30.01.2010
Croissance verte à forte durabilité

Un octogénaire plantait.
« Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge ! »
Disaient trois jouvenceaux, enfants du voisinage ;
Le Vieillard et les trois jeunes Hommes - Lafontaine
Je viens enfin de comprendre cette détestation des arbres.
Planter un arbre, c’est admettre qu’on n'en jouira pas avant longtemps.
Moins que d’un barbecue électrique auto nettoyant.
Moins que d’un parasol en son salon de jardin universellement Grosfillex.
Et moins que d’un air con-ditionné à développement modérément durable, mais autrement plus climatisé que l’ombrage d’un arbuste qui, p... de b... de m..., prend décidément tout son temps, ce qui dans ce monde très pressé à exploiter d’urgence, ne donne pas un super retour sur investissement.
Planter un arbre oui, c’est accepter de se projeter dans les trente prochaines années, alors qu’on est tout juste bon à se projeter vers la star Ac du soir.
En cette société où le profit hédoniste se doit d’être immédiat, investir dans un arbre dont l’ombre et l’oxygène ne profiteront qu’à ses petits merdeux de descendants qui lorgnent déjà sur l’héritage, n’est d’aucun intérêt.

Tout à son court-termisme jouisseur, l’individu consommateur voit bien le bénéfice qu’il a, à tronçonner en cinq minutes du chêne centenaire. Le Schumacher du caddy à Carouf, tout à son circuit de la marchandisation heureuse, peut se goberger à faire venir à prix d’or et par cargo spécial, pour épater son con de beau frère lors du prochain cocktail dînatoire au bord de la piscine, un olivier andalou qui se demande bien ce qu’il fout en ces brumes mormandes.
La municipalité qui privatise plus vite que son ombre et qui se fout de l’intérêt général comme de son premier service public, peut éradiquer les platanes un peu hauts à élaguer et qui ont une certaine tendance à heurter des primes à la casse, pour les remplacer par des palmiers exotiques empotés, façon mobilier urbain, entre deux projets immobiliers à rétro commissions.
Mais pour ce qui est du long terme, pas très porteur électoralement, en tout cas moins que les paniers-repas de noël, avec bulletin de vote au fond du pâté pour vieux, tu peux te rhabiller.
Le capitalisme tout pour ma gueule qui n’a jamais eu qu’une seule idée fixe « ça durera bien autant que moi » est prêt en revanche à investir dans le vocabulaire, histoire de toujours fourguer sa came à peine repackagée.
Que la croissance infinie dans ce monde sarkozistement fini, ait du plomb dans l’aile, il suffit d’y accoler le mot « vert » pour ripoliner l’affaire.
Que l’exploitation du monde par le spéculateur pue fort de la gueule, il suffit de rajouter du dentifrice « durable » pour que l’haleine soit commercialement mentholée.

Plus ça pollue, plus ça pub durable et plus vite s’achète l’absolution.
Plus ç'est cupide, plus ça privatise les bénéfices et nationalise les déficits, et plus ça pseudo-moralise pour pas démoraliser l'opinion.
Ne nous faisons aucune illusion, avant que d'aller saloper le reste de l'univers, le dernier Bill Gates, s’offrira le dernier arbre, le dernier baril de pétrole, et la dernière lichette d’eau, tout en faisant des chèques médiatiques pour les derniers enfants de Haïti qui finiront dans le dernier musée.
Et comme le dirait notre bonzaï président Petit : "l’homme n’est pas une marchandise comme les autres."
Les petits hommes verts à faible durabilité si.
tgb
13:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
28.01.2010
Les bronzés font du fric

C’est donc à Davos, charmante station de ski helvétique sans minaret, mais avec émirs saoudiens en parka et leurs dames en burqa molletonnée (les arabes riches étant des riches, les arabes pauvres étant des fanatiques musulmans, comme tout Zemour le sait ) que notre moralisateur en chef vint moraliser, en 30 minutes Rolex, le capitalisme.
Sarkos à Davos une première et vraisemblablement une dernière, vu le flop à double flip que se prit en gamelle, le roi du slalom parallèle, en chasse neige offensif jusqu’à la ligne d’arrivée, alors qu’il tentait de coiffer au poteau moralisateur, son adversaire en moralisation combinée Obama.
Thème du tire pince fesses économico neigeux mondain :
"améliorer l'état du monde : repenser, redessiner, reconstruire".
Personnellement, je serai moniteur de ski, je ferai retravailler d’urgence le planter du bâton à toute l’oligarchie planétaire d’en haut, jusqu’à la prochaine crevasse, afin qu’ils ne repensent rien, ne redessinent rien et ne reconstruisent surtout rien vu l’état des dégâts, et qu’ils remboursent au préalable la coquette ardoise, plutôt que de la mettre sur le compte des 280 générations à venir de contribuables surgelés.
On peut toujours espérer une avalanche salvatrice nous débarrassant enfin de la racaille bancaire et de ses larbins politicards, mais les catastrophes naturelles ne profitant à priori qu’aux pauvres, j’ai peu d’espoir.

