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23/05/2010

Faut il interdire le festival de Cannes ?

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1) Un motard est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à Antibes (Alpes-Maritimes) percuté par un homme qui roulait ivre et à vitesse excessive après avoir participé à une fête organisée dans le cadre du Festival international du film. Le conducteur, un Polonais directeur d'une entreprise a pris la fuite à bord de sa Bentley mais a été rapidement interpellé. Selon les enquêteurs, il était à l'évidence ivre et roulait trop vite.


Aussitôt après avoir pris connaissance de ce triste fait divers, monsieur le ministre de l’intérieur, soucieux de l’ordre public et déterminé à mettre fin à ce type de débordements, a pris l’initiative de réunir une commission pour décider de l’avenir de ce genre de manifestation.

Si plusieurs pistes de réflexion sont à l’étude, dont l’interdiction partielle ou totale de ce festival géant, il semble toutefois que les autorités se dirigent vers une tolérance relative de l’événement en raison de son caractère festif et dans la mesure où, serait prohibé formellement, l’alcool, les Bentley conduites par des plombiers polonais, ainsi que les motards nocturnes. 

2) « Un officier français tué dans le sud de l'Afghanistan : c’est le 42 éme soldat français tombé depuis 2001.

Aussitôt après avoir pris connaissance de ce triste fait divers, monsieur le Ministre des armées, soucieux de l’ordre public et déterminé à mettre fin à ce type de débordements, a pris l’initiative de réunir une commission pour décider de l’avenir de ce genre d’évènement.

Si plusieurs pistes de réflexion sont à l’étude, les autorités ne semblent pas déterminées à interdire formellement ce type d’attroupement en raison de son caractère atlantiste. En revanche, on pourrait se diriger vers une censure totale des journalistes «non embedded ».

3) Deux jeunes sont morts et un troisième grièvement blessé, percutés par une voiture, alors qu'ils circulaient à vélo dans la nuit de samedi à dimanche sur la commune de Gruissan (Aude) en fête à l'occasion  des "Festejades".


Aussitôt après avoir pris connaissance  de ce triste fait divers, monsieur le ministre du développement durable des transports et de la sécurité routière, soucieux de l’ordre public et déterminé à mettre fin à ce type de débordements, a pris l’initiative de réunir une commission pour décider de l’avenir de ce genre d’évènement.

Si plusieurs pistes de réflexion sont à l’étude, les autorités ne semblent pas déterminées à interdire formellement ce type d’animation en raison de son caractère folklorique à forte identité nationale. En revanche, on pourrait se diriger vers une régulation très sévère de la pratique cycliste  en dehors des évènements tels que le Tour de France, Paris Roubaix, ou Paris Nice, exemples sanitaires, unanimement reconnus par le milieu médiatico-politico-sportif. 

4) Un homme de 91 ans a été découvert tué de plusieurs coups de couteau à son domicile de Nice la nuit dernière et sa compagne âgée de 48 ans placée en garde à vue, a-t-on appris aujourd'hui auprès du parquet.


Aussitôt après avoir pris connaissance de ce triste fait divers, monsieur le ministre …etc…

tgb

 

photo : Marc Ollivier

15:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (19)

18/05/2010

Ga bu zo meu (regarde la capitalisme tomber)

 

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Et les Shadoks pompaient.

Ils pompaient l’argent des pauvres, ils pompaient l’argent des classes moyennes, ils pompaient l’argent des livrets A, ils pompaient l’argent des assurances vie.

Les Shadoks qui pompaient, possédaient pour tout vocabulaire quatre éléments de langage : « ga, bu, zo, meu » qui leur servaient également de chiffres. A partir de ces quatre monosyllabes de base, ils élaboraient des équations hyper sophistiquées que personne ne comprenaient ni ne maîtrisaient et qui faisaient toujours tout péter à la fin.

Pour pomper, les Shadoks avaient inventé une pompe à phynances, qui comme son nom l’indique pompait la finance. La pompe a phynance avait toutefois un léger inconvénient, elle faisait des trous ; des trous par ci des trous par là ; des trous privés qu’on bouchait avec des trous publics ; des trous publics qu’on bouchait avec des trous dans l’épargne populaire ; des trous dans l’épargne populaire qu’on bouchait en vivant à crédit ; des vies à crédit qu’on bouchait avec rien du tout.

