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16/06/2010

Les dindons de la farce

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Couscous pinard ou saucisson thé à la menthe ?

La rue Affre est exactement perpendiculaire à la rue Myrha.
C’est dire si je connais le quartier, si je connais la question.

C’est dire aussi, si j’ai entendu causé de l’apéro cochon organisé par les Justin Bridou ras du front, planqués derrière les paravents Riposte Laïque et autres succursales vaguement présentables d’officines crapoteuses.

Une tranche de facho gras entre deux tranches de pain modérément moisi.
Les masques tombent, toujours ça de gagné.

L’histoire de la rue Myrha et de ses fidèles en levrette, le nez dans l’huile de vidange à se geler le fion, j’en ai déjà parlé et Là.

Pour faire simple et contrairement aux allégations putassières de certaines pernicieuses et certains jongleurs de haine, dont Fourest Caroline sur France culture qui, au milieu d’une démonstration impeccable, distille toujours de ce bon petit venin d’intox à bien foutre la zone  :

non, les fidèles de la mosquée ne prient pas sous la pluie par soucis fumeux de prosélytisme aigu et d’islamisation rampante, mais oui ce qui sert de mosquée est bêtement trop exigu pour y rassembler les croyants et cela y sera remédié dès que le lieu cultuel et culturel consacré au monde arabe et à l’islam sera achevé dans le 18ème.

Car s’il est un fait en notre république qu’aucune religion n’a le droit d investir l’espace public, encore faudrait-il par cohérence, qu’on ne retarde pas indéfiniment les travaux de la salle de prière, par un mauvais zèle suspect et autres pressions tendancieuses.

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Pour tordre également le cou aux purs délires des fantasmeurs anti-auvergnats qui n’ont jamais foutu les pieds à la Goutte d’or mais qui savent tout et particulièrement instrumentaliser le jambon beurre, on trouve rue Myrha, entre deux boucheries Halal, un restaurant casher, une église  évangélique, une cave à vins et un Franprix flambant neuf où l’on peut se ravitailler en autant de cochonnailles et d’alcools pour se torcher.  

Si la rue Myrha n’est pas le paradis joyeux et bariolé de chez Benetton loin de là, elle n’est pas non plus, ce pays élucubré par je ne sais quel TF1 pour grabataires du crémol, de la Musulmanie intérieure étendant ses tentacules islamistes.

C’est juste un coin assez pourri en réhabilitation (et aseptisation) sociale, populaire et folklo, avec ses putes ghanéennes marchandisées et ses camés à la dérive. Avec ses gavroches aux 67 origines et sa vie de quartier. Un coin juste sordide et bon enfant.

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Si j’ai, jusque-là, refusé d’aborder cette douteuse partouze porcine, c’est parce que, par stratégie et expérience, j’ai toujours considéré qu’il ne fallait pas offrir à une provocation misérable sa caisse de résonance et qu’évoquer ces mauvais relents de sauciSSons avec deux SS assez identifiables sur l’affiche (quelle connerie tactique d’ailleurs) c’est déjà valider ces sales manigances.

La provoc n’existe que si elle suscite son scandale, son ramdam et son indignation médiatique, bref que si elle génère sa réponse amplifiée. Y entrer c’est forcément la nourrir. Par absence de réaction, calculée ou pas, la provocation s’annule d’elle-même et s’éteint.

Je n’étais pas contre assister à l’errance de deux pelés trois tondus un litron à la main, se tartiner du sauciflard et gerber du pseudo tricolore, dans une rue Myrha indifférente, concentrée sur l’écran footeux d’un soir mondialisé.

C’est raté.

Vu l’ampleur de la polémique, interdit ou pas, l’apéro pochtron des Ducon Lajoie BBR a déjà atteint sa cible et produit ses effets.
C’est navrant.

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Dans le contexte nauséabond de la montée des extrémismes, des nationalismes  et des xénophobies, exacerber les communautarismes et s’outrager avachi du drapeau risque de devenir un petit jeu malsain très à la mode.

Les petits minets inconscients de l’identité nationale, les Zemmour, les Besson, les commis charcutiers qui ont initié ça, pourraient bien finir par se prendre un retour de saucisson à l’ail en plein dans les dents.

Qu’ils ne viennent pas se plaindre.
Le problème c’est qu’on risque tous de déguster.
Les Merguez, les Chipolatas et même les Boudins noirs et de finir en chair à canon au profit du grand sanibroyeur capital.

triste farce !!!

tgb

19:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (34)

14/06/2010

Quand la Savoie fera trembler Wall Street...

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La victoire du N_VA (nouvelle alliance) parti indépendantiste Néerlandophone, du leader populiste et télégénique Bart de Wever, 29,5% aux législatives belges, au détriment de la communauté francophone, confirme le processus inquiétant de balkanisation en Europe.

