27.06.2010
La machine à vide

Comme il est établi par quelques penseurs incontestables, Perdriel, Seguela, Denisot,…que le Ouebe est une immonde saloperie ordurière propageant la rumeur, la calomnie et la désinformation, tournons nous vers cette presse indiscutable dont le travail fouillé d’enquêtes minutieuses, d’investigations patientes et d’informations recoupées reste la référence objective.
Deux exemples récents pour montrer le sérieux et le professionnalisme de ces médias que le monde entier nous envie :
Une certaine Sylvie François, appelle le 18 juin à bouter hors de nos rues Barbesiennes, telle Jeanne d’Arc, sauciflard en étendard, le Saladin allergique au jambon beurre.
Cette Sylvie François, de ce François le français qui sent si bon son pseudo facebook, Sylvie meurtrie, Sylvie outragée, Sylvie brisée mais Sylvie libérée des forces occupantes de la Musulmanie intérieure, est sensée habiter au cœur de la Goutte d’or décochonisée.

Que firent les médias exemplaires et notamment cette Radio France qui sent si bon son Val Hess, de ces jeunes putains qui font les vieilles bigotes, vérifièrent-elles l’adresse, l’identité et les allégations de la passionaria porcine ?
Que nenni, trop heureuses du buzz sentant bon son graillon, ils reprirent in extenso les élucubrations brameuses de l’avatar cochonne en leur tam tam médiatique pour ne pas dire ramdam, et amplifièrent l’intox identitaire autant qu’alimentaire.
Sylvie François n’existait pas, la presse sérieuse dans toute son intégrité factuelle ne se laissa pas parasiter par ce léger détail.

Exemple 2– Un certain Anelka, joueur millionnaire non imposable en France et "racaille musulmane" de son état, grommelle en sa barbichette de chez Maniatis dans un coin de vestiaire puant la sueur (enfin vu les résultats, pas tant que ça) un truc du genre : « va te faire foutre entraîneur de mes deux avec ton système de merde » commentaires d’une rare banalité, dans des coulisses à haute tension.
« L’équipe », journal sportif forcément de référence puisqu’il détient le monopole du créneau "short crampons et pédales à l’eau claire", organe du groupe Amaury, organisateur de tour de France irréprochable (comme la république du caïd de Neuilly) et complice de Fifa incorruptible, reniflant l’affaire juteuse et putassière, épiça la sauce par un montage photo racoleur jouant de l’affrontement, tout en corsant l’insulte, histoire de rentabiliser la pénétration anale.
Pas du ragot de chiottes, pas du potin lubrifié, pas du trou de serrure poilu et trash, mais de l’info coco, de celle qui fait la liberté de la presse et l’honneur Pulitzer et qui permit d’ailleurs à la philosophie de comptoir sans alcool, de celle qui se choque du mot enculé mais cautionne indignée la sodomie des mineurs de 13 ans; d’exalter la haine et la pensée vinaigre.

Tel est ce système médiatique exemplaire, celui qui regarde la main d' Henry dans la culotte du coach Elyséen quand ça manifeste à millions, que ça Karachigrave ou que ça Woerthgate à mort. Affaires sorties par Mediapart sur le web ordurier d’ailleurs, pendant que l’ectoplasme du "Monde" se demande à quel cul il sera torché, de la bande à Sarko ou de celle à Strauss Kahn.
Non bien sûr : "On ne peut rien reprocher" (dixit Sarko) à Woerth et surtout pas du conflit d’intérêt, puisqu’en tant que ministre des finances, il se contentait de favoriser la fraude fiscale, par l'intermédiaire de sa femme, d'une pauvre milliardaire qui renflouait le parti dont il est lui même trésorier...
Non Woerth bien sûr, n’a pas une tête à couvrir les fraudes fiscales, tout juste une tronche à pratiquer le headfucking sans les lunettes, tandis qu’un pauv’neg marron au faciès idoine est autrement plus vendeur à la une. Car non seulement il nous faut du coupable à donner en pâture, mais encore faut-il fournir la tête qui va avec.
Quand la rigueur ne peut être que sociale et surtout pas morale…

Oui exemplaires que ces journalistes, vierges héroïques, hurlant au loup à 20 millions contre 1, le temps du procès médiatique et du lynchage en direct et qui se corporatisent par réflexe de meute, dès qu’un Peillon, avant de s’excuser pour récupérer son rond de serviette télégénique, fait un instant dérailler la machine à cons ou qu’un Melenchon, sans s’excuser lui, botte le cul d’un apprenti Demorand (faible avec les forts fort avec les faibles) frappant à la porte de la société du spectacle.
Oui, quelle était belle et émouvante dans sa nudité crue, cette presse racaille, sidérée soudain, comme un lapin pris dans les phares, par une équipe de 23 ne jouant plus le jeu de l’enculage sponsorisé, crachant solidaire dans la soupe tiédie, et ne justifiant plus le tarif des consultants à masquer la vacuité de la machine à vide.
tgb
10:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : woerth, hess, val, sylvie françois, anleka, caïd, l'equipe
23.06.2010
Le maître et l’esclave

