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12/05/2011

Antigone 2011 ou le fils du bédouin

 

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Dans mille ans, on ne se souviendra ni de Bush, ni de Blair, ni évidemment du paltoquet vagal mais de la figure emblématique de Ben Laden oui.

Dans mille ans, si notre monde existe encore pure hypothèse d’école, on parlera peut-être encore de la mobylette d’Omar (sans bien se souvenir qu’il fût Mollah de son état) mais on se fichera sûrement du lieu de sépulture moustachue d’Aznar et il serait bien étonnant de retrouver fleurie de frais la tombe de l’obscur larbin Barroso.

En revanche, enterré ou pas, on colportera encore l’épopée du cavalier barbu et « barbare » qui osa défier l’empire, en son image d’Epinal, plutôt qu’en ce portrait désacralisé du vieil homme grisonnant se zappant lui-même à la télé comme un beauf avachi made in Pakistan.

On se souviendra encore comme pour le Samson biblique de ces deux colonnes présomptueuses effondrées sur les marchands du temple en mondiovision, sacrée performance.

L’histoire n’étant pas morale, se fichant bien de savoir qui du bien ou du mal, elle digèrera au fil du temps la version du vainqueur et comme pour Attila ou Gengis Khan finira par recracher en la mémoire populaire, le noyau romanesque et subjectif du « Héros ».

(Par exemple, si tu devais faire un film, tu choisirais de scénariser la vie d’Oussama ou celle de George Junior ?)

En ce sens, incarné ou pas, Ben Laden s’inscrit maintenant en pleine mythologie, avec ce rien de tragique qui sublime le récit et nourrit à la veillée, les histoires de justicier qui surgit dans la nuit au galop…

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C’est pourtant bien contre le risque identifié de cette héroïsation, que le maître de l’empire Obama, autre super-héros romantique, à condition toutefois qu’il veuille bien finir assassiné, a décidé de dématérialiser le corps de l’ennemi, de le déterritorialiser, suivant naturellement les préceptes et traditions de l’islam vu par Coca cola, à savoir...

A l l a h  u n e

A l l a h d e u x

A l l a h t r o i s

e t p l o u f !!!

d’effacer les traces.

Cette illusoire tentative d’éviter tout lieu d’adoration, tout point de fixation au pèlerinage d’une bonne moitié de la population de la planète n’empêchera rien du tout.

Les ados révoltés d’Orient, transgresseront d’autant le tabou du totem en arborant un tee-shirt à l’effigie d’Oussama comme à l’effigie du Che en Occident et faute de lieu de culte le fantasmeront d’autant en poster géant.

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Ce refus calculé d’ensevelir le corps nous renvoie évidemment au mythe d’Antigone, au théâtre de Sophocle ou d’ Anouilh.

De ces deux logiques, de ces deux justices, de ces deux raisons pathologiques qui s’affrontent, de ces deux ordres qui se contestent assuré que le désordre c’est forcément l’autre, chacun en fait un devoir.

C’est de ce seul antagonisme irréconciliable, de la raison morale ou de la raison d’état, que naît la tragédie.

« Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. » Antigone – Jean Anouilh.

Il y aura ainsi forcément une fille de bédouin, un jour, quelque part, pour se révolter, pour demander des comptes, pour exiger le rite, pour faire payer à l’hyper « Créon » super héros de l’hyper empire d’avoir « fait mourir les vivantes et garder les morts chez les vivants » faute de sépulture.

En l’occurrence pour l’instant la fille du bédouin est un fils : Omar Ben Oussama Ben Laden autrement dit Omar fils d’Oussama fils de Laden, porte parole officiel de la nombreuse descendance filiale.

Si la politique est l’anecdote plus ou moins sale de l’Histoire, l’histoire dans l’Histoire, la vie du héros physique étant terminée, la légende du Héros mystique ne fait que commencer.

 

tgb

merci à emcee, Pescade

14:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : ben laden, antigone, bush, obama

10/05/2011

On est jamais aussi bien asservi que par soi-même

 

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Il n'y a qu'une chose que les hommes préfèrent à la liberté, c'est l'esclavage : Dostoïevski

S’il est bien une dernière liberté accordée à l’esclave, c’est celle de mourir. De planter là son maître et de prendre congés.

C’est cette option morbide, mais finalement libératoire que les 60 suicidés de France Télécom Orange, par exemple, ont choisi comme ultime solution pour fuir leur condition. C’est en créant cette autre chaîne de solidarité mortifère qu’ils ont brisés les chaînes d’un esclavagisme moderne, ce terrorisme légalisé qui ne dit pas son nom, autrement appelé, management par la terreur.

