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20/01/2010

La Sainte trinité néo-présidentielle

 

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Barack Obama devait prononcer son discours sur l'état de l'Union le 2 février prochain. Problème : la chaîne américaine ABC devait diffuser le même soir le premier épisode de la nouvelle et dernière saison de sa série Lost (saison 6)

"Je ne prévois pas un scénario où des millions  de gens qui espèrent assister à une sorte de conclusion  à Lost se verront empêchés par le président"
Robert Gibbs porte-parole de l'administration américaine.


Que l’homme le plus puissant du monde, paraît-il, abdique de la zapette devant un épisode de saison 6, illustre bien son impuissance. Si Mister Président himself,  se vautre devant Lost, on imagine sans mal sa capacité à résister à Wall Street.

A force de composer pour ne pas déranger, Obama finit par décomposer son propre électorat. Perdre le jour anniversaire de sa présidence l’état du Massachusetts, bastion du parti démocrate et de Ted Kennedy son mentor, et par là même sa majorité au sénat en est le plus redoutable symbole.

Qu’à son niveau Obama ne soit ni milliardaire, ni patron de chaînes télés, ni heureux propriétaire d’un club de foot montre chez ce néo-romantique  tout en prudence, une certaine candeur, voire de l’ amateurisme.

Car, il n’aura échappé à personne que le nouveau profil du dictateur télégénique branché, light, bio, à développement durable et à croissance verte tant qu’à faire, demande de sacrifier à cette Sainte trinité post-moderne  : le fric, le foot et la boîte à cons.

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Tapie (à qui l’état versa deux fois plus de pognon qu’aux haïtiens cela dit en passant) nous en montra la voie. Berlusconi nous la finalisa jusqu’au  lifting et Pinera, Chicago boy caché et relooké du couple glamoureux Pinochet /Thatcher, nous le vulgarise aujourd’hui au Chilii.

Le mode d’emploi en est somme toute assez rudimentaire

1) Gagner du fric dans des conditions douteuses (blanchiment d’argent sale, fricotage avec mafieux, narcotrafiquants, ou caudillo local ...  )
2) Posséder une ou plusieurs  chaînes de télévision
3) Diriger un club de foot.
4) Etre de droite décomplexée  (dur sur le fond/cool dans la forme)

5) avoir pour opposition une gauche de droite complexée

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Au coup d’état sanglant et un peu sale, type Honduras, il est aujourd’hui vivement conseillé par les spin docteurs et autres esthéticiennes du corpus politicard, de privilégier le coup de projo séducteur et divertissant ; foot et foutre restant socialement le prosac idéal pour temps de cerveau plus ou moins disponible. A consommer sur place ou à emporter dans l’isoloir.

Ultime alternative de ce qui nous reste de démocratie.

Le consentement et l’auto aliénation étant autrement plus efficace que la coercition, les prédateurs auraient tort de se gêner. Quand dans le grand panel de l’insécurité, on y rajoute tout seul et comme un grand, la peur panique de rater l’épisode de la saison 2, on se demande bien pourquoi  on construit encore des centres de détention.

La prison chez soi restant pour l’Etat, du meilleur rapport qualité /prix.

Prenons le cas du bien inoffensif Peillon, tout surpris d’avoir court-circuité la machine à gaver et de s’être pris sur le râble la meute de la corporation mensualisée, plutôt que de revendiquer le modeste attentat, il tremble encore à l’idée de ne plus être invité à la table pixélisée de la pensée en rond. 

Sûr qu’il recommencera pas de sitôt. Bien fait.

L’homo médiaticus ayant depuis longtemps renoncé à son statut d’acteur citoyen et à son encombrante liberté de pensée dont il ne savait que foutre le dimanche à Ikea, peut continuer, tout à son infantilisation  à dépenser son énergie dialectique dans la surface de réparation autour de la méchante problématique du penalty ou pas.

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Dans cette société individualisée et grégaire, tout à la satisfaction du plaisir immédiat et à l’assouvissement compulsif, il faut bien l’admettre, ce sont les plus pauvres qui mettent au pouvoir les plus riches. Qu’un possédant possède déjà tout et ils s’empressent de lui confier ce qu’il ne posséderait pas encore : le pouvoir politique.

En ce sens, on comprend mieux qu’aucun puissant n’ait intérêt à éduquer sa population, l’on saisit mieux l’anti-intellectualisme ambiant dévoué à la cause du pipole et le zèle à malaxer dans le grand sanibroyeur consensuel, David Douillet et Victor Hugo, Mickey, Jaures et Guy Moquet.

Le totalitarisme chic avec nichons siliconés, c’est Pinochet

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moins la casquette plus les UV

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suffisait d’y penser. 

