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30/08/2011

Le rabot à niches

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En termes de choix dans la date ou d’arriver à pied par la chine, le rabot à niches devrait plaire.

Si seulement le contrepet pouvait coller aux miches du candidat président, chef de gare et de guerre, façon sparadrap…

Le nabot à riches.

A l’heure où les riches, commençant quelque peu à fouetter du larfeuille, proposent une sorte d’aumône préventive pour garder l’essentiel, tout en exigeant, quand même pas si cons, des contreparties eux, la charité plutôt que la justice sociale, le candidat président futur père de famille résiste courageusement à taxer du Fouquet’s.

Encore plus peur qu’eux qu’on leur pique leur Rolex, à croire qu’on lorgnerait sur la sienne.

Si c’est pas du bon caniche à niches bien dressé de la papatte ça ?

Quand on songe que les 200 millions (sur dix milliards) qu’il leur taxe exceptionnellement paient tout juste son air force one avec menu enfant.

C’est cadeau.

Loin des 20 Milliards des copeaux de la niche Copé, offerts gracieusement aux entreprises par exemple.

L’argument essentiel des pas touche aux riches étant que si on les taxe, ils se cassent.

La réponse adéquate refusant tout chantage est assez basique :

Qu’ils se cassent !!!

(et se faisant qu’ils perdent un certain nombre de droits à définir…)

Dans la veine rhétorique du : tu l’aimes où tu la quittes, question boomerang ç’est assez rafraîchissant.

Face au rudimentaire mon avis est de faire simple.

Aussi simple qu’à défaut de rassurer les marchés autant leur foutre la trouille.

Maintenant considérer que le rabot à niches du nabot à riches ne fait rien pour les pauvres est un poil abusif.

Car non seulement il s’en préoccupe, mais en plus il en produit généreusement.

Plus 400 000 en un an. 13,5 % de la population française sous le seuil de pauvreté soit 8, 2 millions d’individus.

Les 10% des plus riches s’enrichissant encore

Les 10% des plus pauvres s’appauvrissant encore

Dans un système de vases communicants impeccable.

Creuser les déficits tout en creusant les inégalités sociales, un grand écart d’une rare performance qui pourrait à la longue laisser quelques méchantes courbatures.

Un peu comme imposer de l’austérité tout en espérant de la croissance. A ce point de non sens, si on n’est pas dans la pure incantation et donc dans de la pure croyance des adorateurs de TINA…

Sinon à part ça, la bonne nouvelle c’est qu’à partir de l’automne, on retourne vers l’été.

A défaut de s’en sortir à la rentrée, on peut toujours rentrer en en sortant.

Puisqu’il ne faut rien attendre du grand soir ou des élections à venir, autant penser à son petit matin.

C’est là où tu es, maintenant tout de suite que le nouveau monde commence.

A chacun de se l’inventer ensemble.

tgb

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

24/08/2011

En attendant le vote des citoyens féroces...

4119T37T5XL._SS500_[1].jpgEt pendant que l'été irascible déroulait son terrorisme financier, islamophobe, néocolonial et sa justice de classe so british, je lisais.

M'épargnant ainsi la mauvaise graisse du storytelling formaté des prompteurs et sa clientèle météo entre deux pâtés de sable.

Et finalement, c'est dans la littérature que je trouvais les meilleurs éclairages de cette putain d'actu qui ne marche même plus à l'ombre en période estivale.

J'ai dévoré "Crimes et châtiments" parce que je n'avais jamais lu Dostoïevski et que je n'allais quand même pas mourir idiot.

Voilà, c'est fait et je ne regrette pas.

Partir dans un bouquin de mille pages c'est comme un grand voyage dont on finit par revenir avec ce manque fébrile de l'accro à la ligne jusqu'à se retrouver orphelin au point final.

Ensuite on se souvient de la sensation autant que du contenu, du lieu, du paysage, des sons et des odeurs irrémédiablement liés au bouquin, là où il fût lu, et gravés dans son limbique comme une chanson.

J'ai lu un polar d'un auteur suédois dont je ne me souviens ni du nom ni du titre...et pourtant pas si mal. On est bien avancé.

J'ai lu, le dernier bouquin de Pascal Boniface "les intellectuels faussaires" juste par gourmandise un rien vacharde. Un aller de TGV.

