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23/06/2010

Le maître et l’esclave

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ROME (Reuters) - Les 4642 ouvriers de l'usine Fiat de Pomigliano, près de Naples, ont voté à près des deux tiers en faveur d'un plan qui prévoit un accroissement de la flexibilité en échange d'investissements nécessaires pour maintenir le site ouvert et y relocaliser la production de la prochaine version de la Fiat Panda, aujourd'hui fabriquée en Pologne.

Le projet vise à accroître la productivité en introduisant davantage de flexibilité dans les horaires de travail, en limitant le droit de grève et en limitant certaines prestations, comme l'indemnisation des arrêts maladie.


Dans la célèbre dialectique du maître et de l’esclave (la phénoménologie de l’esprit) Hegel nous montre comment l’esclave n’est esclave que parce qu’il a peur de mourir, alors que « c’est seulement par le risque de sa vie qu’on conserve la liberté… »

La liberté ou la mort.

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A préférer l’aliénation au risque de la mort, mort sociale j’entends, non seulement, les ouvriers de Pomigliano n ‘échapperont pas à la mort - car comme pour les Conti qui choisirent, validant le chantage et mettant le doigt dans l’infernal engrenage, de voter pour le retour aux 39 heures, la boîte mit tout de même deux ans plus tard la clef sous la porte - mais ils connaîtront comme Daladier, la honte et le déshonneur.

Oui, les ouvriers de Fiat ayant choisi la vie, ou plutôt une médiocre survie, vie de merde, vie de chien, vie de berlusconien abruti et lobotomisé, non seulement choisissent de rester esclaves, mais encore engagent tous les autres à le rester ou à le devenir.

Ce qu’évidemment saisi parfaitement au bond le ministre italien du Travail, Maurizio Sacconi qui déclare trop heureux de la capitulation en rase campagne d’une bande de prolos aplatis  "ce vote change les relations industrielles en s'éloignant du conflit pour se rapprocher de la collaboration".

« Collaboration » en effet, le mot est bien choisi, que cette soumission sans condition au marché et au chantage patronal. Un patronat qui n’avance que parce que le prolo recule et qui aurait tort de se gêner devant de telles lopettes tétanisées.

Alors qu’en ces temps de crise, de colère et d’injustice insolente, c’est la ploutocratie qui devrait raser les murs la peur au ventre, c’est la classe ouvrière et tout le salariat qui baisse son froc, se courbe et se penche jusqu’à la reptation, jusqu’à retourner étrangement en bon névrosé, comme chez France télécom, l’arme contre soi plutôt que contre son oppresseur.

Le suicide et la fuite plutôt que la révolte.

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Oui je sais, il faut bien nourrir ses gosses et payer les traites du pavillon, de la playstation du gamin et de l’écran plasma pour suivre les exploits  trafiqués de la squadra azzurra en mondiovision mafieuse, mais quoi, leurs pères qui conquirent de haute lutte les acquis sociaux qu’eux bradent et bazardent sans lutter, se faisaient tirer dessus par les carabiniers et affrontaient les jaunes et serraient les dents.

La lutte de leurs aînés, ici ce sont les sans papiers qui la mènent et qui au bout de neuf mois d’une grève exemplaire dans la détermination et la solidarité a fait reculer (un peu ) le pouvoir en son sinistre représentant Besson, Ces mêmes sans papiers sur lesquels  les prolos lepénisés  soulagent leur haine et exorcisent leurs angoisses, le trouillomètre à zéro.

Certes, à cracher sur des plus miséreux et des plus immigrés et des plus basanés que soi, certes à humilier des plus dans la merde que soi, on a encore l’illusion de dominer quelqu’un et de prendre sa revanche et de n’être pas encore tout à fait un sous-homme, mais bon sang elle est passée où cette noblesse du prolo, cette dignité au cambouis, cette vergogne au charbon, qui fit les luttes et les combats et les avancées sociales et l'émancipation ?

