Avertir le modérateur

29/11/2010

Faut-il karchériser Neuilly ?

myimg3.jpg



C’est sur fond de vrombissement de pales d’hélicoptère et dans un faisceau de lumière balayant les barres de standing du quartier, qu’une vaste opération de police, entre 180 et 200 hommes, a été lancée hier à l’aube dans un immeuble suspect d’un quartier de la banlieue ouest de Paris sous l'autorité du préfet délégué à la sécurité et en présence de nombreux journalistes, une trentaine au moins qui assistaient à l’intervention « coup de poing » lancée à partir de 6 heures du matin avec des membres de la police judiciaire, des CRS et de la brigade cynophile.

Après plusieurs interpellations et la saisie record de 110 kgs de cocaïne représentant la coquette somme de 7 millions d’euros, le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux tout en se félicitant, déclarait fort déterminé, que d’autres opérations de ce type auraient lieu, afin d’enrayer la vague de délinquance touchant de manière endémique la ville de Neuilly et promettant d’ailleurs de patrouiller lui même symboliquement dans les rues des Hauts de Seine, la nuit, afin de reconquérir cette zone de non-droit et remettre de l’ordre et de la république dans les « territoires ».

Ouvrant son JT de 13 heures par un reportage sans concession sur la délinquance stupéfiante des quartiers ouest, Jean-Pierre Pernaut, faisait un état des lieux sans concession de cette cité, devenue au cours des 30 dernières années la 'capitale française de la cocaïne' en nombre d'usagers, pointant la politique laxiste d’une municipalité à la politique longtemps gauchisante.

Pour Eric Ciotti - "secrétaire national de l'UMP en charge des questions de sécurité", que le fléau de la drogue touche un quartier favorisé montre bien que "trop d'emploi augmente la violence" et que "s'il y a plein emploi, la délinquance augmente, car il y a plus d'argent".

Cette démonstration impeccable conduit à considérer fort logiquement que, puisque les petits dealers sont du 93 et les grossistes du 92 et que la hiérarchie sociale est ainsi respectée, pour contribuer à la sécurité, il faut maintenir coûte que coûte le chômage, y compris dans les quartiers résidentiels.

Quant au député Ump, Lionnel Luca, partisan de la thérapie de choc, il réagissait immédiatement à cette affaire en se déclarant « favorable à la reconquête des territoires perdus, avec des VAB (véhicules blindés) et des troupes spéciales, militarisées”.

« Les gendarmes savent très bien mener ces opérations de “pacification”, ils l’ont plusieurs fois démontré à l’étranger »
surenchérissait François Rebsamen, député maire de Dijon et socialiste pragmatique de la mouvance révolutionnaire Strauss Khanienne, et faisait savoir qu’il proposerait rapidement à l’assemblée un projet de loi en ce sens, afin de montrer que la sociale démocratie « manageuse » était aussi réaliste que briseuse de tabous.

A l’heure actuelle, on attend toujours la réaction officielle de l’ex maire de la cité dortoir des Hauts de Seine, au cœur même de la polémique et obsédée par la question sécuritaire grenobloise.

En attendant, il neige sur Neuilly.

tgb

les phrases citées en italiques sont authentiques

13:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13)

26/11/2010

7 façons de le dire

Qu'ils s'en aillent tous - France

 

201500.jpg

Que se vayan todos - Espagne

3spain.jpg

Send them away - Grande Bretagne
Students-demonstrate-agai-021.jpg

Vanno tutti via - Italie

thumbnail.jpg

théann siad ar fad ar shiúl - Irlande

Manifestation-en-Irlande_pics_809.jpg

todos eles vão embora - Portugal

1436737_3_ae06_plusieurs-dizaines-de-milliers-de.jpg

óloi páne makriá - Grèce

grece.jpg

 

Mon Europe à moi ?  Moins d'Euro, plus de peuple !!!

 

tgb

 

(pour les traductions, souvent du littéral, on doit pouvoir faire mieux)

13:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

24/11/2010

Il eut semblé que le sparadrap sale de Karachi collât

4768075039-butcher.jpg



Pour faire dans l’imparfait du subjonctif, fort tendance ces temps ci, depuis que l’illettré chef à décidé de se refaire à coups d’artifices communicants un vernis culturel, nous pourrions dire, qu’il eut semblé que le sparadrap sale de Karachi collât de plus en plus aux doigts crispés de l’ignare.

Dans le bouillon hargneux en zig du off
, ou en zag du on, de la diarrhée d’onomatopées indigné en tous points "désargumentée" mais nourrie de pétitions de principes du genre : vous allez pas me dire…non mais qui peut croire …mais où va t’on ma pauvre Lucette … et ah elle est belle la France journalistique…et au delà du fumet nauséeux d’un brouet pour le moins indigeste, s’il est une phrase digne d’intérêt c’est bien celle ci : 

« Y a-t-il un document qui montre à un moment ou à un autre que j'ai donné instruction de créer des sociétés luxembourgeoises ? Alors peut-être que le ministère l'a fait à un moment, j'ai été ministre du Budget deux ans, mais moi non, jamais ! »

L350xH150_haddock-fcf3f.jpg



Donc donc donc, et la perquisition fructueuse du juge Van Ruymbeke à Bercy, juge qui se trouve être l’exact opposé de Marin-Courroye, les Jacob-Delafon de la justice sanibroyeuse, ne doit pas y être tout à fait étrangère, comme le début des prémices du commencement de quelque chose qui ressemblât à une défausse en direction d’un lampiste, mais en même temps comme la validation de faits avérés devenus irréfutables. 

Il y aurait bien du côté ce chez Clearstream, comme un compte off shore, dans un de ces paradis fiscal qui n’existe plus, depuis que Vagal 1er moralisa d’une phrase hop là, le capitalisme démoralisé avec ses petits bras musclés.

Et pendant que le paltoquet polymorphe qu’à tellement changé qu’il est toujours pareil, tout à mentir et démentir deux en un, s’essuie consciencieusement les pieds sur la pédophilie journaleuse qui s’en pâme, les scribouillards tout à avaler leur clef usb de peur de se faire chourer leurs ordinateurs par le même (il est où ton dossier Karachi ? dans mon cul !) de ne voir rien venir sœur Anne, tel le sieur Leparmentier du journal de révérence centripète sans tripettes, le Monde.

Spécialité de hachis Leparmentier : refiler la patate chaude aux confrères et faire un billet pour expliquer pourquoi il n’en fait pas – un nouveau genre !!!

Non dans son délire autocentré, le petit commandeur des pipoles ne pète pas les plombs, il est juste méchamment kéblo en boucle sur un des disques durs de l’un de ses six cerveaux, à bugger tout seul sur un gouffre de non-dit qui affleure tant que ses dénégations oiseuses hurlent à la mords-moi-le-nœud.

En temps et en heure, donc il se pourrait que le cuistre de la république nous délivrât de ces documents un jour... que Fillon, Morin, Accoyer…refusèrent de fournir hier ; en temps en années ou en siècles plus qu’en heure d’ailleurs, tant, de Villepin à Chirac en passant par Juppé, le cul entre deux maroquins, de procès en procès, tout le gratin de la pataugeoire se tient les uns les autres par les poils pubiens.

Cette affaire Karachi d’autant plus révélatrice et tortueuse qu’elle touche ainsi à la faute originelle balladurienne qui vit la bande se déchirer entre les Jets et les Sharks, vient solder les comptes 15 ans plus tard et l’on pourrait trouver ça foutrement cocasse, si, entre temps, 14 personnes n’y avaient laissées leur peau.  

On croit mourir pour la France et on meure pour Séguéla.

securedownload.jpeg



Il nous faut bien reconnaître tout de même que si dans le genre casseroles, l’histrion de service n’est pas le premier à se trimballer de la grosse quincaillerie, il aura réussi en peu de temps à cumuler toute la batterie de cuisine, que ces précédents de la république irréprochable mirent à eux tous, des années à récurer : bel exploit.

Oui m’est avis depuis le début, que ce sparadrap sale de Karachi, n’a pas fini de coller à la plaie purulente initiale, et de s’infecter peu à peu, et de prendre le doigt, et la main et le bras, par cette insidieuse septicémie qui gangrène peu à peu le petit corps de l’état.

A la fin, même la poêle Tefal, en tétra-fluoroéthylène, finit par attacher.

tgb

14:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

21/11/2010

Je suis né à Paris le 19 décembre 1910. Pupille de l'assistance publique,

 

dyn001_original_645_472_pjpeg_2603216_3355dc7e7840f28a36e7cb10329579c3.2.jpg


Eté 99, on roule entre les ânes et les camions à tombeau ouvert, juste après Lixus, les jardins d’Hespérides.

Larache, le long de la corniche qui surplombe la mer. Quelques vieux restes cradingues de station balnéaire et coloniale ; la vieille mosquée historique qui s'écroule, la médina qui s’effondre. 

ça pue : une odeur de pourriture et de décomposition. La zone, les premiers faubourgs de merde, la rue poussiéreuse et défoncée ; les sacs de plastiques noirs qui volent comme d'inquiétants corbeaux. Tout est sale, sauf la mer immense, immaculée de loin.

Et toujours la misère, cette saleté crasse, dans la pesanteur du soleil le long de la route principale, ce chemin de terre cahoteux. Enfin, entre une ordinaire prison blanchie à la chaux et un amoncellement d'ordures où grésillent des grappes de mouches grasses : le mur délabré et austère du cimetière chrétien.

Quelques pas, à chercher une issue, une fissure, une brèche, mais pas de porte, pas de grille rouillée qui grince, l'entrée se fait forcément du côté de la corniche, en contournant le vieux mur à travers le tas d'immondices, au bord de la falaise. C'est le prix à payer.

Là, des centaines de tombes oubliées, éventrées qui s'affaissent dans un terrain vague et accidenté. Le précipice n'est plus loin, une à une au fur et à mesure des années, les tombes sont avalées par l’érosion. La prochaine risque bien d’être la sienne.

Sa tombe est immanquable, à l'écart, face à l'océan, en biais, en direction de l'ouest : la Palestine ?

Sa tombe est minuscule, de la taille d'un petit homme, comme un lit d'enfant, propre et blanche ; pas de croix. Elle tranche avec les autres tombes grises et défraîchies. Sur la pierre de craie, simple et sobre, son nom, dates de naissance et de mort. Ce qui, au bout du compte, nous résume.

Personne n'a l'air d'être passé par ici depuis longtemps. Mais peut être que si. On reste un instant, suspendu entre la mer, le ciel et le dépôt d'ordures, entre la prison, derrière et l'infini devant.

Le vent souffle, le soleil cogne, l'ordure schlingue avec parfois une bouffée d'océan et d'herbes sauvages. On laisse une trace discrète sur la tombe, presque rien, un dessin avec le doigt, une clope, et on s'en va. On traverse à nouveau le monceau d'ordures en apnée, on se laisse à nouveau happer par les essaims de mouches qui tourbillonnent et font comme un rideau infecte au tombeau discret.

On retrouve la voiture garée n'importe où et n'importe comment. On cherche le gamin mâchuré qui en avait la garde. Pas là mais forcément pas loin. Comme toujours au Maroc, toujours une paire d'yeux quelque part, qui dix secondes après prend forme et coûte un Dirham.

Tout coûte toujours un Dirham au Maroc.

On démarre et on s'arrache de là en se disant qu'il est bien ici, presque chez lui, entre la saloperie et la grâce, à Larache, tout prés de Tanger, Jean Genet.

tgb

 

jean_genet.jpg

Je suis né à Paris le 19 décembre 1910. Pupille de l'assistance publique, il me fut impossible de connaître autre chose de mon état civil. Quand j'eus vingt et un ans j'obtins un acte de naissance. Ma mère s'appelait Gabrielle Genet. Mon père reste inconnu.

J'étais venu au monde au 22 de la rue d'Assas. Je saurai donc quelques renseignements sur mon origine, me dis-je, et je me rendis rue d'Assas. Le 22 était occupé par la Maternité. On refusa de me renseigner.


Né en décembre 1910, Jean Genet aurait cette année cent ans.

23:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu