31.01.2011
Dégage

Nouvelle variation insurrectionnelle autour du thème : « que se vayan todos » argentin et qui peu à peu, finit par se conjuguer à toutes les langues du monde pour devenir un cri universel :
Dégage !!!
Ce « dégage » que n’aurait pas renié Diogène dans son tonneau apostrophant le puissant lui faisant de l’ombre par un « ôte toi de mon soleil » rafraîchissant. Manière o combien désinvolte et imparable pour celui qui est riche de ne rien posséder de licencier d’un revers de la main, presque un SMS, celui qui a la misère de tout accumuler.
Ce Dégage !!! c’est l’être qui congédie (pour un instant au moins ) l’avoir.
C’est paradoxalement au moment même ou notre gouvernement franco-bushien, à la diplomatie néo con, parfaitement contre révolutionnaire et à la remorque de l’histoire, que le peuple tunisien avec ce zest de francophonie, redonne à notre France, une petite part de sa gloire révolutionnaire et lui restitue un peu de son âme vendue à la conformation mondiale.

Nous ne remercierons jamais assez la Tunisie pour cet hommage bien immérité pourtant à la France couchée de Mam et associés.
Considérons ce clin d’œil de l’histoire comme un éloge à la France éternelle, à cette certaine idée de la France plus grande que les français.
Qu’importe maintenant que le despote à la solde atlantiste Moubarak en soit réduit à faire taire Internet, puisque là où il est né, le téléphone arabe propage son cri libératoire : Dégage !!! Et quoi qu’il arrive demain, ce mot d’ordre ulcéré, aura résonné dans toutes les consciences des peuples humiliés.
Et tandis qu’à France 2, on se met au niveau de notre médiocrité diplomatique ouvrant son JT, sur le manque a gagner des « tours opérators » en Egypte, le vent de l’histoire passe sur les écrans d’Al Jazeera, nous reléguant à notre place enfin : spectateurs obèses et résignés de l’histoire qui va.
Tout soi disant maître du monde de G20 qu’on soit ou que l’on voudrait être, on ne peut à la fois célébrer une équipe de joueurs de baballe sur les Champs Elysées et prendre la mesure d’une secousse tellurique à notre porte. On a l’envergure et la vision qu’on peut.

Ce « dégage » donc, signifié aux derniers larbins de l’empire, fait enfin tomber les masques et c’est le président valet de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas qui téléphone à Moubarak pour exprimer sa "solidarité"." et c’est le roitelet laquais de Jordanie de souhaiter à « l'Egypte, pays frère, la sécurité, la stabilité et l'essor » et tous de réserver déjà des suites au Hilton de Riyad, au cas où.
Ces despotes, remparts soi disant des barbus qui s’empressent de se réfugier au pays du fondamentalisme le plus régressif, bailleur de fonds du terrorisme et allié paradoxal de l’hyper démocratie yankee, une fois que la bise démocratique fût venue. Cette Arabie saoudite, maison de retraite des tyrans à la solde atlantiste.
Ce « dégage » qui laisse Israël cette « démocratie exemplaire », se satisfaisant si bien des potentats locaux qu’il lui envoie encore en urgence du matériel de répression massive, bien seul dans ses stratégies mortifères et qui risque fort à tout convoiter, tout annexer, rien concéder, de tout perdre.
Ce « dégage » enfin que devrait méditer la ploutocratie mondiale,, les agences de notation Fitch et compagnie, dénoncées à Davos et décorés à Paris, ainsi que les petites mains sales des cadres sups de la pensée molle et formatée made in TINA.
Ce « dégage » sous une forme plus familière ici,

qui tel un boomerang finira tôt ou tard par revenir dans la gueule de celui qui l’a dit.
tgb
13:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (42) | Envoyer cette note | Tags : ben ali, moubarak, dégage, egypte, tunisie, israël
28.01.2011
Et sarkoflop et fiaskozy