Je viens surtout de finir avec regrets "En attendant le vote des bêtes sauvages" de l'immense Ahmadou Kourouma, ogre de la littérature franco-africaine, qui devait se bouffer 5 Houellebecq, 12 Angot et 1 général Botul à son petit dej'.

Juste pour dire que l'écriture colossale, corrosive et foisonnante de Kourouma, ce géant littéraire de la race d'Hémingway, Hugo ou Rabelais, nous souligne cruellement la différence entre un écrivain et un s'écrivant.

Tous ces mauvais plaisanciers de la littérature nombriliste pas la peine.

J'avais été scotché, emballé, retourné par "Allah n'est pas obligé" chef d'oeuvre absolu, picaresque, à la langue inventive et ravageuse. Plongeon assuré dans la profondeur de l'âme africaine avec cette aimable légèreté du griot Ahmadou, es maître en frivolité brutale, l'air de rien.

A l'heure ou l'axe du bien gentil fait une OPA humanitaire sur le pétrole du trop méchant, rien de mieux pour comprendre l'afrique, l'africain, les dictateurs à casquette et médailles, la "Françafric" et la nature même du pouvoir et de tous les pouvoirs dans leur cruauté sauvage ou "civilisée", que cette oeuvre ouverte, ce bouquin flamboyant à tous les étages.

Rien de mieux pour comprendre les évènements de Libye, de Côte d'Ivoire et d'ailleurs, que ce récit épique, ce conte initiatique fait de paraboles, d'oralité textuelle, usant de biais analogiques et romanesques pour disséquer la comédie humaine et politique.

Rien de mieux que cette plongée dans la cruauté de l'histoire par l'anecdote, bien loin de l'humanitaro bobo pâteusement kouchnérien et émotionnellement ethnocentré, jusqu'au divin maraboutage émancipateur.

Par delà le bien, le mal et les cols de chemise échancrés.

De la tragédie humaine dans un éclat de rire féroce et bestialement lucide.

Et maintenant quoi lire ?

Quand même pas les éditoriaux insipides de Demorand !!!

tgb

 

14:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (17)

18/08/2011

Les histoires de Tina (même la mort n'a plus d'odeur)

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Il était une fois, au Texas, John, un brave type qui bossait dur pour élever sa famille.

Il prenait son enbauche dans la salle de contrôle climatisée à 13H GMT.  S'installait dans son fauteuil ergonomique, ajustait son micro écouteurs puis se concentrait sur son écran tactile, empoignant d'une main son joystick tout en avalant quelques gorgées de café brûlant, échangeant quelques banalités avec ses collègues de bureau.

L'attente était longue, fastidieuse, nerveusement éprouvante, à scruter les mauvaises images, les milliers de pixels scintillants envoyés d'un drone à des milliers de kms de là.

Quand il identifiait quelque chose de suspect, il faisait remonter l'info suivant le protocole tout en pianotant sur sa console.

Quand enfin selon la procédure, l'ordre tombait dans son oreillette, il déverrouillait d'un clic la touche "delate" puis pressait sur le bouton rouge de sa manette et envoyait, tout en sirotant un diet coke, une de ces frappes chirurgicales qui foudroyait un ennemi déshumanisé qui n'entendrait jamais le bruit de sa propre mort, dans un pays virtuel que John ne situait même pas sur une carte géographique.  

D'ailleurs pour John l'ennemi ne mourrait pas, il se volatilisait soudain de l'écran, cliniquement éliminé.

On ne peut pas dire que ça l'émouvait particulièrement.

Pour sûr, pensait John, en termes d'hygiène mentale, la guerre numérique, le conflit par écran interposé et sa doctrine zéro mort (dans son camp) était un sacré progrès technologique, rapport au post trauma de l'ennemi saigné à mort, crevé dans le blanc de l'oeil.

Il arrivait certes après vérification, que le "terroriste" ou "insurgé" suivant les éléments de langage appropriés, s'avérait être un groupe d'enfants ramassant du bois, ou une famille célébrant une noce. C'était contrariant mais bon, on faisait un rapport qu'on classait dans un dossier "victimes collatérales" en étouffant l'affaire.

Aprés sa journée de stress et de labeur, John rentrait chez lui juste à temps pour embrasser ses gosses et leur raconter une histoire de Tina. Ensuite il supportait les Yankees à la télé, son équipe de football américain tout en éclusant une bière servie par Shirley son épouse entre deux réunions évangéliques.

