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29/01/2018

Le pot de déconfiture

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"Le spectateur ne trouve pas ce qu'il désire. Il désire ce qu'il trouve." GuyDebord

Bon on se bouffe de la merde c’est une affaire entendue. Il y va de la nourriture comme de l’éducation ou de la santé…une pour les pauvres, une pour les riches, selon que vous pouvez vous offrir le luxe de manger bon et sain, ou que vous devez subir la malbouffe, l’empoisonnement à petites doses par le minerais industriel : la junk food, la daube.

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Ensuite que le ministre des finances, le cuistre Le Maire fasse semblant de s’indigner de l’affaire Lactalis de celle là ou d’une autre après avoir supprimé 600 postes de fonctionnaires liés à la sécurité alimentaire - Trop de normes blablabla…trop de fonctionnaires blablabla…pas assez de compétitivité blablabla - les lobbies de la FNSEA et de la grande distribution, c’est à dire pour faire simple de l’agroalimentaire imposant leur loi ou plutôt imposant d’y échapper -

et que le macro-président au doux et double langage - L’État fera toute la lumière sur l'affaire du lait contaminé de Lactalis et il faudra en tirer toutes les leçons…Il n'y aura aucune tolérance…car la sécurité alimentaire est une priorité…blablabla - s’empresse d’éteindre la lumière laissant en toute impunité les géants industriels continuer à appauvrir les paysans, défiscaliser leurs bénéfices et cerise pourrie sur le gâteau rassis, intoxiquer nos bambins - sang ou lait contaminé même réflexe délirant : L’infâme et les profits d’abord ! - 

Rien de nouveau à Tartufland !

Circulez y’a plus rien à voir : pensez printemps jusqu’à l’hiver prochain.

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Et alors soudain le pot de Nutella.

Fait divers anecdotique mais signifiant que cette mini émeute liée à la pâte à tartiner et à tout déboiser en promo.

- Quand l'émeute montre la misère l'idiot regarde le #Nutella !

Comme l’écrit pertinemment JLM, le premier réflexe étant de s’alerter de cette ruée primaire vers l’or chocolaté non sans un soupçon de mépris pour cette foule en furie dans l’hystérie consumériste, il est bon d’analyser le phénomène sans forcément hurler avec les loups et le lire, comme le symptôme d’une pauvreté ordinaire, d’un pouvoir d’achat à trois euros près et du désir légitime d’offrir aux gamins un produit de marque à priori hors budget.

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Oui il est toujours facile de se moquer face à l’hystérie collective du tout marchandisé, de ses victimes conditionnées, plus ou moins consentantes.

Alors, ressortir son Bourdieu, sa sociologie de combat, son déterminisme social, sa reproduction de classe…

dont acte !

N’empêche que si l’on doit chercher à comprendre, à analyser à expliquer froidement et non dans l’excitation du buzz, il est aussi une autre forme de mépris que celle de nier avec complaisance toute conscience, toute responsabilité à quiconque et ce quelque soit sa classe.

tous les pauvres ne se conduisent pas comme des porcs

tous les démunis ne se ruent pas comme des veaux

tous les damnés de la terre ne sont pas à ce point dépolitisés qu’ils préfèrent voter pour Jennifer surtaxée dans telle merde de téléréalité plutôt que d’utiliser gratuitement leur bulletin électoral.

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Car respecter le peuple c’est aussi lui accorder sa part de connerie, cesser de l’infantiliser ou de lui trouver des excuses.

Nous n’en sommes pas encore aux émeutes de la faim, même si ces bousculades pourraient bien en être les prémices, et si une foule en est presque à s’entretuer pour du chocolat on imagine ce qu’il en sera pour une bouteille d’eau quand il fera soif.

Et c’est pour bientôt.

Dans cette misère culturelle, économique et sociale organisée, encouragée, théorisée, abandonnant leur statut de citoyen pour un statut de consommateur, que les gens luttent et s’usent pour du dérisoire tandis qu’on leur supprime sans qu’ils réagissent, l’essentiel (libertés, acquis, conquis, droits…) tel est bien le projet idéologique, la politique en kit de la classe dominante et d’imaginer à la vue des images la joyeuse frénésie dans les bureaux du groupe Ferrero (quelle pub !!! ) et le sourire de contentement de l’oligarchie à savourer tout à la fois la dernière cuvée de Mouton Rothschild et la subtile moelle de leur stratégie d’épuisement :

- ils sont des millions nous ne sommes que quelques uns tant qu’ils luttent entre eux ils nous épargnent beaucoup. Nous restons tout, ils demeurent rien.