Du premier cercle au dernier carré.
Par la porte de devant, Foutriquet moralise hop là, le capitalisme tout démoralisé en chasse neige à Davos.
Par la porte de derrière Foutriquet fait le paon tout en rasant les murs, devant son premier cercle de donateurs dans les caves de l’Hôtel Meridien.
Par la porte de devant, le modeste à pompons, tout à se re-re-re présidentialiser, donne de la conférence de presse G20 et de la taxe Tobin à qui n’en veut et pour ainsi dire personne dans l’incrédulité générale.
Par la porte de derrière Foutriquet de fanfaronner du biscoto et de racoler actif le compte anonyme du paradis fiscal qui n’existe plus du notable irréprochable, de ces 300 membres du club donnant donnant et corporate.
Et l’homme qui a tellement changé qu’il est toujours pareil, de se scandaliser des inégalités nord sud par devant et de l’ISF par derrière et tout en même temps avec cette duplicité tranquille du président de tous les français….de Neuilly.
Le président donc de tous les Français… riches, de ce 1% de la population concentrant le 1/4 des richesses du pays de faire de la retape devant le premier cercle du dernier carré sans plus d’éloge posthume sur nos chers disparus du chéquier : Servier, Bettencourt, Ben Ali, Bongo…
Et tandis que l’ancien trésorier Woerth excusé pour une gastroentérite de conflit d’intérêt se morfond du fusible, son remplaçant lampiste Dord, joyeux fonctionnaire libéral tout à sa ringardise, de vendre sa ville à la découpe et de faire des ronds de jambes obséquieux au dernier carré VIP qui paraphe en loucédé, on n’est jamais trop prudent, du virement préventif au gauchiste DSK.
Entendez vous encore cette vieille partition usée, cette rengaine d’ascenseur, faite de vanité et d’auto-insuffisance du pauvre pantin bravache laissé sur place par l’accélération de l’histoire et qui se fait sans lui ?
C’est sarkoflop et fiascozy les deux faces d’une même pièce de boulevard, qui ne fait plus rire que lui.
tgb
12:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
25.01.2011
Le Barbier des barbus

Dès les premiers balbutiements de l’émancipation tunisienne, les agences de notation s’empressaient donc de dégrader la note de la jeune démocratie naissante, pour lui apprendre, cette leçon vaut bien une dictature sans doute, que la révolution c’est bien beau mais faudrait voir à pas perdre de vue l’essentiel : la liberté ç’est plus cher en emprunts que l’ordre policier.
ça leur apprendra à faire les malins.
Première branche de la tenaille.
Seconde branche de la tenaille, l’oligarchie–ploutocratie-technocratie et ses valets de pisse de l’éditocratie, de jeter en pâture les mots définitifs qui évitent de penser : terrorisme, islamisme et barbu.
C’est ainsi que les experts de la chose préemballée, les valets de pied de la grosse pointure, les proto facho façon Barbier, celui là même qui met de si jolies unes populistes à son si joli hebdo

(où sévit le Alain Duhamel du crobard tout Plantu se faisant fort de démasquer à coups de dessins qui puent le pseudo poujadisme des autres)

- Je veux la république. Si la république passe par la démocratie, c’est tant mieux, mais s’il faut parfois combattre les mécaniques démocratiques pour sauver la république…
Nous apprécierons les points de suspension.
C’est donc pour sauver la république des généraux d’Alger, que la caste à Barbier salua l’annulation des élections algériennes et la victoire du Fis : 200 000 morts.
C’est donc pour sauver la Palestine occupée que la clique à Barbier s’autorisa à combattre les mécaniques démocratiques en applaudissant à l’arrestation des députés du Hamas et au plomb durci. (Un Hamas largement instrumentalisé par Israël pour mieux se débarrasser du Fatah laïque d’Arafat.)
C’est donc, et à l’inverse, en ramenant Ben Laden et ses barbares barbus dans les soutes militaires que la bande à Barbier bouta le méchant communiste hors d’Afghanistan.


les femmes afghanes dans les années 90/2000
Et c’est donc bizarrement, en éliminant un tyran certes mais laïque (et une partie de son peuple au passage), que les boss de Barbier mirent au pouvoir en Irak, du chiite islamique, tout en versant des larmes de croco sur quelque massacre chrétien.
L’instrumentalisation du « barbu » dans un sens ou un autre importe peu. Pas plus qu’importe que Ben Laden soit vivant, mort ou en bandes dessinées.

