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05/09/2011

De Trotski à Strauss-Kahn

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Il faut se l’avouer,

Il y aura eu une certaine dérive de Trotski à Trotskahn

De la révolution permanente à la permanente tout court

Du commissaire du peuple au commissionnaire du FMI

De l’armée rouge à l’Armérique

De l’émancipateur du prolétariat au « trousseur de domestique »

Du train blindé à blinder le train…

Comme une certaine distorsion dans le bolchevisme.

Si, selon les magazines, Dominique vécut un cauchemar enfermé dans un loft grand luxe à se goinfrer de pâtes aux truffes, Léon pas tellement ! (et Diallo non plus)

Déporté en Sibérie, famille décimée, exilé, traqué, assassiné par le senor Raimon…il eut sans douté apprécié de se taper Frida Kahlo dans une chambre Sofitel, mais bon, il avait d’autres urgences.

Chacun ses priorités.

Faut dire qu’à cette époque un certain Staline ne donnait pas que des satisfactions à ses parents.

Jésus non plus d’ailleurs ce qui n’est pas une raison pour massacrer tout le monde.

Même des anarchistes !

Certes donc le camarade Léon ne lésinât pas sur le déviationniste.

Il purgeât pur et dur dans la droite ligne du parti.

Question ligne droite Dominique ça va, c’est question ligne des parties du parti que ça bave un peu. S’il a la purge idéologiquement moins pure, il a le pic à glace nettement mieux placé.

EN tant que spéculateur précoce, DSK à droit comme BHL (et TGB, y’a pas d’raison) à son acronyme, sa marque.

Le camarade Bronstein, non.

Léon se contente de donner son nom au trotskisme.

Ce qui est toujours mieux pour la postérité que d’y entrer comme international queutard

Maintenant pour celles et ceusses qui auraient comme des velléités à faire le chemin à rebrousse poils, de Strauss Kahn à Trotski, je préviens de suite, comme dirait, non sans un certain lyrisme de terroir, le défenseur des plouclands martyrisés :

la route est (de) droite et la pente est rude.

(Et tu m’étonnes que le NPA s’essouffle…je rajoute)

Avant la société du spectacle et l’ère du vide, il fut un temps où

quand Marx couchait avec sa bonne ça faisait pas la une du Time.

Un temps barbare.

Aujourd’hui au temps du cerveau disponible tout civilisé, Karl Marx se faisant tailler une pipe, ferait le buzz !!!

Encore faudrait-il qu’il soit marié à une ancienne de la star ac pour être un peu connu !

tgb

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

09:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

30/08/2011

Le rabot à niches

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En termes de choix dans la date ou d’arriver à pied par la chine, le rabot à niches devrait plaire.

Si seulement le contrepet pouvait coller aux miches du candidat président, chef de gare et de guerre, façon sparadrap…

Le nabot à riches.

A l’heure où les riches, commençant quelque peu à fouetter du larfeuille, proposent une sorte d’aumône préventive pour garder l’essentiel, tout en exigeant, quand même pas si cons, des contreparties eux, la charité plutôt que la justice sociale, le candidat président futur père de famille résiste courageusement à taxer du Fouquet’s.

Encore plus peur qu’eux qu’on leur pique leur Rolex, à croire qu’on lorgnerait sur la sienne.

Si c’est pas du bon caniche à niches bien dressé de la papatte ça ?

Quand on songe que les 200 millions (sur dix milliards) qu’il leur taxe exceptionnellement paient tout juste son air force one avec menu enfant.

C’est cadeau.

Loin des 20 Milliards des copeaux de la niche Copé, offerts gracieusement aux entreprises par exemple.

L’argument essentiel des pas touche aux riches étant que si on les taxe, ils se cassent.

La réponse adéquate refusant tout chantage est assez basique :

Qu’ils se cassent !!!

(et se faisant qu’ils perdent un certain nombre de droits à définir…)

Dans la veine rhétorique du : tu l’aimes où tu la quittes, question boomerang ç’est assez rafraîchissant.

Face au rudimentaire mon avis est de faire simple.

Aussi simple qu’à défaut de rassurer les marchés autant leur foutre la trouille.

Maintenant considérer que le rabot à niches du nabot à riches ne fait rien pour les pauvres est un poil abusif.

Car non seulement il s’en préoccupe, mais en plus il en produit généreusement.

Plus 400 000 en un an. 13,5 % de la population française sous le seuil de pauvreté soit 8, 2 millions d’individus.

Les 10% des plus riches s’enrichissant encore

Les 10% des plus pauvres s’appauvrissant encore

Dans un système de vases communicants impeccable.

Creuser les déficits tout en creusant les inégalités sociales, un grand écart d’une rare performance qui pourrait à la longue laisser quelques méchantes courbatures.

Un peu comme imposer de l’austérité tout en espérant de la croissance. A ce point de non sens, si on n’est pas dans la pure incantation et donc dans de la pure croyance des adorateurs de TINA…

Sinon à part ça, la bonne nouvelle c’est qu’à partir de l’automne, on retourne vers l’été.

A défaut de s’en sortir à la rentrée, on peut toujours rentrer en en sortant.

Puisqu’il ne faut rien attendre du grand soir ou des élections à venir, autant penser à son petit matin.

C’est là où tu es, maintenant tout de suite que le nouveau monde commence.

A chacun de se l’inventer ensemble.

tgb

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

24/08/2011

En attendant le vote des citoyens féroces...

4119T37T5XL._SS500_[1].jpgEt pendant que l'été irascible déroulait son terrorisme financier, islamophobe, néocolonial et sa justice de classe so british, je lisais.

M'épargnant ainsi la mauvaise graisse du storytelling formaté des prompteurs et sa clientèle météo entre deux pâtés de sable.

Et finalement, c'est dans la littérature que je trouvais les meilleurs éclairages de cette putain d'actu qui ne marche même plus à l'ombre en période estivale.

J'ai dévoré "Crimes et châtiments" parce que je n'avais jamais lu Dostoïevski et que je n'allais quand même pas mourir idiot.

Voilà, c'est fait et je ne regrette pas.

Partir dans un bouquin de mille pages c'est comme un grand voyage dont on finit par revenir avec ce manque fébrile de l'accro à la ligne jusqu'à se retrouver orphelin au point final.

Ensuite on se souvient de la sensation autant que du contenu, du lieu, du paysage, des sons et des odeurs irrémédiablement liés au bouquin, là où il fût lu, et gravés dans son limbique comme une chanson.

J'ai lu un polar d'un auteur suédois dont je ne me souviens ni du nom ni du titre...et pourtant pas si mal. On est bien avancé.

J'ai lu, le dernier bouquin de Pascal Boniface "les intellectuels faussaires" juste par gourmandise un rien vacharde. Un aller de TGV.

Je viens surtout de finir avec regrets "En attendant le vote des bêtes sauvages" de l'immense Ahmadou Kourouma, ogre de la littérature franco-africaine, qui devait se bouffer 5 Houellebecq, 12 Angot et 1 général Botul à son petit dej'.

Juste pour dire que l'écriture colossale, corrosive et foisonnante de Kourouma, ce géant littéraire de la race d'Hémingway, Hugo ou Rabelais, nous souligne cruellement la différence entre un écrivain et un s'écrivant.

Tous ces mauvais plaisanciers de la littérature nombriliste pas la peine.

J'avais été scotché, emballé, retourné par "Allah n'est pas obligé" chef d'oeuvre absolu, picaresque, à la langue inventive et ravageuse. Plongeon assuré dans la profondeur de l'âme africaine avec cette aimable légèreté du griot Ahmadou, es maître en frivolité brutale, l'air de rien.

A l'heure ou l'axe du bien gentil fait une OPA humanitaire sur le pétrole du trop méchant, rien de mieux pour comprendre l'afrique, l'africain, les dictateurs à casquette et médailles, la "Françafric" et la nature même du pouvoir et de tous les pouvoirs dans leur cruauté sauvage ou "civilisée", que cette oeuvre ouverte, ce bouquin flamboyant à tous les étages.

Rien de mieux pour comprendre les évènements de Libye, de Côte d'Ivoire et d'ailleurs, que ce récit épique, ce conte initiatique fait de paraboles, d'oralité textuelle, usant de biais analogiques et romanesques pour disséquer la comédie humaine et politique.

Rien de mieux que cette plongée dans la cruauté de l'histoire par l'anecdote, bien loin de l'humanitaro bobo pâteusement kouchnérien et émotionnellement ethnocentré, jusqu'au divin maraboutage émancipateur.

Par delà le bien, le mal et les cols de chemise échancrés.

De la tragédie humaine dans un éclat de rire féroce et bestialement lucide.

Et maintenant quoi lire ?

Quand même pas les éditoriaux insipides de Demorand !!!

tgb

 

14:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (17)

18/08/2011

Les histoires de Tina (même la mort n'a plus d'odeur)

Drone-0241[1].jpg

Il était une fois, au Texas, John, un brave type qui bossait dur pour élever sa famille.

Il prenait son enbauche dans la salle de contrôle climatisée à 13H GMT.  S'installait dans son fauteuil ergonomique, ajustait son micro écouteurs puis se concentrait sur son écran tactile, empoignant d'une main son joystick tout en avalant quelques gorgées de café brûlant, échangeant quelques banalités avec ses collègues de bureau.

L'attente était longue, fastidieuse, nerveusement éprouvante, à scruter les mauvaises images, les milliers de pixels scintillants envoyés d'un drone à des milliers de kms de là.

Quand il identifiait quelque chose de suspect, il faisait remonter l'info suivant le protocole tout en pianotant sur sa console.

Quand enfin selon la procédure, l'ordre tombait dans son oreillette, il déverrouillait d'un clic la touche "delate" puis pressait sur le bouton rouge de sa manette et envoyait, tout en sirotant un diet coke, une de ces frappes chirurgicales qui foudroyait un ennemi déshumanisé qui n'entendrait jamais le bruit de sa propre mort, dans un pays virtuel que John ne situait même pas sur une carte géographique.  

D'ailleurs pour John l'ennemi ne mourrait pas, il se volatilisait soudain de l'écran, cliniquement éliminé.

On ne peut pas dire que ça l'émouvait particulièrement.

Pour sûr, pensait John, en termes d'hygiène mentale, la guerre numérique, le conflit par écran interposé et sa doctrine zéro mort (dans son camp) était un sacré progrès technologique, rapport au post trauma de l'ennemi saigné à mort, crevé dans le blanc de l'oeil.

Il arrivait certes après vérification, que le "terroriste" ou "insurgé" suivant les éléments de langage appropriés, s'avérait être un groupe d'enfants ramassant du bois, ou une famille célébrant une noce. C'était contrariant mais bon, on faisait un rapport qu'on classait dans un dossier "victimes collatérales" en étouffant l'affaire.

Aprés sa journée de stress et de labeur, John rentrait chez lui juste à temps pour embrasser ses gosses et leur raconter une histoire de Tina. Ensuite il supportait les Yankees à la télé, son équipe de football américain tout en éclusant une bière servie par Shirley son épouse entre deux réunions évangéliques.

Le bonheur stars and stripes quoi !

Parfois lui revenait à l'esprit que deux cutters avaient suffit pour effondrer les tours du 11 septembre. Alors mélancolique il repensait à cette phrase de John Millius, tirée d'Apocalypse Now qu'il avait vu 15 fois :

"J'adore l'odeur du napalm au petit matin "

Et comme une certaine nostalgie, comme un manque soudain s'emparait de John...

 

tgb  

08:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

 
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