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14/04/2010

Cul-ture du résultat

 

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Dans un mail inspiré, adressé à ses directeurs de vente, Rémi Karcher, le bien nommé directeur des bureaux de poste de Paris-Sud, demande à se « focaliser lundi en quinze sur « l’extermination » des vendeurs à 0… » appelant littéralement à la « chasse ouverte ».

Ainsi va, de la culture du résultat en ce monde capitaliste fraîchement moralisé.

Où l’on constate donc, que le management par le stress et la terreur à coup de rouleau compresseur, n’est pas l’apanage d’Orange, alias France Télécom, mais est largement répandu dans les grandes entreprises, tout à leur lutte acharnée au nom de la compétitivité et de la rentabilité du dividende à 2 chiffres, pour mieux broyer les hommes. 

Car faisons simple, broyer les hommes était bien le projet avéré d’une entreprise visant dans une démarche radicalement rationnelle et statistique, à se débarrasser de 22 000 employés entre juin 2005 et décembre 2008, protégés par leur statut de fonctionnaire, en les poussant à la démission. Le suicide n’étant qu’un avatar spectaculaire du plan NexT, validant par l’extrême, sa redoutable efficacité.

Que le mot « extermination » sorte alors sous les doigts visqueux d’un petit kapo du productivisme, les yeux d’abruti formaté bloqués sur son tableau de bord économiquement fascisant (avec primes), n’a plus rien d’étonnant. Nous sommes bien, ici, aujourd’hui dans la logique  déshumanisée d’un camp de travail, concentré sur sa culture du résultat rationalisé.

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Culture du résultat mon cul ! tandis que les marronniers du printemps de surgir à la une de tous vos journaux sans lectorat mais avec subventions : classement des meilleurs lycées, hit parade des meilleurs hôpitaux, top 50 des meilleurs films façon Denisot : X millions d’entrées X millions de Dollars =  à voir absolument.

Culture du résultat mon cul ! incarnée outrageusement aujourd’hui par le dictateur financier FITCH. Cette agence privée au quasi monopole (1 concurrent) dont la pertinence économique reste à démontrer, elle qui hier encore accordait, par incompétence ou connivence, une note « AA » à des centaines de banques aujourd’hui en faillite et qui autorise par sa notation à dépecer la Grèce, bientôt le Portugal, et pourquoi pas la France.

En quoi la petite boutique de Marc Ladret de Lacharrière, conseillé par Alain Minc, toujours dans les bons coups, aurait-elle la légitimité d’imposer du « crédit révolving » à des états millénaires qui, par nature et contrairement à elle, ne feront jamais faillites ? Au nom de quoi et de qui, autorise t’on un cabinet d’experts comptables omnipotent à faciliter la spéculation d’un marché financier dont le moins que l’on puisse dire n’a pas donné que des satisfactions. Au nom de quelle fumisterie idéologique justifie t’on que « ceux qui produisent tout n’aient rien et ceux qui ne produisent rien aient tout »1

Et si l’on décrétait enfin que l’agence machin dans son droit de vie et de mort sur les politiques économiques et sociales des états et jouissant d’un extravagant pouvoir nous "fitchait" la paix. Et si les peuples enfin réveillés, envoyait tous les Alain Minc calamiteux, dont les résultats mériteraient largement un ZZZ-, se faire noter ailleurs. Par les Grecs par exemple.

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Culture du résultat mon cul ! Cela fait 20 ans qu’en tant que formateur, je suis confronté aux évaluations de fin de stage. Evaluations vitales pour ma survie, puisqu’elles sont les critères subjectifs de mon travail. 20 ans que j’en constate les effets pervers. 20 ans que j’induis mes interventions en fonction de mes notations au détriment de ma pédagogie. 20 ans que, plutôt que d'enseigner je joue de la séduction et m’efforce de plaire. 20 ans que j’évite de trop déranger en « informant les gens de ce qu’ils ont envie de savoir, plutôt que de ce qu’ils ont réellement à savoir »2

La culture du résultat au nom de je ne sais quelle validation du travail quantifié est une véritable escroquerie.

Il est temps "d’exterminer" les experts comptables.

Plus de cul, moins de ture, on verra bien le résultat.

tgb

1 Karl Kraus
2 Alexandre Jacob

14:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (26)

12/04/2010

Docteur Amerikenstein

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L’Amérikeinstein à toujours eût un goût prononcé pour l’élaboration en éprouvette dans quelque obscure officine, de monstres façonnés à son image et programmés à sa botte. Poussés tels des pions sur l’échiquier mondial, ces marionnettes made in US, parées de toutes les vertus morales, célébrées en exemple politique par le tam tam de la conformation média, surgissent à la tête de nations sous tutelles en supplétifs zélés de la maison mère. Du moins jusqu’à ce que ces joyeux larbins, par nature ambitieux, finissent par avoir d’étranges velléités d’indépendance et d’émancipation mégalo-nationaliste.

