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18/05/2010

Ga bu zo meu (regarde la capitalisme tomber)

 

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Et les Shadoks pompaient.

Ils pompaient l’argent des pauvres, ils pompaient l’argent des classes moyennes, ils pompaient l’argent des livrets A, ils pompaient l’argent des assurances vie.

Les Shadoks qui pompaient, possédaient pour tout vocabulaire quatre éléments de langage : « ga, bu, zo, meu » qui leur servaient également de chiffres. A partir de ces quatre monosyllabes de base, ils élaboraient des équations hyper sophistiquées que personne ne comprenaient ni ne maîtrisaient et qui faisaient toujours tout péter à la fin.

Pour pomper, les Shadoks avaient inventé une pompe à phynances, qui comme son nom l’indique pompait la finance. La pompe a phynance avait toutefois un léger inconvénient, elle faisait des trous ; des trous par ci des trous par là ; des trous privés qu’on bouchait avec des trous publics ; des trous publics qu’on bouchait avec des trous dans l’épargne populaire ; des trous dans l’épargne populaire qu’on bouchait en vivant à crédit ; des vies à crédit qu’on bouchait avec rien du tout.

On appelait ça le capitalisme. (GA)

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Quand les Shadoks avaient pompé toutes les finances des entreprises et toutes les finances des petits actionnaires, les Shadoks pompaient alors les finances des services publics, puis les finances des retraites, puis les finances de la sécurité sociale, tout en faisant toujours des trous partout. Des trous qui aspiraient des trous, qui se nourrissaient de trous qui formaient un vaste trou noir dans lequel la finance se transformait en anti-finance.

On appelait ça « la crise » (bu)

Pomper la phynance comportait 4 phases

La phase 1 (Ga) – le pompage de la finance
La phase 2 (bu) – le gonflage de la finance 
La phase 3 (zo) – l’éclatage de la finance
La phase 4 (meu) – le siphonage de la finance.

Pendant la phase siphonage de la finance, les Shadoks faisaient passer la finance du point A (ta poche) au point B (la leur).  

On appelait ça « la rigueur » (zo) ou « l’austérité » (zo aussi)

Quand les Shadoks n’avaient vraiment plus rien de rien à pomper, ils se pompaient entre eux avant de se pomper eux mêmes. Ils s’auto-vendaient des créances pourries en s’auto-spéculant à la baisse. C’est ainsi qu’ils inventaient un produit nouveau « l’auto-subprime » qui les faisait devenir riches tout en les ruinant.

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On appelait ça « l’autodéfinancement » (meu)

Les 4 mots de base se combinaient de toutes les façons possibles, mais quelque soit leur agencement, signifiaient toujours la même chose :

There is no alternative.(un modèle du genre)

Néanmoins, suite à une découverte linguistique récente et révolutionnaire, on pourrait tout aussi bien traduire «  Ga bu zo meu » par  :

regarde le capitalisme tomber

tgb

19:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (34)

16/05/2010

Le sparadrap sale de Karachi

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A priori si, dans une histoire de sous-marin pakistanais et de supposées rétro commissions électoralo balladuriennes je n’avais rien à cacher, je :

- n’intimerais pas aux fonctionnaires de Christine Lagarde de la fermer devant la commission parlementaire chargée de l’enquête.

- Ne m’emploierais pas à empêcher la parution d’un ouvrage sur la dite affaire.

- M’inquiéterais que les ex ministres concernés soient devenus amnésiques et relancerait d’urgence mon plan Alzheimer.

- Ne passerais pas 3 minutes à mouliner des oreillles sur un truc pas la peine, me contentant d’un niet définitif.

Voir et revoir

Parce que quand même, quand on regarde la vidéo, qu’on analyse le comportement du gus, y’a comme du kilotonne chez le pépère tellement transparent qu’il en est tout opaque.

- Et que je te trouve consterné cette affaire riquiqui... - pffff-mon-dieu-yeux-aux-ciels - et que je m’outrage des épaules en t’en mettant une couche… - et que je te balaie ça d’une main en t’en repassant une seconde outrée (de couche - alors que la première est même pas sèche) - et que je m’offusque du sourcil - et que je te surjoue du respect aux victimes et « trucs » du genre…-

A peu prés aussi crédible que le pote qui t’assure 22 fois qu’il est super sincère. Si au départ tu te posais pas la question à la 12éme, il est franchement suspect.