Ce qui importe avant tout c’est que l’on fasse entrer de gré ou de force, le réel dans le schéma préconçu : le choc des civilisations.
Sinon rien de changé : Plutôt Hitler que le front populaire. Plutôt Lepen que Besancenot. Plutôt Moubarak que les frères musulmans. Et les privilèges des puissants seront bien gardés.
Quitte à serrer la tenaille.
Qu’importe de laisser bouillir la marmite populeuse, du moment qu’on fout un bon gros couvercle dessus donc.
Sauf que dans les faits une opposition muselée se radicalise. Sauf que dans les faits, tels les chrétiens démocrates ici, un parti islamiste arrivé au pouvoir, l’AKP turque par exemple, se démocratise. Sauf que la Tunisie par exemple, échappe au modèle pré vendu. Et c’est bien ce qui dérange les petites mains sales du système.
Et de chercher laborieusement et de toute urgence, dans les rues de Tunis, de l’islamiste qui fait peur à défaut de burqa. Et les petits rentiers de l’islamophobie rentable, Zemmour à droite, Fourest à gauche, de nous prédire, de nous prévenir et probablement d’espérer, l’instauration de la Musulmanie bestiale dans les six mois à Tunis.
Oui, en oligarchie centrale ça commence à penser qu’une bonne dictature éclairée c’est quand même plus pratique qu’une vieille démocratie poussive. Que c’est stable. Qu’on gagne du temps. Qu’on fait l’économie d’une opinion publique qui sent des pieds. Que ça dit pas non à Lisbonne. Que ça bosse pour 2 ronds et que ça la ferme. Que ça aime la Bruni et que ça hait le Rom.
Et de regarder soudain le régime chinois avec envie.

Si, paradoxalement en Tunisie ce sont les militaires qui sont garants de la démocratie, ici c’est l’éditocratie qui commence à rêver d’une bonne dictature. A coups de Ben Ali plutôt que Ben Laden. A coups de AAA plutôt que de LEF (Liberté, Egalité, Fraternité)
Sauf que le Ben Ali et Laden sont les deux créatures du même système.
Sauf que le AAA est le bras armé de dame TINAAA.
A ce jeu-là, à ce rythme là, demain nous irons prendre des leçons de démocratie au Maghreb.
tgb
13:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : ben ali, ben laden, barbus, barbier
22.01.2011
La révolution n'est pas une marchandise

Commencent à me bassiner grave, les résistants mondains de la 25éme heure avec leur révolution jasmin.
Ce besoin qu’ils ont, les parfumeurs de l’info, de nous les exhaler vendables, les insurrections populaires et d’en faire recta un produit calibré, à consommer sur place ou à emporter dans l’explosion florale.
La révolution populaire passée de toute urgence au Saint-Marc ménage et à l’air wick WC pourvu que ça sente bon, pourvu que ça sente rien, pourvu que l’odeur du sang et de la sueur populaire soit recouvert fissa par le déodorant Narta.
Oui commencent à me brouter sérieux les colorieurs d’images, et orange en Ukraine, et verte en Iran et des roses en Georgie, et de velours en Tchécoslovaquie, et des œillets au Portugal. A nous réduire en concept market le bottage de cul sanglant de quelque prédateur.
Ce réflexe marchand de tout édulcorer au numéro 5, d’ émasculer la chose pour mieux l’annexer et mieux la lessiver, pour bien la rendre inoffensive.
Cette tentative permanente du consumérisme et de l’ordre à tout passer à la machine à recycler et à enjoliver et à flouter la mort et à laver l’affront en dépolitisant pour mieux l’accaparer en produits dérivés : tee shirts briquets, préservatifs, mugs…
Un pays, c'est une marque nous la bave Seguela, le pubard momifié des années 80.
Un pays c’est un peuple nous a hurlé soudain la foule de Tunis, filant un coup de vieux aux modernes ringards calcinés aux UV.
La révolution française fut française, ni des cerises, ni du laurier en fleurs.
La révolution Tunisienne restera tunisienne, pas plus jasmin que fleur d’oranger.
N’en déplaise aux châtreurs patentés chargés de formater le peuple de la marchandise.
tgb
15:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (66) | Envoyer cette note | Tags : tunise, peuple, seguela, marchandise, révolution
19.01.2011
Mme Fiasco et Mr Flop

