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27/02/2012

L'abstention dynamique (ou le mieux que rien en moins pire)

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Dis donc mon élu socialo-manager préféré qu’est là à me reluquer mon joli votutile présidentiel rapport à Dupont et Dupond, rappelle moi donc ta position sur le MES à l’assemblée nationale

…hum…oui …bon…l’abstention dynamique ???…

…ça m’a l’air bien comme concept ça, frais, nouveau, intellectuellement bucolique, bon maintenant tu m’expliques grosso merdo en quoi que ça consiste façon mode d’emploi… ???

… de dire ni oui ni non mais au final oui, un peu comme le ni pour ni contre mais pour, ou le ni de droite ni de gauche donc de droite…. ???

Dois-je te l’avouer, j’ai toujours eu beaucoup d‘admiration pour la circonvolution socialo-acrobatique !

T’avais hésité entre ???

L’avancée à reculons...

Le surplace fulgurant...

Le changement mais pareil...

La résistance résignée...

La modération radicale ?!?!?...

Franchement non, l’abstention dynamique pas mieux, genre changement dans la continuité mais revisité 3ème millénaire post moderne, non non bien…

On voit assez le style du genre de la chose de l’oxymoron dans son intrinsèque subtilité paradoxale, efficacement inutile, mais t’aurais quand même pu voter oui tout de suite, c’eût été plus simple ????

oui mais non ???…

Il est vrai, je l’admets, que t’es un peu minoritaire à l’assemblée et que donc camarade député t’y pouvais pas grand chose, que tu votes dur ou mou ça schlinguait pareil au fond du trou, fort l’honneur, mais l’on me dit dans mon oreillette, tu m’arrêtes si je me trompe, qu’en revanche au sénat tu serais un tantinet majoritaire et que donc…

…l’abstention dynamique aussi ????

...voilà voilà… ?!?!?!…

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… alors là, dois je te dire que je suis dans l’extrême expectative, ne serait ce pas un peu comme le sortant du peuple à sortir par le pleuple montant en seconde avant que de s’installer en première, nous prenant passablement et à juste raison, pour des demeurés du bulletin et que camarade sénateur député tu servirais à foutre rien au final ???

Bon mais attends attends, avant que je te tire des conclusions hâtives, je te récapitule le truc du machin, manière à être bien en phase donc :

- t’es un peu pour un peu contre et un peu ni l’un ni l’autre mais au final ça finit par faire pour et t’es pas contre…

- tu pourrais voter direct oui ou direct non mais en conclusion tu fais ni l’un ni l’autre et tu laisses l’autre voter à ta place façon procuration…

- Bref, t’en appelles à mon votutile et quand je te le file ça sert juste à que dalle mais paraît que c’est mieux que rien en moins pire…

Donc, en résumé, j’vais t’faire une confidence, parce que décidément ton concept m’enthousiasme, le dimanche du deuxième tour, suivant ta méthode, j’vais appliquer la chose à la lettre :

Abstention dynamique dés le matin, ne pas aller faire mon devoir citoyen mais avec entrain et le soir selon que ce soit Dupont ou Dupond, tu me retrouveras là, à ma place dans l’opposition.

Parce que l’avantage du mec qui reste sur ses positions, c’est qu’il finit toujours par revoir passer les types qui tournent en rond.

tgb

13:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

23/02/2012

Génération spontanée

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Vacances de février.

Comme un avant-goût de printemps.

Je traîne et rêvasse et fume ma clope du côté des jardins d’Eole. Cet espace vert récemment aménagé à cheval entre les 18 et 19éme arrondissement de Paris juste en lisière de la voie ferrée et d’un vaste no man’s land en pleine restructuration.

Tous les mômes du quartier, les Doinel, les Gavroche, les poulbots, tous les gamins de Paris, pas partis aux sports d’hiver, autant dire la plupart, par centaines, par milliers peut-être, s’égaillent comme des volées de moineaux dans les espaces de jeux.

Leurs pistes noires et leurs pistes bleues.

Ça crie, ça hurle, ça braille et ça s’entasse sur les tourniquets

Ça court, ça tombe, ça chiale dans la pagaille ensoleillée

Ça se fritte et ça se frotte, ça se chamaille à chaque tour de balançoire

C’est la pépinière de Paname, la couveuse du nouveau siècle, et ça shoote par ici et ça marque un panier par là en s’étreignant par grappes comme en finale de coupe du monde.

Ils ont les yeux bridés, la peau mate, les cheveux crépus ou le visage pâle, rougi par l’effort.

Tiens un petit rouquin aux joues cramoisies…

Ils ne se mélangent pas toujours, mais ils se mélangent aussi.

Tiens une blondinette à pompons qui se crêpe le chignon avec une petite chinetoque à lunettes.

Ils sont de toutes les couleurs, mâchurés, bariolés, de toutes origines ethniques et d’une seule origine sociale, populaire, et comme en génération spontanée, tous français.

Je n’ai pas forcément une grande estime pour le manager socio-démocrate Delanoë, n’empêche, ce lieu-là, où les petites pisseuses et les petits morveux peuvent venir se râper les genoux pour mieux se les peinturlurer de mercurochrome après, on lui doit.

Tant l’est parisien était laissé à l’abandon par la droite.

Quatre hectares d’espace vert, c’est quand même mieux que ces cages à poules, vaguement concédées aux ados, sous les structures du métro aérien.

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Que tous ceux, en ce pays qui ont une maison de retraite dans la tête le sachent bien, qu’ils le veuillent ou pas, l’avenir de ce pays n’appartient pas plus à ceux qui se lèvent tôt qu’à ceux qui se couchent tard, pas plus à un taux de croissance qu’à un taux de compétitivité, l’avenir de ce pays appartient à toute cette marmaille bigarrée et virevoltante, à cette cour de récré.