Le divorce progressif entre la Flandre (60% de la population) et la Wallonie conduisant à un état confédéral en un premier temps puis au risque d’une partition de moins en moins hypothétique de la Belgique serait d’ailleurs probablement acté, s’il n’y avait Bruxelles capitale, géographiquement Néerlandaise, sociologiquement Wallonne.

Lorsque l’on voit la prise de pouvoir progressive de la Ligue du Nord en Italie dont l’axe politique essentiel est de se désolidariser du sud en jouant sur les égoïsmes, lorsqu’au même moment on constate les émeutes interethniques au Kirghizstan entre Ouzbeks et Kirghiz (une centaine de morts 1200 blessés), on ne peut que trembler à l’idée du retour des crispations identitaires, des replis communautaires et des montées du nationalisme, voire des régionalismes les plus frileux, les plus étroits et sectaires.
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C’est donc paradoxalement, mais somme toute de façon assez logique, que, dans ce monde financièrement globalisé , ce pseudo village planétaire, ce vaste supermarché libre et non faussé, où circulent sans entraves, images footeuses, (allez les bleus, la marseillaise et le drapeau sanglant élevé) marchandises frelatées et pognon défiscalisé, mais pas les gens, que les populations sacrifiées à l’autel du dividende et de la compétitivité, retrouvent leurs vieux réflexes moisis du regroupement clanique .

C’est donc paradoxalement encore, juste après l’effondrement du mur de Berlin, que nous assistons à la construction de centaines d’autres murs géographiques, politiques, culturels et mentaux.

Vieux comme le monde, que ces automatismes pavloviens de temps de crise.
Vieux comme le monde que ce refus rétracté de l’autre, que cette peur de l’étranger, que cette haine du plus pauvre que soi, que cette stigmatisation du bouc émissaire devenant la cause simpliste de tous nos maux.

Vieux comme le monde que l’instrumentalisation démagogique par les pouvoirs des clivages et l’accentuation des divisions pour mieux régner.Car si les peuples, ethnies et communautés réunis ne se combattaient pas les uns les autres, il est évident que ces mêmes populations unissant leur énergie iraient demander des comptes musclés aux castes dirigeantes, au club népotique directement responsables des désastres économiques, écologiques et sociaux actuels.
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Quand on voit le peu d’influence aujourd’hui des états, des nations, sur les oligarchies financières, on imagine bien alors, le pouvoir misérable qu’auront autant d’états croupions, confédérés ou pas sur les puissances bancaires.

En cet anecdotique 150ème anniversaire du rattachement de la Savoie à la France, l’activisme rance et pathétique de la ligue savoisienne (mouvement indépendantiste savoyard sclérosé) en est une illustration supplémentaire.

Quand la Savoie libérée fera trembler Wall Street…

Arvi pâ !

tgb

11:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21)

10/06/2010

La marée était en noir

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Quand le dernier arbre aura été abattu
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée
Quand le dernier poisson aura été péché
Alors on saura que l’argent ne se mange pas

Go Kha Yeh dit Géronimo


Pendant que British Petroleum, plus connu sous son délicieux sobriquet BP, mollement préoccupé par la perte de contrôle de son puits violait ses propres règles de sécurité pour optimiser l’affaire, (encore un baril que les arabes n’auront pas) pendant que tous les indicateurs montraient que le coffrage métallique risquait de céder sous la haute pression, pendant que le gaz bouillonnait joyeusement par 1500 mètres de fond, signe annonciateur d’explosion, les cadres à bord de la conviviale plateforme Deepwater Horizon fêtaient le bilan sécurité du forage avec prime à la clef.

On n’allait quand même pas se laisser emmerder par ces légères contrariétés.

- chef ça va péter, qu’est ce qu’on fait ?
- on pompe


11 morts et une crise écologique sans précédent plus tard, ravalant les saloperies bretonnes de Total à un pet mazouté, les petits profits de la rentabilité mesquine et à court terme devinrent des pertes colossales irréversibles .

Le profit est-il rentable ?

Pour gagner des millions BP y laissera des milliards et la planète, son golfe du Mexique…

Faut voir !!!

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A l’heure où BP, devient la proie d’Exxon ou de Shell, y a déjà laissé 30% de son calcif à la bourse, où les actionnaires trouvent que ça sent le gaz dans les bas de laine, la firme désemparée (on exploite d’abord, on réfléchit ensuite) s’en trouve réduite à racheter des mots clefs sur la Toile, pour ramener ses brebis goudronnées à son site propagandiste .

- quels mots clefs ?
- je sais pas moi…salopard, dégueulasse, crado, pourri, enfoiré,…ce genre-là.


