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09/10/2009

Le multi récidiviste

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Ainsi donc, dans ce grand barnum compassionnel, à l’heure de passer au confessionnal  TF1, selon que vous saurez émouvoir ou pas, bouleverser ou pas, endosser avec sincérité le rôle de la victime en arborant vos stigmates ou pas, souffrir le martyr au JT du Golgotha 20 heures, faire pénitence en reconnaissant vos erreurs mais pas vos fautes ni votre responsabilité ou culpabilité jamais, vous serez, par le tribunal médiatique et l’avis du public, la courbe de l’audimat faisant foi, absout ou crucifié, promu ou démissionné, exonéré ou éliminé du jeu à 1 euro 20 la minute. 

Storytelling - tv réalité même combat.

Car au-delà des faits, des principes et des lois, des petits arrangements avec la vérité travaillés en média/training, ce qui importe n’est pas d’avoir la conscience ou l’inconscience tranquille, d’assumer ses actes ou ses lâchetés, mais bien, et on le sait depuis Meursault (l’Etranger – Camus)  d’avoir la capacité à bien pleurer aux enterrements devant la caméra.

C’est donc bien, au détecteur de mensonges télévisuel, selon que vous serez zappé ou pas, que le tremolo dans la voix vous fera coupable ou innocent.

Qu’on vous prenne en direct, la main dans la culotte raciste de l’auvergnat ou en flagrant délit d’escroquerie mise en scène chez Leclerc, du moment que vous saurez toucher le cœur de cible, déballer vos blessures narcissiques dans une audacieuse impudeur, vous indigner avec les mots qui gagnent, vous serez gracié ou supplicié pile  poil à l’heure du plateau repas.

Depuis qu’on a vidé, étripé, édulcoré Guy Moquet pour mieux le rendre inoffensif,  depuis qu’on a instrumentalisé le jeune communiste, jusque  dans les chiottes d’une triste équipe de France, depuis qu’on lui a dénié toute vérité historique, tout combat et engagement politique pour n’ en laisser qu’un fils châtré et bouleversant disant adieu à sa mère, le glissement progressif du sens au sensitif, de la chair au derme, n’à cessé d’en rajouter à la confusion et au simulacre.

A jouer, les gros bras d’un côté, le renforcement mécanique des lois contre la récidive, les chiens méchants, la pédophilie ou la pulsion criminelle, à parler d’homosexualité ou de délinquance génétique, à pousser au lynchage à chaque fait divers, à flatter les bas instincts, les je rote tout haut ce que les français pètent tout bas, tandis que de l’autre côté, on compatit avec une indulgence raffinée aux errements existentiels, aux déviances esthétisées des pipoles, des nantis, des fils ou neveux de …y’a bien des chances que cette injonction paradoxale perverse, finisse par faire d’irréparables dégâts.

A trop miser sur la sainte trinité : Logos Pathos et Laurence Ferrari, à trop brasser le cul la comm et la réalité, à botter le cul de l’ethos quand ça arrange tout en imposant une morale de classe à coups de flics et de fric, à exacerber la sensiblerie contre la sensibilité, l’émotivité contre l’émotion, on pourrait bien revoir effectivement quelque foule hystérique criant "à mort" et du bouc émissaire pendu aux branches.

Dans cette époque dramatiquement épidermique qui parle aux tripes du consommateur et à ses intestins et surtout pas, au cerveau du citoyen qui, je vous le rappelle, doit rester absolument disponible  au gavage, au gobage et à l’abêtissement, jouer régulièrement avec les affects des gens pourrait bien être considéré comme de l’incitation au crime.

C’est à la tête de l’état qu’officie en toute impunité le pire des récidivistes.

tgb

17:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

06/10/2009

In rectum diabolicum

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Voilà  donc qu’ Al qaïda nous invente la bombe-suppositoire !
Un nouveau mode opératoire dans la kamikazerie moderne et pétomane.

Le terroriste s’enfile la nitro (glycérine) ou quelque chose du genre recta rectum et au moindre prout de téléphone portable : boum ça explose.
Pour peu en plus que le flatuleur ait la grippe H1N1…

Première réflexion à chaud – On peut constater une fois de plus que le manque de moyens logistiques dope la créativité, illustrant à merveille cette maxime à méditer chez les dénués de tout : la liberté naît des contraintes - Formule qui ne manquera pas de les ragaillardir.

Deuxième réflexion refroidie : je crains le pire question zone d’embarquement ;

Déjà qu’il fallait enlever ses pompes et se faire peloter au passage des portiques, on risque maintenant un toucher rectal douanier, pas comme celui de Johnny nonnon, pas un toucher rectal défiscalisé remboursé par la sécu mais bien un doigt caoutchouté réglementaire, tandis qu’une file de voyageurs à quatre pattes  - toussez trois fois hop au suivant…- fait dans la reptation.