C’est cette liberté extrême qui fait qu’au final, notre vie malgré toutes les aliénations, les dépendances et les asservissements, nous appartient encore, nous laisse encore comme ultime libre-arbitre le choix de notre mort.

Cette démission spectaculaire et radicale.

Ce dérisoire bras d’honneur.

Cette violence sociale retournée contre soi pour mieux s’en soustraire.

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Sauf que, pour le système de production, cette liberté est encore de trop. Un luxe pour le salarié, une nuisance pour l’usine.

Car, non seulement l’acte désespéré du suicide nuit à l’image de marque de l’entreprise, freine la productivité, démoralise la masse laborieuse, mais surtout laisse à penser qu’il pourrait y avoir sous une forme ou une autre, une échappatoire envisageable et pourquoi pas pendant qu’on y est une émancipation possible.

Or on nous l’a dit, répété, asséné, gravé dans nos gènes : il n’est pas d’alternative possible. Il ne faut pas. Il ne doit pas. Et s’il est encore un débat illusoirement démocratique, ce n’est pas pour ou contre la mondialisation mais comment s’y adapter.

Il n’est donc pas question dans ce monde totalitaire d’hommes interchangeables au service exclusif des dividendes d’accepter qu’on s’y dérobe de quelque manière que ce soit et même pas en rêve.

Dans une société humaine, un tantinet civilisée, la souffrance évidemment serait prise en compte. On chercherait à connaître ce qui pousse un salarié à s’immoler par le feu, on en traquerait les causes, on réhumaniserait dare-dare la machine à réifier. Or dans une société barbare, telle que la notre, on pose des filets de sécurité pour dissuader les défenestrations. Ce ne sont pas les raisons du suicide qui gênent aux entournures mais bien ses effets. Ce qui se voit. On s’attaque aux conséquences, on occulte les causes.

On ne peut que les occulter puisqu’elles sont le fondement même du dispositif : le profit.

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Ainsi en Chine, mais bientôt ici sûrement y’a pas de raison, les 800 000 employés de Foxconn, l’usine qui fabrique les iPad et autres iPhone d'Apple, sont obligés de signer une clause de non-suicide, c’est à dire de s’engager par contrat à ne pas attenter à leurs jours sous peine de ne laisser à leur famille que les indemnités légales minimum, à savoir des clopinettes.

En Chine donc, un salarié à aujourd’hui a moins de droit qu’un esclave.

Je ne suis pas certain, même en culpabilisant, que la moindre signature puisse dissuader le désespoir.

Pour dire même ça me paraît assez illusoire que de croire qu’on puisse rationaliser à ce point un acte intime, par essence même existentiel. Mais c’est assez significatif de la « gestion » de l’entreprise que de croire que son « matériel humain » puisse être autre chose qu’un outil intégré à une procédure iso quelque chose.

Dénier à l’individu sa propre autorité c’est lui ôter définitivement le droit d’exister. Accepter d’ appartenir à la machine avant même que de s’appartenir soi.

C’est sur cettre servitude volontaire qu’analyse brillamment le tout jeune Etienne de la Boétie, ce consentement à l’asservissement que se fonde les tyrannies bien plus que sur la puissance ou l’oppression. C’est sur ce renoncement à soi-même que parie la machine totalitaire, sur cette capacité au hamster de courir sur sa roue (ou son tapis roulant du gymnase club) sans se poser de questions en intégrant même le fait de n’avoir aucune porte de sortie et finir par trouver ça normal.

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Il me paraît pourtant judicieux pour les RH d’ajouter une clause essentielle au contrat. Une clause de non butage de son boss, N+1, N+2, un de ces kapos du système marchandisé.

Parce que de la névrose tournée contre soi à la psychose tournée contre l’autre, il n’y qu’une simple rotation du flingue dans la main et qu’en termes de culture du résultat ça pourrait peut-être bien booster les objectifs.

Va savoir !

tgb

12:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

05/05/2011

Persistances rétiniennes

Justice est faite ?

Ça dépend !

Question d’angle

Tu te mets 3 secondes à la place d’un Afghan qui se prends des bombes sur la gueule, voire d’un gamin des cités et tu relativises le joystick.

Ça donne ça :

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Ça s’appelle l’empathie

Tu as du goût pour le talion, option lynchage - Sachant que justice ou vengeance c’est toute la différence entre barbarie et civilisation tu préfères superman

Ça donne ça :

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Ça s’appelle SE faire justice.