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Non, pas de révolution à venir tant que le neuro-marketing sert de religion et promet 72 pots de Nutella au paradis de chez Auchan, à moins d’offrir gratos du pur Orangina sur les barricades ou à défaut des fraises Tagada dans les isoloirs.

tgb

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15:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

22/01/2018

Petite leçon de proxémie (ou donne moi ton cheval je te prêterai mon panda)

 

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A l’heure où Jupiter maître du monde reçoit en toute simplicité en ses appartements versaillais, l’oligarchie transnationale et défiscalisée pour un pince fesses privatif, ou comment brader nos bijoux de famille aux copines et copains de chez Tina, petite étude proxémique en passant :

Puisque notre génie national, leader du monde libre et phare de la pensée thatchero-reaganienne moderne est le plus grand stratège que le monde civilisé ait jamais connu, analysons donc ce moment clef de la réception par le président de la république chinoise Xi Jinping, il y a quelques jours :

la poignée de mimines.

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Nous noterons sans trop nous moquer que tout dans la verticalité assurée (et assertive dirions nous en comm) bien ancré au sol et sûr de ses appuis, c’est le modeste Xi Jinping, homme politique de seconde zone quasi anecdotique, qui impose l’espace, la distance et les rôles, lors de ce rituel à mains nues.

- Je te salue d’un bras tendu, d’une main ferme et je te pose mes conditions gestuelles et spatiales comme je poserai tranquillement mes exigences lors des négociations commerciales à venir. Tu ne viens pas coller ta main sur mon épaule et envahir ma bulle intime, on n’ a pas élevé les banquiers ensemble chez Rothschild, et tu ne me joues pas du bras de fer tout à la gonflette comme avec le zouave Trump à la mèche postiche rebelle.

Pour ce qui est de la plus grosse (start up nation) l’affaire est entendue : c’est moi le boss !!

Et notre jeune quadra jupitérien, PDG intérimaire de l’entreprise France à 30 milliards de déficit de balance commerciale avec la chine de bien capter le message comportemental et de ne pas trop se la péter pour une fois en faisant profil bas c’est déjà ça.

Bref en termes sémiologiques, ce cliché nous confirme que quand le leader jupitérien du monde libre sous tutelle néo-libérale offre un cheval à son homologue chinois, l’homologue chinois nous prête un panda.

tgb

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14:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

15/01/2018

De Guignol à Notre-Dame-Des-Landes

 

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Il se trouve que depuis que j’ai l’honneur et la joie de partager la vie d’une petite fille de 30 mois à ce jour (mais ça ne cesse de changer), je fréquente assidument les castelets de Guignol au parc des Buttes Chaumont.

Je dis les, car il y en a deux. L’un couvert pour la saison hivernale, mini théâtre à fauteuils rouges, l’autre découvert, avec bancs en bois rudimentaires pour la belle saison, tous deux prolongeant plus ou moins la tradition populaire.

Si, historiquement Guignol crée par Laurent Mourguet du côté de la Croix-Rousse à Lyon à longtemps été associé à la révolte des canuts, milieu de la soierie dont Mourguet était issu, la marionnette populaire n’a jamais été à proprement politique.

Guignol n’est pas un rebelle ni un révolté encore moins un révolutionnaire, c’est plutôt un petit malin, gouailleur, insouciant, à la fois courageux/poltron et bon vivant, cherchant plus à se la couler douce, entre bonne chère et beaujolais, tout en échappant à l’acariâtre madame guignol, qu’à changer l’ordre des choses.

Ni compétitif, ni ultra productif, s’il n’a pas de discours subversif, ce n’est en tout cas pas un modèle macronard mais bien plutôt le genre aujourd’hui à pointer au chomdu entre deux voyages aux Bahamas.

Bref, un rien.

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L’heureux paradoxe fait que c’est la censure imposée par Napoléon 3 qui contraindra les troupes de ce mini théâtre oral à soumettre les textes par écrit et donc à conserver ce patrimoine.

Plutôt satire que politique, n’empêche, on se souvient tous dans les brumes de notre enfance dont on ne guérit jamais, que Guignol ne se gênait pas pour bâtonner le gendarme dans les éclats de rire et nous venger des pandores dans une vieille tradition saine et jubilatoire du « mort aux vaches ».

