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13/01/2010

La jurisprudence Continental : Une recette de moralisation du capitalisme à la Sarko

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Pour 6/8 patrons amis de la bande du Fouquet’s

Ingrédients

- Une crise mondiale opportune
- Une entreprise récidiviste - 16 000 licenciés 2008 - 38, 8 M de benef 2009
- Une dégradation de sous préfecture
- 6 ouvriers de chez Conti (Maison Claivoix)
- 1 juge bien gras
- 3 a 5 bons mois avec sursis + 63 000 euros d’amende fraîche

Préparation

Après avoir pris soin de dépénaliser le droit des affaires, grondez pour la forme quelques patrons voyous attablés tout en leur garantissant l’impunité ; faites semblant d’inviter à la table des négociations les représentants syndicaux. 
Laissez porter jusqu’à ébullition, puis épluchez au hasard et pour l’exemple, une demi douzaine de prolos vigoureux, genre Xavier Mathieu, après saccage de sous préfecture.

(Pour les agriculteurs seuls, la mise à sac d’un bureau du ministre ou l’incendie d’une préfecture est autorisée. )

Tapez très fort sur la tête des ouvriers pour l’exemple.
Faites rissoler la loi anti-casseurs abrogée il y a 28 ans
Enfin, criminalisez à feu doux le mouvement social pour digérer les dividendes peinard.

Pendant que ça mijote, n’oubliez pas de vous inscrire à Davos pour dénoncer les dérives du capitalisme.

Présentation

Une fois cuit, servez avec un accompagnement de salades sécuritaires habituelles, d’endives jaunes bien tendres de la marque Thibault-Chérèque  (vérifiez bien la date de péremption) et une bonne bouteille d’identité nationale (genre gros rouge qui tache) pour faire passer la tambouille gouvernemento-patronale

Dégustation.

Bon appétit Messieurs O ministres intègres...

 

mon petit plus pour surprendre vos invités avec une préparation originale

 

tgb

22:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

11/01/2010

DO NOT DISTURB 2

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Tu te lèves le matin, tu vas bosser. Tu jettes un œil par la fenêtre ; s’il neige, tu t’habilles chaudement, s’il pleut, tu t’habilles imperméablement, si tu vois un pékin en short, tu peux considérer que c’est plus ou moins l’été  et envisager de faire craquer le bermuda, à moins que pas de bol, tu tombes sur mon beau frère, un rude de chez montagnard, en tee-shirt toute l’année, mais c’est quand même peu probable.

Ça, ce que je t’explique, c’est la vieille méthode empirique du temps archaïque où tu ne possédais pas encore d’écran plasma et où la grande messe du JT ne consacrait pas 20 minutes aux évènements météorologiques nationaux en plus des rituelles rubriques de tata météo entre deux matraquages publicitaires, au détriment cela va de soi, du lynchage d’africains en Italie fasciste, ou du meeting électoral confidentiel (pour les médias) du front de gauche, porte Maillot.

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Car grâce aux grandes messes des JT marronniers, tu sais non seulement qu’il neige, vente, pleut ou fait rien du tout sans l’effort colossal de te mouvoir jusqu’à ta fenêtre embuée, mais en plus tu peux voir une déneigeuse déneiger, une sableuse sabler, des types de la DDE en tenue fluo t’expliquer qu’il pleut qu’il neige qu’il vente et des micros trottoirs verglacés où des chauffeurs routiers râlent en disant par tradition identitaire      « qu’il y’a bien qu’en France qu’on voit un bordel pareil » plus un quidam expert en télé achat se gausser du réchauffement climatique, la preuve.

Et ça mon pote, c’est autrement de l’info, que ta vision embrumée de petit matin frileux  à ta fenêtre embuée, avec le risque peu probable mais quand même réel de tomber sur mon beau-frère en tee shirt par moins dix.

Oui la caution télévisuelle objective tellement tout, que même ma mère en Savoie qui m’appelle en la capitale peut me raconter avec moult détails  le temps apocalyptique de Paris vu à la télé tout en mettant fortement en doute les 3 flocons souffreteux et tout relatifs vus de ma fenêtre.

Il faut bien reconnaître la supériorité de crédibilité d’un William Leymergie à oreillette en duplex avec un envoyé spécial en moufles satellisées  devant l’immeuble de France 2 sur un fils légendairement grincheux le matin.

Parce qu’un grand reporter frigorifié, la moustache givrée, un micro à la main qui te raconte qu’il y a plein de neige en hiver, plein de voitures sur le periph et plein de retard dans les gares et les aéroports, genre Armageddon, c’est quand même autrement plus fiable, qu’un journaliste  même pas embbeded, enlevé par des Talibans au cœur des montagnes afghanes et qui met en rogne un président en plein chasse neige dans les sondages.