Délaissant un instant la bande du Fouquet’s, club humaniste bien connu pour son sens de la régulation financière, de la redistribution populaire et de la protection sociale, c’est donc avec ses moufles moralisantes pré chauffées à TF1, que notre guest star président en moon boots à talonnettes, s’en vint fustiger autour d’un vin chaud, les dérives d’un capitalisme tout schuss dans la piste noire et militer pour le port du casque obligatoire dans la descente.
En effet, super crédible en probité et fort de son éthique en toc, le grand diseur et petit faiseur, après avoir moralisé à lui tout seul et par le bouclier fiscal, l’Epad familial, la dépénalisation des affaires et autres salaires vitaminés dont le sien, la France de l’identité Besson tellement intègre, qu’i l pense à s’expulser lui-même, ne pouvait que se sentir autorisé à reblanchir la poudreuse qui poudroie dans des paradis fiscaux délocalisés et à rafraîchir la merde qui merdoie dans les stocks options défiscalisés.

Bizarrement le discours éthique de super tocard jeta comme un froid glacé.
Tout à sa lutte héroïque contre le capitalisme, tel Saint-Michel affrontant le dragon, le casseur d’ambiance de la répartition entre nous, dû regretter un instant de ne pas avoir mis dans son scooter des neiges, Ferrari et Pernaut, assistants moralisateurs de télévision gouvernementale pour lui repasser les plats en barquette pré moralisée.
Si j’aurai su j’aurai pas v’nu, gambergea sans doute dans cette langue châtiée qu’il manie si bien, notre moralisateur tricolore tout à son refroidissement. Pisque c’est comme ça, m’en vais aller moraliser Villepin tout congelé dans la chambre froide, du t’il se penser pour se remonter le moral.
Aux dernières nouvelles c’est raté.
Joyeux anniversaire président !!!
tgb
dessin de l'excellent Chimulus
13:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
26.01.2010
Etaix et textes

J’avais toujours voulu monter du Pierre Etaix sur scène. Une idée fixe. Je ne sais pas d’où ça me venait. Je connaissais à peine le bonhomme, encore moins son oeuvre. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte (c’était un temps d’il y’a longtemps) que Pierre Etaix n’avait quasiment rien écrit.
Juste des bouts de poèmes marrants, des bidouillages graphiques, des calligrammes assez fendards, des virgules grinçantes et poétiques.
Comme à cette époque, j’animais un atelier théâtre à l’école nationale de commerce (ENC) j’avais finalement conçu avec mes étudiants, un montage à partir de ces bouts de textes tirés de « Dactylographisme » et du « Carton à Chapeaux ». Des bouquins quasiment introuvables. J’avais été quelque part en banlieue, jusqu’à chez Gilbert Salachas, un pote d’Etaix devenu éditeur rien que pour le publier lui.
Le spectacle s’appelait « clowns » C’était profondément léger ou légèrement profond et plutôt réussi.
On avait invité Pierre Etaix et Annie Fratellini sans trop y croire et à la première représentation - au palais des glaces – du coté du Faubourg du temple, ils étaient là, discrètement ensemble, même si ça faisait des années qu’ils n’étaient plus ensemble. A l’issue du spectacle, ils avaient reçu une ovation du public. Etaix, déjà un peu aux oubliettes, en avait été assez ému et moi donc.
J’ai encore la vidéo de ce moment-là quelque part…
Il nous avait alors proposé de jouer le spectacle sous son chapiteau, dans le bois de Boulogne où il continuait à faire le clown avec ses élèves de l’école nationale du cirque ( ENC) comme un clin d’œil. C’était un beau cadeau. On avait commencé à prendre nos marques, à repenser le spectacle en circulaire, rapport à la piste. On s’est vu deux fois, on a parlé un peu, on s’est téléphoné un peu aussi on s’est écrit très peu et puis les choses se sont bousculées, des événements ont bouleversés ma vie, mes étudiants se sont égayés dans la nature et le projet n’a jamais abouti.
Je n’ai plus jamais revu Etaix ; sauf dans ses films - le soupirant - yoyo - tant qu’on a la santé – Manquent à ma culture de cinéphile - le grand amour - et - pays de cocagne - que je ne suis pas prêt de visionner, vu que le cinéma d’Etaix est toujours invisible rapport à un producteur indélicat.
Comme Etaix ne peut nous faire profiter de son talent sur grand écran, il remonte sur scène, en famille, à 81 ans, sans la moindre subvention et presque dans l’anonymat du côté de Bordeaux dans un nouveau spectacle musical :
On se demande bien comment l’ami de Jerry Lewis, le copain de Jean-Claude Carrière, le Gagman de jacques Tati, notre Buster Keaton à nous, notre prince du burlesque, notre cinglé du music hall, peut se retrouver à ce point dans le confidentiel et la mouise et ce malgré tous les hommages…
Il y a quelque chose de noble et de douloureux, un peu comme Chaplin dans les feux de la rampe, à voir ce vieux clown génial sur les planches et dans la dèche.
Pour ce que j’en sais et ce que j’en ai vu, Etaix est un immense petit monsieur au sourire charmant, à la voix douce, profondément humain et généreux. Un petit homme grand ( sans talonnettes), et simplement gentil. Non pas de cette gentillesse un peu conne un peu mièvre mais de cette gentillesse féroce qui soulève des montagnes et rend le monde plus fraternel et intelligent .
Alors que tant de daube dégouline de partout avec son comique abêtissant et vulgos, l’humour sensible et pudique d’un Etaix trop discret, reste hélas confiné. Dans ce monde de fric et de frime, avoir la grâce pudique, ça ne pardonne pas.
Il va de soi que Pierre Etaix sera plus grand mort que vivant.
En attendant il est vivant. Autant l’applaudir maintenant.
tgb
18:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
25.01.2010
Rien à la télé
Nan nan nan, je le dis comme je le pense : marre des multi rediffusions jusqu’à l’écoeurement, des programmes sur programmés, des « films cultes » assurant un audimat pas cher durant les fêtes - le père Noël est une ordure - la grande vadrouille - les Bronzés - Sissi

Impératrice…, des soirées télégéniques si peu hygiéniques mais à répétition.
Marre des remakes paresseux
Marre des scénars indigents
Marre des mêmes tronches cabotines qui squattent nos mêmes plateaux repas .
Le genre : un beauf un peu con, sensé représenter la France moyenne, servant de faire valoir à un tueur né dont l’objectif (et l’on devine d’avance qu’il n’y parviendra pas) est d’atteindre sa cible…
Pffffffffff...
On connaît la recette, l’affligeante dramaturgie .
On sait d’avance les dialogues téléphonés.
On sature d’entrée au numéro éculé de l’auguste et du clown blanc ou chacun en miroir se retrouve être le révélateur de l’autre, tout à surjouer des situations factices, conçues pour que le comédien principal en mal d’inspiration puisse se pignoler en gros plan, tandis que les seconds rôles ravalés à de la figuration à peine intelligente, finissent par se fondre dans un dispositif scénique parfaitement tartignolle.
Cette sorte de complicité faussement contrariée où l’antagonisme navrant n’est qu’un prétexte grossier à la connivence et au marketing. Collusion plutôt que collision.
Nan nan nan…je ne regarderai pas.
Déjà au premier visionnage, c’était plutôt raté, on ne pouvait s’empêcher de comparer avec les grands prédécesseurs. On ne retrouvait ni l’implacable mécanique, ni la force de conviction, ni même le rythme ou l’originalité du dialogue. A la deuxième vision ça devenait franchement pénible tant on avait repéré les grosses ficelles foireuses, les ressorts rouillés et ramollos d’un comique assisté. Au troisième visionnage, ça devient insupportable, les effets à la truelle ne faisant plus illusion et ne masquant pas un manque évident de créativité.
C’est donc sur Canal + cinéma qu’on ose nous refourguer encore et pour la enième fois « l’emmerdeur » ce navet revisité façon Veber Berry Timsit, triste copie poussive de l’excellent Opus éponyme d’Edouard Molinaro, avec les irremplaçables Brel et Ventura tout à leur délicieuse confrontation.
Pour résumer donc par un dicton ce triste lundi soir de janvier 25ême jour du mois
Oualou à la télé : James Ellroy au chevet.
tgb
15:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
22.01.2010
25% de rabais sur Proglio