Donc nous aurions mal compris les propos de la mère Michèle qu’aurait perdu, si ce n’est son chat, du moins une occasion de se taire. Ce qu’elle fit admirablement et fort servilement pourtant, en tant qu’incompétente ministre de la défense, inconsistante ministre de la justice, transparente ministre de l’intérieur et indécente ministre des affaires qui semblent lui être étrangères, du moins jusqu'à la semaine dernière, appliquant scrupuleusement et en toute lucidité, la phrase du facétieux Pierre Dac:
"Mieux vaut fermer sa gueule et passer pour un con que de l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet"
Nous voilà donc fixés. Faire pire que Kouchner relève quand même de l’exploit à signaler.
Non seulement donc, nous aurions mal compris ses propos, mais en plus, malveillants que nous sommes, nous, français, tunisiens, occidentaux, arabes, terriens, …les aurions déformés.
Vieille rengaine laborieuse ‘des propos sortis de leur contexte et insidieusement interprétés…’
Retournons donc au verbatim et penchons nous tranquillement sur la question sémantique :
…Le deuxième problème est effectivement celui des décès et des violences constatées à l'occasion de ces manifestations.
Mme Fiasco donc identifie comme un « problème » et pourquoi pas un dysfonctionnement pendant qu’on y est, les « décès » apprécions l’euphémisme (glissades ? infarctus ? tourista ? ) et les « violences » lesquelles ? celles des manifestants ? de la police ? du dictateur ? (ça doit être une sorte de mix de tout ça ) constatées...
On ne hiérarchisera donc pas entre les gourdins d’un côté et les balles réelles de l’autre, on s’en tiendra prudemment à la précaution oratoire et au flou diplomatique.
On ne peut que déplorer
Notons dans la déploration, le zest à minima du constat à l’amiable, nulle condamnation, nulle indignation cela va de soi
des violences (toujours non identifiées) concernant les peuples amis..
vu l’ampleur de la réaction officielle ici, je vous laisse imaginer comment les autres peuples pas amis (du Honduras, de la Colombie…) peuvent aller se faire foutre.
Ça c’était la mise en bouche, comme qui dirait le minimum syndical de la compassion vaine et obligée, les mignardises de la solidarité française, au côté paraît-il des peuples opprimés (voir note précédente).
Entrons joyeusement maintenant dans le cœur du sujet et de la polémique :
Pour autant,
bien comprendre, dans le pour autant, que la mini dose compatissante et préliminaire étant expédiée on peut attaquer le fond du lourd :
je rappelle que cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type.
Et là, je ne vois pas très bien en toute objectivité comment nous pourrions lire autre chose dans le dénoté que ce qui y est écrit. Nul sous entendu, rien d’implicite : du simple du brut du technique ;

Relisons :
je rappelle que cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type.
La France propose donc à un peuple en train de se faire massacrer en direct, de la formation sécuritaire à sa police, (training, performance, efficacité) du flash ball à ses milices, du taser à son ministre de l’intérieur, du tonfa et de la lacrymo à Mr Ben Ali. De la répression donc mais allégée.
Touchante marque de sensibilité humanisto-humanitaire, dont on ne peut que s’enorgueillir.
Enfin finissons en avec cette charmante offre de prestation commerciale (elle ne donne pas les tarifs, mais on suppose que tout est négociable)
C'est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays (Tunisie Algerie – peut être qu’une commande groupée pourrait occasionner quelque rabais) de permettre, dans le cadre de la coopération, d'agir dans ce sens, afin que le droit de manifester soit assuré,
bien aimable pour la bougnoulie.
de même que la sécurité.
Quelle sécurité ? celle du tyran local ? des populations ? du club med ?
Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. Silence poli sur les bancs socialistes, qui, bien que nous n’ayons plus d’illusions sur leur inanité, nous étonneront quand même toujours.
Constatons donc, qu’à l’heure du carnage mme Fiasco n’a d’autre proposition que de la balle à blanc à offrir pour maintenir à flot une dictature afin que ça ne dégouline pas de trop sur le plasma de la télé.
Si mme Fiasco avait la moindre dignité, le moindre sens de l’honneur et de la responsabilité, (concept si cher aux libéraux qu’ils préconisent aux autres mais ne s’appliquent jamais) elle aurait évidemment démissionné sur l’heure, et, ne serait ce que par intelligence ou stratégie, se serait excusée au pire de sa maladresse, au plus juste, de sa grossièreté.