Si, dans le monde réellement renversé , le vrai est un moment du faux°, une image fausse peut être alors un moment du vrai

ça donne ça :

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Ça s’appelle Hollywood !!!

Tandis que nous côté story telling :

Ça donne ça :

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Ça s’appelle pas.

 

tgb

 

°Guy Debord

20:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

02/05/2011

Carnet mondain

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Mariage royal : La Jeune bergère Kate Middleton vient d’épouser le jeune prince William, à l’abbaye de Westminster dans la plus grande intimité de toutes les télévisions du monde et pour la complète béatitude des étudiants anglais oubliant un instant, devant ce nouveau Walt Disney, le triplement de leurs frais de scolarité. Tous nos voeux aux jeunes mariés méritants.

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Mariage princier : On annonce pour le 8 juillet, la cérémonie nuptiale d’Albert de Monaco et de Charlene Wittstock à la grande joie du peuple monégasque défiscalisé entre deux formules 1.Les gueux surendettés peuvent dés aujourd’hui jeter leur dévolu sur quelque produit dérivé appelé à doper favorablement une morne croissance. La presse pipole reconnaissante.

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Béatification : Le pape Jean Paul 2, célèbre inventeur de la papamobile et du miracle express de bonne sœur, vient de se voir sanctifier en ce dimanche 1er mai, en la basilique Saint Pierre de Rome par son successeur papamobilisé Benoît 16. Véritable miracle médiatique, les catholiques du monde entier en pleine fervente génuflexion, en auront oublié avantageusement la crise et Fukushima. La preuve irréfutable que Dieu existe.

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Félicitations : On nous informe par une indiscrétion opportune, la future naissance au sein du couple Elyséen d’un bébé présidentiel contractualisé . Souhaitons aux futurs heureux parents, Carla et Nicolas, bientôt comblés, une remontée providentielle dans les sondages. Trois guerres et un couffin : Comme quoi, on peut et faire l’amour et la guerre et un deuxième "quinquennat". (joli prénom pour l'héritier)

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Nécrologie : On apprend avec stupeur, le décès accidentel en sa 54éme année de Monsieur Ousama Ben Laden, fondateur bien connu dans le milieu des affaires internationales, d'une célèbre chaîne de magasins franchisés : Al Qaïda.

Sa disparition brutale survenue dans la nuit du 1er mai, dans sa maison de retraite d’Islamabad (Pakistan) provoque une véritable onde de choc dans le Landerneau économique puisqu’on assiste à une forte remontée du Dollar. En effet, Mr Laden était devenu au fil des ans un concurrent acharné des entreprises américaines avec lesquelles pourtant il avait collaboré au tout début de sa fulgurante carrière.

Oussama Ben Laden, Saoudien d’origine, formé par la fameuse école de la CIA (USA) avait travaillé durant plus de dix ans en Afghanistan à éradiquer l’influence économique de l’union soviétique au profit des intérêts de la maison mère atlantiste, dont il finira par démissionner suite à des divergences stratégiques pour fonder avec succès sa propre entreprise interlope faisant essaimer ainsi de par le monde des centaines d’officines sous-traitantes.

Spécialisé dans l’import export, son sens du management, de la compétitivité et du raid financier lui permit très vite d’exploser le cœur du business de Manhattan et de porter un rude coup à la bourse new yorkaise, empochant au passage de solides dividendes. Suite à ce coup d’éclat, il se retirera alors dans une grotte Afghane, au design révolutionnaire, alliant technologie high tech et extrême sophistication.

Vivant de ses rentes, il mènera alors une vie ascétique et discrète n’accordant d’interview qu’à de très rares occasions.

Souffrant de diabète, des rumeurs persistantes annoncèrent sa mort en 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010. Sa dixième mort semble être cette fois ci officielle, même si la photo mortuaire qui court dans les rédactions et son autopsie semblent déjà sujet à caution.

On notera les hommages appuyés de ses anciens collègues de bureau, Donald Rumsfeld, Georges Bush, Dick Cheney et celui particulièrement émouvant du prix Nobel de la Paix, Barack Obama, en pleine campagne électorale.

Mr Ben Laden a été inhumé ou plutôt immergé dans la plus stricte intimité aujourd’hui même, respectant ainsi à la lettre cette vieille tradition qui veut que les arabes soient systématiquement rejetés à la mer.

A ses nombreuses femmes et à ses innombrables enfants nous présentons ici toutes nos condoléances.

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Bref, tout baigne.

tgb

12:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

 
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