dernière, vu le flop à double flip que se prit en gamelle, le roi du slalom parallèle, en chasse neige offensif jusqu’à la ligne d’arrivée, alors qu’il tentait de coiffer au poteau moralisateur, son adversaire en moralisation combinée Obama.

Thème du tire pince fesses économico neigeux mondain :

"améliorer l'état du monde : repenser, redessiner, reconstruire".


Personnellement, je serai moniteur de ski, je ferai retravailler d’urgence le planter du bâton à toute l’oligarchie planétaire d’en haut, jusqu’à la prochaine crevasse, afin qu’ils ne repensent rien, ne redessinent rien et ne reconstruisent surtout rien vu l’état des dégâts, et qu’ils remboursent au préalable la coquette ardoise, plutôt que de la mettre sur le compte des 280 générations à venir de contribuables surgelés.

On peut toujours espérer une avalanche salvatrice nous débarrassant enfin de la racaille bancaire et de ses larbins politicards, mais les catastrophes naturelles ne profitant à priori qu’aux pauvres, j’ai peu d’espoir.

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Délaissant un instant la bande du Fouquet’s, club humaniste bien connu pour son sens de la régulation financière, de la redistribution populaire et de la protection sociale, c’est donc avec ses moufles moralisantes pré chauffées à TF1, que notre guest star président en moon boots à talonnettes, s’en vint fustiger autour d’un vin chaud, les dérives d’un capitalisme tout schuss dans la piste noire et militer pour le port du casque obligatoire  dans la descente.

En effet, super crédible en probité et fort de son éthique en toc, le grand diseur et petit faiseur, après avoir moralisé à lui tout seul et par le bouclier fiscal, l’Epad familial, la dépénalisation des affaires et autres salaires vitaminés dont le sien, la France de l’identité Besson tellement intègre, qu’i l pense à s’expulser lui-même, ne pouvait que se sentir autorisé à reblanchir la poudreuse qui poudroie dans des paradis fiscaux délocalisés et à rafraîchir la merde qui merdoie dans les stocks options défiscalisés.

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Bizarrement le discours éthique de super tocard jeta comme un froid glacé.

Tout à sa lutte héroïque contre le capitalisme, tel Saint-Michel affrontant le dragon, le casseur d’ambiance de la répartition entre nous, dû regretter un instant de ne pas avoir mis dans son scooter des neiges, Ferrari et Pernaut, assistants moralisateurs de télévision gouvernementale pour lui repasser les plats en barquette pré moralisée.

Si j’aurai su j’aurai pas v’nu, gambergea sans doute dans cette langue châtiée qu’il manie si bien, notre moralisateur tricolore tout à son refroidissement. Pisque c’est comme ça, m’en vais aller moraliser Villepin tout congelé dans la chambre froide, du t’il se penser pour se remonter le moral.

Aux dernières nouvelles c’est raté.

Joyeux anniversaire président !!!

tgb

 

dessin de l'excellent Chimulus

13:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

26/01/2010

Etaix et textes

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J’avais toujours voulu monter du Pierre Etaix sur scène. Une idée fixe. Je ne sais pas d’où ça me venait. Je connaissais à peine le bonhomme, encore moins son oeuvre. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte (c’était un temps d’il  y’a longtemps) que Pierre Etaix n’avait quasiment rien écrit.

Juste des bouts de poèmes marrants, des bidouillages graphiques, des calligrammes assez fendards, des virgules grinçantes et poétiques.  

Comme à cette époque, j’animais un atelier théâtre à l’école nationale de commerce (ENC) j’avais finalement conçu avec mes étudiants, un montage  à partir de ces bouts de textes tirés de « Dactylographisme »  et du « Carton à Chapeaux ». Des bouquins quasiment introuvables.  J’avais été quelque part en banlieue, jusqu’à chez Gilbert Salachas, un pote d’Etaix devenu éditeur rien que pour le publier lui.

Le spectacle s’appelait « clowns » C’était profondément léger ou légèrement profond et plutôt réussi.

On avait invité Pierre Etaix et Annie Fratellini sans trop y croire et à la première représentation  - au palais des glaces – du coté du Faubourg du temple, ils  étaient là, discrètement ensemble, même si ça faisait des années qu’ils n’étaient plus ensemble. A l’issue du spectacle, ils avaient reçu une ovation du public. Etaix, déjà un peu aux oubliettes, en avait été assez ému et moi donc.

J’ai encore la vidéo de ce moment-là quelque part…

Il nous avait alors proposé de jouer le spectacle sous son chapiteau, dans le bois de Boulogne où il continuait à faire le clown avec ses élèves de l’école nationale du cirque ( ENC) comme un clin d’œil. C’était un beau cadeau. On avait commencé à prendre nos marques, à repenser le spectacle en circulaire, rapport à la piste. On s’est vu deux fois, on a parlé un peu, on s’est téléphoné un peu aussi on s’est écrit très peu et puis les choses se sont bousculées, des événements ont bouleversés ma vie, mes étudiants se sont égayés dans la nature et le projet n’a jamais abouti.