Quand une civilisation tout entière se retrouve en état de dépendance totale, shooté, accro, addict à sa dose de gazoline surtaxée

- Vous reprendrez bien un petit baril ?
- ben juste un, pour la route.


tout en encourageant la cupidité durable, la compétitivité durable, la réduction des coûts durable, la profitabilité durable et autres développements néologiques à la con de cet acabit là, le simple instinct de survie ne peut que conseiller d’urgence, le sevrage et préconiser illico le cercle des pétroliers anonymes repentis.

On ne benzine pas avec l’amour.

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Mais, quand, par ces temps d’hyper-crise et de panique générale, on envoie aux mastodontes industriels des messages aussi limpides que celui de la justice indienne rapport à Bhopal :

Vous me copierez cent fois :

- « je ne dois pas tuer 25 000 personnes et empoisonner un état sans me laver les mains après »


bref une impunité totale, on a quelques soucis à se faire.

En ces temps de privatisation nucléarisée par exemple :

- "Je ne dois pas irradier cent millions de personnes et foutre mes déchets sous le paillasson sans m’essuyer les pieds …"

Curieusement en ces heures fatales où ce sont les responsables aux mains sales de nos désastres économiques, sociologiques, politiques, écologiques, qui nous couvrent de goudron et de plumes dans l’assentiment général et l’étonnante atonie des peuples consentants, voir en ce naufrage BP (Halliburton …) et en cette marée noire engluant la Louisiane, la Floride

( peut être la plage privée à Miami du réfugié terroriste chimique Warren Anderson, PDG d'Union Carbide – à défaut de justice humaine une hypothétique justice divine …)

et jusqu’à l’atlantique, comme une métaphore sinistre du capitalisme, ne me paraît pas délirante.

Que le pitre Cohn Bendit ne nous raconte pas d’histoire, écologie et capitalisme sont tout simplement incompatibles, antinomiques et contradictoires, point barre.

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A courir après le flouz, quand on ne sait plus où brancher les tuyaux, inutile de sortir la grande échelle verte :

C’est mort.


tgb

14:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (28)

07/06/2010

Mon quatre heures à Bhopal

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Je ne saurai trop conseiller au voleur de goûters d’enfants condamné à un an de prison ferme, de revisiter d’urgence ses médiocres objectifs à la hausse, de changer radicalement de braquet et de se reconvertir fissa dans la saloperie industrielle, pétrolière ou chimique, au choix.

Car voici, qu’après 25 ans de laborieuse procédure, la justice indienne a fini par condamner à deux ans de prison et 100 000 roupies (2.100 Dollars) huit anciens dirigeants de l’usine de pesticides désignée communément sous le nom charmant de Bhopal et qui donna ses lettres de noblesse à l’accident industriel :

25 000 morts
100 000 malades chroniques
Et autres nappes phréatiques contaminées (dans lesquelles, la population locale s’abreuve aujourd’hui encore faute de mieux).

A cette aune-là, notre misérable catastrophe AZF à Toulouse fait assez minable.

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Huit plus ou moins lampistes donc, coupables non pas d’homicides, faudrait pas abuser, mais de « mort par négligence » dont l’impayable (façon de parler) Keshub Mahindra, président à l’époque de la branche indienne du groupe américain Union Carbide, heureux propriétaire philantropique  de l’usine d'où s'était échappé le gaz mortel en 1984, et aujourd’hui président du constructeur automobile Mahindra et Mahindra.

Passer du statut honorable de président à statut notable de président ne peut que susciter notre respectueuse admiration. Cet exemple de réinsertion sociale réussie ne peut que démontrer aux délinquants de tous poils, qu’une reconversion par le mérite, l’effort et le carnet d’adresse, est possible, même après une erreur de jeunesse :  n’est-ce pas là un magnifique message d’espérance ?

Les huit condamnés, restés libres sous caution, devraient naturellement faire appel, considérant la sanction quelque peu sévère. (Ils auraient volé des « petits princes » je ne dis pas, mais pour des broutilles du genre 25 000 morts franchement…)

Comme semble sévère également la somme exorbitante de 10 000 dollars, qu’Union Carbide, se voit contraint de verser. On voit combien la justice  indienne en sa grande sagesse ne mégote pas avec les multinationales et cela ne peut que nous rassurer quant à la justice humaine.

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Si l’on peut regretter toutefois que Warren Anderson, alors PDG d'Union Carbide, figurant parmi les accusés n'ait pas été nommé lors du verdict après que la cour l'eut déclaré "en fuite", (sur son yacht ?) on se consolera par le fait que Dow Chemical nouveau propriétaire d’Union Carbide ait mis fin à toutes poursuites pénales en s’achetant à 470 millions  de dollars une impunité fort méritée.

Une belle leçon de choses riche en enseignements, pour les voleurs de goûters des petits écoliers, même pas foutus de se payer des « Pepito » avec leur argent de poche.


tgb







16:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (23)

 
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