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01/12/2017

De l’influence météorologique sur nos révolutions

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 A l’heure des préoccupations climatiques, on ne dira jamais assez combien la météo en nos contrées tempérées a de l’incidence sur les processus insurrectionnels.

En effet, si en Russie les bolcheviks, des gens sérieux, rudes et robustes, un poil cryophiles voire thermophobes n’hésitent pas à faire une première révolution avortée en 1905 en plein mois de janvier, et janvier chez les soviets c’est pas les deux jolis flocons de neige tombés hier sur Paris, s’ils remettent ça en février puis en octobre 17, il y a tout juste un siècle, pour finir par prendre le Palais d’Hiver (d’HIVER) en novembre, chez nous, en notre pays attiédi et frileux nous préférons nettement barricader à la belle saison.

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Les temps chauds étant assez propices à la prise de l’apero et de la bastille tout en même temps et à la subversion bronzée en Marcel.

Il n’est évidemment pas anodin que notre grande révolution de 89 (ainsi que celle de 1830) se déclenche en juillet, que la Commune de paris se consume au printemps 1871, quant au monôme estudiantin de 68, qu’il se la pète en mai entre deux cocktails germanopratins et molotov.

En cette saison pré hivernale, accablée, résignée, anesthésiée, il n’est pas surprenant que l’insurrection ne vienne pas même en bottines fourrées, et qu’elle attende un certain confort climatisé pour exprimer sa grosse colère.

Il n’est pas de contestation en France dans les frimas d’automne, à moins d’un été indien particulièrement relevé, pas plus que d’émeutes populaires dans les froidures d’hiver et d’ailleurs Jean Claude Mailly tout emmitouflé de nous le confirmer - Le lancer de pavés avec moufles est un handicap certain - tandis que Laurent Berger tout frigorifié de surenchérir : - c’est pas parce qu’on a 9 millions de pauvres et trente mille enfants qui dorment dans la rue qu’on est obligé de se les geler par solidarité ; on n’est pas l’abbé Pierre. -

En ce pays tiède où la frilosité gagne, on a le syndicalisme estival et douillet.

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Oui il faut bien l’admettre, le degré de motivation contestataire est largement lié aux degrés du thermomètre et que même en Damart ou en polaire, acquis opportunément à la saison des soldes, la pluie le vent le froid la neige restent contre-révolutionnaires.

Donc en ce pays qui se soulève tôt mais pas trop quand même, faut pas compter sur un mouvement général avant le printemps et, manque de pot, comme cette année nous commémorerons la bamboula soixante-huitarde avec le mr météo du macronisme révolutionnaire, l’espèce de Cohn (Bendit), il est probable que la prochaine révolution prolétarienne soit remise à une date ultérieure.

D’autant que la mort probable de l’icône chaleureusement  nationale Hallyday, amène à congeler un certain temps toute tentative d’insubordination à parler d’autre chose.

Bref résumons.

En France pas de révolution (même en tongs) à la rentrée. A la rentrée on rentre. Rien de possible en automne pas plus qu’en hiver. Pour cette année au printemps nous déposerons une gerbe sur la non tombe du soixante-huitard inconnu, dans la célébration reconstituée de ceux qui en firent carrière.

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Par l’effet pervers des congés payés nous pouvons d’entrée renoncer à l’embrasement populaire dans l’été. (plage, tour de France, barbecue…).

Vu le temps qu’il fait, vu le temps qui reste, par constat, aucun créneau disponible dans l’agenda révolutionnaire à venir.

Un espoir toutefois : le réchauffement climatique.

Avec la montée des températures on peut entrevoir de nouvelles perspectives.

Je vous encourage donc toutes et tous à consommer, polluer, aggraver notre empreinte carbone. Le CO2 est désormais l’allié des révolutionnaires.

Comme quoi dans le macronisme ambiant,

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y’ a pas que des mauvaises nouvelles.



tgb

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14:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

27/11/2017

Cette connerie disruptive

 

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Disruptif... ! En voilà un mot qu’il est bio !

Innovation disruptive, technologie disruptive, président disruptif…ça disrupte grave dans nos chaumières, ces temps ci.

Etre disruptif c’est tendre à la rupture, changer de logiciel ou de modus operandi. Mais pas seulement.

On ne dira pas à sa femme de disrupter avec son amant, en revanche on pourrait très bien lui conseiller de disrupter question culinaire (désolé pour le côté sexiste de la chose) et d’abandonner le beauf mironton un peu trop Paulette au profit des raviolis sphériques au thé versus cuisine moléculaire.

Si être boulanger c’est vulgairement perpétuer la tradition du batard, si être néo boulanger c’est déjà participer à l’innovation du crouton, être vraiment disruptif question pétrin c’est devenir uber boulanger et entrer en grandes pompes dans la start up nation du quignon décongelé.

Oui, dans le concept de disruptivité il est une notion de rupture avec les anciens modèles, encore, faut-il en créer de nouveaux.

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Certes, cesser de rembourser des montures Chanel à tous les bigleux assistés ou décourager les chômeurs de partir bouffer les aides colossales de l’état providence aux Bahamas c’est rompre, mais proposer de ne plus rien rembourser du tout à celles et ceux même pas foutu(e)s de devenir milliardaires est nettement plus disruptif.

Si, dire que demain l’université devra diffuser de l’intelligence dans un monde dispersé par le numérique c’est original (et encore), mieux vaut l’exprimer dans un langage approprié : "L'université va devoir faire des clusters d'intelligence dans un monde diffracté par le numérique » (Macron - Berlin) pour être tout à fait disruptif.

Car être disruptif c’est non seulement être pionnier dans son domaine, en finir avec les schémas anciens, mais venir surtout là où personne ne vous attend et créer un phénomène de masse.

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Manque de bol, tout comme Montebourg qui ne dit pas que des conneries - "Prétendre que l'ubérisation de l'économie sera disruptif et produira de la croissance, est une connerie libérale" (Arnaud Monbetourg - in En campagne - 2016) - je le sais je le sens, je suis pas assez disruptif comme mec.

Je soupçonne même la notion de disruptivité d’être une vaste plaisanterie visant à tout changer pour ne rien changer dans le concept néo-giscardien ébouriffant du changement dans la continuité ;

«On peut y faire du coworking et y installer des start-up.» S Bern à propos du patrimoine à l’abandon..

Bref, faire du neuf avec du vieux.

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Exemple : En Marche.

Débaucher de l’opportuniste à droite, faire de l’ouverture avec du carriériste de « gauche », créer un mouvement pseudo transversal dans une hiérarchie férocement pyramidale et prôner de la bonne vieille politique néolibérale réchauffée, continuation, accélération, amplification du thatchérisme d’il y a 40 ans ; inaugurer tout sourire la énième saison caritative restos du coeur et promouvoir la charité de la dame patronnesse au détriment de la solidarité citoyenne me paraît très modestement disruptif.

- Vous voulez la misère secourue, moi, je la veux supprimée. Victor Hugo

Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots. (Jaures).

Quand la politique sent le vieux on nous la sert moderne.

Déjà quand j’étais môme et qu’on nous serinait du jeune et moderne ça faisait furieusement ringard.

tgb

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12:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (18)

 
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