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06/04/2010

Petites crapules et grosses coupures


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Article 35 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen: "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."



Si, comme le déclare fort martialement le ministre de l’intérieur, avec ce coup de menton qui lui confère ce charme indéfinissable anti Bougnat, "ce ne sont pas les petites crapules qui vont faire la loi dans les quartiers" il n’est pas à exclure en revanche que les grandes crapules fassent la loi directement à l’assemblée nationale.

Depuis le temps que Bernard Tapie nous répète qu’il vaut mieux Gagner 40 millions sur le dos de l’Etat plutôt que de dealer des barrettes de shit, il serait quand même temps que les noirs et les arabes comprennent que la grande délinquance en col blanc est assez minoritaire dans nos prisons et que ça ne risque pas de s’arranger avec la dépénalisation des affaires.

Merci président

Et pendant que le pouvoir tout à sa conspirationnite aigüe nous amuse avec de la théorie du complot touche pipi, les bons petits larbins de l’armée UMP votent sur mesure de la légalisation de jeux en ligne au profit de quelques amis et fils d’amis du Fouquet’s, dont le proprio d’ailleurs se trouve être le patron du groupe Barrière. Le monde est petit dans le huitième arrondissement.

Effet d’aubaine fort bienvenu en ces temps de surendettement populaire et d’addiction à la nouvelle utopie du loto révolutionnaire, que cette privatisation des jeux, initiée par le jeune néo-zélé Baroin, reconverti dans le poker menteur avec cet air juvénile d’un Tintin en partance pour la coupe de monde de foot chez « les nègres ».

Nous compatissons certes au fait, qu’il ne reste guère que deux ans pour enrichir la caste présidentielle, récompenser les prodigues donateurs de la première campagne et financer la seconde, qu’il est urgent donc, d’offrir la régie publicitaire de France Televisions à Courbit et Minc, du nucléaire et du sans papiers bon marché à Bouygues et des jets privés à des ministres auto entrepreneurs mais certains cadeaux somptuaires pourraient finir par faire tâche même planqués derrière un bouclier fiscal argenté.

Reconnaissons tout de même que grâce aux initiatives caritatives pour petites sœurs des riches du De Funes de Neuilly déclarant vouloir être        « …servile avec les puissants, ignoble avec les faibles » cette charmante promesse sera indéniablement tenue, et qu’il est donc encore des banlieues à l’ouest de Paris dont la prospérité et l’opulence font plaisir à voir.

Que donc à l’issue de ces quelques mois de politique avisée et fort cohérente au bénéfice des privilégiés et au détriment des précaires, que les riches soient plus riches, les pauvres plus pauvres et que les classes moyennes soient en voie de paupérisation, ne peut surprendre que ceux qui ne savent pas lire les programmes électoraux.

Voir dans les paradis fiscaux, le sourire revenir sur les visages émaciés des réfugiés bancaires, ces exilés du lingot qui aiment tant la France qu’ils l’ont quittés depuis longtemps, ne peut que réjouir le bellâtre pomponné Valls de chez Bilderberg, toujours prompt à leur lécher le fion, et piaffant d’impatience à l’idée de supprimer l’ISF. Mesure fort inégalitaire, il est vrai, pour un membre de la star Ac Blairiste.

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N’imaginant pas que le colonel Moutarde Hortefaux puisse lancer avec la complicité de TF1 quelque opération coup de poing dans les hôtels particuliers des grandes crapules à grosses coupures, j’admets bien volontiers avec Zemmour, qu’il est plus facile d’embastiller de la racaille noire et arabe d’autant que, gros avantage, elle est plus facilement identifiable.

Pas comme un compte aux Caïmans.

tgb

 

21:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

01/04/2010

des fois je bosse,

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Des fois je bosse. Souvent par séquence, souvent par série. 3 jours par ci, 2 jours par là. Parfois juste 1. Des jours souvent concentrés aux mêmes périodes, au taquet, avec de grands moments de rien et de vide, entre. Un peu angoissant mais j’assume. C’est le prix à payer. 20 ans que je vis ça, cette précarité choisie, relativement confortable.

Quand je bosse, le veille au soir, je mets mon réveil comme tout le monde.
Le matin, j’assure mon timing comme chacun.
J’ai mes repères radios, audios, persos, mon compte à rebours à moi.
J’optimise mes gestes, mes déplacements, mes minutes.
J’enfile mon costard, rarement de cravate, une veste au minimum.
Ma tenue de travail.

Après je prends mon thé, ma clope, mon café, ma clope, mon cartable et mon métro.
Comme tout le monde ou presque.
Je me tasse dans la rame en protégeant mon espace vital, comme chacun.
J’aime bien être comme tout le monde, des fois.
Comme tous ces gens dignes, pas réveillés, chacun dans son histoire.
J’aime bien être un figurant dans leur film comme eux sont des figurants dans le mien.

Juste on se croise. Juste on s’oublie.

Parfois j’ai le fier sentiment de participer à la vie économique de mon pays.
Au PIB, à la croissance, à toutes ces conneries de la vraie vie des vrais gens comme on dit à la télé. Je me sens presque normal.
Ça me change. Ça me rassure. Ça m’apaise.

Je n’ai pas toujours le bon réflexe des parisiens sur rails dans leurs automatismes.
Prendre le bon wagon, pour sortir au bon couloir et économiser le temps, les efforts, les pas.

Quand une rame est sur le point de partir et que je suis encore dans les escaliers, je ne cours pas. Je ne cours Jamais. Je préfère attendre la rame suivante. Je me rappelle les mots de ce vieux provincial disparu et que j'aimais bien, qui m'avait dit doctement un jour de goguette en métro - ne cours pas, ne cours jamais, c'est bien trop laid de courir pour rien.-

Depuis, l'alarme des portes sur le point de se refermer n'ont aucun effet pavlovien sur moi.