Je n’ai plus jamais revu Etaix ; sauf dans ses films - le soupirant - yoyo - tant qu’on a la santé – Manquent à ma culture de cinéphile  - le grand amour - et - pays de cocagne - que je ne suis pas prêt de visionner,  vu que le cinéma d’Etaix est toujours invisible rapport à un producteur indélicat.

Comme Etaix ne peut nous faire profiter de son talent sur grand écran, il remonte sur scène, en famille, à 81 ans, sans la moindre subvention  et presque dans l’anonymat du côté de Bordeaux dans un nouveau spectacle musical :

MIOUZIK PAPILLON

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On se demande bien comment l’ami de Jerry Lewis, le copain de Jean-Claude Carrière, le Gagman de jacques Tati, notre Buster Keaton à nous, notre prince du burlesque, notre cinglé du music hall, peut se retrouver à ce point dans le confidentiel et la mouise et ce malgré tous les hommages…

Il y a quelque chose de noble et de douloureux, un peu comme Chaplin dans les feux de la rampe, à voir ce vieux clown génial sur les planches et dans la dèche.

Pour ce que j’en sais et ce que j’en ai vu, Etaix est un immense petit monsieur au sourire charmant, à la voix douce, profondément humain et généreux. Un petit homme grand ( sans talonnettes), et simplement gentil.  Non pas de cette gentillesse un peu conne un peu mièvre mais de cette gentillesse féroce qui soulève des montagnes et rend le monde plus fraternel et intelligent .

Alors que tant de daube dégouline de partout avec son comique abêtissant et vulgos, l’humour sensible et pudique d’un Etaix trop discret, reste hélas confiné. Dans ce monde de fric et de frime, avoir la grâce pudique, ça ne pardonne pas. 

Il va de soi que Pierre Etaix sera plus grand mort que vivant.
En attendant il est vivant. Autant l’applaudir  maintenant.

tgb

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18:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

25/01/2010

Rien à la télé

Nan nan nan, je le dis comme je le pense : marre des multi rediffusions jusqu’à l’écoeurement, des programmes sur programmés, des « films cultes » assurant un audimat pas cher durant les fêtes - le père Noël est une ordure - la grande vadrouille - les Bronzés - Sissi

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Impératrice…, des soirées télégéniques si peu hygiéniques mais à répétition.

 

Marre des remakes paresseux

Marre des scénars indigents

Marre des mêmes tronches cabotines qui squattent nos mêmes plateaux repas .

Le genre : un beauf un peu con, sensé représenter la France moyenne, servant de faire valoir à un tueur né dont l’objectif (et l’on devine d’avance qu’il n’y parviendra pas) est d’atteindre sa cible…

Pffffffffff...

On connaît la recette, l’affligeante dramaturgie .

On sait d’avance les dialogues téléphonés.

On sature d’entrée au numéro éculé de l’auguste et du clown blanc ou chacun en miroir se retrouve être le révélateur de l’autre, tout à surjouer des situations factices, conçues pour que le comédien principal en mal d’inspiration puisse se pignoler en gros plan, tandis que les seconds rôles ravalés à de la figuration à peine intelligente, finissent par se fondre dans un dispositif scénique parfaitement tartignolle.

Cette sorte de complicité faussement contrariée où l’antagonisme navrant n’est qu’un prétexte grossier à la connivence et au marketing. Collusion plutôt que collision.

Nan nan nan…je ne regarderai pas.

Déjà au premier visionnage, c’était plutôt raté, on ne pouvait s’empêcher de comparer avec les grands prédécesseurs. On ne retrouvait ni l’implacable mécanique, ni la force de conviction, ni même le rythme ou l’originalité du dialogue. A la deuxième vision ça devenait franchement pénible tant on avait repéré les grosses ficelles foireuses, les ressorts rouillés et ramollos d’un comique assisté. Au troisième visionnage, ça devient insupportable, les effets à la truelle ne faisant plus illusion et ne masquant pas un manque évident de créativité.

C’est donc sur Canal + cinéma qu’on ose nous refourguer encore et pour la enième fois « l’emmerdeur » ce navet revisité façon Veber Berry Timsit, triste copie poussive de l’excellent Opus éponyme d’Edouard Molinaro, avec les irremplaçables Brel et Ventura tout à leur délicieuse confrontation.

Pour résumer donc par un dicton ce triste lundi soir de janvier 25ême jour du mois

Oualou à la télé : James Ellroy au chevet.

tgb

 

15:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

 
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