Au nom du Fric du foot et de la boîte à cons

Amen !!!

tgb

18:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13)

18/01/2010

cadavres exquis

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Si, pour notre très inspiré président, pourtant à l’agonie fétide « mourir n’est pas facile » en revanche pour un haïtien pauvre, jouer au zombi tout droit sorti d’un clip jacksonien dans les rues macabres de Port au Prince, est assez aisé.

Il n’a, à vrai dire que l’embarras du choix.

S’il n’est pas déjà mort étouffé dans l’indifférence générale, par une de ces bonnes galette de terre, spécialité culinaire du FMI, qui à l’art consommé de paupériser un pays tout en prétendant lui offrir la prospérité, s’il n’est pas dévasté par un cyclone anticapitaliste primaire faisant 793 victimes ici et 4 à Cuba, un cataclysme de 7 sur l’échelle de Richter (qui eut fait quelques victimes au Japon) devrait finir par le convaincre de jouer le rôle que lui a dévolu l’occident tout à sa compassion médiatiquement condescendante  :

Celui de mort vivant dopant l’audimat.

Car il faut bien reconnaître que le pauvre à décidément une prédilection certaine pour crever comme un con sous les gravats. Pour peu qu’il échappe aux tsunamis, aux inondations, ou aux pandémies, il finira tout de même et ce parce que telle est sa vocation génétique n’en doutons pas, de pourrir sous nos bombes chirurgicales qui ne lui veulent c’est évident que du bien :

Ne serait-ce par exemple, que pour le libérer d’un oppresseur sanguinaire ou d’une burqa dégradante, autrement aliénante qu’une bombe au phosphore.

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Indéniablement oui, le pauvre a le don inné du dommage collatéral et prend un plaisir certain, peut être bien pervers, à égayer sensiblement nos soirées télévisuelles de charité bizness.  Il n’y a qu’à voir d’ailleurs notre bon à rien de ministre Kouchner re-frétiller soudain de l’humanitaire pour s’en réjouir.

Parler de malédiction pour Haïti, ou de triste fatalité, serait admettre que Dieu lui même en aurait après ce peuple voué au vaudou et lui ferait payer possiblement le fait de s’être inconsidérément libéré de l’esclavage sans nous en demander la permission. 

Que la justice divine frappe de ses foudres les fils de Toussaint Louverture rejetant notre aimable tutelle n’est pas en soi scandaleux certes, mais ce serait renier toute aptitude au désastre du pauvre programmé et accepter au final que le miséreux n’ait aucune responsabilité dans sa vocation de cadavre exhibé. Rôle dont il s’acquitte pourtant avec un talent exemplaire.

Imagine-t’on sérieusement des Haïtiens affalés dans leur sofa, zapper larmoyant des Parisiens hagards dans les décombres d’une capitale  quadrillée par des soldats chinois prévenant tout pillage et contrôlant déjà l’aéroport de Roissy ? 

En cela chacun est bien à sa place. Les riches dans leur sensiblerie misérabiliste de dame patronnesse, les ricains dans leur débarquement à tendance hégémonique et anti-castriste, les pauvres dans leur fosse commune, les médias dans leur voyeurisme émotionnel avec reportages à haute valeur ajoutée sur les chiens renifleurs et Bono au micro de la bienfaisance blairisée.

Le nouvel ordre mondial est dans les clous et ce n’est pas le peuple chilien mettant au pouvoir son propre malheur qui nous démentira.


tgb

17:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (28)

13/01/2010

La jurisprudence Continental : Une recette de moralisation du capitalisme à la Sarko

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Pour 6/8 patrons amis de la bande du Fouquet’s

Ingrédients

- Une crise mondiale opportune
- Une entreprise récidiviste - 16 000 licenciés 2008 - 38, 8 M de benef 2009
- Une dégradation de sous préfecture
- 6 ouvriers de chez Conti (Maison Claivoix)
- 1 juge bien gras
- 3 a 5 bons mois avec sursis + 63 000 euros d’amende fraîche

Préparation

Après avoir pris soin de dépénaliser le droit des affaires, grondez pour la forme quelques patrons voyous attablés tout en leur garantissant l’impunité ; faites semblant d’inviter à la table des négociations les représentants syndicaux. 
Laissez porter jusqu’à ébullition, puis épluchez au hasard et pour l’exemple, une demi douzaine de prolos vigoureux, genre Xavier Mathieu, après saccage de sous préfecture.

(Pour les agriculteurs seuls, la mise à sac d’un bureau du ministre ou l’incendie d’une préfecture est autorisée. )

Tapez très fort sur la tête des ouvriers pour l’exemple.
Faites rissoler la loi anti-casseurs abrogée il y a 28 ans
Enfin, criminalisez à feu doux le mouvement social pour digérer les dividendes peinard.

