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18/03/2011

Rafale contre Mirage

 

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Donc, plus de réacteur en fusion, plus de radiations à la une, affaire classée, refroidie. L’apocalypse est priée de patienter et ça tombe bien. La crise japonaise n’étant guère opportune dans la crise économique mondiale selon Parisot, elle est reportée à une date ultérieure.

Le sarcophage médiatique va se poser délicatement sur Fukushima : Tokyo est sauvé, place à Benghazi. (On ne dira jamais assez combien les guerres et autres catastrophes font pour l’apprentissage de la géographie.)

Aujourd’hui, le Rafale attaque le Mirage et Dassault gagnant gagnant, que son père surnommait affectueusement « l’idiot » peut faire péter le champ’ : «Quand on vend du matériel, c'est pour que les clients s'en servent » Et ils vont s’en servir. Ah les braves gens !

L’intérêt d’une guerre faisant que la marchandise est consommée, elle sera avantageusement remplacée et c’est quand même plus exaltant et rémunérateur de la voir, s’exploser en plein vol plutôt que se gâcher bêtement sur le tarmac.

Du tapis rouge au tapis de bombes

Donc, nous en étions resté au Kadhafi reçu en grandes pompes sous le tipi Elyséen, à tenter de lui refourguer du nucléaire et du missile et nous voilà, une Alliot Marie plus tard, à lui balancer direct et gratos sur la tronche de la bombe à Dassault :

Faut suivre !

On pourrait y voir une certaine forme d’ingratitude, rapport à un donateur éminent du premier cercle, mais le financement d’une campagne n’exclut pas qu’elle soit militaire.

La diplomatie est parfois taquine.

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D’autant qu’en pleine session de rattrapage, ayant loupé les épreuves Tunisie puis Egypte, fallait bien à deux jours d’élections cantonales et à un an du bachot présidentiel, éviter au dernier des Bushistes président, le zéro éliminatoire.

Ne restait plus qu’une bonne guerre pour refaire, la cerise au petit caporal et mouiller Carla écrivais-je dans la conclusion de ma note relativement prémonitoire « madame du Baril ». Serais-je lu jusqu’à l’Elysée ? serais-je enfin devenu hyper influent ? Dois-je m’en féliciter ?

Et puis admettons que le Tyran local a bien le profil, comme Milosevic ou Saddam Hussein, pré vendus en fous sanguinaires, fréquentables puis infréquentables (ah le fou sanguinaire, argument indépassable de l’ingérence consciencieuse d’une démocratie humanitaro-coloniale) tandis que notre Saddam Hauts de Seine à nous, c’est une évidence possède six cerveaux parfaitement sains en sa tête mégalomaniaque.

Si le Minibush qui tient enfin sa miniguerre fera le maximum, on lui fait confiance pour s’en couvrir de gloire (déjà quand il n’y est pour rien il s’en vante) il faut tout de même reconnaître qu’une action belliqueuse n’a pas que des avantages. On sait quand elle commence, moins quand et comment elle finit et pour peu qu’un de nos « Rafale » se retrouve par terre, déjà qu’il a une certaine tendance à y aller tout seul, faudra pas s’étonner de se retrouver avec un prisonnier de guerre pleine page.

Certes on pourra toujours l’échanger contre Boillon le fils préféré du Colonel, ou Ollier le frère putatif du dictateur mais ça fera quand même un peu désordre au Figaro, fameuse plaquette publicitaire pour marchand d’armes.

Et pour peu que le Colonel payé pour parquer nos immigrés entre quatre barbelés lâche ses hordes de va nu pieds rien que pour nous faire chier, déjà qu’avec Guéant « les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, à cause d’une immigration incontrôlée» on ne sera plus très nombreux à lui répondre qu’à cause d’une lepenisation contrôlée, les immigrés ont parfois le sentiment aussi de ne plus être en France.

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Nous voici donc en croisade humanitaire (10 fois qu’on nous fait le coup mais quand on aime on ne compte pas) avec le Canada, dernier pays néo-con de la planète, l’Angleterre d’un Cameron jaloux du criminel de guerre Tony Blair, plus quelques pays arabes exemplaires, tels le Qatar, les Emirats arabes, l’Arabie Saoudite, Bahrein, Oman… démocraties O combien recommandables, qui entre deux massacres de peuples en rébellion s’allient pour la bonne cause : libérer les libyens de son conducator pourvu qu’on leur lâche la grappe.

