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08/02/2010

De la révolution à colorier

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On nous l’avait coloriée orange.

Comme le déshabillé été hiver du Dalaï lama, le faux nez de France-télécom, opérateur avisé de la réduction des effectifs par le suicide, ou comme le logo du modem en pleine panade pur jus. De la révolution orange, clés en main, pour journal de 20 heures ; drapeaux tee-shirts et cotillons  avec sponsors de tonton Sam (NED et Fondation Soros) sur story telling Hollywoodien.

On nous l’avait colorié orange en Ukraine, rose en Georgie et verte en Iran, pour nous aider, des fois qu’on n’aurait pas bien saisi, cons que nous sommes, à bien distinguer les gentils des méchants, sans dépasser les pointillés.

La nuance n’étant guère médiatique, mieux vaut en effet vendre du manichéen en kit, de la révolution de velours pour les nuls, avec dans les rôles principaux :

Les gentils et glamoureux

Victor Iouchtchenko, président libéralo occidental (2004_2010) au visage méchamment pixélisé

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- vérolé par Poutine pour les pro - tapez 1

- botoxé foireux pour les anti - tapez 2

qui a bien meilleure mine aujourd’hui sauf dans les urnes (5,5% aux présidentielles)

Ioulia Tymochenko, premier ministre avec vienoiserie tressé en auréole, un tiers pro européenne, un tiers pro russe, et un tiers corrompue à tous les râteliers

Et le méchant balourd russophone

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Viktor Ianoukovytch, au look peu télévisuel de cul terreux de province, éjecté hier, élu président aujourd’hui, et qui fout en l’air le scénario.

L’Ukraine, son Tchernobyl, ses pipelines, ses oléoducs,...

Si, comme nous le pressentions, les révolutions colorisées par l'otan, à forte teneur frelatée sont livrées avec date de péremption, nous attendons avec impatience la sortie précipitée du tyranneau « Sakhach Willy »  et de ses conseillers en pas grand chose : la maison Glucksmann père et fils, du mauvais nanar georgien.

Etant en rupture de stock de rouge et noir (un poil connotés) nous signalons aux révolutionnaires de série B que pour la saison 2, le jaune, le  violet et le blanc restent disponibles en rayon.

Sinon allez les bleus…

tgb

16:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

04/02/2010

BHL en burqa

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Et bé, on en aura bouffé de la burqa avec un q un k ou un qu à la française.
Du nijab, du hijab, du voile et de la vapeur.

Dans la série faux cul : cachez ce nijab que je ne saurai voir tout en le surexposant dans des talk show putassiers pour doper l’audimat, on aura eu la dose.

Pour un animateur racoleur, pas de casting réussi sans son Belphegor qui fait peur. D’Ardisson à Durand, les joyeux proxos de la téloche en levrette, jusqu’au plan comm de Copé super héros, les yeux pas dans les yeux de la sœur cachée du concombre masqué, on aura confortablement dénoncé l’obscurantisme mon cul tout en le médiatisant à mort.

Question provoc, la punk attitude étant passée de mode, on aurait voulu susciter de la vocation chez l’ado révolté, tout à son esprit de contradiction qu’on aurait pas fait mieux.

Bonjour la pub pour la cage à oiselles.

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Mais telle est donc la loi du marché de la machine à cons.
Instrumentaliser, stigmatiser, recycler-digérer, le produit quel qu’il soit, jusqu’à retour sur investissement.

Il y a évidemment quelque chose d’hypocrite et de malsain dans tout ça et une évidente fascination du couillu moyen tout à l’effeuillage fantasmé de la dame en noir.

Si enfermée dessus si ouverte dessous
Si asexuée dehors si sexy dedans. 

Mais quitte à parler d’oppression féminine, rappelons tout de même que nous avons la même chose en rayon. Moins brutal, plus sournois, moins archaïque, plus insidieux, mais assez efficace.