En renonçant aux combats de leurs pères pour acheter un peu de temps avant l’inexorable venue du bourreau, les ouvriers de chez Fiat ont conservé le droit à être mieux exploités et mieux méprisés et mieux chosifiés et mourront quand même ;

tu parles d’un sursis.

Stefano Caldoro, gouverneur de la région peut le souligner avec emphase :

"La relance de l'usine Fiat de Pomigliano est une énorme opportunité pour la Campanie et tout le sud de l'Italie…le début d'une nouvelle phase".

Le début oui d’un nouvel esclavage et d’une nouvelle barbarie.

Le début de la fin d'une civilisation.

tgb

photo 2 - Fortuno Sorano compagnon de Zapata et Pancho Villa  devant le peloton d’exécution

20/06/2010

Nicolas ou Nicolas ?

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Pour le plus mauvais coach jamais désigné à la tête de l’équipe France, le plus vulgaire, le plus vénal, le plus inculte, le plus vantard et le plus incompétent « si, les événements (autour de l’affaire Anelka) rapportés sont exacts, ils sont inacceptables ».

Grâce au Nicolas suprême, sportif vagal de son état, qui nous révèle ici son sens aigu des priorités (faire écran au raout Villepinien) nous avons enfin une vision claire de ce qui, en ce pays, est acceptable ou pas et dans quel cadre de références scandalisées nous évoluons.

Au tarif donc de l’acceptable digne et classieux nous avons l’exemplaire Nicolas du « casse toi pôv’con » proféré lors d’un déplacement public et le Nicolas de l’inacceptable racaille « va te faire enculer sale fils de pute » bougonné dans un coin de vestiaire.

Pour synthétiser l' info donc
, s’il est tout à fait acceptable en tant que ministre des finances de placer sa femme conseillère fiscale de la première fortune française et de toucher un pourboire électoral au passage, il est inadmissible en revanche d’en parler sur les grands médias contrôlés impunément par un pouvoir veillant expressément à la liberté d’expression footeuse.

Fort acceptable pour une pharmacienne devenue ministre de la santé de placer son fils à une place stratégique de lobbyiste médical, après avoir passé commande de quelques millions de doses inutiles de vaccin, mais parfaitement inacceptable de rembourser une liste toujours plus longue de médicaments creusant on le sait, le trou poilu de la sécu sociale.

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S’il est absolument inacceptable de fumer un joint au risque de se retrouver en garde à vue, il est en revanche parfaitement acceptable de se carboniser 12 000 euros de barreaux de chaise au frais du contribuable.

Il est parfaitement inacceptable de profaner le drapeau tricolore, mais totalement acceptable d’envoyer 44 soldats mourir pour des clous atlantistes en Afghanistan ainsi que 11ingénieurs de construction navale pour solde de rétro commissions Pakistanaises.

S’il est accepté, en notes de frais publics la location d’un jet privé, le détournement d’un permis de construire tropézien, le prêt à sa famille forcément nécessiteuse d’un logement de fonction, la privatisation des jeux en lignes au profit des amis du Fouquet’s et autre fils Balkany, il est évidemment inacceptable de laisser quelque SDF survivre sous une tente au cœur de la capitale.

Parfaitement acceptable de cumuler retraites de députés, salaires de ministre, rétributions pour missions superfétatoires, mais absolument inacceptable d’avoir au terme d’une vie de travail, une rente décente à 60 ans…

Entre augmentation de salaires gouvernementaux, explosion vertigineuse d’argent de poche élyséen, caprices aquatiques de ministre de l’armée, chèque de 450 patates complaisantes à Nanard.com…la liste est loin d’être exhaustive mais, économiquement moralement politiquement acceptable. Il est en revanche rigoureusement inacceptable d'espérer, par exemple, 25 élèves par classe pour donner une chance à l'avenir et à l’éducation, dans un contexte d’austérité acceptablement relative et admissiblement arbitraire.

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Tant que l’inacceptable des uns (Nicolas) et l’acceptable des autres (Nicolas) est accepté par les uns (Nous) et cautionné par les autres (Eux) il se pourrait qu’on continue longtemps à considérer comme acceptable de refuser, comme Anelka, de payer ses impôts en France et d’admettre comme inacceptable deux grognements du même Nicolas en sueur à la une sordide d’une presse racoleuse.

Heureusement oui que les médias toujours vigilants nous indiquent précisément où s’indigner et quand et nous servent opportunément du punching ball "nègre" et calibré, des fois que la colère populaire s’exprimerait au bon endroit et sur le Nicolas approprié.

tgb


illustration : évidemment Sempé.







15:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (23)

16/06/2010

Les dindons de la farce

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Couscous pinard ou saucisson thé à la menthe ?

La rue Affre est exactement perpendiculaire à la rue Myrha.
C’est dire si je connais le quartier, si je connais la question.

C’est dire aussi, si j’ai entendu causé de l’apéro cochon organisé par les Justin Bridou ras du front, planqués derrière les paravents Riposte Laïque et autres succursales vaguement présentables d’officines crapoteuses.

Une tranche de facho gras entre deux tranches de pain modérément moisi.
Les masques tombent, toujours ça de gagné.

L’histoire de la rue Myrha et de ses fidèles en levrette, le nez dans l’huile de vidange à se geler le fion, j’en ai déjà parlé et Là.

Pour faire simple et contrairement aux allégations putassières de certaines pernicieuses et certains jongleurs de haine, dont Fourest Caroline sur France culture qui, au milieu d’une démonstration impeccable, distille toujours de ce bon petit venin d’intox à bien foutre la zone  :

non, les fidèles de la mosquée ne prient pas sous la pluie par soucis fumeux de prosélytisme aigu et d’islamisation rampante, mais oui ce qui sert de mosquée est bêtement trop exigu pour y rassembler les croyants et cela y sera remédié dès que le lieu cultuel et culturel consacré au monde arabe et à l’islam sera achevé dans le 18ème.

Car s’il est un fait en notre république qu’aucune religion n’a le droit d investir l’espace public, encore faudrait-il par cohérence, qu’on ne retarde pas indéfiniment les travaux de la salle de prière, par un mauvais zèle suspect et autres pressions tendancieuses.

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Pour tordre également le cou aux purs délires des fantasmeurs anti-auvergnats qui n’ont jamais foutu les pieds à la Goutte d’or mais qui savent tout et particulièrement instrumentaliser le jambon beurre, on trouve rue Myrha, entre deux boucheries Halal, un restaurant casher, une église  évangélique, une cave à vins et un Franprix flambant neuf où l’on peut se ravitailler en autant de cochonnailles et d’alcools pour se torcher.  

Si la rue Myrha n’est pas le paradis joyeux et bariolé de chez Benetton loin de là, elle n’est pas non plus, ce pays élucubré par je ne sais quel TF1 pour grabataires du crémol, de la Musulmanie intérieure étendant ses tentacules islamistes.

C’est juste un coin assez pourri en réhabilitation (et aseptisation) sociale, populaire et folklo, avec ses putes ghanéennes marchandisées et ses camés à la dérive. Avec ses gavroches aux 67 origines et sa vie de quartier. Un coin juste sordide et bon enfant.

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Si j’ai, jusque-là, refusé d’aborder cette douteuse partouze porcine, c’est parce que, par stratégie et expérience, j’ai toujours considéré qu’il ne fallait pas offrir à une provocation misérable sa caisse de résonance et qu’évoquer ces mauvais relents de sauciSSons avec deux SS assez identifiables sur l’affiche (quelle connerie tactique d’ailleurs) c’est déjà valider ces sales manigances.

La provoc n’existe que si elle suscite son scandale, son ramdam et son indignation médiatique, bref que si elle génère sa réponse amplifiée. Y entrer c’est forcément la nourrir. Par absence de réaction, calculée ou pas, la provocation s’annule d’elle-même et s’éteint.

Je n’étais pas contre assister à l’errance de deux pelés trois tondus un litron à la main, se tartiner du sauciflard et gerber du pseudo tricolore, dans une rue Myrha indifférente, concentrée sur l’écran footeux d’un soir mondialisé.

C’est raté.

