Avertir le modérateur

02/02/2010

Les tartuffes de l’info

arton3293.gif



Epluchez bien vos quotidiens préférés, vos journaux de révérence, vos sites d’infos estampillés  « de gauche ». Scrutez le Monde, Libération,  Rue89, vous n’y trouverez rien, pas une ligne, pas un mot, sur les fosses communes de Colombie, sur les 25 à 50 000 cadavres d’Uribe et de ses copains para militaires, sur les syndicalistes, leaders d’opinion et autres paysans enterrés à la va vite dans les tombes macabres de l’ami Américain.

On vous parlera des Farc, sanglantes forcément, de ces dangereux terroristes narco trafiquants à la solde évidemment du "populiste" Chavez. On vous brodera jusqu’à la nausée de la Sainte Ingrid Betancourt en voie de canonisation pipole, on ne vous dira rien, ni des milices privées ni des massacres clandestins des autorités colombiennes.

Que Chavez ose demander par référendum un changement de constitution pour se présenter à un troisième mandat et toute la presse occidentale  doigt sur le pli du pantalon hurlera, au coup de sifflet du chef de gare, à la dictature Bolivarienne. Qu’Uribe modifie sa constitution dans le même but, et vous ne trouverez pas un entrefilet dans votre presse libre, indépendante et autrement plus sérieuse que les blogs orduriers, pour s’en étonner.

900069-1065783.jpg



Que le président d’un Venezuela dont 99% des médias appartiennent à des groupes privés et en guerre permanente contre le pouvoir ne renouvelle pas la fréquence d’une chaîne de télévision appelant ouvertement au coup d’état et toutes nos grandes plumes outragées de dénoncer l’atteinte intolérable à la liberté d’expression.

Qu’Evo Morales, réélu avec plus de 60 % des voix, ne dispose d’aucun média en Bolivie, que toute la presse en opposition appelle à la sécession et à l’émeute, que le premier journal du pays titre à son propos et à l’occasion d’un de ses voyages à Santa Cruz : "Le singe est en visite", pas un journaliste ici, ne vous l’évoquera, en revanche on vous abreuvera d’un Morales anti-démocrate, porte flingue du "sinistre" Hugo.

Oui, vous trouverez dans le Monde vespéral, les délires d’une certaine Audrey Fournier dénonçant des propos de Chavez affirmant que les États-Unis auraient provoqué le séisme en Haïti, sans en apporter ni la preuve, ni la source. Oui vous lirez régulièrement la propagande compulsive de Paulo A. Paranagua, qui tel un métronome revient servir sa soupe anti-Chavez, que déguste avec de grands slurps, le boulimique atlantiste  Adler qui sait si bien faire le tri entre le gentil Lula et le méchant Hugo.

Qu’un Chicago Boy, plus grosse fortune du pays, enrichi de façon trouble sous Pinochet, possédant banque, club de foot, télévision, gagne les élections et vous aurez un obscur Michel Faure sur Rue89 pour s’extasier de la maturité démocratique de la société chilienne, mais qu’au Honduras on assassine tous les jours des opposants politiques, ne risquera pas de lui arracher le moindre sang d’encre.

Qu’Israël monte un plan de comm compassionnel en Haïti avec ses blocs opératoires pour se refaire la cerise médiatique rapport aux crimes de guerre à Gaza, et aussitôt mille reportages de fleurir, admiratifs et compatissants. En revanche que 344 médecins cubains soignent la population haïtienne au quotidien depuis des années et vous ne trouverez pas un articulet pour l’évoquer.

Ce qui est pourtant admirable, c’est qu’aucun journaliste, aucun média n’ait jamais été poursuivis, ni au Venezuela, ni en Bolivie. Ce qui est vraiment gerbant, c’est de constater ici, que des médias inféodés au pouvoir, se permettent de déontologiser en rond tout en se faisant complice d’intox et de manipulation.

Et je vous le dis comme je le pense, si par quelque miracle, je me retrouvais à la tête de ce foutu pays, une chaîne qui considère ses téléspectateurs comme du temps de cerveau disponible, serait immédiatement interdite et sans autre forme de procès.

