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30/09/2014

Tout ça pour ça !

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Quoi, le Sénat était à gauche ?

Oui mon ami, jusqu’à dimanche soir, le sénat était à « gauche ».

Je sais qu’on ne s’en était pas forcément aperçu, que pas grand monde était en mesure de citer le nom du premier président socialiste de toute l’histoire du sénat, Jean-Pierre Bel et qu’on se rappelle sans doute davantage l’épisode Dassault, quand la majorité de « gauche » ne s’était même pas sentie obligée de lever l’immunité du sénateur à rafale assisté ; tant ça avait fait vilain, qu’ils avaient du remettre le couvert à main levée un mois plus tard, tandis que MR Dassault himself se proposait de se la lever lui-même hop-là histoire de blanchir son honneur supersonique.

Nostalgie, nostalgie.

Bref, il faudra donc se souvenir dans les annales que, dans les années 2010, et particulièrement 2012, le Parti « socialiste » français, sous la houlette de son immense président Hollandréou affrontant vaillamment la bourrasque sans même de parapluie, concentra entre ses petites pognes proprettes, absolument tous les leviers du pouvoir en France pour ne rien en faire si ce n’est sous lui.

Oui dans ces années-là, le parti solférinien dirigea (à peu prés) la France en la personne de son ancien secrétaire roitelet de la synthèse, échoué à l’Elysée en pédalo water proof, 21 régions sur 22, 66% des départements, 70% des mairies de plus de 30 000 habitants et la majorité absolue à l’assemblée nationale sous la baguette du chef d’orchestre à patrimoine modéré Claude Bartolone.

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De ce grand chelem donc nos amis socio-démocrato-libéraux n’en 'fouturent' pas grand chose et pour ainsi dire rien, que dalle, nothing, oualou, nada, zobi quiquette, tant qu’il finit par se trouver soulagé de brader ces pouvoirs un à un ainsi que d’envoyer au pôle emploi des professionnels de la profession, 30 000 de ses 60 000 mille élus et 600 de ses collaborateurs experts de la chose politique. Soit pour faire simple 50% de ses militants, tant ses encartés sont des élus, salariés de la rente mensualisée et publique.

Au moins ça débarrasse.

Ainsi donc, en ces temps automnaux, souvenons nous bien qu’il est parfaitement inutile de voter utile, qu’on est rarement déçu quand on espère rien et que quand on a tout essayé, ne reste plus qu’à trouver utile de voter inutile à sa convenance.

tgb

07:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

25/09/2014

Déplacer les montagnes

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Comme le dit justement Plenel, « c’est reparti comme en 14 ». Une image sanglante, un odieux stimuli et le troupeau matamore tout en gueule de foncer dans le tas, direct dans le panneau, la fleur au fusil, une tranche de jambon en étendard.

Allons enfants de l’union nationale et de l’honneur sacré, le jour de vengeance est arrivé, cassons du barbare en Bougnoulie orientale, cet état islamique, ce monstre providentiel, notre monstre, tant nous étions orphelin d’ennemi à haïr pour mieux nous oublier.

Et les merdias charognards de se repaître et de montrer sans montrer tout en montrant à s’indigner et se goinfrer de tant d’ensauvagement, à surjouer la terreur, en plein mille du plan com d’en face pas si cons, une couche de compassion entre deux tranches de passion croustillante.

Et non, pas si cons, pas si fous, pas si archaïques que l’on croit, toujours à les sous estimer, qu’ils nous connaissent bien, qu’ils savent et la mise en scène et les codes et la cible, pour nous terroriser à moindre coût. Quand on n’a ni avions, ni drones, ni cette brillante technologie civilisatrice pour tout anéantir d’un simple joystick, une décapitation dans toute sa cruauté, un égorgement dans toute sa bestialité peut faire bien des dégâts et bien des dévastations.

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- Mais que non, pensez donc, la France ne cède pas au chantage - nous déclare martialement ce qui nous sert de chef d’état, ce colonel moutarde déterminé qui ne cède à rien, sauf aux USA, à l’UE, au Medef, à Merkel, à Nétanyaou, aux bonnets rouges, aux pigeons, aux poussins…aux banques et à la finance qu’il combat vaillamment en leur roulant des pelles.