Bien sûr elle ne s’excusera, ni ne démissionnera pas, pas plus que le ministre de la santé Servier, pas plus que mme H1N1, pas plus que mr Univoque ou Mr Auvergnat, les baltringues obscènes d’un gouvernement mort né et pas plus naturellement que mr Flop, à son niveau d’incompétence avéré particulièrement en forme ces temps ci.
tgb
15:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note
17.01.2011
Les ministres de l’intérieur finissent mal, en général.

"Je veux que partout dans le monde, les opprimés, les femmes martyrisées, les enfants emprisonnés ou condamnés au travail, sachent qu'il y a un pays dans le monde qui sera généreux pour tous les persécutés, c'est la France !" (NS 6.05.07)

Les ministres de l’intérieur, devenus présidents, finissent mal, en général.
tgb
22:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
15.01.2011
Le peuple tunisien est grand et Sarko est petit

Le peuple tunisien est grand
Mohamed Bouazizi (photo) restera donc par son immolation et son sacrifice, comme Yan Palach en 69 à Prague, le symbole de cette révolution tunisienne.
Mieux qu’un symbole, il aura été le déclencheur même de cette magnifique insurrection venue, l’un de ces éléments de blocage qui, d’une manière alchimique, catalyse tout à coup l’âme subversive d’un peuple et le soulève comme un irrésistible tsunami.
Le tragique de l’histoire c’est que Mohamed Bouazizi ne saura jamais que son geste désespéré vient d’entrer dans l’Histoire et que son désespoir même est à l’origine aujourd’hui de l’immense espoir tunisien.


Slim Amamou et Azyz Amamy…eux le savent. Ces deux blogueurs tunisiens emprisonnés, auront largement contribué à cette première révolution numérique, comme y auront contribué, les femmes, les avocats... A coups de canifs incisifs sur la toile, ils auront appris à tout le peuple tunisien à ne plus avoir peur.
Quelques liens de blogueurs tunisiens :
http://bestadel.blogspot.com/2011/01/la-liberte-seul-horizon-possible-2.html
http://bokoussama.blogspot.com/2011/01/drapeau-tunisien.html
http://tnkhanouff.hautetfort.com/
http://arabasta1.blogspot.com/
http://blogs.arte.tv/fotografia/frontUser.do?method=getHomePage
http://seifnechi.blogspot.com/
http://revolutiontunisie.wordpress.com/
http://kahaw.blogspot.com/
http://maghreblog.blogspot.com/
http://abinote.blogspot.com/2011/01/amertume.html
http://carpediem-selim.blogspot.com/2010/12/sidibouzid.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:+carpediem55+(Carpe+Diem)
http://nawaat.org/portail/
http://mel7it.blogspot.com/
http://debatunisie.canalblog.com/archives/2011/01/14/20120905.html?t=1295020111405#c39964818
Et quand un peuple uni n’a plus peur, alors c’est la peur qui change de camp et c’est un système policier qui s’effondre comme un château de cartes.
Et pendant que l’occident rogne tous les jours ses libertés l’orient lui, les conquiert.
La première révolution du 21ème siècle est tunisienne.
Et Sarko est petit…
Tandis que nos oligarques français furent, mais on finit par s’y habituer, particulièrement minables. Infoutus de sentir le vent de l’histoire. A la remorque du petit tyran local et plus si affinités. A voir des barbus partout, particulièrement là où il n’y en avait pas.

Minable et indécente, Alliot Marie et son offre de savoir faire de la bonne sécurité bien française.
Nous lui souhaitons bonne chance lors de ses rencontres diplomatiques à venir du côté de Carthage.
Minable et indigne, Mitterrand et sa défense univoque d’un dictateur tout relatif.
Nous lui souhaitons bonne chance lors des manifestations culturelles franco-tunisiennes du côté d’Hammamet
Minable et obscène, Seguela et ses conseils en com pourris à un assassin tout dégoulinant du sang de son peuple
Qui n’a pas fait la com d’un dictateur à 50 ans a raté sa vie
Minable encore les silences complaisants de Delanoë -« qui avait tous les jours des opposants au téléphone » SOS-amitiés, Bertrand Manager vous écoute…
Nous lui souhaitons bonne chance pour sa retraite bien méritée dans sa villa de Bizerte
Minable et ordinaire, les absences médiatiques pour une fois, d’un BHL et sa bande bien plus préoccupés à lutter courageusement avec le CRIF et au péril de leur vie contre Stéphane Hessel, que de s’indigner des carnages à Tunis.
Sauver Sakineh en Iran d’accord mais quand même pas le peuple tunisien tout entier.
Et particulièrement minable et abject l’indifférence officielle à la mort en direct de l’universitaire franco-tunisien, Hatem Bettahar.
Mais il est vrai qu’un "auvergnat" mort ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose un problème. (et encore)
Et puis soyons sérieux avec le briseur de tabous Zemmour : un arabe ne peut être maître de conférences, un arabe ne peut être qu’un délinquant en prison.
Et tandis que le peuple tunisien s’émancipe, volant la vedette à la fille à papa, reprenant ce week end, l’entreprise familiale Lepen-et-islamophobie
Décidément ces " bougnoules"…
l’agence de notation Fitch envisage d’abaisser la note de la Tunisie.