2 pour le prix d’1
Si, comme nous l’indique avec sa pertinence lumineuse l’idiot utile Lefebvre, 8,5% des adhérents UMP sont morts en 2009, un calcul à peine savant nous permet de conclure que, dans 12 ans, il n’y aura plus de militants encartés UMP sur cette planète.
Certes il y aura bien quelques nouveaux arrivants pour assister aux obsèques, mais qui ne compenseront pas les deuils successifs dus à la qualité intrinsèque et spécifique du parti présidentiel en surreprésentation de 4éme age.
C’est d’ailleurs bien, tout l’objet du banquet annuel des seniors, programmé lundi soir par TF1 et animé par le duo placebo du journalisme servile sénile, Ferrari Pernaut, stars des maisons de retraite. Ecouter le nabot compensé entre soupe et camomille répondre aux questions qu’il se pose lui-même, ne peut que rassurer nos anciens, vu qu’ils ont le même dans leur jardin, des pissenlits plein la brouette.
Thème du débat devant un panel tétanisé de français représentatifs-de-la-prostate :
"Mourrez pas avant les régionales"
Un bien beau slogan pour la France, les pieds devant, d’après.

1 pour le prix de 2
Sinon, revenons à l’aimable ristourne de Proglio le héros :
nom de code « rond de serviette 45 », l’un des 54 convives des agapes du Fouquet’s, qui nous fait grâce de 450 millions d’euros annuels tout en conservant 1,6°+ 13 M de retraite chapeau, ce qui devrait quand même le mettre à l’abri du besoin pour les mille prochaines années.
Et pendant que l’hyper cumulard à double casquette privé/public, continue de surendetter Véolia tout en se préparant à surendetter EDF, penchons nous sur l’argument massue de ses argumenteurs :
Proglio : l’un de ces patrons français que le monde entier nous envie (et faisons l’impasse avec regret sur l’argument couillu de Jef Copé : Plafonner du gros salaire c’est revenir au bolchevisme)
Et je dis testons.
Vendons Proglio, 23 éme rémunération du Cac 40, sur Ebay et estimons les enchères.
Ensuite, seulement négocions.
M’est avis qu’on pourrait s’en tirer pour moins cher.
Parce qu’y a pas de raison, si y’a du dumping sur prolo, de la directive service sur loufiat, dans le cadre de la concurrence libre et non faussée, peut tout aussi bien y avoir du discount sur big boss ou du « low cost » sur PDG.
Messier aujourd'hui ça vaut combien ???

En janvier donc, Sarko solde.
25% de rabais sur Proglio c’est bien, mais quitte à sacrifier, 95% c’est franchement mieux.
Et pour peu qu’on trouve un bon patron chinois premier prix…
Car, rappelons, que la plupart de ces capitaines d’industrie que le monde entier nous envie, ces anciens hauts fonctionnaires libéraux de la pantoufle audacieuse, n’ont jamais rien crées ou entrepris, qu’ils sont au mieux des joueurs attardés de mécano économique dont le métier consiste à renvoyer du 15% sur investissements à des actionnaires qui n’en branlent pas une, en délocalisant par çi, en réduisant les coûts par là, tout en s’augmentant les uns les autres sans obligation de résultat.
Justifier de joyeux émoluments à multiples zéros par l’offre et la demande sans en expérimenter vraiment le Mercato, c’est un peu comme évaluer le savoir faire électrique de Proglio en le regardant changer les fusibles chez moi.
Un peu fastoche quand même.
Souvenons nous enfin, par souci de cohérence, que le métier d’après président que vise l’élu en viager, faute de combattants, est le beau métier de Riche ; et dans le nucléaire si possible.
Tout à sa stratégie subtile à placer les convives sur son business plan (de table)...
Discrètement parlant, façon Proglio, c’est raté.
tgb
° Pierre Gadonneix ancien patron d’EDF émargeait à 1,1 million d’euros
17:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
20.01.2010
La Sainte trinité néo-présidentielle

Barack Obama devait prononcer son discours sur l'état de l'Union le 2 février prochain. Problème : la chaîne américaine ABC devait diffuser le même soir le premier épisode de la nouvelle et dernière saison de sa série Lost (saison 6)
"Je ne prévois pas un scénario où des millions de gens qui espèrent assister à une sorte de conclusion à Lost se verront empêchés par le président" Robert Gibbs porte-parole de l'administration américaine.
Que l’homme le plus puissant du monde, paraît-il, abdique de la zapette devant un épisode de saison 6, illustre bien son impuissance. Si Mister Président himself, se vautre devant Lost, on imagine sans mal sa capacité à résister à Wall Street.
A force de composer pour ne pas déranger, Obama finit par décomposer son propre électorat. Perdre le jour anniversaire de sa présidence l’état du Massachusetts, bastion du parti démocrate et de Ted Kennedy son mentor, et par là même sa majorité au sénat en est le plus redoutable symbole.
Qu’à son niveau Obama ne soit ni milliardaire, ni patron de chaînes télés, ni heureux propriétaire d’un club de foot montre chez ce néo-romantique tout en prudence, une certaine candeur, voire de l’ amateurisme.
Car, il n’aura échappé à personne que le nouveau profil du dictateur télégénique branché, light, bio, à développement durable et à croissance verte tant qu’à faire, demande de sacrifier à cette Sainte trinité post-moderne : le fric, le foot et la boîte à cons.

Tapie (à qui l’état versa deux fois plus de pognon qu’aux haïtiens cela dit en passant) nous en montra la voie. Berlusconi nous la finalisa jusqu’au lifting et Pinera, Chicago boy caché et relooké du couple glamoureux Pinochet /Thatcher, nous le vulgarise aujourd’hui au Chilii.
Le mode d’emploi en est somme toute assez rudimentaire
1) Gagner du fric dans des conditions douteuses (blanchiment d’argent sale, fricotage avec mafieux, narcotrafiquants, ou caudillo local ... )
2) Posséder une ou plusieurs chaînes de télévision
3) Diriger un club de foot.
4) Etre de droite décomplexée (dur sur le fond/cool dans la forme)
5) avoir pour opposition une gauche de droite complexée

Au coup d’état sanglant et un peu sale, type Honduras, il est aujourd’hui vivement conseillé par les spin docteurs et autres esthéticiennes du corpus politicard, de privilégier le coup de projo séducteur et divertissant ; foot et foutre restant socialement le prosac idéal pour temps de cerveau plus ou moins disponible. A consommer sur place ou à emporter dans l’isoloir.
Ultime alternative de ce qui nous reste de démocratie.
Le consentement et l’auto aliénation étant autrement plus efficace que la coercition, les prédateurs auraient tort de se gêner. Quand dans le grand panel de l’insécurité, on y rajoute tout seul et comme un grand, la peur panique de rater l’épisode de la saison 2, on se demande bien pourquoi on construit encore des centres de détention.
La prison chez soi restant pour l’Etat, du meilleur rapport qualité /prix.
Prenons le cas du bien inoffensif Peillon, tout surpris d’avoir court-circuité la machine à gaver et de s’être pris sur le râble la meute de la corporation mensualisée, plutôt que de revendiquer le modeste attentat, il tremble encore à l’idée de ne plus être invité à la table pixélisée de la pensée en rond.
Sûr qu’il recommencera pas de sitôt. Bien fait.
L’homo médiaticus ayant depuis longtemps renoncé à son statut d’acteur citoyen et à son encombrante liberté de pensée dont il ne savait que foutre le dimanche à Ikea, peut continuer, tout à son infantilisation à dépenser son énergie dialectique dans la surface de réparation autour de la méchante problématique du penalty ou pas.

Dans cette société individualisée et grégaire, tout à la satisfaction du plaisir immédiat et à l’assouvissement compulsif, il faut bien l’admettre, ce sont les plus pauvres qui mettent au pouvoir les plus riches. Qu’un possédant possède déjà tout et ils s’empressent de lui confier ce qu’il ne posséderait pas encore : le pouvoir politique.
En ce sens, on comprend mieux qu’aucun puissant n’ait intérêt à éduquer sa population, l’on saisit mieux l’anti-intellectualisme ambiant dévoué à la cause du pipole et le zèle à malaxer dans le grand sanibroyeur consensuel, David Douillet et Victor Hugo, Mickey, Jaures et Guy Moquet.
Le totalitarisme chic avec nichons siliconés, c’est Pinochet

moins la casquette plus les UV

suffisait d’y penser.
Au nom du Fric du foot et de la boîte à cons
Amen !!!
tgb
18:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
18.01.2010
cadavres exquis