Car tout Zemour lambda, foutrement viril, à plus d’un zip dans sa braguette pour enfermer, soumettre et asservir sa meuf, parce qu’elle le vaut bien d’une part et parce qu’elle le lui rend assez bien d’autre part.

Le conditionnement marketing n‘étant pas le moindre des dispositifs aboutis.

Dans cette norme iso 2000 du canon esthétique (et pas de la grosse Bertha) à haut formatage ajouté, il s’agit évidemment de faire rentrer la moule dans le moule, de cultiver la forme sans les formes et de magnifier le corps tout en chassant le corporel.

Tuer le mammifère à poils et à mamelles
Fabriquer l’androïde à la beauté PLASTIQUE

Du relooking façon photo shop à l’industrie du cosmétique, la société marchande a su créer parfaitement de la burqa conforme et virtuelle chez la ménagère de moins de 50 ans ou plus.

Si l’uniforme s’est rétréci, il n’en est pas moins exorbitant. Ce que l’on perd en tissu est gagné en profit.

La Burqa de l’occidentale socialement  abrutie là voici :

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De la ligne anorexée
Du bronzage UV
De la lèvre botoxée
Du nibard siliconé
De la chatte épilée
En son string ficélisé

De l’escamotage de la touffe aux implants mammaires, les abonnées juvéniles à Pouffiasse Beauté peuvent enfin espérer pour leur anniversaire toute une gamme de sévices physiques jusqu’à l’injonction l’injection de botox quelque part.

Prête à l’emploi et à la staracadémisation :

« - Quand je serai grande je serai poupée gonflable comme maman. »


Et n’en doutons pas une seconde, ce n’est pas par manque de liberté de penser que tomba le mur de Berlin (d’ailleurs depuis plus personne ne pense plus personne ne vote, à l’est) mais bien par manque de lipstick, de bâtons de rouge à lèvres et de bien heureuse consommation, libératrice  paraît il.

Pas si facile d’être une femme libérée en fait, vu qu’on est jamais aussi bien asservi que par soi-même.

Comprenons nous bien : je n’ai rien contre la frivolité  ou la volupté bien au contraire. Que la chirurgie esthétique existe, puisse soulager ou embellir tant mieux, mais cette idéologie de la photocopie induite, socialement imposée, m’exaspère.

Qu’un enfermement subit ou revendiqué s’oppose en réaction à une programmation modélisée de la femme occidentale, qu’une femme s’enferme pour se libérer, se voile pour se dévoiler ou s’exhibe pour se planquer ne devrait pas nous surprendre plus que ça.

Quitte à finir en femme objet, autant faire de sa soumission une arme politique.

Se contraindre, se punir, se mortifier pour sublimer, s’aliéner pour ne pas finir en Alien, toutes les Sainte Thèrèse de Lisieux le savent, à l’heure « exquise » de la flagellation.

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Paradoxe pour paradoxe, dans la même échoppe du Petit Socco à Tanger, plaisir des yeux et du marchandage mon ami, vous trouverez aussi bien le rayon tchador que le rayon string et croiserez toutes sortes de fatmas jouant de leur schizophrénie.

Vous croiserez aussi peut être, le philosophe autogonflé BHL et sa poupée autogonflante Arielle, qui, après la séquence de consommation burqa sursaturera prochainement, tout à sa complaisante promo, vos plateaux télés et vos plateaux repas.

Dans le grand sanibroyeur médiatique tout à malaxer, un produit à tête de gondole en chasse un autre.

BHL avec ou sans burqa, col ouvert ou fermé : pas sûr qu’on y gagne au change. 

tgb

17:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

02/02/2010

Les tartuffes de l’info

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Epluchez bien vos quotidiens préférés, vos journaux de révérence, vos sites d’infos estampillés  « de gauche ». Scrutez le Monde, Libération,  Rue89, vous n’y trouverez rien, pas une ligne, pas un mot, sur les fosses communes de Colombie, sur les 25 à 50 000 cadavres d’Uribe et de ses copains para militaires, sur les syndicalistes, leaders d’opinion et autres paysans enterrés à la va vite dans les tombes macabres de l’ami Américain.