Message implicite des copains du FMI
Libéralisme et dictature sont les deux mamelles du AAA
Toute proportion gardée et à l’heure où la justice aux ordres nous reconstitue le simulacre de Tarnac, rêvons un instant à l’insurrection ici qui ne vient pas :
"Le président SARKOZY a quitté la France, la Tunisie «prend acte».
tgb
13:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
13.01.2011
Merci qui ?

On a eu l’assassinat des moines de Tibehrine par des terroristes assoiffés de sang impur. On sait aujourd’hui que ce massacre est dû à une probable bavure des forces armées algériennes.
On a eu l’attentat à Karachi d’islamistes fanatiques contre des ingénieurs français. On sait aujourd’hui que cet acte fut plutôt le résultat d’un sinistre règlement de comptes entre politiques corrompus.

On a eu la mort du skipper du Tanit, tué par des pirates. On sait maintenant que Florent Lemaçon est mort d’une balle perdue, tirée par le commando français venu le libérer.

On a eu l’exécution, selon Sarko himself, de Michel Germaneau par l’AQMI, avant de découvrir aujourd’hui que le responsable humanitaire était mort faute de médicaments.
Quatre versions officielles.
Quatre versions tronquées
Quatre versions démenties.
On sait que ce gouvernement ment.
On sait que ce gouvernement ment tout le temps.
On sait que ce gouvernement ment comme il respire.
Que le mensonge lui est consubstantiel .
Du bouclier fiscal allemand, en passant par Bettencourt, Servier,…jusqu’aux chiffres maquillés du chômage.

Or, que croyez vous qu’il se passât, lorsqu’Alain Juppé ministre des armées vint droit dans ses bottes nous annoncer que les deux otages enlevés au Niger, les malheureux Antoine de Léocour et Vincent Delory avaient été exécutés par leurs ravisseurs ?
Prudence éditoriale ?
Scepticisme de principe ?
Conditionnel précautionneux ?
Enquête préliminaire ?
Opposition circonspecte ?
Que nenni ! une admirable unanimité de la clique médiatique et de la classe politique, dans une touchante unité nationale mon cul.
Aux (l)armes citoyens :
Le terrorisme ne passera pas.
La France et son président ont des couilles.
Ce fiasco total est une grande victoire.
Jusqu’à la remarquable sortie de Joffrin-Mouchard, jamais avare d’une connerie pavlovienne : « la responsabilité de cet assassinat repose sur les assassins ».
Circulez y’a rien à voir.
Et de prendre pour argent comptant et sans discernement, les infos des menteurs ordinaires et les incohérences du discours officiel.
Et le cow boy en chef de sortir son bazooka de derrière le comptoir, et le mini Bush de jouer le matamore des sondages, son petit fling ramolli soudain en érection dans un déclenchement d’hormones mâles et de montée de testostérone tout à empiler les déclarations martiales :
« Et qu’on ne cédera pas au diktat des terroristes » et que « "ce crime odieux ne fait que renforcer la détermination de la France à lutter sans relâche contre le terrorisme et contre les terroristes » et que "les démocraties, c'est leur honneur, c'est leur noblesse, doivent lutter pied à pied contre ces barbares venus d'un autre âge qui veulent terroriser le monde entier" et que de qualifier cet enlèvement d'"acte barbare perpétré par des barbares"
La bonne vieille rengaine du bien contre le mal, des méchants contre les gentils et qu’à la fin c’est nous qu’on gagne.
Du vieux story telling de western franchouillard.
Et le bon peuple de vrais français de saluer le courage du va t’en guerre avec le sang des autres, au Sahel ou en Afghanistan et d’applaudir le petit coq poseur d’ultimatum qui fait rire Gbagbo mais qui la ramène pas devant le Ben Ali.
"Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse en Tunisie" (2008)