Si, pour notre très inspiré président, pourtant à l’agonie fétide « mourir n’est pas facile » en revanche pour un haïtien pauvre, jouer au zombi tout droit sorti d’un clip jacksonien dans les rues macabres de Port au Prince, est assez aisé.
Il n’a, à vrai dire que l’embarras du choix.
S’il n’est pas déjà mort étouffé dans l’indifférence générale, par une de ces bonnes galette de terre, spécialité culinaire du FMI, qui à l’art consommé de paupériser un pays tout en prétendant lui offrir la prospérité, s’il n’est pas dévasté par un cyclone anticapitaliste primaire faisant 793 victimes ici et 4 à Cuba, un cataclysme de 7 sur l’échelle de Richter (qui eut fait quelques victimes au Japon) devrait finir par le convaincre de jouer le rôle que lui a dévolu l’occident tout à sa compassion médiatiquement condescendante :
Celui de mort vivant dopant l’audimat.
Car il faut bien reconnaître que le pauvre à décidément une prédilection certaine pour crever comme un con sous les gravats. Pour peu qu’il échappe aux tsunamis, aux inondations, ou aux pandémies, il finira tout de même et ce parce que telle est sa vocation génétique n’en doutons pas, de pourrir sous nos bombes chirurgicales qui ne lui veulent c’est évident que du bien :
Ne serait-ce par exemple, que pour le libérer d’un oppresseur sanguinaire ou d’une burqa dégradante, autrement aliénante qu’une bombe au phosphore.

Indéniablement oui, le pauvre a le don inné du dommage collatéral et prend un plaisir certain, peut être bien pervers, à égayer sensiblement nos soirées télévisuelles de charité bizness. Il n’y a qu’à voir d’ailleurs notre bon à rien de ministre Kouchner re-frétiller soudain de l’humanitaire pour s’en réjouir.
Parler de malédiction pour Haïti, ou de triste fatalité, serait admettre que Dieu lui même en aurait après ce peuple voué au vaudou et lui ferait payer possiblement le fait de s’être inconsidérément libéré de l’esclavage sans nous en demander la permission.
Que la justice divine frappe de ses foudres les fils de Toussaint Louverture rejetant notre aimable tutelle n’est pas en soi scandaleux certes, mais ce serait renier toute aptitude au désastre du pauvre programmé et accepter au final que le miséreux n’ait aucune responsabilité dans sa vocation de cadavre exhibé. Rôle dont il s’acquitte pourtant avec un talent exemplaire.
Imagine-t’on sérieusement des Haïtiens affalés dans leur sofa, zapper larmoyant des Parisiens hagards dans les décombres d’une capitale quadrillée par des soldats chinois prévenant tout pillage et contrôlant déjà l’aéroport de Roissy ?
En cela chacun est bien à sa place. Les riches dans leur sensiblerie misérabiliste de dame patronnesse, les ricains dans leur débarquement à tendance hégémonique et anti-castriste, les pauvres dans leur fosse commune, les médias dans leur voyeurisme émotionnel avec reportages à haute valeur ajoutée sur les chiens renifleurs et Bono au micro de la bienfaisance blairisée.
Le nouvel ordre mondial est dans les clous et ce n’est pas le peuple chilien mettant au pouvoir son propre malheur qui nous démentira.
tgb
17:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
13.01.2010
La jurisprudence Continental : Une recette de moralisation du capitalisme à la Sarko

Pour 6/8 patrons amis de la bande du Fouquet’s
Ingrédients
- Une crise mondiale opportune
- Une entreprise récidiviste - 16 000 licenciés 2008 - 38, 8 M de benef 2009
- Une dégradation de sous préfecture
- 6 ouvriers de chez Conti (Maison Claivoix)
- 1 juge bien gras
- 3 a 5 bons mois avec sursis + 63 000 euros d’amende fraîche
Préparation
Après avoir pris soin de dépénaliser le droit des affaires, grondez pour la forme quelques patrons voyous attablés tout en leur garantissant l’impunité ; faites semblant d’inviter à la table des négociations les représentants syndicaux.
Laissez porter jusqu’à ébullition, puis épluchez au hasard et pour l’exemple, une demi douzaine de prolos vigoureux, genre Xavier Mathieu, après saccage de sous préfecture.
(Pour les agriculteurs seuls, la mise à sac d’un bureau du ministre ou l’incendie d’une préfecture est autorisée. )
Tapez très fort sur la tête des ouvriers pour l’exemple.
Faites rissoler la loi anti-casseurs abrogée il y a 28 ans
Enfin, criminalisez à feu doux le mouvement social pour digérer les dividendes peinard.
Pendant que ça mijote, n’oubliez pas de vous inscrire à Davos pour dénoncer les dérives du capitalisme.
Présentation
Une fois cuit, servez avec un accompagnement de salades sécuritaires habituelles, d’endives jaunes bien tendres de la marque Thibault-Chérèque (vérifiez bien la date de péremption) et une bonne bouteille d’identité nationale (genre gros rouge qui tache) pour faire passer la tambouille gouvernemento-patronale
Dégustation.
Bon appétit Messieurs O ministres intègres...
mon petit plus pour surprendre vos invités avec une préparation originale
tgb
22:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
11.01.2010
DO NOT DISTURB 2