D’où peut-être cette répartie furibonde à son ministre de la culture écharpé suite à un dérapage sur verglas – Un ministre ça ne se déplace pas en mobylette – et qui restera sans nul doute dans les anales des grandes sentences présidentielles.

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Bref, quand on voit que, par les temps maussades qui courent, un train avec deux heures de retard, un avion qui ne décolle pas à l’heure dite, un 4X4 avec pare-buffle en travers du col des Champs-Elysées, sont vécus par les français comme un véritable cauchemar, on peut évidemment douter de l’imminence d’une insurrection populaire.

Message subliminal de la France profonde qui souffre de l’engelure et de la congère en allant chercher en pantoufles à crampons son pain et son journal gratuit : do not disturb.

Pour conclure et souligner définitivement la réalité supérieure du virtuel sur la virtualité d’un réel douteux, ce charmant dialogue entre une maman amie enthousiaste à sa fenêtre et sa petite fille de 5 ans blasée finissant son cacao équitable :

- viens vite ma chérie il neige …
- ouaiiiiiis  je sais, j’ai vu à la télé…


Et pour peu que passe mon beau frère pile poil dans la rue en tongs par moins dix…

La neige c’est mieux à la télé. Comme l'avie, l’amour, ou l’apolitique.

tgb

17:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (28)

08/01/2010

Romantic Ken Killer

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Climat de panique dimanche soir à l'aéroport de Newark, à New York. Un amoureux a pénétré illégalement  dans une zone sécurisée pour embrasser sa douce avant son embarquement. L'alerte a immédiatement été donnée, les vols suspendus pendant plusieurs heures et les passagers fouillés. Les autorités cherchent à identifier l'individu  aperçu sur les vidéos quittant l'aéroport sans être inquiété.


Fait divers, appelé à devenir ordinaire dans une société jouant à terroriser sa population pour mieux la contrôler. Un citoyen lambda ayant une chance sur 1 milliard (minimum) d‘être victime d’un cinglé avec une bombe dans le slibard, crèvera plus sûrement de faim de froid ou d’un accident du travail si seulement il en a un ; rassurons nous.

Je ne sais ce qu’il adviendra de cet amoureux transi dans ce monde fraternel et romantique, mais trouvant la fin quelque peu fadasse et postulant à une place de scénariste pour quelque série hollywoodienne je me propose de la réécrire dans une veine plus bancable et un poil plus trashy.

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Décor : salle d’embarquement  – ambiance sonore d’aéroport  - Plan séquence  -


Ken se précipite vers Barbie pour lui donner un dernier baiser d’amour avant séparation douloureuse pour cause de rancune tenace. Rapport aux subprimes 

Gros plan sur Ken dont le visage peu à peu se décompose


Voyant avec fureur que deux gros douaniers blacks hilares ayant forcément votés pour Obama et sa "guenon" mattent à mort la prothèse mammaire et le piercing génital du corps dénudé de Barbie sa compagne, sur l’image renvoyé par le scaner corporel, Ken ulcéré, se saisit soudain de sa Machine Gun cachée sous son pardessus.

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Zoom rapide sur la petite mitraillette  ergonomique américaine, réputée pour être le « jouet » favori de la CIA, et que Ken recommande tout particulièrement à ses camarades de la National  Rifle Association .

Une chance qu’il ait programmé sa vengeance et prévu de se faire en rafale, dans une des tours de Manhattan l’après midi, quelque banquier désobligeant shooté aux bonus et lui ayant englouti par inadvertance voire cupidité, les 500 000 dollars qu’il  destinait à sa retraite californienne.

Poursuite en travelling

Ken enjambe les cordons de sécurité en direction de la guérite des douaniers tout à l’anatomie de Barbie, et bientôt à bout portant commence à arroser fiévreusement les deux fils de pute sous le regard horrifié puis excité de Barbie.

Visages explosés, corps qui s’effondrent – giclées de sang maculant les vitres en plexiglass - Panique générale - cris hurlements mouvements de foule – sourire sardonique de Ken.

Enivré par ses décharges d’adrénaline et de balles traçantes, le voilà à retourner posément l’arme vers la foule et à faire quelques délicieux  cartons, mitraillant par çi un groupe d’enfants scouts, flinguant par là quelques hôtesses en uniformes stricts, plus quelques touristes chinois  à moins que japonais pour faire dans l’international .

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Scènes de carnages divers…large panoramique de la camera sur hall d’aéroport dévasté.


Alerté par le tumulte, le vieux Jim, agent de sécurité de la société Blackwater se rappelant avec nostalgie ses cartons irakiens, et trafiquant à l’occase de la photo pédophile d’images d’enfants scanérisés, parvient à neutraliser, au péril de sa vie, dans un duel insoutenable  - champ contre champ - suspens – musique haletante le psychopathe ravagé à coups d’arc électriques du meilleur effet  image  ralentie

Plan Américain

Ken agonise dans les bras de Barbie, en prononçant cette sentence définitive :

Plan sérré

- C’est encore cet enfoiré de banquier qui s’en sort le mieux ! -

Il meurt.