Que non, on ne cède rien ni à nos bons amis du Qatar, ni à nos clients d’Arabie Saoudite et autre pays du golfe et du pognon qui en ont tellement qu’ils peuvent jouer à cogner aujourd’hui ce qu’ils finançaient hier et réinstrumentaliser demain ce qu’ils bombardent aujourd’hui, à la condition que le chien ne morde pas la main qui les nourrit et ne dépasse pas le périmètre admis.

"Cesser de se rendre en cortège dans le golfe Arabo-Persique baiser les babouches de kleptocrates financiers du djihadisme" comme l’écrit Jean Guisnel dans le Monde ? et puis quoi encore ? manquerait plus qu’on devienne cohérent ! tant ce bordel apparent finit par nous faire nous demander si c’est pur machiavélisme que d’entretenir des foyers de guerre, créer du chaos partout pour diviser, épuiser, occuper, régner ou de la méchante connerie à vue basse.

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Mais d’où vient donc ce monstre, dont il y a deux mois à peine, personne n’avait entendu parler, d’où vient donc cette bouffonnerie sordide de califat dont les membres actifs et autres djihadistes exaltés faisaient pourtant il n’y a pas si longtemps, d’après les dires de ce qui nous sert de ministre des affaires bien étrangères « du bon boulot » en Syrie ?

Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que de gros bouseux néo cons et ricains avaient eu la prétention d’exporter leur divine démocratie en Irak à coups de bombes phosphorées et au prix de quelques centaines de milliers de morts et autres dégâts collatéraux, qui n’eurent pas la gloire de faire la une des médias.

Peut-être doit-on rappeler que l’incompétent consul Paul Bremer, dans sa géniale opération de débaassification, envoya direct dans les bras terroristes des milliers d’officiers sunnites aguerris, surarmés et visiblement rancuniers.

Peut-être encore se souvenir que ces gros cons d’américains dont la spécialité est d’anéantir un pays pour y écraser trois mouches à merde sont à l’origine de tant de chaos de par le monde pour continuer à le dominer. Qu’ils nettoient et s’efforcent de remettre ce pays dans l’état où ils l’avaient trouvé en entrant.

On les avait prévenus. Ce n’est pas notre guerre. Chacun sa merde.

Qu’on se contente déjà nous, de réparer nos propres saloperies en Libye en y envoyant d’urgence le malotru Bismuth et le cuistre Botul passer la serpillière de leur sale vanité.

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Et pendant ce temps-là tandis que le va-t’en guerre guerroie son propre monstre dans l’émotion nationale et le chant des canons, de renforcer nos lois anti terroristes, de mettre nos libertés sous surveillance et de masquer ces grosses cochonneries cuisinées en douce…

Tant que la finance avance…ça vaut bien de se payer sur la bête, de s’offrir un choc de civilisation, une guerre de tous contre tous, d’exiger que la Musulmanie s’excuse, ça vaut bien de mobiliser et sacrifier des milliers de gamins déculturés, désoeuvrés, en manque de sens et d’absolu, dont on n’avait rien à foutre ni aucun projet autre que le karcher…

Un boulot, ils ont fini par en trouver un : bombe humaine.

Au bout de tant d’années de guerre au moyen-orient, on pourrait peut-être faire le constat qu’un tapis de bombes ne semble pas le médicament approprié, que tuer 10 « barbares » pour en générer 100 n’est pas le calcul adéquat et que s’il faut bien se défendre après avoir tant massacré, la seule réponse n’est pas militaire mais politique.

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En attendant, l’esprit d’Hervé Gourdel, homme libre des cimes qui connaissait le risque de partir à la rencontre des hommes et des géographies, hante les grandes montagnes de Kabylie.