Tu te lèves le matin, tu vas bosser. Tu jettes un œil par la fenêtre ; s’il neige, tu t’habilles chaudement, s’il pleut, tu t’habilles imperméablement, si tu vois un pékin en short, tu peux considérer que c’est plus ou moins l’été et envisager de faire craquer le bermuda, à moins que pas de bol, tu tombes sur mon beau frère, un rude de chez montagnard, en tee-shirt toute l’année, mais c’est quand même peu probable.
Ça, ce que je t’explique, c’est la vieille méthode empirique du temps archaïque où tu ne possédais pas encore d’écran plasma et où la grande messe du JT ne consacrait pas 20 minutes aux évènements météorologiques nationaux en plus des rituelles rubriques de tata météo entre deux matraquages publicitaires, au détriment cela va de soi, du lynchage d’africains en Italie fasciste, ou du meeting électoral confidentiel (pour les médias) du front de gauche, porte Maillot.

Car grâce aux grandes messes des JT marronniers, tu sais non seulement qu’il neige, vente, pleut ou fait rien du tout sans l’effort colossal de te mouvoir jusqu’à ta fenêtre embuée, mais en plus tu peux voir une déneigeuse déneiger, une sableuse sabler, des types de la DDE en tenue fluo t’expliquer qu’il pleut qu’il neige qu’il vente et des micros trottoirs verglacés où des chauffeurs routiers râlent en disant par tradition identitaire « qu’il y’a bien qu’en France qu’on voit un bordel pareil » plus un quidam expert en télé achat se gausser du réchauffement climatique, la preuve.
Et ça mon pote, c’est autrement de l’info, que ta vision embrumée de petit matin frileux à ta fenêtre embuée, avec le risque peu probable mais quand même réel de tomber sur mon beau-frère en tee shirt par moins dix.
Oui la caution télévisuelle objective tellement tout, que même ma mère en Savoie qui m’appelle en la capitale peut me raconter avec moult détails le temps apocalyptique de Paris vu à la télé tout en mettant fortement en doute les 3 flocons souffreteux et tout relatifs vus de ma fenêtre.
Il faut bien reconnaître la supériorité de crédibilité d’un William Leymergie à oreillette en duplex avec un envoyé spécial en moufles satellisées devant l’immeuble de France 2 sur un fils légendairement grincheux le matin.
Parce qu’un grand reporter frigorifié, la moustache givrée, un micro à la main qui te raconte qu’il y a plein de neige en hiver, plein de voitures sur le periph et plein de retard dans les gares et les aéroports, genre Armageddon, c’est quand même autrement plus fiable, qu’un journaliste même pas embbeded, enlevé par des Talibans au cœur des montagnes afghanes et qui met en rogne un président en plein chasse neige dans les sondages.
D’où peut-être cette répartie furibonde à son ministre de la culture écharpé suite à un dérapage sur verglas – Un ministre ça ne se déplace pas en mobylette – et qui restera sans nul doute dans les anales des grandes sentences présidentielles.

