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22/09/2017

Faut arrêter de rien lâcher ; faut prendre.

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Je me souviens il faisait gris, je marchais, vu que plus aucun transport ne fonctionnait, ça devait être novembre ou décembre 95, durant les grandes grèves contre le plan Juppé.

Plus je marchais, plus les voitures se faisaient rares, jusqu’à me retrouver seul au milieu du boulevard dans un grand silence étonnant.

Perplexe, j’essayais de comprendre. Et puis au fur et à mesure, une ligne d’horizon se rapprochait, se précisait et une rumeur sourde montait peu à peu.

Et ce fut comme une révélation, je me retrouvais face à la tête d’une énorme manif qui avançait sur moi d’un pas lent et déterminé.

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Pas une manif carnaval non, où l’on joue à celui qui aura le plus beau déguisement, le plus beau slogan, le meilleur étalage, pas une manif techno-parade avec flonflons et ballons et orchestres sur camions non, un cortège grave, frontal, puissant comme une vague, monstrueux comme un tsunami.

Un rouleau incoercible que plus rien n’arrêterait et d’ailleurs rien ne l’arrêta.

J’imaginais juste ce qu’une telle force redoutable et tranquille pouvait produire sur des CRS en face.

Tout ça pour dire que ce n’est pas tant le nombre qui compte mais la résolution d’une foule, l’impression qui s’en dégage, le rapport de force qu’elle établit et que 50 000 personnes avançant au son d’un tambour ou dans un silence total sans faillir sans douter font plus qu’un million de personnes qui vont à la manif comme au bal.

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5000 dockers qui marchent et c’est 1000 robocops qui reculent.

Oui, faut arrêter de rien lâcher faut commencer à prendre.

Oui faut arrêter de crier résistance, faut penser jusqu’à le faire entendre :

On avance !

tgb

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09:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

19/09/2017

La startup notion

 

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Un employé d’un Jobcenter berlinois «Nous proposons aux entreprises du matériel humain bon marché»

Si les romans d’anticipation avaient en général bien vu le système d’aliénation, de surveillance globalisée et de servitude volontaire à venir et venu, s’ils nous avaient appris et pour cause, après les expériences fascistes et communistes désastreuses, la perversité des états tentaculaires et omnipotents, du moins n’avaient ils pas forcément identifiés que le despotisme passerait des mains de l’état à celles des multinationales.

Non pas des états dans l’état mais des monstres sans frontières plus riches plus puissants que les nations elles mêmes et venant directement dicter leur loi par l’entremise des lobbies, des médias, des traités CETA, TAFTA, jusqu’à imposer leur novlangue déshumanisée, leur culture d’entreprise marchandisée, leur globish débile mais « moderne », leur « valeur » travail, dans un système managérial totalitaire transposé dans la vie courante.

Je gère ma famille.

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Non ils n’avaient pas forcément imaginés que des conglomérats vendeurs de saloperies, prêts à liquider l’humanité pour refourguer deux barils de poison de plus, iraient jusqu’à assujettir les nations, les continents, jusqu’à les contraindre, les acheter, les mettre à leur disposition, échappant aux impôts, aux normes sociales et écologiques, aux juridictions nationales, aux intérêts généraux.

Rassurer les marchés.

Oui devant la surpuissance financière d’un Monsanto/Bayer par exemple, aucun pays, aucune organisation n’a les reins assez solides, pour imposer sa volonté politique, sa raison démocratique, ses intérêts généraux.

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Quand les RH eux mêmes montrant le nouvel exemple, s’enrichissent en licenciant des salariés et deviennent ministres du travail, quand les députés suivent des stages de team building, quand les gouvernements se réunissent en séminaire, quand les présidents eux mêmes se vivent en manager, on comprend combien la startup nation a pris le pas sur la nation citoyenne, l’école se devant alors de former de la chair à business dans un prêt à consommer et à vendre de la merde tant qu’il en reste.

J’ai durant dix ans enseigné la communication au CELSA (Paris 4) à des RH en devenir, essayant d’injecter un peu d’humain et de distance dans le benchmarking et autre foutrerie de ce genre avant d’être éjecté pour cause d’arbitrage budgétaire sur un simple coup de téléphone. J’avais bien compris que ce que je représentais était considéré comme variable d’ajustement, sorte de superflu et de supplément d’âme peu rentable et au final nuisant même au profit.

