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08/10/2011

Les histoires de Tina (la compil)

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Rassurer les marchés

On refait le match

Même la mort n'a pas d'odeur

15:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

04/10/2011

Laissez descendre avant de monter...

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Comment on nous parle, comment on nous traite, nous du troupeau de cons allant bosser un lundi matin agglutinés, station debout, sur un quai qui déborde, forcément alignés derrière la ligne jaune, ultime limite de démarcation.

« …veuillez laisser descendre avant de monter… »

Comment on nous parle, comment on nous traite, on nous infantilise, nous individus bourrins conditionnés dans la foule sans même se défouler, chacun cherchant à sauver sa peau tirée à quatre épingles, contre la pointeuse chagrin.

« …laissez descendre avant de monter… » crachoté au micro du chien de berger rhabillé de jaune et de fluo, à faire la circulation des flux et des reflux. Tandis que nous, de l’électron grégaire et panurgiste, dans le flot moutonnier et dans la souricière, piégé par le clivage artificiel du camp de ceux qui montent contre le camp de ceux qui descendent, à se demander avec Brel s’il vaut mieux être montant ou plutôt descendant, ou pousseur ou poussé…

Oui comment on nous parle, comment on nous traite, chacun dans son apnée, à triturer de stress son bout d’écran, sa fenêtre, son hublot, à envoyer sur son clavier autant de SOS, à se gaver de gratuit Bolloré et à la pavlovienne, viser perso, le canot de sauvetage annoncé du Matin Titanic, dans un sursaut mécanique de survie salariée, de panique réprimée…

Laisser descendre avant de monter, à moins de monter pour finir par descendre, passer du troupeau A au troupeau B, du troupeau stagnant au troupeau transporté, dans la compression statique des uns contre les autres mais avec, à partager sa bulle avec n’importe qui, à entrer dans la bulle du premier venu, entre loterie A et promiscuité B.

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Comment on nous parle et comment on nous traite, jusqu’au jour de la grève enfin où la machine figée et la fatalité redonnent comme de la liberté aux cohortes aliénées.

Et de me souvenir de ce quai noir de monde à attendre pour rien.

Et dans le lourd silence du bétail résigné, la voix stridente et terrifiante comme une litanie d’une handicapée mentale.

Et de se lamenter tout haut, qu’il n’y aura jamais plus de métro, que nous mourrons tous, que c’est la fin du monde, et qu’allons nous devenir et d’appeler au secours et d’appeler maman…

Et comme la traduction gênée de nos propres silences, de nos malaises accablés, nous de la termitière, levés avant même que d’être réveillés, pour gagner et perdre une vie éreintée.

Nous qui ne demanderions pas mieux que de laisser descendre avant de monter, dans l’intelligence, dans la fluidité, si seulement seulement on nous accordait un brin d’humanité, si seulement seulement on nous autorisait une once de considération distinguée.

tgb

11:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

01/10/2011

Quadrat

C’était au début des années 2000.
Ma copine m’avait traîné à la biennale de Kassel.

Moi, l’art contemporain j’y connaissais que dalle.

Ça s’arrêtait à Klein ou Warhol et encore…

Un rien réfractaire, voire bourrin.

Je déambulais bougon donc, dans les allées de la Documenta.

Un poil perplexe devant les installations et autres dispositifs visuels.

Et puis d’un coup, je me suis bloqué net, fasciné scotché

devant ça :

Les autres pouvaient aller se rhabiller.

Cette vidéo, des années que je la cherche sans vraiment la chercher.

Ça date des débuts 80 interprété par les lumineux mummenschanz

C’est signé Samuel Beckett

tgb

merci à D.A.

23:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

29/09/2011

Promis, j'arrête la langue de bois

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Je sais pas ce qui m’arrive tout à coup, mais à barboter comme ça, tout détendu du calbut, dans la piscine de mon pote Takieddine, marchand d’armes sulfureux et hospitalier, tandis que sa dame immortalise la chose pour le plus grand bonheur d’un de ces fils de pute de juge rouge, j’ai comme un élan de franchise qui me submerge tout à coup.

Promis, là, entre deux brasses coulées, j’arrête la langue de bois.

Honnêtement, enfin si je puis dire, jusque-là, j’ai eu le cul bordé de nouilles politicardes.

Rappelez vous (je sais ça fait presque 8 ans, c’est dire si, dans le déluge de scandales tout pourri c’est de la préhistoire) je me suis sorti comme une anguille de cette sombre affaire d’appart de fonction de 400 mètres carrés où je logeais à vos frais, ma petite famille et qui aurait pu nuire un tantinet à mon plan de carrière, vu que je veux faire président.

Sale affaire balancée au Canard par le nabot, et qui coûta la carrière à ce crétin des Alpes : Gaymard.

Rassurez vous pour Hervé, sa tribu et lui vivent toujours grassement aux crochets de la Savoie, tant les électeurs adorent, et c’est un grand mystère, réélire les types qui tapent dans la casse tout en leur demandant scrupuleusement toujours plus de sacrifices pour apurer la dette.

J’ai bien retenu la leçon.

C’est pourquoi j’ai bien tout fait comme il faut. En tant que ministre du budget j’ai inventé la niche Copé, transférant 22 milliards de la poche publique au larfeuille privé, j’ai cumulé ma fonction d’homme politique à celle d’avocat d’affaire, vendant au plus offrant mon carnet d’adresse, en attendant le retour sur investissement.

Le plus jouissif quand on joue avec les riches à devenir riche, c’est de taxer les pauvres tout en les culpabilisant du genre : si on est dans la mouise c’est parce que vous avez abusé de votre RSA.

Le plus bandant c’est qu’ils y croient. Des fois franchement, c’est tellement facile que je me fais honte.

Mais ça dure pas.

Avec Ziad, c’est encore plus basique, en plus des vacances qu’il m’offre à peine intéressé (je touche même pas 50 000 euros mensuels c’est dire si je suis un peu juste pour m’offrir le pédalo ) je trimballe quelques mallettes d’un compte A à un compte B, selon l’équation bien connue, que plus t’as d’argent sale plus t’as un discours propre et plus t’as de chances de finir calife à la place de Sarko.

( vu que je veux faire président)

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Le deal gagnant gagnant, c’est donc de toucher les commissions d’un intermédiaire aux mains pleine de sang, tout en lui faisant péter ses contredanses de quelques millions d’euros réclamées par des pervenches fiscales un poil consciencieuses.

Quand même parfois on est un peu con. A force de balancer en pâture du jeune délinquant shiteux à la foule en délire, on prend l’habitude de se croire intouchable, jusqu’à prendre des photos décontractes et tout avec ses potes pas recommandables. Mais savez ce que c’est, un tour de yacht, quelques bouteilles de champ’ et on se croit en famille à Palavas les flots.

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Manque plus que le cochonnet.

Bon pour l’instant j’ai tout bon. J’ai piqué l’UMP au morveux, me reste plus qu’a lui savonner la planche pour 2012 et à moi, en tant que chef d’opposition, la queue du Mickey 2017 et la top modèle, si elle est encore baisable.

Avec Valls comme premier ministre ça aura de la gueule.

Faudrait quand même pas que cette broutille navrante me renvoie bouffer du brie à Meaux.

Bon, c’est pas tout ça, j’ai encore dix longueurs à faire, faut que je me sèche, que j’oublie pas la mallette et que je trouve une saloperie à dire sur ces feignants d’assistés qui touchent le RSA.

La politique finalement c’est assez facile, un bain de foule, un bain de sang…

Maintenant que tu sais à peu prés tout, si t’as toujours envie de voter pour un « cloporte » de mon genre, surtout te gêne pas.

En 2017, parce qu’en 2012 j’ai piscine.

JFC – alias tgb

16:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

 
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