Pendant que ça mijote, n’oubliez pas de vous inscrire à Davos pour dénoncer les dérives du capitalisme.

Présentation

Une fois cuit, servez avec un accompagnement de salades sécuritaires habituelles, d’endives jaunes bien tendres de la marque Thibault-Chérèque  (vérifiez bien la date de péremption) et une bonne bouteille d’identité nationale (genre gros rouge qui tache) pour faire passer la tambouille gouvernemento-patronale

Dégustation.

Bon appétit Messieurs O ministres intègres...

 

mon petit plus pour surprendre vos invités avec une préparation originale

 

tgb

22:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

11/01/2010

DO NOT DISTURB 2

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Tu te lèves le matin, tu vas bosser. Tu jettes un œil par la fenêtre ; s’il neige, tu t’habilles chaudement, s’il pleut, tu t’habilles imperméablement, si tu vois un pékin en short, tu peux considérer que c’est plus ou moins l’été  et envisager de faire craquer le bermuda, à moins que pas de bol, tu tombes sur mon beau frère, un rude de chez montagnard, en tee-shirt toute l’année, mais c’est quand même peu probable.

Ça, ce que je t’explique, c’est la vieille méthode empirique du temps archaïque où tu ne possédais pas encore d’écran plasma et où la grande messe du JT ne consacrait pas 20 minutes aux évènements météorologiques nationaux en plus des rituelles rubriques de tata météo entre deux matraquages publicitaires, au détriment cela va de soi, du lynchage d’africains en Italie fasciste, ou du meeting électoral confidentiel (pour les médias) du front de gauche, porte Maillot.

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Car grâce aux grandes messes des JT marronniers, tu sais non seulement qu’il neige, vente, pleut ou fait rien du tout sans l’effort colossal de te mouvoir jusqu’à ta fenêtre embuée, mais en plus tu peux voir une déneigeuse déneiger, une sableuse sabler, des types de la DDE en tenue fluo t’expliquer qu’il pleut qu’il neige qu’il vente et des micros trottoirs verglacés où des chauffeurs routiers râlent en disant par tradition identitaire      « qu’il y’a bien qu’en France qu’on voit un bordel pareil » plus un quidam expert en télé achat se gausser du réchauffement climatique, la preuve.

Et ça mon pote, c’est autrement de l’info, que ta vision embrumée de petit matin frileux  à ta fenêtre embuée, avec le risque peu probable mais quand même réel de tomber sur mon beau-frère en tee shirt par moins dix.

Oui la caution télévisuelle objective tellement tout, que même ma mère en Savoie qui m’appelle en la capitale peut me raconter avec moult détails  le temps apocalyptique de Paris vu à la télé tout en mettant fortement en doute les 3 flocons souffreteux et tout relatifs vus de ma fenêtre.

Il faut bien reconnaître la supériorité de crédibilité d’un William Leymergie à oreillette en duplex avec un envoyé spécial en moufles satellisées  devant l’immeuble de France 2 sur un fils légendairement grincheux le matin.

Parce qu’un grand reporter frigorifié, la moustache givrée, un micro à la main qui te raconte qu’il y a plein de neige en hiver, plein de voitures sur le periph et plein de retard dans les gares et les aéroports, genre Armageddon, c’est quand même autrement plus fiable, qu’un journaliste  même pas embbeded, enlevé par des Talibans au cœur des montagnes afghanes et qui met en rogne un président en plein chasse neige dans les sondages.

D’où peut-être cette répartie furibonde à son ministre de la culture écharpé suite à un dérapage sur verglas – Un ministre ça ne se déplace pas en mobylette – et qui restera sans nul doute dans les anales des grandes sentences présidentielles.

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Bref, quand on voit que, par les temps maussades qui courent, un train avec deux heures de retard, un avion qui ne décolle pas à l’heure dite, un 4X4 avec pare-buffle en travers du col des Champs-Elysées, sont vécus par les français comme un véritable cauchemar, on peut évidemment douter de l’imminence d’une insurrection populaire.

Message subliminal de la France profonde qui souffre de l’engelure et de la congère en allant chercher en pantoufles à crampons son pain et son journal gratuit : do not disturb.

Pour conclure et souligner définitivement la réalité supérieure du virtuel sur la virtualité d’un réel douteux, ce charmant dialogue entre une maman amie enthousiaste à sa fenêtre et sa petite fille de 5 ans blasée finissant son cacao équitable :

- viens vite ma chérie il neige …
- ouaiiiiiis  je sais, j’ai vu à la télé…


Et pour peu que passe mon beau frère pile poil dans la rue en tongs par moins dix…

La neige c’est mieux à la télé. Comme l'avie, l’amour, ou l’apolitique.

tgb

17:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (28)

 
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