Faudra penser quand même à présenter Botul au roi Al-Khalifa, le temps qu’il change de chemise, esthétiquement ensanglantée, vu qu’on a l’indignation assez relative au Flore.

Ne reste donc plus qu’à partager la Libye, d’un côté le bon pétrole, de l’autre les mauvaises bombes et d’applaudir bien fort le petit coq d’une France, troisième exportatrice mondiale d'armement et de nucléaire.

Tout ce qu’on aime quoi !

tgb

14:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (16)

15/03/2011

Service public

 

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Dans les années 90, j’ai travaillé comme consultant, près de 10 ans pour EDF.

Je partais le dimanche, je revenais le vendredi, je passais près d’une semaine en immersion totale dans un de ces centres de formation disséminés dans toute la France ; centres situés souvent dans des bleds improbables qui participaient largement à l’économie locale et que la privatisation rampante s’est empressée bien sûr de bazarder.

Moi avec.

Une semaine de boulot faisait mon salaire. J’en enquillais une dizaine par an, parfois plus.

C’est comme ça que j’ai croisé les types qui pilotaient des centrales nucléaires.

Des gaillards.

C’est comme ça que je les ai découvert, moi qui, de par mon parcours, n’aurait jamais eu la chance de les rencontrer.

Les plus anciens venaient de la marine, (dans une centrale nucléaire, en cas de pépin, mineur, majeur, le seul maître à bord est le boss. Le patron d’EDF peut dire blanc, le président de la république peut dire noir, la centrale est totalement autonome et c’est le directeur qui décide, un peu comme dans un navire) les autres, souvent fils de prolos et en tout cas toujours de milieu modeste, sans avoir forcément fait d’études étaient passés par l’école interne EDF. Un apprentissage exigeant et gratifiant, véritable ascenseur social. Ils avaient acquis un niveau d’ingénieur tout en refusant le statut de cadre par solidarité avec les autres salariés et par esprit de caste.

Je me souviens de cette grosse brute adorable qui me racontait comment, lorsqu’il avait débuté par hasard dans le métier ne sachant trop quoi foutre de ses dix doigts et de son BEP, son chef le suppliait de rameuter des copains à lui, tant la main d’œuvre et les vocations étaient rares.

C’étaient les balbutiements de l’aventure nucléaire, qui allait pourtant devenir le summum du prestige technologique français quelques années plus tard et à peu prés la seule chose d’exportable.

Ces pilotes de centrale, étaient considérés comme des seigneurs et vraiment , ils l’ étaient.

Des seigneurs parce que lorsque vous avez entre les mains la puissance inouïe d’une centrale nucléaire, piloter un airbus A 380 à côté c’est comme enfourcher une mobylette.

Des seigneurs, parce qu’ils représentaient l’aristocratie de la maison, étaient admirés, jalousés, craints, reconnus et super bien payés, d’autant qu’ils étaient hyper compétents et parfaitement irremplaçables.

Tous de la CGT, unis dans un esprit de corps renforcé par les nuits de quarts, par le confinement, par les responsabilités et les risques démesurés, ils leur suffisaient de bouger le petit doigt pour que les primes tombent, jusqu’à les indigner parfois, tant ils avaient le sentiment d’être privilégiés, rapport aux autres.

Mais fallait par les faire chier.

Ils me racontaient, entre deux histoires de cul, les séquestrations de cadres, les combats syndicaux et la solidarité fraternelle qui leur faisaient se retrousser les manches dès qu’un collègue avait un coup dur, dès que la boutique était en danger, dès que la situation était tendue, dès que le statut était contesté, dès que l’atome se faisait capricieux.

L’électricité devait passer et elle passerait.

explosion-au-reacteur-n-3-de-la-centrale-de-fukushima-photo-afp-nhk.jpg

 

Et parfois c’était chaud.

C’était chaud, comme cette nuit du 27 décembre 99 au Blayais, où la tempête Martin provoqua une brusque montée des eaux de l'estuaire de la Gironde et inonda une partie de la centrale. L'incident avait été classé au niveau 2 sur l'échelle INES, mais d’après les gars, on était passé, près, très prés de l'accident majeur.

Dans cette France exemplaire où on a tout prévu, où le désastre ne peut arriver qu’aux autres, où même un attentat kamikaze par Boing interposé n’ébrècherait pas le dôme protecteur d’un réacteur (et où pourtant 20 cm de neige à Paris en décembre suffit à foutre une pagaille noire), une météo, un peu exceptionnelle avait faillit conduire au pire des scénario catastrophes.