Abrutir l’autre pour lui  extorquer de l’argent, l’infantiliser, le désinformer, est au mieux, une escroquerie, au pire une forme avancée de totalitarisme. La lobotomisation est un crime contre l’humanité.

Je n’aurai ni la grandeur d’âme, ni la patience indulgente de Chavez ou Morales.

225px-Álvaro_Uribe_(cropped).jpg


En attendant on tue au Honduras et en Colombie dans l’impunité générale et le silence radio. Qu’importe, l’ordure, du moment que c’est la nôtre.

Les journalistes qui dénoncent le canif de Chavez en fermant les yeux sur les mitrailleuses d’Uribe sont des salauds. 

tgb

14:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (18)

30/01/2010

Croissance verte à forte durabilité

 

500975885_small.jpg



Un octogénaire plantait.
« Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge ! »
Disaient trois jouvenceaux, enfants du voisinage ;

Le Vieillard et les trois jeunes Hommes - Lafontaine

Je viens enfin de comprendre cette détestation des arbres.

Planter un arbre, c’est admettre qu’on n'en jouira pas avant longtemps.
Moins que d’un barbecue électrique auto nettoyant.
Moins que d’un parasol en son salon de jardin universellement Grosfillex.
Et moins que d’un air con-ditionné à développement modérément durable, mais autrement plus climatisé que l’ombrage d’un arbuste qui, p... de b... de m..., prend décidément tout son temps, ce qui dans ce monde très pressé à exploiter d’urgence, ne donne pas un super retour sur investissement.

Planter un arbre oui, c’est accepter de se projeter dans les trente prochaines années, alors qu’on est tout juste bon à se projeter vers la star Ac du soir.

En cette société où le profit hédoniste se doit d’être immédiat, investir dans un arbre dont l’ombre et l’oxygène ne profiteront qu’à ses petits merdeux de descendants qui lorgnent déjà sur l’héritage, n’est d’aucun intérêt.

500975885_small.jpg


Tout à son court-termisme jouisseur, l’individu consommateur voit bien le bénéfice qu’il  a, à tronçonner en cinq minutes du chêne centenaire. Le Schumacher du caddy à Carouf, tout à son circuit de la marchandisation heureuse, peut se goberger à faire venir à prix d’or et par cargo spécial, pour épater son con de beau frère lors du prochain cocktail dînatoire au bord de la piscine, un olivier andalou qui se demande bien ce qu’il fout en ces brumes mormandes.

La municipalité qui privatise plus vite que son ombre et qui se fout de l’intérêt général comme de son premier service public, peut éradiquer les platanes un peu hauts à élaguer et qui ont une certaine tendance à heurter des primes à la casse, pour les remplacer par des palmiers exotiques  empotés, façon mobilier urbain, entre deux projets immobiliers à rétro commissions.

Mais pour ce qui est du long terme, pas très porteur électoralement, en tout cas moins que les paniers-repas de noël, avec bulletin de vote au fond du pâté pour vieux, tu peux te rhabiller. 

Le capitalisme tout pour ma gueule qui n’a jamais eu qu’une seule idée fixe « ça durera bien autant que moi » est prêt en revanche à investir dans le vocabulaire, histoire de toujours fourguer sa came à peine repackagée.

Que la croissance infinie dans ce monde sarkozistement fini, ait du plomb dans l’aile, il suffit d’y accoler le mot « vert » pour ripoliner l’affaire.

Que l’exploitation du monde par le spéculateur pue fort de la gueule, il suffit de rajouter du dentifrice  « durable » pour que l’haleine soit commercialement mentholée.

500975885_small.jpg

Plus ça pollue, plus ça pub durable et plus vite s’achète l’absolution.

Plus ç'est cupide, plus ça privatise les bénéfices et nationalise les déficits, et plus ça pseudo-moralise pour pas démoraliser l'opinion.