Au prix de sa vie, il nous dit encore et malgré tout que le seul moyen de déplacer les montagnes, c’est de s’y déplacer.

tgb

16:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (16)

19/09/2014

La machine néoquedalle

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La photo ci-dessus, tirée de l’émission Le Grand Journal (canal+) je l’ai trouvé chez mon excellent collègue de blog Bibi il y a déjà quelques mois. Elle illustrait un de ses articles pertinents sur cette société du spectacle, cette confusion des genres et ce barnum médiatique auxquels se livrent les politiques dans une surexposition narcissique.

Je l’avais mise de côté, car elle donnait à voir dans une somptueuse cruauté, la déliquescence ambiante, du micro chaos médiatique passé à la sanibroyeuse, au macro chaos social et sociétal passé au rouleau compresseur néoquedalle.

Oui, depuis que les politiques ont déserté la politique et rendu un à un leur pouvoir, dans un réflexe de survie, ils jouent de cette surenchère du spectacle sous vide, à se démonétiser, se décrédibiliser chaque jour davantage à se taper l’incruste dans cet écran qui fait écran et finit par les aplatir et les néantiser.

A la star Ac de la politique où le seul but est de se perpétuer et conserver sa gâche, ne plus s’étonner alors que le vrai devienne un moment du faux, tout étant dans tout et inversement, tandis que le rien finit par s’installer dans un grand concours de pets foireux.

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Parce qu’à ce petit jeu de la machine à déconne, de la foire à l’égo convoqué sine die, de la parole promo en accéléré, inéluctablement le politique finira torse poil tandis que le gugusse de service se sera rhabillé pour l’hiver, à se demander qui était l'exhibisioniste de qui.

La question cependant reste pour moi une énigme. Pourquoi viennent-ils s’y déliter en direct, et pourquoi encore y reviennent ils, et pourquoi entre deux crétins furtifs acceptent ils d’y rire jaune d’y adopter cette posture obligée de la coolitude assumée, sans, dans un éclair de lucidité s’arracher fissa de ce jeu de rôle funeste en envoyant le tout et le rien à la fois se faire foutre ?

Et cette question vaut y compris pour Melenchon ou Besancenot, pour ceux qui par stratégie croient pouvoir se jouer de la machine en allant malgré tout chercher l’électeur où il est…

mais y est il ? Et y est-il citoyen ou consommateur, citoyen consommateur ? attentif entre deux chips ou à l’instar de l’émission déjà lessivés par la lessiveuse ?

Oui, les politiques y viennent pour l’audience, car ces émissions shaker où l’on mélange le grave et le futile, le personnage et la personnalité, l’être et son néant, la personne et son guignol, où l’invité devient sa propre marionnette et son double font de l’audience. De cette audience qui se mesure et se médiamétrise au marché compétitif du rire totalitaire, de la grande poilade pré JT, à l’aune de la grande zappeuse.

Oui ce dîner de cons et de cul à ne plus savoir qui chante ou qui fait chanter a son public. De ce public qui rentre du boulot, qui ne veut pas penser mais ne pas penser tendance, ne pas penser dans l’éclate avec cette caution vaguement intello remixée que le presse purée reste branchouille tandis que la boîte à clac clac pavlovienne fait la claque à la nunuche "nonmaisalloquoi" tout autant qu’une ovation au dernier criminel de guerre bronzé aux UV avant miss météo.

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Et non, à ce jeu de la grande décérébration sympa, du divertissement qui asservit, on ne gagne pas contre la machine. On peut tenter de l’instrumentaliser, elle finit toujours par vous recracher un code barre sur le front, recyclé sans danger. Oui une fois qu’on a mis le doigt dedans impossible d’en sortir sans passer pour le pisse-vinaigre coincé, le rabat-joie, le cracheur dans la soupe, dans le bouillon de culture ou la culture du bouillon tout pareil.

Devoir d’hilarité exigé, connivence requise, ou procès en sorcellerie immédiate avec expulsion.

Est ce que sucer c’est tromper ? depuis cette question inepte et faussement provoc à Rocard d’un Ardisson qui s’est toujours scrupuleusement appliqué à ne déranger que le frivole, le syndrome à gagné l’ensemble d’une classe politique pipolisée qui s’efforce de jouer le jeu de la représentation entre deux indignations contre l’excès de transparence à laquelle elle a joyeusement souscrit par pure addiction.