ROME (Reuters) - Les 4642 ouvriers de l'usine Fiat de Pomigliano, près de Naples, ont voté à près des deux tiers en faveur d'un plan qui prévoit un accroissement de la flexibilité en échange d'investissements nécessaires pour maintenir le site ouvert et y relocaliser la production de la prochaine version de la Fiat Panda, aujourd'hui fabriquée en Pologne.
Le projet vise à accroître la productivité en introduisant davantage de flexibilité dans les horaires de travail, en limitant le droit de grève et en limitant certaines prestations, comme l'indemnisation des arrêts maladie.
Dans la célèbre dialectique du maître et de l’esclave (la phénoménologie de l’esprit) Hegel nous montre comment l’esclave n’est esclave que parce qu’il a peur de mourir, alors que « c’est seulement par le risque de sa vie qu’on conserve la liberté… »
La liberté ou la mort.

A préférer l’aliénation au risque de la mort, mort sociale j’entends, non seulement, les ouvriers de Pomigliano n ‘échapperont pas à la mort - car comme pour les Conti qui choisirent, validant le chantage et mettant le doigt dans l’infernal engrenage, de voter pour le retour aux 39 heures, la boîte mit tout de même deux ans plus tard la clef sous la porte - mais ils connaîtront comme Daladier, la honte et le déshonneur.
Oui, les ouvriers de Fiat ayant choisi la vie, ou plutôt une médiocre survie, vie de merde, vie de chien, vie de berlusconien abruti et lobotomisé, non seulement choisissent de rester esclaves, mais encore engagent tous les autres à le rester ou à le devenir.
Ce qu’évidemment saisi parfaitement au bond le ministre italien du Travail, Maurizio Sacconi qui déclare trop heureux de la capitulation en rase campagne d’une bande de prolos aplatis "ce vote change les relations industrielles en s'éloignant du conflit pour se rapprocher de la collaboration".
« Collaboration » en effet, le mot est bien choisi, que cette soumission sans condition au marché et au chantage patronal. Un patronat qui n’avance que parce que le prolo recule et qui aurait tort de se gêner devant de telles lopettes tétanisées.
Alors qu’en ces temps de crise, de colère et d’injustice insolente, c’est la ploutocratie qui devrait raser les murs la peur au ventre, c’est la classe ouvrière et tout le salariat qui baisse son froc, se courbe et se penche jusqu’à la reptation, jusqu’à retourner étrangement en bon névrosé, comme chez France télécom, l’arme contre soi plutôt que contre son oppresseur.
Le suicide et la fuite plutôt que la révolte.

Oui je sais, il faut bien nourrir ses gosses et payer les traites du pavillon, de la playstation du gamin et de l’écran plasma pour suivre les exploits trafiqués de la squadra azzurra en mondiovision mafieuse, mais quoi, leurs pères qui conquirent de haute lutte les acquis sociaux qu’eux bradent et bazardent sans lutter, se faisaient tirer dessus par les carabiniers et affrontaient les jaunes et serraient les dents.
La lutte de leurs aînés, ici ce sont les sans papiers qui la mènent et qui au bout de neuf mois d’une grève exemplaire dans la détermination et la solidarité a fait reculer (un peu ) le pouvoir en son sinistre représentant Besson, Ces mêmes sans papiers sur lesquels les prolos lepénisés soulagent leur haine et exorcisent leurs angoisses, le trouillomètre à zéro.
Certes, à cracher sur des plus miséreux et des plus immigrés et des plus basanés que soi, certes à humilier des plus dans la merde que soi, on a encore l’illusion de dominer quelqu’un et de prendre sa revanche et de n’être pas encore tout à fait un sous-homme, mais bon sang elle est passée où cette noblesse du prolo, cette dignité au cambouis, cette vergogne au charbon, qui fit les luttes et les combats et les avancées sociales et l'émancipation ?
En renonçant aux combats de leurs pères pour acheter un peu de temps avant l’inexorable venue du bourreau, les ouvriers de chez Fiat ont conservé le droit à être mieux exploités et mieux méprisés et mieux chosifiés et mourront quand même ;
tu parles d’un sursis.
Stefano Caldoro, gouverneur de la région peut le souligner avec emphase :
"La relance de l'usine Fiat de Pomigliano est une énorme opportunité pour la Campanie et tout le sud de l'Italie…le début d'une nouvelle phase".
Le début oui d’un nouvel esclavage et d’une nouvelle barbarie.
Le début de la fin d'une civilisation.
tgb
photo 2 - Fortuno Sorano compagnon de Zapata et Pancho Villa devant le peloton d’exécution
19:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : fiat, hegel, pomigliano, flexibilité, esclave