Ne nous faisons aucune illusion, avant que d'aller saloper le reste de l'univers, le dernier Bill Gates, s’offrira le dernier arbre, le dernier baril de pétrole, et la dernière lichette d’eau, tout en faisant des chèques médiatiques pour les derniers enfants de Haïti qui finiront dans le dernier musée.

Et comme le dirait notre bonzaï président Petit : "l’homme n’est pas une marchandise comme les autres."

Les petits hommes verts à faible durabilité si.

tgb

13:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21)

28/01/2010

Les bronzés font du fric

securedownload-4.jpeg

C’est donc à Davos, charmante station de ski helvétique sans minaret, mais avec émirs saoudiens en parka et leurs dames en burqa molletonnée (les arabes riches étant des riches, les arabes pauvres étant des fanatiques musulmans, comme tout Zemour le sait ) que notre moralisateur en chef vint moraliser, en 30 minutes Rolex, le capitalisme.

Sarkos à Davos une première et vraisemblablement une dernière, vu le flop à double flip que se prit en gamelle, le roi du slalom parallèle, en chasse neige offensif jusqu’à la ligne d’arrivée, alors qu’il tentait de coiffer au poteau moralisateur, son adversaire en moralisation combinée Obama.

Thème du tire pince fesses économico neigeux mondain :

"améliorer l'état du monde : repenser, redessiner, reconstruire".


Personnellement, je serai moniteur de ski, je ferai retravailler d’urgence le planter du bâton à toute l’oligarchie planétaire d’en haut, jusqu’à la prochaine crevasse, afin qu’ils ne repensent rien, ne redessinent rien et ne reconstruisent surtout rien vu l’état des dégâts, et qu’ils remboursent au préalable la coquette ardoise, plutôt que de la mettre sur le compte des 280 générations à venir de contribuables surgelés.

On peut toujours espérer une avalanche salvatrice nous débarrassant enfin de la racaille bancaire et de ses larbins politicards, mais les catastrophes naturelles ne profitant à priori qu’aux pauvres, j’ai peu d’espoir.

20090102chimulus.jpg



Délaissant un instant la bande du Fouquet’s, club humaniste bien connu pour son sens de la régulation financière, de la redistribution populaire et de la protection sociale, c’est donc avec ses moufles moralisantes pré chauffées à TF1, que notre guest star président en moon boots à talonnettes, s’en vint fustiger autour d’un vin chaud, les dérives d’un capitalisme tout schuss dans la piste noire et militer pour le port du casque obligatoire  dans la descente.

En effet, super crédible en probité et fort de son éthique en toc, le grand diseur et petit faiseur, après avoir moralisé à lui tout seul et par le bouclier fiscal, l’Epad familial, la dépénalisation des affaires et autres salaires vitaminés dont le sien, la France de l’identité Besson tellement intègre, qu’i l pense à s’expulser lui-même, ne pouvait que se sentir autorisé à reblanchir la poudreuse qui poudroie dans des paradis fiscaux délocalisés et à rafraîchir la merde qui merdoie dans les stocks options défiscalisés.

securedownload-3.jpeg



Bizarrement le discours éthique de super tocard jeta comme un froid glacé.

Tout à sa lutte héroïque contre le capitalisme, tel Saint-Michel affrontant le dragon, le casseur d’ambiance de la répartition entre nous, dû regretter un instant de ne pas avoir mis dans son scooter des neiges, Ferrari et Pernaut, assistants moralisateurs de télévision gouvernementale pour lui repasser les plats en barquette pré moralisée.

Si j’aurai su j’aurai pas v’nu, gambergea sans doute dans cette langue châtiée qu’il manie si bien, notre moralisateur tricolore tout à son refroidissement. Pisque c’est comme ça, m’en vais aller moraliser Villepin tout congelé dans la chambre froide, du t’il se penser pour se remonter le moral.

Aux dernières nouvelles c’est raté.