Ils deviennent alors subitement monstrueux et du jour au lendemain, d’odieux criminels de guerre dans le concert d’indignation humanitaro-kouchnérienne des brocanteurs de l’opinion publique qui, la veille pourtant, avant qu’on appuie sur le bouton, la fermaient encore fort consciencieusement. 

Ces pantins instrumentalisés,  arrivés souvent dans les soutes des bombardiers pacificateurs  à coups de bombes au phosphore et à qui l’ont fait une aimable courte échelle, n’ont alors plus rien à négocier que la longueur de la laisse et le diamètre du collier. Avec diamants tant qu’à faire.

A ce jeu du « je me sers de toi tant que tu me sers moi » on ne sait plus très bien qui se sert de qui et à quel moment exactement l’androïde échappe à l’emprise de son maître. Ce que l’on sait en tout cas, c’est que créateur et créature sont indissociablement liés, comme la chose de Frankenstein reste liée à son auteur Mary Shelley.

Chose qu’on utilise tant qu’elle se révèle malléable et qu’on jette après usage, si l’on peut encore la neutraliser.

Quelques exemples de créatures célèbres du docteur Amerikenstein devenues « out of control »

Certaines purent se révéler relativement coriaces  :  

Noriega Manuel : Caudillo  folklo et sanguinaire du Panama, dégagé par Bush père (ex patron de CIA) découvrant un matin en se levant que « face d’ananas » appointé depuis 20 ans par la CIA était une immonde ordure dictatoriale liée au trafic de drogue. Il fut chassé du pouvoir (2000 à 5000 morts) au nom de vagues principes démocratiques. L’idée saugrenue chez le général Tapioca de nationaliser le canal de Panama ne serait que pure coïncidence.

 

avant

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Après

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Hussein Saddam
: Type épatant et serviable toujours prêt à aller guerroyer contre l’ Iran avec la bénédiction du Grand Satan pas trop regardant sur la qualité des armes sales généreusement fournies avant que d’être pendu haut et court pour incompatibilité d’humeur et utilisation d’armes sales. Un peu ballot quand même.

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Laden Ben : Milliardaire de bonne famille nombreuse et Saoudienne, antisoviétique primaire et fort disponible  pour bouter le Russe hors d’ Afghanistan avant que de se retourner contre la maison mère et ses tours jumelles par excès d’ingratitude et overdose d’empire. Porté disparu depuis 2001. Quelques messages sonores sporadiques et douteux sans images, nous laissent dubitatifs quant à sa capacité à être toujours photogénique.

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apres

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Tout ça pour dire que le prochain sur la liste, des chouchous ricains en voie de « tricardisation », pourrait bien être Hamid Karzaï et son célèbre « pakol » sur la tête, si tendance dans les rues de New York, il n’y a pas si longtemps.

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"Démocrate exemplaire" et bon laquais servile jusque-là, ses envies autonomes de pactiser avec les Talibans pourraient bien le faire changer rapidement de statut.

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Promu depuis peu au rang de corrompu, bourreur d’urnes, trafiquant et opiomane à ses heures (et si ce n’est lui c’est donc son frère) ce qu’il n’était évidemment pas la veille au soir, on pourrait bien y voir les signes d’une prochaine disgrâce scandalisée.

Opiomane en Afghanistan ? à peu prés aussi incongru qu’un buveur de vin en Bourgogne ; tous les journalistes intègres de tous les médias indépendants vous jurant noir sur blanc qu’hier encore pourtant il tournait au Chupa chups allégé.

Son remplaçant idéalement formaté dans les tuyaux se nommant Abdullah Abdullah, toutes les Arlette Pernault de la bonne infococo se réjouissent d’ avance du côté mnémotechnique de l’affaire. Quand même infiniment plus pratique à mémoriser qu’un ignoble "Ahmadinejad", ni simple à imprimer ni facile à prononcer.

Pour conclure, le petit jeu qui pourrait égayer ce lundi maussade consisterait à repérer notre « Boris Karloff » à nous. La chose encore en couveuse dans quelque incubateur ricain prête à se dévouer au cas où... pour la grandeur de la France....

Autant vous dire, que j’ai mon idée sur la question…

tgb

17:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

10/04/2010

Le plan B polonais

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les twin brothers

 

De l'avantage d'avoir un jumeau qui préfère le train...