Le bonheur stars and stripes quoi !

Parfois lui revenait à l'esprit que deux cutters avaient suffit pour effondrer les tours du 11 septembre. Alors mélancolique il repensait à cette phrase de John Millius, tirée d'Apocalypse Now qu'il avait vu 15 fois :

"J'adore l'odeur du napalm au petit matin "

Et comme une certaine nostalgie, comme un manque soudain s'emparait de John...

 

tgb  

08:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

10/08/2011

Les histoires de Tina (on refait le match)

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Il était une fois, une planète sur laquelle on jouait un drôle de jeu :

On appelait ça le capitalismball.

Ce jeu subtil voyait s'affronter deux équipes durant un certain temps :

Le Team Oligarchico-Ploutocrate (TOP) ; maillot or Prada (équipe A)
Le Populo-Olympico-Football club (POF) ; maillot gris Crado (équipe B)

Les règles étaient assez simples.

L'équipe B devait suivre strictement le règlement : pousser le ballon à cloche pied, une charge de 70 kilos sur le dos, yeux bandés, tandis que l'équipe A jouissait de tous les droits avec une totale impunité. Le capitaine de l'équipe A par exemple, bénéficiait d'un taser dont il pouvait user à convenance.

On appelait ça le fair-play.

Si du côté B on jouait à dix, le goal ayant été licencié suite à une réforme modernisant le jeu archaïque, dans l'équipe A on pouvait jouer à 33, étant entendu qu'y étaient recrutés à prix d'or les meilleurs joueurs du monde.

On appelait ça le Mercato (ou marché)

Quand un joueur de l'équipe B se montrait talentueux, il était transféré dans l'équipe A, acheté ou vendu, cela même au cours de la partie.

On appelait ça l'ascenseur social.

Il allait illico se domicilier en Suisse ou Monaco.

On appelait ça : Allez la France ! (tu l'aimes ou tu la quittes)

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Si un joueur de l'équipe B osait la moindre réclamation il était immédiatement expulsé du terrain puis du territoire. En cas de récidive, il était condamné à perpétuité.

On appelait ça l'escalier B.

On le remplaçait au pied levé par un joueur philippin de moins de dix ans ou un plombier polonais.

On appellait ça l'externalisation.

L'équipe A avait en revanche droit à autant de remplaçants qu'elle le souhaitait. Ne subissait ni carton jaune ni carton rouge et pouvait sous les yeux de l'arbitre objectivement partial : un politique corrompu et incompétent...

On appelait ça un pléonasme,

...finir n'importe quel joueur adverse à coups de crampons sous le regard ému des télévisions Murdoch avec les commentaires enthousiastes et racistes de Brice Hortefeux.

On appelait ça le nationalisme.

Du côté A les cages mesuraient 1 m de large sur 50 cm de haut, protégées par des mines à fragmentation (expérimentées en Libye), du côté B, les cages mesuraient 54 mètres en largeur sur une hauteur de 44 mètres 72 (environ).

On appelait ça la glorieuse incertitude du sport.

Si par miracle l'équipe B marquait un but, il était immédiatement crédité à l'équipe A, qui si elle même marquait à son tour, triplait son score donnant aux supporters autorisés (le premier cercle ou CAC 40) bonus et dividendes défiscalisés.

On appelait ça la moralisation du capitalismball.

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Le joueur de l'équipe B ayant par inadvertance (ou inconscience) scoré, était éxécuté sur le champ dans la surface de réparation sous le regard admiratif d'Alain Minc et de Christophe Barbier.

On appelait ça le tir ou but (ou penalty)

L'équipe A jouait à domicile, recourait au dopage, s'hydratait, l'équipe B n'avait ni vestiaires, ni coach, ni soigneur, devait jeûner une semaine avant la rencontre et se faisait lapider par le public encourageant ces "feignants d'assistés".

On appelait ça un handicap (ou rigueur ou austérité)

Le plus curieux de l'affaire était que l'équipe A réussissait parfois l'exploit de perdre un match.

On appelait ça la crise (ou crach ou révolution ou game over)

Match qu'on s'empressait d'annuler pour tricherie cela va de soi.

On appelait ça la fraude sociale.

A la fin c'est toujours l'équipe B qui payait l'addition.

On appelait ça la mondialisation (ou nouvel ordre mondial).


tgb

08:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11)

 
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