L’image se fige -  générique…

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Ben moi je dis que si avec ça je me choppe pas un oscar, je vends carrément le pitch à TF1.

On vit une époque formidable !!!


tgb

19:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

06/01/2010

Columbo : brigade anti bling-bling

 

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J’ai reçu à Noël une compilation de la série Columbo.
J’ai déjà vu tous les épisodes vingt fois (au moins) et je les reverrai encore une 21 ème fois avec le même indéfectible plaisir,  la nostalgie kitch des années 70 en plus et la version VO enfin.

J’ai toujours  été fan de cette série et quand je zappe à la télé, désespérant de trouver quoi que ce soit de regardable qui n’insulte pas trop mon honorable intelligence, je finis  toujours au final, par me caler sur un épisode de Columbo ou des indémodables Simpson, sur une de ces chaînes négligeables dont je n’ai nulle envie de citer le matricule.

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Peter Falk acteur héros de l’anti héros de la série, souffre aujourd’hui d’Alzheimer. Il sucre méchamment les fraises et ne se souvient plus de grand chose et évidemment pas qu’il incarna durant tant d’années (18 saisons) et tant d’épisodes (prés de 70) ce personnage de flic à l’imper beige, à la 403 Peugeot pourrie et décapotable, au basset artésien répondant au nom inspiré de « le chien » et marié à une femme mille fois évoquée mais jamais représentée, répondant au doux prénom de « ma femme ».

Peter Falk donc, grand pote de Cassavetes, dans sa fin de vie naufragée est même aujourd’hui l’enjeu d’une mise sous tutelle et d’un combat juridique entre une de ses épouses (peut être bien la dernière) et l’une de ses filles (peut être bien légitime). Déchéance ordinaire et sordide du mythe Hollywoodien.

L’originalité folle de cette série classiquement policière est de balancer direct le nom du meurtrier, le comment du pourquoi d’un crime toujours  très trop sophistiqué (alors qu’il est si simple de faire simple) et de se débarrasser recta de toute intrigue et de tout suspens. Fallait oser.

Oui le flic choppera l’assassin, oui la vertu triomphera du vice et non le crime parfait n’existe pas ni ne paie. L’affaire est entendue. On s’en tape.

Car l’intérêt du feuilleton réside avant tout dans la manière implacable dont le flic justicier à l’air con, à la vue basse, au style brouillon, ce bouffeur de chili con carne invétéré, ce machouilleur de cigare éteint qui pue, ce collectionneur maniaque de petits détails, va coffrer le meurtrier, pour qui, il peut avoir à l’occase plus ou moins de sympathie mais à qui il ne laissera pas l’ombre d’une chance.

La rédemption n’étant pas son rayon.

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Que ce feuilleton soit apparu au début des années 70 n’est pas anodin, car il y a dans son mécanisme et sa dramaturgie, quelque chose de la lutte des classes, de la revanche jouissive du petit contre les grands, du modeste fonctionnaire ne payant pas de mine et mal payé surtout, démasquant le notable baignant dans le luxe, la gloire et les dollars qui vont avec.

Oui, l’assassin, le "méchant" est toujours un de ces « winner »  socialement aisé, partie intégrante de la ploutocratie californienne, plutôt beau,bronzé, brillant, bien sapé, étalant sa réussite décomplexée dans le dream Américain climatisé avec ce cynisme et cette désinvolture propre à ceux qui se savent intouchables.

Tandis que le Lieutenant Columbo, flic volontairement terne, quasi transparent, en rajoutant même dans sa gaucherie, se fichant radicalement de son look et cultivant une sortie d’innocuité ahurie, affiche un anti bling bling compulsif et propice même à son enquête et à ses obsessions.

Il fait pitié, il amuse, il agace, il déconcerte et gagne à la fin.

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C’est l’anti pipole se goinfrant le pipole, c’est le faux modeste se jouant du mépris, c’est la pseudo insignifiance venant à bout du clinquant et de l’esbroufe. C’est Diogène rappelant aux pédateurs de s’ôter de son soleil. 

C’est la force de l’être sur le culte de l’apparence.
La force du raisonnement et le mépris du revolver
C’est la certitude patiente que la ténacité triomphera de la vacuité.

En cela bien sûr, Columbo et son œil de verre parle de nous, de ce rapport instauré entre ceux qui ont tout et qui en veulent encore et ceux qui n’ont rien et qui doivent le payer. En cela bien sûr Columbo nous rassure et nous venge :

c’est par la ruse que les faibles mettrons en taule les puissants, victimes de leur propre vanité.

tgb

18:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (24)

 
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