Ils restaient discrets sur la chose, mais à leurs silences et à leurs regards on sentait qu’ils avaient pris une sacrée dose d’angoisse cette nuit là et pas mal de cheveux blancs.

Sinon c’étaient de sacrés fêtards. On se marrait bien. On picolait bien aussi. C'étaient de grandes gueules, tendres  et attachants. Ils se lâchaient d’autant que ça ne rigolait pas sur poste. C’était un boulot d’ascète, de moine soldat. La moindre erreur humaine pouvait avoir d’énormes conséquences.

En ce temps là, à EDF, avant le temps de la sous-traitance, de la réduction des coûts, du temps où on parlait encore d’usagers et non de clients, on ne plaisantait pas avec l’accident du travail. Le compteur Geiger chassait la moindre dose d’irradiation et on se retrouvait arrêté pour moins que ça.

Une vraie famille oui. Avec de sacrées valeurs : l’intérêt général, le sens de l’état, la mission publique, la péréquation et la fraternité.

Le contraire à peu prés de l’atome sarkosien.

Non, fallait pas les faire chier, ils connaissaient leurs droits, mais ils seraient morts à leurs poste, "ces feignasses de fonctionnaires" au cœur du réacteur en fusion en faisant leur devoir pour sauver les femmes et les gosses.

Comme ceux de Tchernobyl.

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C’est en pensant à eux que je pense aujourd’hui aux pilotes de la centrale de Fukushima, leurs frères, qui, à cet instant même se sacrifient.

Une autre forme d’immolation moderne sans doute.

 

tgb

17:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

13/03/2011

Fukushima mon amour

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Vu que l’histoire a singulièrement plus d’imagination que Jean François Copé, à l’heure où les sondages tirent des plans sur la comète franchouillarde tandis que le pétrole flambe et que le nucléaire pète, on risque de fêter la fin du monde bien avant la victoire de DSK ou l’inverse.

Ça peut être un soulagement.

Le jour de l’apocalypse, l’agence Fitch dégradera illico la note de la planète terre tandis que le FMI imposera un régime drastique aux cadavres irradiés et que quelques spéculateurs au radar engrangeront par réflexe une putain de plus value à valoir sur leur résurrection.

Le profit mon ami, le profit…

Dans cette heureuse perspective libre et non faussée, nous ne saurions trop recommander aux capitalistes assez cupides pour en crever, de continuer à faire de l’atome une marchandise comme les autres, qui, à l’image du pognon et contrairement aux réfugiés politiques, économiques, climatiques, ne s’encombre pas de frontières.

A la question « que feront ils une heure avant la fin du monde ? », les politiques ayant nettement moins d’imagination qu’un tsunami, Lepen expulsera du musulman, le nabot, nez sur les sondages déclarera la guerre au Luxembourg, histoire d’en finir avec Clearstream et Lagarde dégonflera ses pneus pour juguler la crise énergétique.

Le sens de l’histoire.

Sur l’échelle de Richter, les mouvements de menton des petits caporaux chefs se prenant pour des géants ayant à peu près autant d’impact que les vibrations d’une mouche qui pète dans le slip d’un Bechamel tout à trier les gentils des méchants par ordre alphabétique, faut reconnaître qu’un pays qui peut s’offrir tout à la fois une crise économique, un tremblement de terre puissance 9, un tsunami, une irruption volcanique et une catastrophe nucléaire a quand même une autre envergure qu’un pays qui s’offre une semaine de JT Pernaut sur un lotissement inondé en Vendée.

Je voudrais pas cafter mais on a l’air un peu con aujourd’hui avec Xynthia.

Quant à la déroute face à l’Italie…

On a les cata qu’on peut.

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Comme tout est politique, il nous faut admettre que les phénomènes naturels sont aussi politisés. Si l’ouragan Katrina soufflait contre Bush, le mouvement tellurique japonais pourrait bien permettre à l’ultimatumé Gbagbo de massacrer à l’abri des caméras.

Et comme tout est spectacle, le zapping compassionnel du cadavre froid du jour, le sushi au menu pourrait bien tirer d’affaire Kadhafi sur lequel s’apprêtait à sauter sans parachute, l’impulsif décérébré de Neuilly, le va t’en guerre à vau l’eau tenant à faire oublier le camping car de Ouammar sur le gazon élyséen.