Que les gens qui n’aiment pas leurs enfants bougent de là, parce que ces enfants-là, ne bougeront pas d’ici. Puisqu’ils sont ici chez eux.

C’est l’enfance de l’art que de le constater : si ce vieux pays a encore de l’avenir, ce n’est pas dans sa courbe de croissance mais dans celle de sa natalité.

Ce pays appartient à ce tas de mômes en bougeotte, qui s’empilent pêle-mêle sur un tourniquet.

Je les remercie d’être là.

tgb


°photo célèbre de Cartier-Bresson

12:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (16)

20/02/2012

Faites entrer la politique !

 

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Pendant que les citoyens grecs, portugais, espagnols par centaines de milliers hurlent dans les rues leur rage, refusant d’être sacrifié sur l’autel de la finance et d’endosser le fiasco de l’oligarchie mafieuse, leurs gouvernements à la botte des mêmes banksters, martèlent inlassablement la rengaine jusqu’à résignation finale :

Vous n’avez pas le choix !

Pourtant les peuples pareillement pris en otage, qui osèrent ne pas céder à cette injonction suicidaire, et refusèrent ce fumeux chantage, ont démontré, même si on l’occulte soigneusement dans nos merdias complaisants, une épidémie émancipatrice est si vite arrivée, qu’il y a précisément d’autres choix.

Plus qu’une alternance, des alternatives.

Congédier les vendeurs d’argent, les suceurs d’intérêts, et autres marchands de dette, et laver son linge sale en famille.

Bref, si nous étions dans un pays normal, quoiqu’à l’échelle d’Aphatie/Duhamel, atrocement fantasque, l’Islande ou l’Argentine par exemple, Papademos, Draghi ou Monti…, les mousquetaires de la non redistribution Goldman Sachs, ne « manageraient » pas en zélés gestionnaires des cures de rigueur/austérité du genre :

- tu as 100, je t’en prends 20, et j’augmente tout de 30, en croisant les doigts pour que tu relances la croissance…

mais seraient simplement à leur place, en vertus des innombrables services rendus : en taule.

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C’est ainsi qu’en Argentine, l'ancien ministre de l'Economie Roberto Lavagna non sans audace, envoya se faire foutre le FMI et son catéchisme libéral, avant de relever en serrant les dents et pas que, son pays de l’état économique où il l’avait trouvé en entrant, en une poignée d’années.

Un politique faisant de la politique : curieuse anomalie pour ne pas dire sale manie chez ces gens-là !

C’est ainsi qu’en Islande, qui vient O joie suprême, de voir sa note améliorée, auprès d’une de ces agences de divine notation, plutôt que de régler rubis sur ongle les factures des petits margoulins corrompus et locaux, les envoyèrent méditer dans quelque cachot, douillet rassurez vous, avant que de rédiger une nouvelle Constitution participative sous la houlette de leur charmante présidente.

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L’Argentine et l’Islande aujourd’hui vont bien, merci !

Certes ces deux pays n’avaient pas l’insigne honneur d’appartenir à l’Eurocircus et de prétendre à la régression sociale compétitive à pied par la chine mais n’empêche, qu’un seul contre exemple existe et alors même le mot d’ordre de : « il n’y a pas le choix » s’effondre.

Car nous avons toujours le choix.

Forcément le choix

Essentiellement le choix.

Car il serait bien paradoxal qu’à l’hypermarché du capitalisme ambiant et de la libre concurrence Il n’y ait comme en Sovietomie du nord, qu’un seul article en rayon.

Nous n'avons QUE le choix !

Etre libre c’est choisir

Ne serait-ce au final que de vivre ou mourir.

Si nous n’avons plus le choix c’est qu’alors nous sommes morts.

Voulons nous vivre morts ou prendre le risque de mourir vivants ?

Faire de la politique aujourd’hui c’est justement répondre à cette question, plutôt que de savoir si la femme de Mr Bruni s'épile la chatte en ticket de métro ou pas.

 

tgb

12:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (23)

16/02/2012

La troïka

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Elle surgit à toute heure, au trot ou au galop

Petit matin frileux, ou dans la nuit glacée

Tu ne sais pas trop quand mais au son du grelot

Ce tintinnabulement incessant et fêlé

 

C’est la voix des loufiats, des experts de l’info

Les Kapos du système, rigueur austérité

- Et tu n’as pas le choix - et c’est toi ou l’euro

- Et tous des assistés - rassurer les banquiers…

 

Tu l’attends résigné, on t’a si bien dressé

A maudire ton voisin, à prier à genoux

Sans même un coup de fouet et au cri des marchés

La dette la dette la dette, elle te reprendra tout.

 

Tes droits ta dignité et tes acquis sociaux

T’expliquera qu’avoir faim c’est bon pour la santé

Qu’la misère c’est moderne, que le froid c’est le chaud

Le cul dans sa Limo, une Rolex au poignet.

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Hier à Athènes, demain au Portugal

Petit Papademos mettra dans nos souliers

La main de Goldman Sachs, nouvel ordre mondial

Les banksters AAA du racket associés

 

Et ni Papandréou et ni Mamandréou

Couchés à l’assemblée, décrétant notre mort

N’attendre de combat, blanc bonnet bonnet mou

Surtout pas réveiller un député qui dort

 

Tu ne sais pas trop quand, la Sainte Trinité

FMI BCE, CE dévastera

Mais déjà tu l’entends hennir et piétiner

De plaisir les peuples, l’obscène troïka.

 

tgb

09:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

 
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