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30/06/2012

Carte d’infidélité

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Vu que l’été est là, du moins sur le calendrier, venons en à des questions existentielles d’une folle trivialité  :

As-tu mon ami, été au bout d’une carte de fidélité d’un de ces commerçants offrant, avec cet altruisme rare qui fait tout son désintéressement, un coup de tampon à chaque acquisition d’une…

disons pizza…(à emporter)

et qu’au bout de dix t’en as une de gratos ?

Moi jamais.

Parce que

- Soit t’as oublié ta carte

- Soit t’as paumé ta carte

- Soit c’est lundi, que le gars est fermé et que tu vas chez un concurrent qui t’inaugure une autre carte que tu repars à zéro

- Soit qu’à la fin, cumulant en vrac toutes sortes de cartes rajoutant à la confusion, t’as jamais la bonne carte quand tu vas chez ton pizzaïolo préféré, pas hyper chaud (et un poil courroucé), pour te tamponner la carte du confrère et néanmoins ennemi.

Bon, pour déjouer le mauvais sort j’ai bien pensé en acheter dix d’un coup de pizzas (à emporter), pour accéder au Graal, à la onzième offerte, mais à moins d’envisager une ‘pizza party’ c’est un peu con.

En balancer 10 pour le plaisir d’en manger une gratuite, je vois pas l’intérêt (et pourtant j’ai cherché).

En bâfrer 11, dans un ‘remake’ de « la grande bouffe », le gavage de pizzas comme esthétique du suicide…ça me disait moyen.

Sauf qu’hier je tenais le bon bout (de la pizza à emporter). Avec mes 9 tampons bien alignés sur ma jolie carte haute-fidélité, de « Chez Gino » alias Robert, j’étais plutôt confiant.

J’entrevoyais carrément le super bonus ‘Reine’, voire ‘Quatre Saisons’.

Ne lésinons pas.

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C’est donc d’un pas léger et décidé que je me dirigeais vers ma pizzeria attitrée…

‘Changement de propriétaire’

C’était marqué sur la devanture en lettres capitales, que j’en suis resté tout penaud pantois et renfrogné.

Gino dit Robert ou l’inverse, s’était fait la malle avec son tampon encreur et mon rab de pizza (à emporter).

Luttant contre cette malédiction poisseuse, priant Sainte Margarita, j’essayais de négocier quand même mon dixième coup de tampon réglementaire, genre geste commercial toussa toussa, chez le nouvel enfariné.

Macache ! Cet enfoiré de petit commerçant à court terme se foutant de me fidéliser comme de sa première « calzone » m’expliqua qu’il ne se sentait nullement engagé par les initiatives marketing (je cite) de son prédécesseur.

La haine !

Que j’imaginais déjà découper le pâteux empâté, en parts égales saucetomatées avant que de me l’enfourner et de me le cuire au feu de bois.

Bref, plutôt que de me consommer sur place, je me suis emporté.

Donc voilà, me reste une très jolie carte de fidélité, souillée de quelques taches d’huile pimentée, avec 9 coups de tampons officiels de « Chez Gino » que j’aurai jamais le dixième.

Collector.

Inutile de te dire que le prochain licencié économique, reconverti en pizzaïolo, ayant foutu toutes ses indemnités dans une de ces camionnettes à frites fleurissant sur nos parkings de temps de crise, qui me propose une carte vierge toute de fidélité graisseuse, pourra aller se la tamponner quelque part.

Al dente.

tgb

09:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

27/06/2012

La France normale de la France profonde de la majorité silencieuse (2)

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Les Echelles : « pas de regroupements de mineurs après 23 heures » titre le Daubé.( Dauphiné Libéré du 25/06).

Les Echelles, patelin de 1250 habitants que si tu y passes c’est que tu t’es paumé grave.

Les Echelles c’est le rien sinistre, le vide considérable, le désert couleur muraille, c’est le grand walou sidéral, c’est l’ennui qui suinte des façades, le néant qui te choppes aux baskets, l’ombre du gris létal qui te plombe direct, que si t’y croises un chat, même en après midi et quand je dis un chat, je parle d’un chat miaou, c’est que t’as du bol.

Question number one : des mineurs y en a t’il ?

Oui semble dire le DL, parlant de « délinquance » d’une« poignée de jeunes squattant les entrées des immeubles ».

Dans ce bled de morts vivants, quelques pousses encore pourraient être une bonne nouvelle. Que nenni, affirme le maire, prenant cet arrêté municipal, et répondant aux « Echellois en colère ne dormant plus la nuit depuis un an ».

Un an sans dormir, en effet c’est long.

T’imagines même pas Les Echelles à 23 Heures en hiver, que si t’as un chien qui aboie c’est à la fois sépulcral et quasi rassurant. Cela dit, il fut une nuit, un bruit de mobylette, vers 23 heures 40…

Le bourg en parle encore.

Que reproche t’on à cette poignée de jeunes, désoeuvrés forcément, ‘en errance ‘ tu m’étonnes, pas un troquet, pas un mac do et pas un rond ? :

quelques conneries du genre : tags, fumettes, vol de bonbons, rideau de fer du ‘Spar’ cassé, objet explosif à base de jus de citron ???!!!, effractions et dégradations diverses… tu parles !

Des clopinettes rurales amplifiées par le DL, parlant de la peur 'd’agressions’, de la peur ‘de rentrer chez soi’, de la peur de ‘représailles’ d’une population terrée vivante.

Bref, de cette peur M6, de cette Françapeur rabougrie, ratatinée, recroquevillée sur elle-même, en totale asphyxie, de cette peur de tout dans le rien, si mal définie.

Question number two : mais que fait la police ?

D’après le DL roi de l’investigation ‘les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs interpellations’ : 3 tagueurs, 2 shiteux, 1 racaille, c’est dire si le coup fut rude pour la pègre locale et la criminalité affecté, au soulagement d’une population en ayant 'ras-le-bol'.

Ras-le-bol oui mais pas ras le Front.

Question subsidiaire : quid du front national ?

Dans ce trou du cul du monde donc, où il n’y a âme qui vive que quelques âmes qui meurent, le FN est à 30%. D’où par évidence, l’opportun décret du maire.

 Ainsi donc, quand notre poignée de lascars aura heureusement pour eux, désertés ce bled glauque et pourrissant, Les Echelles fort de ses valeurs et de son délabrement pourra disparaître sereinement de la carte de France.

 Mourons tranquilles mais mourons français devant TF1.

 Chronique d’une France normale, profonde et silencieuse qu’il ne faut surtout pas déranger dans sa tombe, des fois qu’on la réveillerait.

ET comme dirait l’autre, ‘l’éternité c’est long, surtout vers la fin’.

 tgb

10:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

25/06/2012

La France normale de la France profonde de la majorité silencieuse (1)

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J’aime beaucoup cette photo si si !

Trouvée dans le Dauphiné libéré (25/06) appelé par chez nous plus familièrement Daubé. Le Daubé est un de ces fleurons de la PQR qui, s’il n’existait pas, on saurait plus qui qu’est mort nécrologiquement parlant, qui qu’a la plus grosse citrouille en son jardin ou qui, qui pense quoi dans le courrier des lecteurs.

Exemple : « président de la République à gauche, gouvernement à gauche, sénat à gauche, assemblée nationale à gauche, tous les ingrédients pour une dictature. » RF74

Donc non seulement le Daubé, publie des conneries sous la forme de puissantes analyses politiques ciselées mais aussi des photos romantico-bidonnantes. Voir plus haut. (scusez pour la qualité)

Sans faire une étude sémiologique hyper pointue iconographiquement balèze, on constate assez vite tout le bon goût français, son raffinement, sa fraîcheur, dans une de ces hyménées du mois de juin, si représentative de la créativité pèquenot.

« une sortie originale des jeunes mariés » titre chaleureusement le Daubé et il est vrai que de voir partir pour une longue route con/jugale avec Jean-Pierre Pernaut pour témoin, ce délicieux couple, posé dans le godet finement décoré du tractopelle, avant de s’en envoyer un voire 50 avec éthylotest obligatoire dans la bagnole (gilet fluo triangle extincteur flic dans la boîte à gants) ne peut qu’ensoleiller notre lecture pluvieuse provincialo-quotidienne. `

La France éternelle bâtisseuse telle qu’on l’aime, celle qui se lève tôt pour faire des trous dans la merde molle et des jolies photos d’un jour de liesse de cérémonie nuptiale de Vanessa qu’a dit oui à Kevin, qu’on se repassera plus tard à la veillée, en se demandant dans quelle fondation déjà qu’on a coulé madame avec le béton, juste pour avoir son 1/4 d’heure de célébrité focale en cette délicate émission crapoteuse « Faites entrer l’accusé ».

J’oublierais pas kek chose ?

Ah voui, si, vive les mariés (et la pqr)

tgb

15:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

23/06/2012

Scène internationale

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J’aime beaucoup cette photo d’au théâtre ce soir.

De cette diplomatie de boulevard qui s’émeut des livraisons d’armes en Syrie par Poutine tout en livrant des armes au Bahrein pour mieux tirer dans le tas.

Décors de Roger Harth, costumes de Donald Caldwell pour les plus anciens, manque Pierre Arditi.

J’aime beaucoup cette photo si si, ce spectacle du monde libre et non faussé à géométrie variable, du colonialisme à veto, ou comment faire semblant d’être le camp du bien tout en fomentant en coulisses, de l’assassinat ciblé par drone, de la torture délocalisée avec prix Nobel comme Oscar assorti.

J’aime beaucoup cette photo si si, de la tartuferie Clinton, de l’hypocrisie ricaine défendant le freedom tout en couchant avec le Honduras, ce pays où la vie d’un journaliste est moins chère, à fomenter du coup d’état par çi, du terrorisme par là, sans que le droit-de-l’hommiste de service tout à dénoncer Cuba, Chavez (quoi Cuba ? quoi Chavez ?) n’y trouve rien à redire.

J’aime beaucoup cette photo de l’empire si si, du cabot qui fait sa comédie, son show, son numéro de putain puritaine ; de la scène internationale au théâtre des opérations, Irak, Afghanistan, Libye…et se fait applaudir en après midi, par la claque corporate du comité d’entreprise : « cuistres et larbins » à l’orchestre.

J’aime beaucoup cette image si si, ce concert des nations faux cul et dissonant, cette communauté internationale à l’indignation sur un plateau, et qu’on oublie toujours de préciser atlantiste.

Cette main invisible qui pourtant, dés que tu alternatives un rien, te prends dans la gueule à l’entracte.

J’aime beaucoup cette image de fausse comédie où tout est simulacre, pendant que les nations en realpolitik, sale et cynique, déroulent leur tragédie en faisant la leçon, en faisant la morale, du bien contre le mal, du civilisé contre le barbare, du glabre créationiste contre le barbu obscurantiste.

Et l’on jurerait entendre la diva Hilary entre deux salutations, reprendre la réplique du regretté Desproges :

« L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui »

tgb .

12:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

 
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