On appelait ça le capitalisme. (GA)

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Quand les Shadoks avaient pompé toutes les finances des entreprises et toutes les finances des petits actionnaires, les Shadoks pompaient alors les finances des services publics, puis les finances des retraites, puis les finances de la sécurité sociale, tout en faisant toujours des trous partout. Des trous qui aspiraient des trous, qui se nourrissaient de trous qui formaient un vaste trou noir dans lequel la finance se transformait en anti-finance.

On appelait ça « la crise » (bu)

Pomper la phynance comportait 4 phases

La phase 1 (Ga) – le pompage de la finance
La phase 2 (bu) – le gonflage de la finance 
La phase 3 (zo) – l’éclatage de la finance
La phase 4 (meu) – le siphonage de la finance.

Pendant la phase siphonage de la finance, les Shadoks faisaient passer la finance du point A (ta poche) au point B (la leur).  

On appelait ça « la rigueur » (zo) ou « l’austérité » (zo aussi)

Quand les Shadoks n’avaient vraiment plus rien de rien à pomper, ils se pompaient entre eux avant de se pomper eux mêmes. Ils s’auto-vendaient des créances pourries en s’auto-spéculant à la baisse. C’est ainsi qu’ils inventaient un produit nouveau « l’auto-subprime » qui les faisait devenir riches tout en les ruinant.

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On appelait ça « l’autodéfinancement » (meu)

Les 4 mots de base se combinaient de toutes les façons possibles, mais quelque soit leur agencement, signifiaient toujours la même chose :

There is no alternative.(un modèle du genre)

Néanmoins, suite à une découverte linguistique récente et révolutionnaire, on pourrait tout aussi bien traduire «  Ga bu zo meu » par  :

regarde le capitalisme tomber

tgb

19:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (34)

16/05/2010

Le sparadrap sale de Karachi

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A priori si, dans une histoire de sous-marin pakistanais et de supposées rétro commissions électoralo balladuriennes je n’avais rien à cacher, je :

- n’intimerais pas aux fonctionnaires de Christine Lagarde de la fermer devant la commission parlementaire chargée de l’enquête.

- Ne m’emploierais pas à empêcher la parution d’un ouvrage sur la dite affaire.

- M’inquiéterais que les ex ministres concernés soient devenus amnésiques et relancerait d’urgence mon plan Alzheimer.

- Ne passerais pas 3 minutes à mouliner des oreillles sur un truc pas la peine, me contentant d’un niet définitif.

Voir et revoir

Parce que quand même, quand on regarde la vidéo, qu’on analyse le comportement du gus, y’a comme du kilotonne chez le pépère tellement transparent qu’il en est tout opaque.

- Et que je te trouve consterné cette affaire riquiqui... - pffff-mon-dieu-yeux-aux-ciels - et que je m’outrage des épaules en t’en mettant une couche… - et que je te balaie ça d’une main en t’en repassant une seconde outrée (de couche - alors que la première est même pas sèche) - et que je m’offusque du sourcil - et que je te surjoue du respect aux victimes et « trucs » du genre…-

A peu prés aussi crédible que le pote qui t’assure 22 fois qu’il est super sincère. Si au départ tu te posais pas la question à la 12éme, il est franchement suspect.

A bien entendre ce qu’il tait à travers ce qu’il dit, ça se lit assez comme de l’aveu implicite. Ce qu’il est parle si fort, qu’on entend plus ce qu’il dit.

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Flash back

En ces temps incertains des années 95, MR Chirac en rade dans les sondages conserve néanmoins un net avantage sur un ami de 30 ans : le Codevi du RPR.

Mr Balladur ayant besoin de liquidités pour nous vendre sa tronche capétienne s’en trouve fort marri et, quoique fleuri du menton, ce n’est pas avec la vente du muguet qu’il va se refaire..

Sauf, qu’il  est ministre One. Sauf qu’ Iznogood, qu’à tellement changé qu’il est déjà pareil, est aux finances. Sauf, qu’on vend des submersibles hautement périscopés à des gradés généralement pakistanais. 

Ça tombe à pic.

Comme l’usage dans les contrats veut qu’on arrose tout ce qui bouge, il n’est pas invraisemblable qu’un pourcentage adéquat retourne à l’envoyeur par une immersion finement offshore.

Manque de bol, le goitreux est battu, l’Iznogood  défait et Chirac, qui se la mange froide, paie pas le dernier tiers. Résultat des courses 2002 : 14 morts 11 français, dans un attentat attribué (autant que ça serve) au terrorisme local.

Pas une ristourne, une relance.

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Certes, ce genre de grenouillage liquide par 3000 mètres de fond n’est pas simple à prouver. Il est rare qu’on conserve les factures. Mais sait-on jamais, on a vu des cadavres immergés remonter à la surface.

Que voilà un sparadrap bien collant, bien gluant, bien sale, aux doigts du type qui « nous mentira pas - nous trahira pas » et qu’on sait bien que c’est pas son genre.

tgb

10:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

12/05/2010

Kanellos : portrait du rebelle en chien

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Ce chien s’appelle Kanellos. Il accompagne toutes les manifestations du peuple grec en colère. Il en est l’icône, le totem. Ne porte pas de muselière.

Que ce chien soit unique ou multiplié - on sait le nombre de chiens errants à Athènes - il est le symbole de l’outrage fait aux Hellènes et de leur juste révolte.

En un sens, il est la réincarnation des cyniques. Ces philosophes de la Grèce antique, s’appliquant à vivre et à mourir comme des chiens. Préférant l’ironie à la carrière, l’autarcie à l’opportunisme, la transgression au conformisme, la frugalité à l’empiffrement.

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Diogène dans son tonneau se foutait royalement de respecter les règles sociales, les conventions, les interdits. Il crachait sur les honneurs, la frime, le fric et les simulacres. Il ne lui serait jamais venue l’idée médiocre de travailler plus pour gagner plus.

Diogène n’était pas compétitif.

Il était plutôt du genre à s’essuyer la main, après avoir serré la pogne d’un pitre vaniteux.

Diogène faisait le malin.

Citoyen du monde, sans emprise, sans rien, il n’avait ni à perdre ni à gagner et n’avait donc peur de rien. S’il s’autorisait parfois à s’astiquer en public, ce n’était pas seulement par provocation, par esprit de subversion, ou pour briser les codes mais bien plutôt pour jouir de la liberté d’être grossier avec les vulgaires.

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Se branler oui pendant que les scabreux, eux ont le nez dans leur bourse.
Mendier oui, pendant que les cupides se tuent à entasser.

Car si montrer son cul est grossier, dénoncer les privilèges des pauvres quand on est milliardaire ou un de ses valets EST vulgaire.
Car si aboyer sur un tas de fumier est grossier, faire endosser ses dettes privées par des déficits publics EST indécent.
Car si pisser en public est grossier, imposer la rigueur à des gens qui n’ont rien quand on a déjà tout EST obscène.

Et je rêve, d’un impôt sur cette vulgarité là
Et de foutre en l’air enfin, leur bouclier fécal.

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Diogène ne possédait rien, mais jouissait du luxe immense, d’envoyer se faire foutre les puissants. Ni compromis, ni compromissions, ni petits arrangements avec le marché. Diogène n’était pas socialiste ou socio démocrate. Il était cynique.

Non pas de ce cynisme qui, par glissement sémantique et déviation de sens est devenu l’apanage de ces prédateurs maîtres de tout et bons à rien mais de ce cynisme impeccable initié par Antisthène, qui compris d’évidence que l’accumulation avide était vide de sens.

« Barre toi de mon soleil » pourrait dire aujourd’hui Diogène au spéculateur vautré dans sa limousine et qui lui fait de l’ombre, comme dégage de mon territoire pourrait grogner Kanellos, aux flics grecs bientôt amputés de 20% de leur salaire.

A la vanité vaine Diogène répondait par l’orgueil désinvolte.
Au pouvoir factice Diogène opposait son mépris nonchalant
A la fatuité bien ordonnée pour et par soi même Diogène répliquait par son modeste désordre :

la glande
jusqu’à l’ataraxie.

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Cette contestation cynique et souveraine ne consiste pas seulement à dénoncer par le mépris ricanant la posture et l’imposture des profiteurs bouffés par leurs profits, ni à leur mordiller les mollets avant de, miraculeusement un jour, chopper la jugulaire, cette contestation d’un cynisme tranquille vise à leur souligner au feutre gras :

qu’ils vivent et crèveront comme des cons.

que ce sont eux les mendiants.

tgb

 

Le titre de la note est un détournement astucieux de "Cynismes Portrait Du Philosophe En Chien" de Michel Onfray

21:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (25)

 
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