Bref, quand on voit que, par les temps maussades qui courent, un train avec deux heures de retard, un avion qui ne décolle pas à l’heure dite, un 4X4 avec pare-buffle en travers du col des Champs-Elysées, sont vécus par les français comme un véritable cauchemar, on peut évidemment douter de l’imminence d’une insurrection populaire.
Message subliminal de la France profonde qui souffre de l’engelure et de la congère en allant chercher en pantoufles à crampons son pain et son journal gratuit : do not disturb.
Pour conclure et souligner définitivement la réalité supérieure du virtuel sur la virtualité d’un réel douteux, ce charmant dialogue entre une maman amie enthousiaste à sa fenêtre et sa petite fille de 5 ans blasée finissant son cacao équitable :
- viens vite ma chérie il neige …
- ouaiiiiiis je sais, j’ai vu à la télé…
Et pour peu que passe mon beau frère pile poil dans la rue en tongs par moins dix…
La neige c’est mieux à la télé. Comme l'avie, l’amour, ou l’apolitique.
tgb
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08.01.2010
Romantic Ken Killer

Climat de panique dimanche soir à l'aéroport de Newark, à New York. Un amoureux a pénétré illégalement dans une zone sécurisée pour embrasser sa douce avant son embarquement. L'alerte a immédiatement été donnée, les vols suspendus pendant plusieurs heures et les passagers fouillés. Les autorités cherchent à identifier l'individu aperçu sur les vidéos quittant l'aéroport sans être inquiété.
Fait divers, appelé à devenir ordinaire dans une société jouant à terroriser sa population pour mieux la contrôler. Un citoyen lambda ayant une chance sur 1 milliard (minimum) d‘être victime d’un cinglé avec une bombe dans le slibard, crèvera plus sûrement de faim de froid ou d’un accident du travail si seulement il en a un ; rassurons nous.
Je ne sais ce qu’il adviendra de cet amoureux transi dans ce monde fraternel et romantique, mais trouvant la fin quelque peu fadasse et postulant à une place de scénariste pour quelque série hollywoodienne je me propose de la réécrire dans une veine plus bancable et un poil plus trashy.

Décor : salle d’embarquement – ambiance sonore d’aéroport - Plan séquence -
Ken se précipite vers Barbie pour lui donner un dernier baiser d’amour avant séparation douloureuse pour cause de rancune tenace. Rapport aux subprimes
Gros plan sur Ken dont le visage peu à peu se décompose
Voyant avec fureur que deux gros douaniers blacks hilares ayant forcément votés pour Obama et sa "guenon" mattent à mort la prothèse mammaire et le piercing génital du corps dénudé de Barbie sa compagne, sur l’image renvoyé par le scaner corporel, Ken ulcéré, se saisit soudain de sa Machine Gun cachée sous son pardessus.

Zoom rapide sur la petite mitraillette ergonomique américaine, réputée pour être le « jouet » favori de la CIA, et que Ken recommande tout particulièrement à ses camarades de la National Rifle Association .
Une chance qu’il ait programmé sa vengeance et prévu de se faire en rafale, dans une des tours de Manhattan l’après midi, quelque banquier désobligeant shooté aux bonus et lui ayant englouti par inadvertance voire cupidité, les 500 000 dollars qu’il destinait à sa retraite californienne.
Poursuite en travelling
Ken enjambe les cordons de sécurité en direction de la guérite des douaniers tout à l’anatomie de Barbie, et bientôt à bout portant commence à arroser fiévreusement les deux fils de pute sous le regard horrifié puis excité de Barbie.
Visages explosés, corps qui s’effondrent – giclées de sang maculant les vitres en plexiglass - Panique générale - cris hurlements mouvements de foule – sourire sardonique de Ken.
Enivré par ses décharges d’adrénaline et de balles traçantes, le voilà à retourner posément l’arme vers la foule et à faire quelques délicieux cartons, mitraillant par çi un groupe d’enfants scouts, flinguant par là quelques hôtesses en uniformes stricts, plus quelques touristes chinois à moins que japonais pour faire dans l’international .

Scènes de carnages divers…large panoramique de la camera sur hall d’aéroport dévasté.
Alerté par le tumulte, le vieux Jim, agent de sécurité de la société Blackwater se rappelant avec nostalgie ses cartons irakiens, et trafiquant à l’occase de la photo pédophile d’images d’enfants scanérisés, parvient à neutraliser, au péril de sa vie, dans un duel insoutenable - champ contre champ - suspens – musique haletante le psychopathe ravagé à coups d’arc électriques du meilleur effet image ralentie
Plan Américain
Ken agonise dans les bras de Barbie, en prononçant cette sentence définitive :
Plan sérré
- C’est encore cet enfoiré de banquier qui s’en sort le mieux ! -
Il meurt.
L’image se fige - générique…

Ben moi je dis que si avec ça je me choppe pas un oscar, je vends carrément le pitch à TF1.
On vit une époque formidable !!!
tgb
19:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note