On vous parlera des Farc, sanglantes forcément, de ces dangereux terroristes narco trafiquants à la solde évidemment du "populiste" Chavez. On vous brodera jusqu’à la nausée de la Sainte Ingrid Betancourt en voie de canonisation pipole, on ne vous dira rien, ni des milices privées ni des massacres clandestins des autorités colombiennes.

Que Chavez ose demander par référendum un changement de constitution pour se présenter à un troisième mandat et toute la presse occidentale  doigt sur le pli du pantalon hurlera, au coup de sifflet du chef de gare, à la dictature Bolivarienne. Qu’Uribe modifie sa constitution dans le même but, et vous ne trouverez pas un entrefilet dans votre presse libre, indépendante et autrement plus sérieuse que les blogs orduriers, pour s’en étonner.

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Que le président d’un Venezuela dont 99% des médias appartiennent à des groupes privés et en guerre permanente contre le pouvoir ne renouvelle pas la fréquence d’une chaîne de télévision appelant ouvertement au coup d’état et toutes nos grandes plumes outragées de dénoncer l’atteinte intolérable à la liberté d’expression.

Qu’Evo Morales, réélu avec plus de 60 % des voix, ne dispose d’aucun média en Bolivie, que toute la presse en opposition appelle à la sécession et à l’émeute, que le premier journal du pays titre à son propos et à l’occasion d’un de ses voyages à Santa Cruz : "Le singe est en visite", pas un journaliste ici, ne vous l’évoquera, en revanche on vous abreuvera d’un Morales anti-démocrate, porte flingue du "sinistre" Hugo.

Oui, vous trouverez dans le Monde vespéral, les délires d’une certaine Audrey Fournier dénonçant des propos de Chavez affirmant que les États-Unis auraient provoqué le séisme en Haïti, sans en apporter ni la preuve, ni la source. Oui vous lirez régulièrement la propagande compulsive de Paulo A. Paranagua, qui tel un métronome revient servir sa soupe anti-Chavez, que déguste avec de grands slurps, le boulimique atlantiste  Adler qui sait si bien faire le tri entre le gentil Lula et le méchant Hugo.

Qu’un Chicago Boy, plus grosse fortune du pays, enrichi de façon trouble sous Pinochet, possédant banque, club de foot, télévision, gagne les élections et vous aurez un obscur Michel Faure sur Rue89 pour s’extasier de la maturité démocratique de la société chilienne, mais qu’au Honduras on assassine tous les jours des opposants politiques, ne risquera pas de lui arracher le moindre sang d’encre.

Qu’Israël monte un plan de comm compassionnel en Haïti avec ses blocs opératoires pour se refaire la cerise médiatique rapport aux crimes de guerre à Gaza, et aussitôt mille reportages de fleurir, admiratifs et compatissants. En revanche que 344 médecins cubains soignent la population haïtienne au quotidien depuis des années et vous ne trouverez pas un articulet pour l’évoquer.

Ce qui est pourtant admirable, c’est qu’aucun journaliste, aucun média n’ait jamais été poursuivis, ni au Venezuela, ni en Bolivie. Ce qui est vraiment gerbant, c’est de constater ici, que des médias inféodés au pouvoir, se permettent de déontologiser en rond tout en se faisant complice d’intox et de manipulation.

Et je vous le dis comme je le pense, si par quelque miracle, je me retrouvais à la tête de ce foutu pays, une chaîne qui considère ses téléspectateurs comme du temps de cerveau disponible, serait immédiatement interdite et sans autre forme de procès.

Abrutir l’autre pour lui  extorquer de l’argent, l’infantiliser, le désinformer, est au mieux, une escroquerie, au pire une forme avancée de totalitarisme. La lobotomisation est un crime contre l’humanité.

Je n’aurai ni la grandeur d’âme, ni la patience indulgente de Chavez ou Morales.