Or il y a à voir.
Il y a à voir sur l’AQMI
Il y a à voir sur Areva
Il y a à voir sur la Françafric (que)
Il y a à voir sur l’hystérisation de l’anti-islamisme présidentiel qui le nourrit
Il y a à voir sur l’instrumentalisation du terrorisme qui fait peur.
Il y a à voir sur les trois échecs consécutifs de la stratégie œil pour œil.
Je ne sais comment ça s’est passé au Niger, je n’y étais pas.
Je sais juste que par nature et expérience, je me méfie des versions officielles.
Que des corps calcinés dans des jeeps calcinées, ça pue le collatéral .
Que l’interception par hélicoptère n’est pas des plus chirurgicales.
Que le mini Bush des sables, celui qui a des couilles avec le sang des autres n’aurait pas agi ainsi, si son Jeannot de chez Darty avait été dans le 4X4.
Que la rançon de tout ça, c’est qu’aujourd’hui, tout français pris en otage, est un mort en sursis.
Merci qui ?
tgb
12:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
11.01.2011
L’équivoque univoque de Fredo et ses frères

Opposition muselée
Presse censurée
Prisonniers politiques torturés
Régime policier institutionnalisé (1 flic pour 100 habitants)
Répression à balles réelles
23 ans de pouvoir ininterrompu
5 fois élu président avec, entre 89,6 et 99,9% des suffrages exprimés, sous les acclamations démocratiques des pays occidentaux
Ben Ali n’est donc évidemment pas un dictateur, puisque selon l’impayable Fréderic Mitterand, ministre fossoyeur de la culture en France :
"Dire que la Tunisie est une dictature univoque me semble exagéré"
Si l’on comprend bien qu’à l’instar de ses petits camarades de villégiature Besson Delanoë, l’équivoque Fredo, aspire encore et toujours à goûter du boxeur de 40 ans local dans un de ces hauts lieux du tourisme sexuel, rare ressource économique d’une jeunesse sacrifiée, c’est qu’à l’image des jolis pays démocratiques exemplaires, si à cheval tagada tagada sur la liberté de la presse (Italie, Hongrie, France…) il est des régimes autocratiques moins salissants que d’autres selon nos intérêts bien sentis.
Qu’importe que Ben Ali soit une authentique crapule, dans la mesure où elle est la nôtre et lutte par la barbarie qui nous arrange contre la barbarie qui ne nous arrange pas, pour que Fredo, ministre de la culture en string et de la courbette civilisatrice, puisse continuer à faire des mouillettes à Djerba.

La preuve quasi vivante de la supériorité de notre civilisation
Selon que vous serez Castro ou Lobo, Gbagbo ou Gnassingbé, Milosevic ou Hashim Thaçi…la bonne conscience internationale et à géométrie variable vous estampillera dictateur ou pas, criminel de guerre ou pas, de l’axe du bien ou du mal, dans une fabrication subtile du choc des civilisations qui nous occupent pendant que les travaux du capitalisme continuent.
Les droits de l’homme à la carte.
Qu’est ce donc, pour l’ami Fredo, membre actif comme Val, Olivennes, Barbier... des jeunesses brunistes, et accessoirement, intermittent servile de la culture en espadrilles libre et non faussée, qu’une dictature univoque ?
Sans doute et selon les critères officiels de l’oligarchie et de ses médiocrates aux ordres, le Venezuela par exemple, où l’opposition possède 80% des médias, où s’organisent des élections libres que Chavez perd parfois, mais certainement pas un de ces merveilleux pays UPM (qu’est ce que ça devient ce machin-là ?) où il n’est ni question d’exporter notre démocratie exemplaire dans des valises à phosphore (encore heureux), ni urgent de faire de l’ingérence Kouchnérisé, tellement que le couscous y est démocratique et l’immolation de jeunes désespérés, divertissante dans le cadre des activités culturelles du club Med.
Tant que le comptoir carthaginois, succursale de la maison Atlantiste reçoit aimablement ses estivants low coast...