A bien entendre ce qu’il tait à travers ce qu’il dit, ça se lit assez comme de l’aveu implicite. Ce qu’il est parle si fort, qu’on entend plus ce qu’il dit.

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Flash back

En ces temps incertains des années 95, MR Chirac en rade dans les sondages conserve néanmoins un net avantage sur un ami de 30 ans : le Codevi du RPR.

Mr Balladur ayant besoin de liquidités pour nous vendre sa tronche capétienne s’en trouve fort marri et, quoique fleuri du menton, ce n’est pas avec la vente du muguet qu’il va se refaire..

Sauf, qu’il  est ministre One. Sauf qu’ Iznogood, qu’à tellement changé qu’il est déjà pareil, est aux finances. Sauf, qu’on vend des submersibles hautement périscopés à des gradés généralement pakistanais. 

Ça tombe à pic.

Comme l’usage dans les contrats veut qu’on arrose tout ce qui bouge, il n’est pas invraisemblable qu’un pourcentage adéquat retourne à l’envoyeur par une immersion finement offshore.

Manque de bol, le goitreux est battu, l’Iznogood  défait et Chirac, qui se la mange froide, paie pas le dernier tiers. Résultat des courses 2002 : 14 morts 11 français, dans un attentat attribué (autant que ça serve) au terrorisme local.

Pas une ristourne, une relance.

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Certes, ce genre de grenouillage liquide par 3000 mètres de fond n’est pas simple à prouver. Il est rare qu’on conserve les factures. Mais sait-on jamais, on a vu des cadavres immergés remonter à la surface.

Que voilà un sparadrap bien collant, bien gluant, bien sale, aux doigts du type qui « nous mentira pas - nous trahira pas » et qu’on sait bien que c’est pas son genre.

tgb

10:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

12/05/2010

Kanellos : portrait du rebelle en chien

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Ce chien s’appelle Kanellos. Il accompagne toutes les manifestations du peuple grec en colère. Il en est l’icône, le totem. Ne porte pas de muselière.

Que ce chien soit unique ou multiplié - on sait le nombre de chiens errants à Athènes - il est le symbole de l’outrage fait aux Hellènes et de leur juste révolte.

En un sens, il est la réincarnation des cyniques. Ces philosophes de la Grèce antique, s’appliquant à vivre et à mourir comme des chiens. Préférant l’ironie à la carrière, l’autarcie à l’opportunisme, la transgression au conformisme, la frugalité à l’empiffrement.

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Diogène dans son tonneau se foutait royalement de respecter les règles sociales, les conventions, les interdits. Il crachait sur les honneurs, la frime, le fric et les simulacres. Il ne lui serait jamais venue l’idée médiocre de travailler plus pour gagner plus.

Diogène n’était pas compétitif.

Il était plutôt du genre à s’essuyer la main, après avoir serré la pogne d’un pitre vaniteux.

Diogène faisait le malin.

Citoyen du monde, sans emprise, sans rien, il n’avait ni à perdre ni à gagner et n’avait donc peur de rien. S’il s’autorisait parfois à s’astiquer en public, ce n’était pas seulement par provocation, par esprit de subversion, ou pour briser les codes mais bien plutôt pour jouir de la liberté d’être grossier avec les vulgaires.

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Se branler oui pendant que les scabreux, eux ont le nez dans leur bourse.
Mendier oui, pendant que les cupides se tuent à entasser.

Car si montrer son cul est grossier, dénoncer les privilèges des pauvres quand on est milliardaire ou un de ses valets EST vulgaire.
Car si aboyer sur un tas de fumier est grossier, faire endosser ses dettes privées par des déficits publics EST indécent.
Car si pisser en public est grossier, imposer la rigueur à des gens qui n’ont rien quand on a déjà tout EST obscène.

Et je rêve, d’un impôt sur cette vulgarité là
Et de foutre en l’air enfin, leur bouclier fécal.

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Diogène ne possédait rien, mais jouissait du luxe immense, d’envoyer se faire foutre les puissants. Ni compromis, ni compromissions, ni petits arrangements avec le marché. Diogène n’était pas socialiste ou socio démocrate. Il était cynique.

Non pas de ce cynisme qui, par glissement sémantique et déviation de sens est devenu l’apanage de ces prédateurs maîtres de tout et bons à rien mais de ce cynisme impeccable initié par Antisthène, qui compris d’évidence que l’accumulation avide était vide de sens.

