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03/09/2009

L’expulsé jeté par l’athlète Eric B.

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Eric se concentre. Entièrement tendu vers son objectif. C’est l’heure de vérité. Seul, face à la barre. Face à lui même. Des semaines, des mois, des années de préparation physique, mentale, d’autocritique, de reniements, de revirements, de changements de coach, de changement de team, de calculs tactiques, de découragements et d’humiliations.

Oui des séances denses et quotidiennes d’exercices éreintants, d’entraînements spartiates, à répéter encore et encore toutes les phases du dispositif, à décomposer encore et encore tous les stades du scénario idéal. Des heures et des heures, d’analyse vidéo, de stages dans la boue, sur le terrain, sous la pluie à Calais, Sangatte ou ailleurs.

- je sais que tu peux le faire
– se dit il en se défiant du doigt - je sais que tu vas le faire - en se motivant comme jamais tout en visualisant mentalement l’enchaînement parfait.

- 27 000 se répète t’il,  comme un leit motiv,   27 000 l’objectif de toute une saison – l’objectif de toute une vie peut être.

Il sait ce qu’il joue sur cette épreuve, une vie familiale, sociale, sexuelle, affective, sacrifiée. Une discipline de tous les instants, ascétique. Une hygiène de vie sans relâchement jamais. Le renoncement à ses valeurs, le mépris de ses amis qu’il a trahi, l’acceptation même de sa veulerie, de son opportunisme jusqu’à bafouer son honneur ; tout entièrement tendu vers ce but :

27 000

Ce chiffre clignote dans sa tête, ce chiffre s’imprime, s’incruste, l’imprègne totalement.
Il n’est plus que ce chiffre

tu peux le faire se dit il, pour toi, pour les tiens qui attendent dans la cabine téléphonique
tu dois le faire se répète t’il, pour le CDP (club des Progressistes) pour ton pays, pour la France,
tu vas le faire se motive t’il encore, pour ton super coach qui t’as fait confiance en t’adoptant comme un fils et qui cet été a du mettre un terme à sa carrière sportive pour un malaise vagal.

Oui battre le record de Brice, (26 000) l’intime du coach, considéré comme un cador, une pointure et pour entrer alors au panthéon des cons.

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Eric ferme les yeux

Il imagine un instant le podium, l’ovation, la marseillaise main sur le cœur, les embrassades émues de son coach et président de club. Toute la récompense enfin d’une vie reniée pour cet instant unique.

Bien sûr, en son for intérieur, comment ne pas caresser l’idée même du chiffre mythique des 30 000. Par paliers successifs, être le premier homme à franchir cette barre psychologique...Mais non chasser cette pensée, se concentrer sur les 27 000 – respirer – mobiliser ses ressources conserver le cap.

Et alors quand ses petits enfants un jour lui demanderont, de l’ admiration dans les yeux – c’est vrai papy que tu as battu le record d’expulsés jetés en 2009 ? il pourra leur répondre avec une fierté toute enrobée de pure vanité et de fausse modestie :

Oui mes petits, en 2009 j’ai battu le record du grand Brice H., en expulsant 27 000 étrangers. Et c’est pour vous que je l’ai fait.

Alors, Eric B. pourra mourir serein, à contempler l’œuvre d' une vie, et passer à la postérité comme un exemple d’athlète complêt et accroupi :

champion de France de l’expulsé jeté 2009.


Respect !


tgb

Le record tiendra, jusqu’à ce que le jeune Manuel V. en 2011 franchisse la barre mythique des 30 000. Un temps soupçonné de dopage, sa performance sera finalement validée par l'ump ( l'Union (sportive club) du Maréchal Péteux )

 

17:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

01/09/2009

ad augusta per angusta

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Comme nous séchions lamentablement, en ce jour premier de septembre pluvieux et que nous avions en nos locaux, tgb sous la main, entièrement consacré à son oisiveté ordinaire, assis en tailleur sur son fauteuil, l’ordi calé entre ses jambes, une interview de tgb par tgb finit par s’imposer. Ce qui réglait d’un coup le manque d’inspiration et de mobilisation crâneuse et vu que selon Rimbaud, « je est un autre »…

tgb – dites moi, vous écrivez toujours  comme ça, le cul dans votre fauteuil, l’ordinateur sur les genoux ?

tgb – tu peux me tutoyer, ça fait quand même un certain temps qu’on se supporte. La mise à distance étant un subterfuge qui n’abusera personne ici. Les lecteurs de Rue-Affre étant la crème de l’élite du véritable blog français labèlisé. Bref, oui j’écris toujours comme ça. D’ailleurs ma mère m’a prédit un cancer des testicules (en plus de celui des poumons et d’une cirrhose du foie). Tu peux donc constater que, comme chroniqueur, je prends tous les risques pour alimenter ce joliblog.

– En octobre tu attaqueras ta quatrième année de blogueur non influent. T’en as pas marre d’infliger ta prose à des lecteurs aléatoires, d’autant que tu n’es pas obligé et que ça ne te rapporte quasi rien ?

– ouais saison 4 bientôt. Sûr que j’en ai marre. Tous les jours j’en ai marre, comme tous les autres j’imagine, et j’ai bien dû arrêter cent fois dans ma tête et puis je finis toujours par remettre le couvert. Plutôt que de déprimer j’imprime. Je n’ai encore rien trouvé de mieux pour aller à peu prés bien. Mais putain que de discipline, comme mes cents pompes du matin.

– l’audience ça va ?

– Ecoute j’ai explosé mes stats en Aout alors que je n’ai quasi rien mis en ligne. J’ai un cucurbitacée masqué, qui a fait le tour de la planète blogo, que j’en étais scotché. Ça pousse à la modestie. Probable qu’il n’y avait rien de mieux à se mettre sous la dent. A la limite, je ne devrais publier qu’en été quand l’article se fait rare et vaquer le reste de l’année. C’est une piste à creuser. Parfois, tu chiades un texte dont tu es super fier et qui fait flop et parfois tu bâcles un truc qui cartonne. Franchement les voies du ouebe sont impénétrables. Cela dit, j’écris pour être lu, mais je ne joue pas le top 50. Si je le fuis ailleurs ce n’est pas pour me l’imposer ici. Je suis nettement plus ambitieux que ça.

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– dis donc, si tu étais en phase avec ce que tu écris, ton concept de la révolution en tongs te prédisposait à ne pas rentrer et je constate que tu es là, à Paname, à préparer trivialement ton cartable comme n’importe quel vulgum pecus…


– Ben oui, l’insurrection ne venant pas, j’ai tenté une alternative innovante : " la révolution en tongs" Une insurrection par la désinvolture, l’inertie glandeuse et l’ironie productive. En fait je n’ai renoncé à rien ; si je suis là, ce n’est que par ruse tactique, puisqu’à peine rentré, je repars. Bien sûr une révolution en tongs à moi tout seul aura très peu d’impact mais "ad augusta per angusta°"…va savoir…

– serait ce que l’actu de rentrée ne t’enthousiasme pas des masses ?


– On peut le dire. Tout ce théâtre d’ombres et d’ectoplasmes, tout ce vide mal orchestré aujourd’hui m’indiffère. Et pas que moi on dirait. Même la grippe A ne fait pas recette. La grippe A, même pas peur. Pourtant ils y mettent la dose question psychose. J’ai comme l’impression diffuse mais persistante que quelque chose s’est démodé dans l’été. Un système tout entier mis en abîme qui s’autoalimente sans plus concerner grand monde et qui grimpe aux rideaux pour rien. Cette machine, c’est un peu comme dans Bip Bip, c’est le coyote qui pédale dans le vide avant de s’écraser. On peut admirer le jeu de jambes, mais on sait très bien comment ça finit. Y’a qu’à laisser faire. Résister ce serait peut être leur rendre service au final.

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– un hiatus entre réalité et perception peut être ?


– Tu l’as dit bouffi. Par exemple l’autre dimanche s’élevait de ma rue (un vrai far west) un son étrange et persistant. C’était un son répétitif et hypnotisant entre musique concrète et art brut non identifié. Comme c’est Ramadan, on pouvait penser à une sorte de mélodie arabo andalouse, mais comme c’était aussi la fête du dieu Ganesh, on pouvait tout aussi bien entendre une mélopée indienne où n’importe quelle musique de n’importe quelle des cents ethnies que compte le 18eme arrondissement. Comme, à la longue, ça devenait carrément casse couilles, Rue Affre qui ne me refuse rien, a mis le paquet et m’a envoyé direct en reportage sur mon balcon. C’est là que j’ai pris conscience du truc. J’ai pu constater que la musique insidieusement envoûtante provenait d’un type qui nettoyait sa voiture. Oui, l’instrument de musique en question était un aspirateur jouant avec un tapis de sol. Un grand moment de recadrage des perceptions subjectives et un retour brutal à la vérité du terrain.

– et cette analogie nous enseigne ?


– que le principe de réalité aura beaucoup d’imagination cette année.

– c’est une prédiction ?

– la fulgurante certitude de l’intuition rien de plus.

– peut-être aussi qu’il faudrait calmer sur l’herbe folle non ?

– " tata l’cul d’polaille" °° comme on dit par chez moi, je te reviste le mythe de la caverne et tu me causes artifices, passe donc l'aspirateur bien dans les coins, ça te changera...

 

tgb par tgb


°   A des résultats grandioses par des voies étroites
°° pas chercher la petite bête – note de l’éditeur -

photos 2 et 3  D.A

17:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (19)

 
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