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En attendant on tue au Honduras et en Colombie dans l’impunité générale et le silence radio. Qu’importe, l’ordure, du moment que c’est la nôtre.

Les journalistes qui dénoncent le canif de Chavez en fermant les yeux sur les mitrailleuses d’Uribe sont des salauds. 

tgb

14:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (18)

30/01/2010

Croissance verte à forte durabilité

 

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Un octogénaire plantait.
« Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge ! »
Disaient trois jouvenceaux, enfants du voisinage ;

Le Vieillard et les trois jeunes Hommes - Lafontaine

Je viens enfin de comprendre cette détestation des arbres.

Planter un arbre, c’est admettre qu’on n'en jouira pas avant longtemps.
Moins que d’un barbecue électrique auto nettoyant.
Moins que d’un parasol en son salon de jardin universellement Grosfillex.
Et moins que d’un air con-ditionné à développement modérément durable, mais autrement plus climatisé que l’ombrage d’un arbuste qui, p... de b... de m..., prend décidément tout son temps, ce qui dans ce monde très pressé à exploiter d’urgence, ne donne pas un super retour sur investissement.

Planter un arbre oui, c’est accepter de se projeter dans les trente prochaines années, alors qu’on est tout juste bon à se projeter vers la star Ac du soir.

En cette société où le profit hédoniste se doit d’être immédiat, investir dans un arbre dont l’ombre et l’oxygène ne profiteront qu’à ses petits merdeux de descendants qui lorgnent déjà sur l’héritage, n’est d’aucun intérêt.

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Tout à son court-termisme jouisseur, l’individu consommateur voit bien le bénéfice qu’il  a, à tronçonner en cinq minutes du chêne centenaire. Le Schumacher du caddy à Carouf, tout à son circuit de la marchandisation heureuse, peut se goberger à faire venir à prix d’or et par cargo spécial, pour épater son con de beau frère lors du prochain cocktail dînatoire au bord de la piscine, un olivier andalou qui se demande bien ce qu’il fout en ces brumes mormandes.

La municipalité qui privatise plus vite que son ombre et qui se fout de l’intérêt général comme de son premier service public, peut éradiquer les platanes un peu hauts à élaguer et qui ont une certaine tendance à heurter des primes à la casse, pour les remplacer par des palmiers exotiques  empotés, façon mobilier urbain, entre deux projets immobiliers à rétro commissions.

Mais pour ce qui est du long terme, pas très porteur électoralement, en tout cas moins que les paniers-repas de noël, avec bulletin de vote au fond du pâté pour vieux, tu peux te rhabiller. 

Le capitalisme tout pour ma gueule qui n’a jamais eu qu’une seule idée fixe « ça durera bien autant que moi » est prêt en revanche à investir dans le vocabulaire, histoire de toujours fourguer sa came à peine repackagée.

Que la croissance infinie dans ce monde sarkozistement fini, ait du plomb dans l’aile, il suffit d’y accoler le mot « vert » pour ripoliner l’affaire.

Que l’exploitation du monde par le spéculateur pue fort de la gueule, il suffit de rajouter du dentifrice  « durable » pour que l’haleine soit commercialement mentholée.

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Plus ça pollue, plus ça pub durable et plus vite s’achète l’absolution.

Plus ç'est cupide, plus ça privatise les bénéfices et nationalise les déficits, et plus ça pseudo-moralise pour pas démoraliser l'opinion.

Ne nous faisons aucune illusion, avant que d'aller saloper le reste de l'univers, le dernier Bill Gates, s’offrira le dernier arbre, le dernier baril de pétrole, et la dernière lichette d’eau, tout en faisant des chèques médiatiques pour les derniers enfants de Haïti qui finiront dans le dernier musée.

Et comme le dirait notre bonzaï président Petit : "l’homme n’est pas une marchandise comme les autres."

Les petits hommes verts à faible durabilité si.

tgb

13:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21)

 
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