Joyeux anniversaire président !!!

tgb

 

dessin de l'excellent Chimulus

13:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

26/01/2010

Etaix et textes

ALeqM5hDVAtobpJX0FWhQTV8tX9krg19mQ.jpg


J’avais toujours voulu monter du Pierre Etaix sur scène. Une idée fixe. Je ne sais pas d’où ça me venait. Je connaissais à peine le bonhomme, encore moins son oeuvre. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte (c’était un temps d’il  y’a longtemps) que Pierre Etaix n’avait quasiment rien écrit.

Juste des bouts de poèmes marrants, des bidouillages graphiques, des calligrammes assez fendards, des virgules grinçantes et poétiques.  

Comme à cette époque, j’animais un atelier théâtre à l’école nationale de commerce (ENC) j’avais finalement conçu avec mes étudiants, un montage  à partir de ces bouts de textes tirés de « Dactylographisme »  et du « Carton à Chapeaux ». Des bouquins quasiment introuvables.  J’avais été quelque part en banlieue, jusqu’à chez Gilbert Salachas, un pote d’Etaix devenu éditeur rien que pour le publier lui.

Le spectacle s’appelait « clowns » C’était profondément léger ou légèrement profond et plutôt réussi.

On avait invité Pierre Etaix et Annie Fratellini sans trop y croire et à la première représentation  - au palais des glaces – du coté du Faubourg du temple, ils  étaient là, discrètement ensemble, même si ça faisait des années qu’ils n’étaient plus ensemble. A l’issue du spectacle, ils avaient reçu une ovation du public. Etaix, déjà un peu aux oubliettes, en avait été assez ému et moi donc.

J’ai encore la vidéo de ce moment-là quelque part…

Il nous avait alors proposé de jouer le spectacle sous son chapiteau, dans le bois de Boulogne où il continuait à faire le clown avec ses élèves de l’école nationale du cirque ( ENC) comme un clin d’œil. C’était un beau cadeau. On avait commencé à prendre nos marques, à repenser le spectacle en circulaire, rapport à la piste. On s’est vu deux fois, on a parlé un peu, on s’est téléphoné un peu aussi on s’est écrit très peu et puis les choses se sont bousculées, des événements ont bouleversés ma vie, mes étudiants se sont égayés dans la nature et le projet n’a jamais abouti.

Je n’ai plus jamais revu Etaix ; sauf dans ses films - le soupirant - yoyo - tant qu’on a la santé – Manquent à ma culture de cinéphile  - le grand amour - et - pays de cocagne - que je ne suis pas prêt de visionner,  vu que le cinéma d’Etaix est toujours invisible rapport à un producteur indélicat.

Comme Etaix ne peut nous faire profiter de son talent sur grand écran, il remonte sur scène, en famille, à 81 ans, sans la moindre subvention  et presque dans l’anonymat du côté de Bordeaux dans un nouveau spectacle musical :

MIOUZIK PAPILLON

9223.jpg

 

On se demande bien comment l’ami de Jerry Lewis, le copain de Jean-Claude Carrière, le Gagman de jacques Tati, notre Buster Keaton à nous, notre prince du burlesque, notre cinglé du music hall, peut se retrouver à ce point dans le confidentiel et la mouise et ce malgré tous les hommages…

Il y a quelque chose de noble et de douloureux, un peu comme Chaplin dans les feux de la rampe, à voir ce vieux clown génial sur les planches et dans la dèche.

Pour ce que j’en sais et ce que j’en ai vu, Etaix est un immense petit monsieur au sourire charmant, à la voix douce, profondément humain et généreux. Un petit homme grand ( sans talonnettes), et simplement gentil.  Non pas de cette gentillesse un peu conne un peu mièvre mais de cette gentillesse féroce qui soulève des montagnes et rend le monde plus fraternel et intelligent .

Alors que tant de daube dégouline de partout avec son comique abêtissant et vulgos, l’humour sensible et pudique d’un Etaix trop discret, reste hélas confiné. Dans ce monde de fric et de frime, avoir la grâce pudique, ça ne pardonne pas. 

Il va de soi que Pierre Etaix sera plus grand mort que vivant.
En attendant il est vivant. Autant l’applaudir  maintenant.

tgb

Share|






18:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu