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10/08/2011

Les histoires de Tina (on refait le match)

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Il était une fois, une planète sur laquelle on jouait un drôle de jeu :

On appelait ça le capitalismball.

Ce jeu subtil voyait s'affronter deux équipes durant un certain temps :

Le Team Oligarchico-Ploutocrate (TOP) ; maillot or Prada (équipe A)
Le Populo-Olympico-Football club (POF) ; maillot gris Crado (équipe B)

Les règles étaient assez simples.

L'équipe B devait suivre strictement le règlement : pousser le ballon à cloche pied, une charge de 70 kilos sur le dos, yeux bandés, tandis que l'équipe A jouissait de tous les droits avec une totale impunité. Le capitaine de l'équipe A par exemple, bénéficiait d'un taser dont il pouvait user à convenance.

On appelait ça le fair-play.

Si du côté B on jouait à dix, le goal ayant été licencié suite à une réforme modernisant le jeu archaïque, dans l'équipe A on pouvait jouer à 33, étant entendu qu'y étaient recrutés à prix d'or les meilleurs joueurs du monde.

On appelait ça le Mercato (ou marché)

Quand un joueur de l'équipe B se montrait talentueux, il était transféré dans l'équipe A, acheté ou vendu, cela même au cours de la partie.

On appelait ça l'ascenseur social.

Il allait illico se domicilier en Suisse ou Monaco.

On appelait ça : Allez la France ! (tu l'aimes ou tu la quittes)

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Si un joueur de l'équipe B osait la moindre réclamation il était immédiatement expulsé du terrain puis du territoire. En cas de récidive, il était condamné à perpétuité.

On appelait ça l'escalier B.

On le remplaçait au pied levé par un joueur philippin de moins de dix ans ou un plombier polonais.

On appellait ça l'externalisation.

L'équipe A avait en revanche droit à autant de remplaçants qu'elle le souhaitait. Ne subissait ni carton jaune ni carton rouge et pouvait sous les yeux de l'arbitre objectivement partial : un politique corrompu et incompétent...

On appelait ça un pléonasme,

...finir n'importe quel joueur adverse à coups de crampons sous le regard ému des télévisions Murdoch avec les commentaires enthousiastes et racistes de Brice Hortefeux.

On appelait ça le nationalisme.

Du côté A les cages mesuraient 1 m de large sur 50 cm de haut, protégées par des mines à fragmentation (expérimentées en Libye), du côté B, les cages mesuraient 54 mètres en largeur sur une hauteur de 44 mètres 72 (environ).

On appelait ça la glorieuse incertitude du sport.

Si par miracle l'équipe B marquait un but, il était immédiatement crédité à l'équipe A, qui si elle même marquait à son tour, triplait son score donnant aux supporters autorisés (le premier cercle ou CAC 40) bonus et dividendes défiscalisés.

On appelait ça la moralisation du capitalismball.

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Le joueur de l'équipe B ayant par inadvertance (ou inconscience) scoré, était éxécuté sur le champ dans la surface de réparation sous le regard admiratif d'Alain Minc et de Christophe Barbier.

On appelait ça le tir ou but (ou penalty)

L'équipe A jouait à domicile, recourait au dopage, s'hydratait, l'équipe B n'avait ni vestiaires, ni coach, ni soigneur, devait jeûner une semaine avant la rencontre et se faisait lapider par le public encourageant ces "feignants d'assistés".

On appelait ça un handicap (ou rigueur ou austérité)

Le plus curieux de l'affaire était que l'équipe A réussissait parfois l'exploit de perdre un match.

On appelait ça la crise (ou crach ou révolution ou game over)

Match qu'on s'empressait d'annuler pour tricherie cela va de soi.

On appelait ça la fraude sociale.

A la fin c'est toujours l'équipe B qui payait l'addition.

On appelait ça la mondialisation (ou nouvel ordre mondial).


tgb

08:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11)

07/08/2011

Où est Charlie ?

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Libye, Afghanistan, subprimes à la française, moralisation du capitalisme...le leader visionnaire du G7 se cache dans cette image. Sauras tu le retrouver ?

 

tgb

15:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

04/08/2011

Les histoires de Tina (rassurer les marchés)

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Il était une fois de pauvres petits marchés qui étaient très inquiets.

Comme ils étaient très inquiets ces pauvres petits marchés, fallait les rassurer.

Alors nos zélites, nos zoligarchies rassuraient les marchés.

Les Mme Lagarde, les Mr Trichet…

On leur promettait de baisser la dette aux marchés.

Qu’on n’augmenterait pas l’impôt des riches aux marchés

Qu’on ferait de l’austérité pour les pauvres aux marchés

Qu’on aurait de bonnes notes auprès des agences de notation…les marchés

« Peuples gras et ingrats rassurez les marchés ! » qu’ils nous disaient

Les Mme Lagarde, les Mr Trichet…

Comme c’était touchant, comme c’était émouvant, toute cette énergie attentive, toute cette prévention maternelle, à rassurer les marchés.

Car figurez vous, peuples sereins, peuples beats, peuples en pleine zénitude, chère population assistée, grosse et grasse, gavée, goinfrée, repue de smics, de Rsa et de mendicité, que les pauvres petits marchés souffraient et stressaient, que les petits marchés faméliques tels la Somalie criaient famine avec leurs misérables ventres gonflés et leurs grands yeux implorants, tendant leurs mains tremblantes sous le regard ému de nos politiques bouleversés.

Sans compter que certains marchés pas rassurés allaient jusqu’à nous faire des crises de spéculation précoce…

C’est dire si les marchés méritaient notre attentive compassion, notre solidarité compatissante, notre fraternelle mobilisation.

Oui mes frères, il fallait rassurer les marchés, car un marché c’était émotif, super fragile, hyper sensible, quasi écorché vif. Fallait le dorloter le marché, le cajoler, lui raconter des histoires de Tina avant de s’endormir, des fois qu’il y aurait eu un communiste sous le lit.

Sauf qu’un marché quand c’était inquiet ça bouffait. C’était boulimique.

Ça bouffait les bénéfices, ça bouffait les capitaux, ça bouffait les épargnes. Ça nationalisait les pertes, ça privatisait les profits.

Ça avait sacrément la dalle le marché.

Alors on lui filait des peuples à bouffer au marché. Du grec, de l’irlandais, du portugais…

Mais plus le marché était gros et moins les peuples étaient gras.

Alors ça l’inquiétait encore plus le marché que de voir le peuple s’anémier.

Et comme ça l’inquiétait le marché, fallait qu’il bouffe de plus en plus et comme l’appétit venait en mangeant, plus il bouffait et plus il avait les crocs et plus il dévorait et moins il restait à dévorer.

Et ça l’inquiétait encore plus le marché. Et on arrivait encore moins à le rassurer le marché.

C’est comme ça qu’il finit par se bouffer lui-même le marché.

Et à se chier sous lui.

tgb

merci à Jacqueline pour le lien

17:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

01/08/2011

De source sûre !

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L'offensive sanglante menée à la veille du ramadan par l'armée syrienne contre la ville d'Hama, un des principaux foyers du mouvement de contestation, a déclenché une vague de condamnations internationales. Un dernier bilan établi par les ONG de défense des droits de l'homme basées à l'étranger fait état de 80 à 100 morts civils dans la journée de dimanche.

Le monde.fr 01/08/2011

Voilà de l’info de terrain du journal de ré(v)férence qui te pose d’emblée du fait du fiable du recoupé avec de l’argument d’autorité décisif autrement plus creusé que de la branlette blogueuse : les ONG de défense des droits de l’homme basées à l’étranger.

De L’ONG tu penses, d’emblée ça t’en impose au niveau de l’argument non contestable et précis, beau et honnête comme du Caroline Fourest, c’est dire.

Comme je ne suis qu’un obscur pinailleur de blog d’égout et de couleurs parfaitement tendancieux et incompétent, je m’empresse donc de me poser la question fastidieuse et anecdotique qu’aucun journaliste sérieux de presse rigoureuse à la déontologie insoupçonnable n’oserait jamais inutilement se poser :

- Mais dis donc mon coco c’est qui c’est quoi ces ONG de défense des droits de l’homme lesquelles ? basées à l’étranger où ? dont les infos vérifiées ? sont reprises sans barguigner par tous les organes de presse de France et d’ailleurs ainsi que ces chiffres approximatifs aussi définitifs qu’impressionnants ?

Et donc après enquête vaguement fouillée de cinq minutes de ma part au péril de mon déjeuner sur le ouebe crapoteux et de pas sur le terrain du tout, il s’avère que ces ONG sont au nombre de UNE. Que celle-ci, l'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), est basée à Londres et que son directeur vivant en Suède se nomme Rami Abdel Rahmane.

Donc résumons : tous les organes de presse du monde reprennent sans discuter sans étayer sans même de conditionnel, les chiffres des victimes de la répression en Syrie, d’un type peu identifié, dirigeant en Suède une espèce d’ONG basée à Londres, Point.

Si c’est pas de la putain de source ça !

Et pourquoi donc que me revient soudain cette histoire d’étudiante lesbo-syrienne enlevée se révélant être un étudiant américain basé en Ecosse ?

Ce mauvais esprit que j’ai quand même !

C’est pas que je doute spécialement de la répression qui s’abat sur les contestataires syriens et sur la faculté de tirer dans le tas de la famille El Hassad, c’est juste que je m’étonne que tous les journaux du Mondeuhlibre, de ces journaux dont la rigueur éditoriale n’ont d’égale que l’éthique adossée au factuel, du genre le SUN de l’exemplaire groupe Murdoch, honneur de la presse dépendante et corrompue titrant en tout gros tout chaud rapport au carnage novégien : "Massacre d'Al Qaïda: le 11-Septembre de la Norvège." reprennent in extenso à l’unisson sans se poser de questions superflues, les communiqués d’un type habitant la Suède et dirigeant une ONG basée à Londres, source unique et universelle.

Ça doit être juste pour ça que je ne suis pas journaliste et qu’eux le sont. Cette capacité à me poser sournoisement des questions secondaires, mal curieux que je suis, quand il suffit de reprendre sans la moindre investigation, les communiques AFP clés en main de l’info de masse toute moulinée.

Toute la différence entre le vulgaire amateur que je fais et le pro de chez profit que je ne serai jamais snif.

tgb

11:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (40)

 
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