« Barre toi de mon soleil » pourrait dire aujourd’hui Diogène au spéculateur vautré dans sa limousine et qui lui fait de l’ombre, comme dégage de mon territoire pourrait grogner Kanellos, aux flics grecs bientôt amputés de 20% de leur salaire.

A la vanité vaine Diogène répondait par l’orgueil désinvolte.
Au pouvoir factice Diogène opposait son mépris nonchalant
A la fatuité bien ordonnée pour et par soi même Diogène répliquait par son modeste désordre :

la glande
jusqu’à l’ataraxie.

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Cette contestation cynique et souveraine ne consiste pas seulement à dénoncer par le mépris ricanant la posture et l’imposture des profiteurs bouffés par leurs profits, ni à leur mordiller les mollets avant de, miraculeusement un jour, chopper la jugulaire, cette contestation d’un cynisme tranquille vise à leur souligner au feutre gras :

qu’ils vivent et crèveront comme des cons.

que ce sont eux les mendiants.

tgb

 

Le titre de la note est un détournement astucieux de "Cynismes Portrait Du Philosophe En Chien" de Michel Onfray

21:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (25)

11/05/2010

L’addition s’il vous plaît…

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Ce jour-là, exceptionnellement, soyons fous, j’avais invité ma chérie au restau. Ce genre de fantaisie devenant un luxe par les temps qui courent.

Devant la carte alléchante, nous nous étions montrés fort raisonnables et renonçant aux mets les plus gastronomiques, nous avions opté pour un plat certes savoureux mais du genre roboratif avant tout.

Il va de soi que nous avions fait l’impasse sur l’entrée, le dessert en nous contentant d’un petit vin honnête et sans prétention.

L’eau du robinet tenant lieu d’eau minérale

Pour finir, on s’était même autorisé en extra, un café africain, sans plus de mignardises.

Dans notre budget serré collé en ces temps d’austérité, cette petite entorse à la rigueur pouvait, sans recourir à quelque crédit revolving, encore se digérer, à condition de ne pas abuser de la carte Visa.

Dans la salle tamisée quelques couples en tête à tête, deux familles de sortie, toute une tablée de copains en goguette, un groupe de collègues de bureau fêtant un anniversaire, deux ou trois VRP solitaires…

A la table voisine, 3 banquiers exubérants et ventrus s’empiffraient goulûment éclusant à la suite, moult bouteilles des meilleurs champagnes millésimés, des meilleurs crus des meilleurs cépages, alternant bourgognes et bordeaux quitte à ne même qu’y tremper les lèvres jusqu’à vider la cave.

Sans regarder à la dépense, sans même détailler les prix, ils commandaient les plats les plus raffinés, histoire de ne surtout rien se refuser, n’en faisaient qu’une bouchée, les goûtaient à peine, gâtant par ci, gâchant par là, renvoyant  à la figure du serveur tout en courbettes, non sans une certaine goujaterie, les caviars les plus subtils, les langoustes les plus délicates, jusqu’à éradiquer les derniers ortollands, dans un grand et grossier éclat de rire méprisant entre deux rots bruyants.

Ils ripaillaient à s’en faire péter la panse, ils se goinfraient à s’en lécher les doigts. Ils faisaient bombance et gueuletonnaient dans une débauche satisfaite de denrées et de vins succulents avec cette muflerie repue des gens tout puissants.

Fines champagnes et cigares interdits pour couronner royalement le tout sous le regard piteux des autres clients bouches bées. 

C’est au moment de payer l’addition que je l’ai trouvé saumâtre.

Si ma note restait supportable, le petit supplément à plusieurs zéros me mit direct la nausée. Croyant à une erreur ou à une mauvaise plaisanterie, j’apprenais abasourdi, par le maître d’hôtel lui-même, que j’avais l’insigne honneur, avec les autres clients, de régler l’addition des trois banquiers désinvoltes.

je n'ai pas laissé de pourboire.

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Cela fait trois mois maintenant que je me la saute, tout en faisant gracieusement la plonge du restau pour rembourser la dette de trois salopards abonnés aux gargantuesques festins.

Inutile de vous dire, que je ne suis pas prêt de m’offrir à nouveau le menu du jour.

Le plus curieux de l’affaire c’est que nous sommes 6 milliards en cuisine à nettoyer les gamelles de deux ou trois connards tout à leur orgie spéculative.

Même si on me dit tous les jours que je m’en tire bien, et que je suis un foutu privilégié, je me demande comment, à ce rythme-là, le restau peut tourner encore longtemps.

tgb





11:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (20)

 
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