Mais aujourd’hui, dans le conformisme ambiant et la conformation prégnante, plus de coups de bâton sur la tête du brigadier, plus de Gnafron un peu trop porté sur la bouteille. Si l’on donne encore de la batte, c’est le gendarme qui rosse le vilain, s’il existe encore quelques interactions avec les enfants, c’est pour leur demander où est passé le voleur et dans un politiquement correct ravageur et aseptisé, pour il va de soi ne pas traumatiser nos petits, si le loup a toujours de grandes dents, il ne mange plus la grand-mère.

On a sagement par absorption du modèle dominant, bien dilué l’esprit frondeur, opportunément pactisé avec la maréchaussée, formaté l’imaginaire au projet sociétal ambiant.

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Et c’est ainsi que j’en arrive à Notre-Dame-des-Landes, à la fabrication de l’opinion rapport au débarquement de Normandie de nos valeureuses forces de l’ordre, à nos honnêtes médias de référence et aux instituts de sondage, véritables auxiliaires de police préparant le terrain mental à l’intervention aéroportée et à l’élimination militaire définitive de ce petit village dissident retranché résistant encore et toujours à la rentabilité, au profit et aux conflits d’intérêts.

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Il semble patent dans ce monde de connivence conscient ou intégré, qu’il est aujourd’hui de bon ton de bien désigner « le méchant » dés l’enfance pour mieux dénoncer « le dangereux marginal terroriste » à l’adulte un tantinet avachi du crémol.

Je ne saurais conseiller à quelqu’un d’un peu désoeuvré et en panne d’activité de bricoler d’urgence un castelet bariolé et de retrouver l’esprit guignol à grands coups de bâton sur les pandores aux ordres des maîtres du monde.

Il y a une place (de théâtre) à prendre (et des coups de matraque aussi).

tgb

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11:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

09/01/2018

Le petit Cash Flow à sa moman

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 “Notre civilisation : une jolie fille, pomponnée et maquillée, assise sur un tas de merde.”  François Cavanna 

Donc, dans notre jolie start up nation, de ce monde occidental particulièrement civilisé et corporate, il existe un « délit de solidarité ».

Je repose la formule là et vous la laisse apprécier « délit de solidarité ».

Cela veut dire que dans ce pays où la modernité le dispute à la performance, il est de votre devoir de laisser crever les gens de faim de froid de soif et d’enjamber les cadavres avec la bonne conscience d’un apprenti milliardaire aspirant miraculeusement au tout et craignant fatalement le rien.

On appelle ça l’humanité.

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Donnez à manger à un réfugié vous deviendrez suspect, montrez lui le chemin vous deviendrez coupable, hébergez le et vous serez exécuté.

Donc, dans notre jolie start up nation, de ce monde occidental particulièrement civilisé et corporate, donnant des leçons universalistes au reste de l’univers, il est également interdit de se nourrir dans les poubelles.

Je repose la phrase là, afin d’en capter toutes les finesses humanitaires et d’en relire posément les subtilités : Il est interdit à un affamé de se nourrir dans les poubelles.

Donc, dans notre jolie start up nation, de ce monde occidental particulièrement civilisé et corporate, donnant des leçons universalistes au reste de l’univers et exigeant sur le champ d’être Charlie gentil ou ennemi méchant, un miséreux se retrouve avec moins de droits qu’un rat.

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Il vous reste maintenant à expliquer à vos enfants dans une saine morale compétitive, individualiste tout en rentabilité financière et affective, qu’il est profitable de tricher, de plagier, de truquer les élections, de bidonner les reportages, de s’enrichir sur les licenciements et de finir ministre du travail, de ne pas payer d’impôts mais de profiter des infrastructures publiques, de renier sa parole, sa signature, de faire la guerre aux pauvres, de mépriser les faibles et de compatir aux tourments des riches audacieux, responsables, entrepreneurs, en serrant vos derniers chicots pour ne pas en faire partie.

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Bienvenue au petit Cash Flow, dans ce monde marche ou crève aux valeurs renversés, ce monde sans pitié, sans amour, sans même de charité, où nous voilà ennemis jurés les uns les autres, tous désunis dans une somme d’individus carburant au mépris, à la suffisance et à la barbarie financière, où l'amour est un produit,

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où « avant Airbnb, une chambre inoccupée à la maison était une chambre d’ami, et où c’est désormais un manque à gagner." (Comité invisible)

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Mais peut-être est-ce dans l’ensauvagement, en tuant l'humanité en nous et l’humanité tout court qu'on sauvera la planète du jeune Cash Flow ayant mis aux enchères dés 16ans les organes juteux de maman.

Restons positifs.

tgb

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10:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

 
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