Souvent j’ai des changements. Parfois 1, parfois 2, parfois 3. Des rames, des rer, des bus, des trains…Souvent j’en laisse passer un bondé, un deuxième bondé, un troisième bondé. Jusqu' au quatrième bondé dans lequel je me cale quand même sous la surveillance des petits hommes fluos de la ratp.

Parfois j’ai un drôle de fantasme. J’imagine que cette rame, que d’autres rames que toutes les rames programmées, nous emmènent tous quelque part dans une sorte de camp pour nous rééduquer ou nous exterminer par vague, par paquet de mille. Ce serait assez facile. Carrément imparable.

Parfois, suivant le parcours, le stress, la course contre la montre, la promiscuité, je commence ma journée presque vanné. 

Après je fais mon taf. Ça se passe et ça passe.

Le soir, parfois, je rentre tard. Même parcours en retour, en reflux.
Avec la tension en moins, soulagé et la fatigue en plus. Plus celle des autres.
Toujours dignes et déjà en sommeil.
Ces autres, qui font de la figuration dans mon film comme moi de la figuration dans le leur.

Et j ’arrive chez moi. Et j’enlève mon costume, et ma peau de travail avec toute ma sueur dedans. Et je relâche tout et mes nerfs et mon corps et mon esprit avec juste la force d’une question, à convoquer tous mes neurones encore dispos pour tenter d'y répondre :

- Les gens qui font ça tous les jours, ils vivent quand ? -


tgb

20:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (31)

29/03/2010

Mes très chers pauvres,

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"Bien sur que nous sommes en pleine lutte des classes, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui fait la guerre, et c'est nous qui gagnons"

Warren Buffet - 2006 - spéculateur milliardaire

Mes très chers pauvres,

C’est au nom des 1000 milliardaires recensés sur cette planète, des 358 familles les plus riches qui possèdent la moitié de la fortune mondiale, des 500 grandes multinationales qui contrôlent 52% du produit sociall et détiennent davantage que les 133 pays les plus misérables, que je me permets de vous écrire cette rapide et amicale bafouille.

Merci de bien vouloir éponger sur 20 générations nos débauches spéculatives, d’accepter si spontanément de vous rererererereserrer la ceinture encore, de passer votre temps à vous abrutir cocacolament devant « qui veut gagner des millions »  et de considérer comme ringard et archaïque le terme de « lutte des classes » puisque nous l’avons retourné à notre profit et qu’il nous appartient désormais en toute modernité.

Comme nous appartiennent d’ailleurs la plupart de vos medias avec de bons gros morceaux de Zemmour dedans, comme nous appartiennent  aussi vos gouvernements de centre droit de centre gauche et de centre centre, comme nous appartiennent enfin vos suffrages oui, vos suffrages non, ainsi que vos absentions dont on se cogne parfaitement.

Merci surtout de dépenser votre énergie à vous dévorer entre vous, à vous défouler consciencieusement sur du bouc émissaire à forte teneur appauvrie, car sans cela, je dois bien vous l’avouer, à 1000 contre 6 milliards, on aurait quand même un peu de mal à garder nos distances.

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Je tiens à remercier particulièrement les plus abrutis d’entre vous, qui, bien que premières victimes de notre désopilante escroquerie, continuent  avec une touchante candeur à défendre avec zèle nos solides intérêts. Continuez donc bien sagement à vous en prendre aux fonctionnaires  feignants, aux cloportes gauchistes et aux grévistes preneurs d’otage et autre salaud de Chavez (ce qu’on a réussi, notez la performance  à vous vendre comme de la pensée unique) pendant que l’on assassine peinard notre journaliste quotidien au Honduras et notre syndicaliste tout frais du jour en Colombie dans la plus exquise des confidentialités et afin d’exploiter confortablement et à notre profit les dernières ressources planétaires tout en salopant la chose avec une certaine désinvolture. (c'est encore meilleiur)

Merci encore, de soutenir les contre-réformes consistant à vous déposséder (au nom de la compétitivité hihihi) de vos derniers droits sociaux, à nous aider à éradiquer enfin l’éducation, la culture et toutes formes de connaissances aiguisant un tant soi peu votre lamentable esprit critique et même de revendiquer avec un charmant enthousiasme, le travail dominical comme une liberté supplémentaire.

Tant d’aveuglement serait presque émouvant…

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Soyez persuadés que plutôt que de vous laisser vous révolter (à  6 millions  contre 1 techniquement ça devrait être jouable) nous vous pousserons  joyeusement à vous vautrer dans le populisme le plus primaire, à flatter votre instinct merveilleusement grégaire, et, au besoin, à faire éclater quelques guerres nationalistes et communautaires par ci par là histoire de bien vous réguler la pulsion religieuse et guerrière. 

Mes très chers cons de pauvres, sachez en tout cas que, durant vos tristes et pénibles travaux ordinaires, nos affaires florissantes grâce à vous et à votre subtile collaboration apathique, continuent.

Veuillez donc croire à ma sincère gratitude, qui n’a d’égal que mon franc mépris.

Votre dévoué WB.

tgb





18:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (47)

27/03/2010

2 morts dont 4

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Deux soldats israéliens tués lors d'une attaque dans la bande de Gaza
LE MONDE.FR | 26.03.10 | 16h14

- " Deux soldats israéliens ont été tués, vendredi 26 mars, dans une explosion à l'est de Khan Younès, dans la bande de Gaza…Outre les deux soldats, deux Palestiniens ont été tués dans l'échange de tirs." -


Voilà c’est tout

tgb

 

le Monde : journal de référence

12:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (33)

 
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