Il ne serait d’ailleurs pas inutile de se pencher sur l’influence de la météo sur les insurrections.

S’il n’est pas surprenant qu’en France on révolutionne en mai ou en juillet, on ne peut qu’être impressionné par des Russes qui se la programment en octobre. Quant aux pays du sud…trop facile.

Entre les convulsions de l’histoire, les soubresauts des peuples et les violences sismiques, agrémentés de fission par ci de fusion par là et d’E=MC2 mon amour, bien malin qui, au jeu des prospectives pourrait oser nous prévoir de la retraite en 2040 et de l’espérance de vie, quand Tchernobyl rode et qu’Eric Besson nous inquiète rien qu’à nous dire de son air de faux cul, que tout baigne.

L’apocalypse ayant au moins l’avantage d’être parfaitement égalitaire, le marxisme à forcément de l’avenir.

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Finalement, et suite aux prédictions des Incas, l’apocalypse du 21 12 12 peut survenir, je ne regrette pas d’avoir investi dans un charmant abri anti-atomique familial cinq places.

Il m’en reste une, je peux recevoir mais il va falloir être très très aimable.

tgb

 

photo : Danièle A.

23:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

08/03/2011

Anesthésie locale

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Contrairement aux peuples jeunes qui s’emparent de leur destin, se foutant heureusement de savoir si Ben Ali était en tête dans les sondages ou si Moubarak était populaire auprès d’un échantillon représentatif de la population, nous voilà tous, à nous indigner devant un résultat virtuel qui sent fort sa fabrication d’opinion.

La fille de son père tient la corde du pendu.

Et chacun d’échafauder son hypothèse, de tirer des plans sur la comète à partir de tendances parfaitement virtuelles, moi itou, dans le barnum éditocratique.

Qui décrochera la queue du Mickey présidentiel dans un an ? - Autant dire par les temps qui courent dans un siècle environ - alors qu’un véritable test électoral dont tout le monde se fout, se profile sous quinze jours et dont on pourrait tirer au moins quelques enseignements absolument factuels…

mais non.

Tous à touiller de cette bonne tambouille sondagière qui fait causer dans le poste à analyser de la conséquence plutôt qu’à en aborder les causes et prendre l’ombre pour la proie et le fantasme pour le réel.

Le symptôme ordinaire de cette société du spectacle s’excitant soudain au rebondissement dans le feuilleton calibré pour cerveau disponible.

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Je ne dis pas que la blondasse de son père ne surfe pas sur une vague populiste qui se répand dans une Europe percluse de rhumatismes, se rétracte et fait sous elle. Qu’elle apporte de mauvaises réponses à de fausses questions et qu’elle prospère sur un malaise grandissant et les frustrations d’une population en plein naufrage.

Vieux réflexes épidermiques de crise qui fait depuis la nuit des temps prendre des vessies pour des lanternes et des halogènes pour des messies.

Je dis juste qu’il est une question toujours précieuse à se poser en ces circonstances :

A qui profite le crime ?

Et à cette question de base, je n’ai qu’une réponse logique. Certainement pas à la fille de son père mise à découvert et affublée d’un statut de favori bien inconfortable mais bien au vote utile. A ce vote civique et républicain consistant à serrer les rangs, à bien circonscrire le périmètre délimité et à voter fort démocratiquement en suivant les pointillés comme il en a été préalablement convenu par l’appareil général : soit UMPS.

Electeurs responsables mobilisez vous et votez raisonnable : Sarko/Dsk.

Oui, ce putain de vote utile qui exclut d’autorité toute alternative et contraint d’avance le spectre des possibles.

Le rêve éveillé d’Aphatie et ses frères :

Démocrate ou républicain

Pepsi ou coca

Faire l’économie d’un premier tour anecdotique

Bref, voter oui ou non dans la mesure ou seul le oui sera pris en compte.

Et ce, facilité par une gauche de gauche qui passe le plus clair de son temps à s’entredéchirer et à dilapider maladivement ses forces dans un clanisme désespérant.

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Autant faire ainsi le deuil direct d’une révolution citoyenne par les urnes.

Ce que l’on perd en illusions, on le gagne en réalisme.

Au moins, pendant que l’on s’indigne ici les pays du sud font leurs révolutions.

Et si finalement l’indignation n’était rien d’autre que l’anesthésie de l’insurrection ?!

 

tgb

12:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (26)

 
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