Ainsi à l’heure où tout est devenu marchandise, de l’eau douce à l’organe, de l’air marché carbone à la sécurité privée, de l’oeuvre d’art à la catastrophe plus ou moins naturelle, à l’heure où tout est prétexte à la spéculation et aux dividendes, le profit étant devenu l’alpha et l’Oméga du pas vivre ensemble mais de tous se foutre sur la gueule, tout ce qui entrave, la libre concurrence, la compétitivité mortifère, la liberté de tout dévaster, devient illégal.

Un total renversement de valeurs.

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Les milices privées ayant intérêt à la guerre, les laboratoires pharmaceutiques à la maladie, les consortiums du BTP au déluge…

Si encore le système privé était efficace, si la concurrence faisait comme ils le prétendent baisser les prix, mais en vérité très vite tel groupe impose son monopole, son organisation lié au profit au marketing finit par coûter bien plus cher à la communauté et génère une administration kafkaïenne encore pire que n’importe quel système étatique.

Pourtant si on râle à la poste dans la file d’attente on trouve normal de passer une demi heure à la caisse de chez Monop, si on gueule devant les retards de la SNCF, on attend sagement le SAV de chez machin qui passera entre 8 heures du matin et 13 heures. Si il passe.

C’est donc le contraire même de la victoire du pragmatisme auquel on assiste mais à une guerre idéologique qui au final n’est que le vernis d’une affligeante pauvreté argumentaire de la barbarie financière au service d’une poignée de tarés cupides et mégalos.

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Alors tel immonde salopard politique peut déclarer que seuls ceux qui travaillent ont le droit de manger ( et qu’il est hors la loi de se servir dans les poubelles)

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tel ignoble PDG écrire que l’accès à l’eau potable n’est pas un droit de l’homme

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et le monde carcéral de l’entreprise avec ses objectifs à 15 jours, ses évaluations permanentes et ses open spaces comme unique espace social de devenir la seule option possible.

Citoyens soyez consommateurs, clients, abonnés, collaborateurs, employés jetables et pour les plus vicelards d’entre vous, milliardaires éventuellement.

je m’exploite moi même.

Et alors de ne plus savoir d’où par exemple Hubert Védrine parle : "La France est le seul pays très développé qui n'a pas réalisé l'indispensable réforme de son modèle social » de sa condition d’ancien ministre socialiste ou de chez LVMH.

La confusion et la porosité étant à son comble et d’autant plus dangereuse quand elle est portée par un type dit «  de gauche ».

Et alors le cuistre Collomb de se vanter d’un partenariat gagnant gagnant (je me suis toujours demandé dans le win win comment on pouvait être deux à faire une bonne affaire) - J'ai toujours été favorable à la collaboration entre public et privé mais dans un cadre gagnant-gagnant. tandis qu’il liquide sa ville de Lyon au profit de VINCI.

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Oui en effet comme l’exprimait si bien mal N. Sarkozy - l’homme n’est pas une marchandise comme une autre - le vivant étant le bien le moins précieux et le plus abondant, il est devenu la marchandise la plus anodine. De la chair à canon à la chair au marché.

La multinationale est aujourd’hui la nouvelle forme synthétique du totalitarisme et du fascisme réuni. Si l’état jouait avec notre peau, l’entreprise n’a d’autre but que de la vendre.

A nous de la défendre chèrement.

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Elle est au final notre seul drapeau.

tgb

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12:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

14/09/2017

Du faucon au faux cul

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Les mercenaires de la politique mentent. Ils mentent à s’arracher les dents. Ils changent d’avis comme de calbut, l’opportunisme leur servant de conviction et de plan de carrière.

Ils mentent tant et tant que dans leurs têtes ça finit par faire des noeuds, des tensions, des hiatus.

De la langue de bois à la langue de pute, de la langue de comm à la langue de rien, ils disent tout et son contraire, à parler contre eux, avec ou sans, un jour à s’indigner de la chose, le lendemain à la soutenir avec passion.

Entre la conscience qui dit ce qu’ils doivent, ce qu’ils peuvent, et l’inconscience qui dit ce qu’ils planquent, ce qu’ils taisent, entre ce qu’ils expriment et contrôlent et ce qu’ils pensent, les obsèdent, les tourmentent les perturbent soudain dans leur représentation, leur rôle, comme une rupture, une distorsion :

Le lapsus.

linguae, calami,

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memoriae, gestuel ou manu.