Vu l’ampleur de la polémique, interdit ou pas, l’apéro pochtron des Ducon Lajoie BBR a déjà atteint sa cible et produit ses effets.
C’est navrant.

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Dans le contexte nauséabond de la montée des extrémismes, des nationalismes  et des xénophobies, exacerber les communautarismes et s’outrager avachi du drapeau risque de devenir un petit jeu malsain très à la mode.

Les petits minets inconscients de l’identité nationale, les Zemmour, les Besson, les commis charcutiers qui ont initié ça, pourraient bien finir par se prendre un retour de saucisson à l’ail en plein dans les dents.

Qu’ils ne viennent pas se plaindre.
Le problème c’est qu’on risque tous de déguster.
Les Merguez, les Chipolatas et même les Boudins noirs et de finir en chair à canon au profit du grand sanibroyeur capital.

triste farce !!!

tgb

19:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (34)

14/06/2010

Quand la Savoie fera trembler Wall Street...

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La victoire du N_VA (nouvelle alliance) parti indépendantiste Néerlandophone, du leader populiste et télégénique Bart de Wever, 29,5% aux législatives belges, au détriment de la communauté francophone, confirme le processus inquiétant de balkanisation en Europe.

Le divorce progressif entre la Flandre (60% de la population) et la Wallonie conduisant à un état confédéral en un premier temps puis au risque d’une partition de moins en moins hypothétique de la Belgique serait d’ailleurs probablement acté, s’il n’y avait Bruxelles capitale, géographiquement Néerlandaise, sociologiquement Wallonne.

Lorsque l’on voit la prise de pouvoir progressive de la Ligue du Nord en Italie dont l’axe politique essentiel est de se désolidariser du sud en jouant sur les égoïsmes, lorsqu’au même moment on constate les émeutes interethniques au Kirghizstan entre Ouzbeks et Kirghiz (une centaine de morts 1200 blessés), on ne peut que trembler à l’idée du retour des crispations identitaires, des replis communautaires et des montées du nationalisme, voire des régionalismes les plus frileux, les plus étroits et sectaires.
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C’est donc paradoxalement, mais somme toute de façon assez logique, que, dans ce monde financièrement globalisé , ce pseudo village planétaire, ce vaste supermarché libre et non faussé, où circulent sans entraves, images footeuses, (allez les bleus, la marseillaise et le drapeau sanglant élevé) marchandises frelatées et pognon défiscalisé, mais pas les gens, que les populations sacrifiées à l’autel du dividende et de la compétitivité, retrouvent leurs vieux réflexes moisis du regroupement clanique .

C’est donc paradoxalement encore, juste après l’effondrement du mur de Berlin, que nous assistons à la construction de centaines d’autres murs géographiques, politiques, culturels et mentaux.

Vieux comme le monde, que ces automatismes pavloviens de temps de crise.
Vieux comme le monde que ce refus rétracté de l’autre, que cette peur de l’étranger, que cette haine du plus pauvre que soi, que cette stigmatisation du bouc émissaire devenant la cause simpliste de tous nos maux.

Vieux comme le monde que l’instrumentalisation démagogique par les pouvoirs des clivages et l’accentuation des divisions pour mieux régner.Car si les peuples, ethnies et communautés réunis ne se combattaient pas les uns les autres, il est évident que ces mêmes populations unissant leur énergie iraient demander des comptes musclés aux castes dirigeantes, au club népotique directement responsables des désastres économiques, écologiques et sociaux actuels.
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Quand on voit le peu d’influence aujourd’hui des états, des nations, sur les oligarchies financières, on imagine bien alors, le pouvoir misérable qu’auront autant d’états croupions, confédérés ou pas sur les puissances bancaires.

En cet anecdotique 150ème anniversaire du rattachement de la Savoie à la France, l’activisme rance et pathétique de la ligue savoisienne (mouvement indépendantiste savoyard sclérosé) en est une illustration supplémentaire.

Quand la Savoie libérée fera trembler Wall Street…

Arvi pâ !

tgb

11:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21)

 
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