 


Quelques réactions  semi-officielles  :
Christine L. : Amis polonais, promo sur Airbus, crashez vous Français…
Oliver D. : …Ou au moins en Rafale…
Dominique B. : 130 morts - 88 passagers ? : non à l’overbooking
Robert M. (ex RSF) : Nous perdons un grand défenseur de la peine de mort
Christian V. : Nous perdons un grand homophobe, il manquera.
Eric B. : Encore une tragédie liée à l’immigration clandestine
Alain J. : Cède jet à 130 000 euros a/r…
Christian E. :  J’achète
Ryan A. : Quitte à se crasher volez low-cost
François. F. : C’est même pas moi qui pilotait…
Stéphane G. : A force de faire du rase motte…
Jean Luc H. : Décidément ça ne vole pas haut…je m’excuse
Mikheil S. : Avec Glucksmann dés demain j’achète un tandem…
Jean P2. :   1 Kaczynski survivant : un miracle !!!
Vladimir P. :  Katyn : 22 000 + 88… Za zdorobie !
Joseph S. : 88 ?! on est tombé bien bas !
Ben L. :  1 sur 2,  pfff amateurs !!!
Nicolas S. : Chouette un enterrement …
Carla B. :  Penses à réviser mon air force one chouchou !
Raymond D. : Pour la coupe du monde, une équipe, un avion, rien à perdre
Pierre C. : ….Une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers…
Rachida D. : Paraît que Carla se tapait le pilote…
Jacques M. : Bienvenue au plombier polonais délocalisé…
Père U. : Ben merdre alors !
Eric Z. : Une boîte noire ça fait tache sur le blanc
Fadela A. :  Les avions brûlent parce que nous démantelons les trafics de drogue
Nadine M. : C’est la faute au ouebe !
Frédéric L. : Pas mieux !

 

tgb

12:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

07/04/2010

Le résistant du Fouquet’s

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Comme chaque année, notre malotru national, tout à son Solutré héliporté, va faire le pitre devant les 150 cadavres des maquisards morts pour la liberté, sur le plateau des Glières. Et comme chaque année, notre goujat tricolore, tout à sa tartufferie recueillie, va nous foutre la honte et la nausée.

Comme chaque année, le savoyard que je suis, va voir ce guignol essuyer ses mocassins sur le dos des francs tireurs, partisans et autres résistants sacrifiés, pour mieux se doper du sondage, soulevant, par cette scabreuse et indécente présence, le cœur de tous ceux, entrés en (modeste) résistance en ce pays.

Comme chaque année, pataugeant dans les bottes gaulliennes, le nabot qui ne sait pas se tenir, et qui se prend cuistrement pour un géant, va faire son cinéma télévisé devant le monument aux morts de jeunes réfractaires du STO, militants communistes, espagnols républicains, juifs réfugiés, qu’il se ferait un devoir malsain d’expulser aujourd’hui.

Et comme chaque année, le paltoquet qui nous sert de président, dénué de tout savoir vivre et probablement de tout savoir mourir (mourir c’est pas facile ) rendra hommage à des gens qui surent admirablement mourir les armes à la main pour que des types dans son genre ne bradent pas les valeurs de ce pays.

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Ils s’en retournent probablement dans leur tombe.

Car comme chaque année, sans réécrire l’histoire mais je n’ai pas l’ombre d’un doute, Mr Bruni qui filerait direct à Vichy rejoindre ses amis du CAC 40, plutôt qu’à Londres° si l’histoire repassait les plats, nous fera un vibrant blabla sur l’héritage de la résistance tout en défaisant méthodiquement les acquis sociaux du CNR, programme adopté le 15 mars 1944.

Et comme chaque année, relisant le communiqué de Radio Paris glorifiant la victoire des ’forces de l’ordre’ sur un « ramassis de lâches terroristes communistes et étrangers » je trouverais ça « beau » comme du TF1.

Comme chaque année, je prierais très fort les compagnons camarades tombés le nez dans le ruisseau, pour que le bouffon atlantiste se casse de nos alpages, et qu’il retourne se prosterner devant son monument à lui, sur les Champs Elysées, où l’herbe est moins verte, l’oxygène moins pure, mais où trône le Fouquet’s, son mausolée à lui et qui lui restera, quoi qu’il arrive, symboliquement et historiquement, définitivement associé.

Comme chaque année, c’est sur invitation UMP muni d’une carte d’identité que vous pourrez faire la claque au numéro de claquettes du clown entalonné. Figuration redoutablement intelligente du dernier carré de militants singeant pour Arlette Pernaut, la foule en liesse devant le populaire  mister 28%.

Comme chaque année donc, une fois que le roi de la récup sera parti jouer le président ailleurs, qu’il aura enfin foutu la paix à Tom Morel et à ses combattants du maquis, se rassemblera alors une foule mélangée colorée et respectueuse pour un grand pique-nique républicain au nom du collectif CRHA (Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui) parrainé par l’immense Stéphane Hessel,

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afin de rappeler que la lutte pour les valeurs de solidarité, de fraternité, et de justice continue et pour assurer aux 150 frères de sang, français ou étrangers massacrés qu’ils ne sont pas morts pour rien et que l’esprit de résistance se perpétue bien au delà des montagnes et malgré les simulacres du coquelet de Neuilly.

tgb

° aux grands patrons venus le voir à la libération, De Gaulle avait balancé : « bonjours messieurs on ne vous a pas beaucoup vu à Londres » trop occupés qu’ils étaient à faire des affaires avec l’occupant.

Merci à Jacqueline

08:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (41)

 
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