Depuis que les politiques ont vérifié en direct que le ridicule ne tuait pas, ils sont prêts, entre clones conformes ou pas et clowns pas drôles à en accepter toutes les turpitudes, jusqu’à s’astreindre à trouver ça marrant.

Pas moi !

tgb

11:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

09/09/2014

Mes nuits en urgence

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Si vous n’avez rien de prévu le prochain week-end, vous pouvez toujours vous faire une otite carabinée et aller aux urgences de Lariboisière samedi soir.

Les urgences de Lariboisière je connaissais déjà mais je ne m’en lasse pas. J’y étais allé, il y a quelques années, me faire recoudre l’arcade sourcilière après m’être pris une porte de métro automatique et fantasque (du genre à s’ouvrir du mauvais côté) dans la poire.

Les urgences, je vous rassure tout de suite, ça n’a pas changé voire ça a empiré.

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On pourrait croire naïvement que le principe des urgences est de traiter les cas prioritaires selon que tu pisses le sang ou pas (et encore parfois tu pisses le sang et c’est pas grave, tandis que tu pisses rien du tout et que c’est désespéré) or à moins d’arriver sur un brancard du Samu, vaut mieux s’armer de patience puisque tu seras traité selon ton ordre d’arrivée et après avoir franchi les différents obstacles administratifs (garde bien ta carte vitale sur toi en cas d’agression caractérisée de porte automatique RATP par exemple).

Au service d’urgences, l’attente peut durer des plombes d’où son vocable approprié : urgence !

Les urgences, c’est la cour des miracles, c’est toutes les misères du monde concentrées au même endroit au même moment, submergeant dans l’énervement, la souffrance et l’exaspération un personnel admirable et blindé gérant le bobo comme le trauma, de l’hypocondriaque ou du mourant dans une tension permanente.

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Les urgences, c’est l’un de ces derniers endroits de brassage social où la petite nana de chez Colette avec entorse vip peut y côtoyer la racaille à suturer ou le sdf en coma éthylique.

Les urgences ont l’immense mérite de soigner sans discrimination et dans la gratuité. Elles sont au cœur même du serment d’Hypocrate dans la politique santé d’un état hypocrite. C’est l’honneur d’une civilisation et l’accomplissement d’une société.

Sauf qu’elles ont leurs effets pervers, dévoyées par des usagers en consultations médicales de confort, ou en infirmerie de secours pour des gens qui n’ont même plus accès aux médecins.

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Ainsi donc ce samedi soir là mon oreille en chou fleur mes migraines et moi, étions nous partis pour poireauter entre une heure et huit heures chrono dans les cris hystériques d’une jeune femme sur brancard et les coups de gueule incompréhensibles d’un ivrogne tuméfié. Une fourchette assez large donc.

Et pourquoi une telle fourchette dans cet hôpital spécialisé justement dans l’ORL ?

Parce que, et vous allez relire cette phrase 3 fois et l’apprendre par cœur : il n’existe sur toute l’île de France qu’un seul et unique service d’urgence ORL, soit un médecin par nuit, pour 12 millions d’habitants et que s’il est parti au bloc opératoire, tu peux aller rejoindre les sans dents et les sans lunettes dans une nouvelle rubrique de la misère programmée : les sans tympans.

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Alors, dans ce grand merdier de l’hospitalité bradé à la compétitivité libre et non faussée, dans cet espace d’austérité institutionnalisée, dans l’agonie de cet hôpital public si charitable, on ne peut que remercier le personnel qui se débat comme il peut pour te soulager la douleur, la misère et souvent les deux à la fois.

Je ne peux personnellement qu’assurer au jeune médecin de garde au nom à consonance arabe qui me confia d’urgence au jeune chirurgien ORL d’origine asiatique, assisté de cette jeune infirmière au sourire antillais que je leur garde éternellement une oreille attentive.

Celle qu’ils viennent précisément de me sauver.

tgb

17:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

 
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