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Et alors dans cette fracture, ce sous-jacent, dans cette disruption comme on cause dans la langue de Macron, tout à coup l’irruption du vrai, des désirs implicites, de la libido ou de la tartuferie.

Entre le fond la forme, cette collision, cette fraction de seconde ou la fulgurance du révélé, de l’acte manqué prend le pouvoir.



Ce jaillissement du non dit, ce malaise significatif qui survient après que l’inconscient se soit manifesté déjouant les barrières du censeur interne, du surmoi, dans le relâchement de la volonté et de l’attention.

Et voilà alors que le roi est nu, le roi est nul, à poils sous la cravate, le rimmel, et que le cache misère, l’attrape couillon en sort un temps pulvérisé.

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Cela ne prouve pas forcément que ces camelots, ces bonimenteurs aient une morale, mais du moins ont ils, si ce n’est la conscience, l’ inconscience pas tranquille.

Oui le lapsus, qui lape et qui suce, de la polémique politique aux députés expérimentaux expérimentés , de la feuille des impôts qui baisse et augmente à Muriel Pénicaud/Pinocchio, a ses dangereux récidivistes, ses incontinents de l’inconscient, ses gâtés du gâtisme de l’intérieur vers l’extérieur.

Le lapsus ne tue pas, pas plus que le ridicule, l’infâme ou la crapulerie

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mais au moins nous révèle t’il dans la faille spatio temporelle du bug, le temps d’un rire vengeur, que le faucon qui vole bien plus haut que ses petits moyens n’est qu’un faux cul bien plus à l’aise dans la reptation ou le reptilien.

tgb

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11:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

08/09/2017

L’apocalypse selon wall street

 

 

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- En termes de croissance, une catastrophe naturelle est une bonne nouvelle" S Soumier (économiste BFM)

Faut pas croire qu’ils sont dans le déni non non. Le 0,001 % des fossoyeurs de la planète ou plus exactement, l’espèce de cons destructrice de toutes les autres espèces (dont la leur), ceux qui ont tout pendant que les riens n’ont rien, savent parfaitement que l’homme est largement responsable du réchauffement climatique et que le capitalisme amène inexorablement au grand cataclysme.

Oui ils le savent.

A part quelques illuminés texans ivres de pétrole et de Dieu, la caste des super nantis sait très bien qu’à surexploiter cette planète on court au chaos.

C’est d’ailleurs parce qu’ils le savent qu’ils s’achètent des îles paradisiaques et des abris côtiers pour être loin de la cohue des masses et de la promiscuité sociale et laborieuse, des migrants climatiques et économiques, des misères et de leurs débordements.

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Lucides donc ils pourraient sans doute participer à changer d’extrême urgence ce productivisme à la con et prôner un développement responsable et humain mais non, quand même pas mordre la main invisible qui les engraisse. Se foutant du genre humain et du destin du monde, ils préfèrent par réflexe s’armer, s’offrir des milices, organiser leur survie, jouer à Koh Lanta grand luxe et quitte à y passer, y passer les derniers.

Tout pour ma gueule et après moi le déluge.

Nul doute que leur fortune leur permettra d’acheter la dernière goutte d’eau pure, de scier à prix d’or la dernière branche sur laquelle ils sont assis, de flinguer le dernier éléphant et de s’en faire des cure dents en ivoire.

Car non seulement ils sont cupides, vaniteux, égoïstes, voraces mais en plus ils sont abominablement cons.

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Donc les voilà tous plus ou moins réunis à l’abri des manants dans une sorte de triangle des Bermudes pour milliardaires en short et qu’ils ont tout prévu pour se la couler douce à l’écart de leur désastre sauf :

les ouragans

qui n’ont bizarrement pas la politesse de slalomer entre les îles et de respecter le repos des guerriers du profit apocalyptique.

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Bref, voilà t’y pas que nos survivors en slip léopard viennent de se prendre en pleine gueule madame Irma en attendant, planqués dans leur cellier, le typhon suivant.

Certes, dans leurs villas cossues de maçon cochon, ils n’y laissent pas leur peau, contrairement aux pauvres habitants des maisons de brindilles, mais y laissent ils du moins leurs illusions et le jardin d’Eden de toutes leurs espérances bâties sur toutes leurs saloperies.

Penser que sur une même planète, on peut ne pas être solidaire c’est faire le pari assez osé qu’une tornade en furie s’achète avec des lingots d’or.

''C'est n'être bon à rien de n'être bon qu'à soi!’’ Voltaire.

tgb

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10:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

 
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