Que la priorité pour un socialiste manager né à Tunis, tel Delanoë, soit le soldat Shalit, ou l’otage mondaine Betancourt, de celle dont on paye la rançon recta, plutôt que les cadavres calcinés de la jeunesse tunisienne devrait juste nous faire honte.
Dans la France pourléchante, le silence du pote du despote, si prompt à dégainer sa bombe A contre l’Iran, devient si assourdissant, que le voilà contraint même à sortir à minima, son pistolet à eau…
Dire que Fredo Mitterrand toujours clairvoyant :
« dans un monde lourdement travaillé par le fanatisme et la tentation de la violence, la Tunisie est un pays de paix, qui mérite largement qu’on ait foi en son avenir »
et ses semblables, sont des carpettes univoques, me semble à peine exagéré.
tgb
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06.01.2011
Petit lexique du discours dominant à l’usage des ruminants dans le champ sémantique

Populisme : ce mot valise, aux définitions diverses et variées, permet aux tenants de la pensée officielle à court d’arguments, de faire l’économie d’une dialectique et de discréditer à bon compte toute personne sortant du cadre de référence capitaliste. Ce terme accolé à tout déviationniste sortant de l’ordre établi, a pour fonction essentielle de marquer du sceau de l’infamie, l’empêcheur de penser en rond dans le champ politico-médiatique. Tel un cri qui paralyse, cette notion est le Taser utile de la rhétorique paresseuse. Il évite une fastidieuse réfutation dont le mode d’emploi ne tient pas forcément dans les fiches de lecture utilement fournies par l’employeur.
Exemple : Melenchon = Lepen. Ce raccourcis démonstratif a l’avantage de déconsidérer le président du parti de gauche sans s’astreindre ni à lire ses livres ni à se confronter à son programme.
Mots tasers équivalents : Antisémite – Munichois

Briser un tabou : Cette expression fort tendance sur les ondes permet de revenir sur des acquis sociaux tout en soulignant l’audace de l’émetteur et son côté iconoclaste. Briser « courageusement » le tabou des 35 heures, par exemple, consiste à redire pour la énième fois ce que toute l’oligarchie dominante et ses larbins répètent à l’envi, tout en paraissant à la pointe du combat. Si on peut briser "courageusement" le tabou de la retraite à 60 ans, on doit noter que le « bouclier fiscal » ou « la spéculation » n’étant pas de l’ordre du tabou, l’utilisation de l’expression n’est donc pas appropriée. Briser un tabou consiste par petites touches à justifier toute régression sociale et à revenir au 19ème siècle tout en affichant une posture avant-gardiste.
Mots équivalents : réforme – modernisation.

Etre pris en otage : contrairement au sens commun, cette expression ne signifie pas « être prisonnier au fond d’une grotte afghane durant un an, attendant le versement d’une rançon» mais ne pas avoir de métro pour se rendre à son turbin et participer activement aux profits des actionnaires. Faire la queue à la poste peut être considéré comme une forme de prise d’otage (on en souhaitera donc vivement la privatisation) contrairement au fait de subir une file d’attente à Carrefour. La preuve ? vous n’entendrez jamais personne dans la queue souhaiter la nationalisation du temple marchand.
Expressions similaires : feignants de grévistes, fonctionnaires…

Etat providence : Cette locution est à prendre dans son sens le plus péjoratif. Il ne s’agit évidemment pas d’y voir l’organisation solidaire d’une société civilisée qui répartit l’argent, le redistribue et évite aux plus fragilisés, par exemple, de finir dans la rue, mais bien l’expression d’une administration dilapidant l’argent des vrais français en le donnant à des bons à rien, immigrés bien souvent. Quand le gouvernement achète à Dassault des "Rafale" dont aucun autre état ne veut on ne peut à proprement parler d’état providence, en revanche il est conseillé de le faire quand on évoque le RSA ou toute autre indemnité sociale.
Notions similaires : assistanat, charges…

Maintenant faisons une phrase avec toutes ces notions mises bout à bout et apprécions le résultat :
Pour en finir avec les populismes , il est temps de briser le tabou de l’état providence prenant en otage nos impôts.
Vous me la copierez cent fois et pourrez remplacer opportunément tout éditocrate du barnum médiatique.
Avec les mêmes notions et dans un ordre différent jouez aussi...
A suivre….
tgb
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