Savoureux préambule au décollage.
Je ne doute pas que cela fasse quelques envieux mais enfin…

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Une bombe-suppositoire donc, indétectable sauf aux rayons X, sur le modèle des capsules de cocaïne ingérées par les passeurs et autres fourmis : honnêtement, on n’avait rien inventé d’aussi fendard depuis le coussin péteur, produit phare et indémodable côté farce.

Connaissant l’esprit grivois gaulois de mes concitoyens de chez Rabelais, je doute fortement que cela puisse terroriser qui que ce soit. Parce que dés qu’il s’agit de trou du cul, de pet et de thermomètre dans les anales du pays des grosses têtes :

- Une question de Mr Letrou de Bâle...

- elle  est où la bombe ?
- dans ton cul !

c'est la grosse poilade.

Non, ni les intégristes nihilistes barbus barbares ennemis intimes et fonds de commerce de Philippe Val, ni la chorale médiatique chargée de nous refourguer ça en caisse (sic) de résonance n’arrivera à tétaniser la population avec ce genre de dispositif.

Je n’imagine même pas Jean-Pierre Pernaut nous annoncer d’un ton grave et bouleversifié la désintégration d’un airbus A 320 et ses 213 victimes, suite à un attentat monstrueux, perpétré à coup de bombe-suppositoire, sans un fou rire général et incontinent dans les maisons de retraite françaises. 

Cela dit, in rectum diabolicum peut être, mais si pour chaque voyage en transit, on doit se taper une coloscopie avant les turbulences plus maintenant des risques de flatulences létales, je le dis comme je le pense, ma prochaine destination estivale c’est chez moi.

tgb

16:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (20)

05/10/2009

La Sorcière au placard

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Il était une fois, à Montmartre, entre l’avenue Junot et la rue Lepic, un gentil petit passage champêtre, escalier mystérieux, arboré et bucolique  ouvert au public :

le passage de la Sorcière.


Apprécié des riverains, des flâneurs et des touristes hors des sentiers battus, ce passage piétonnier, dernier vestige du « maquis de Montmartre » vient d’être fermé arbitrairement par le syndic des copropriétaires sous les prétextes usuels et bien rodés  – quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage - de la sécurité et de la dangerosité du lieu.

Bref cet espace public, collectif, vient tout simplement d’être privatisé.

Certes, ce coup de force ne changera ni la face du monde, ni celle de Paris, ni même n’affectera la qualité de la sieste manageuse du maire Delanoë, suite à sa nuit blanche.

Cette (petite) affaire pourtant me semble assez emblématique de la posture embourgeoisée de l’élu socialiste lambda et de l’accaparement par des intérêts particuliers de l’espace public et social au détriment d’une cohabitation citoyenne et d’un certain art de vivre ensemble.

Bref du délabrement de la république et du délitement de son esprit civique.

Un nouveau ghetto de riches avec hôtel de luxe, vient donc de naître à Montmartre, sorte de "gate community" d’Anglosaxonie, segmentant un peu plus l’espace commun et refoulant le vulgum pecus sur la route à bagnoles entre deux merdes de chien.

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Un accord, il y a quelques années, avait été conclu entre les différents co-propriétaires, dont la marie, possédant un charmant et discret terrain de boules (il me revient un pastis délectable sur invitation...) afin de garantir le passage public. C’est sur cet accord, sans concertation, et unilatéralement qu’est revenu le syndic interdisant ainsi par une méchante grille avec digicode  (un peu comme le bunker PS de Solférino) le lieu commun.

Lors de la manif bon enfant de samedi dernier, 150 participants remontés, six flics débonnaires  et une poignée d’élus, il était fort éducatif  d’entendre Monsieur Christophe Caresche, député PS de Paris, censé défendre le bien public, se fendre d’un discours copieusement sifflé du genre :

"les copropriétaires sont aussi des citoyens de Paris, ils ont aussi des droits, nous défendons le droit à la propriété privée et en conséquence nous ne ferons rien qui aille à l'encontre de leurs droits"!!!


Tandis que l’adjoint vert se démarquait courageusement de la majorité municipale dans une intervention mémorable qui pourrait se résumer en :  – c’est pas moi c’est ma soeur qu’a laissé blinder la grille centrale –

Bref à l’heure où notre cœur Vaillant, maire somnolent de la rente 18eme, semble plus préoccupé de récupérer l’action contre la privatisation de la poste et ses bulletins, (action pour laquelle il n’a guère décollé son postérieur de son fauteuil en cuir de notable véritable et qui avec ses amis de la dream team Jospinienne avait largement œuvré pour l’ouverture du capital de la société de services publics), que de protéger le bien collectif, cette anecdotique affaire illustre parfaitement le dévoiement et le déphasage azimuté des sociaux démocrates définitivement à l’ouest. Et bientôt nulle part…

Preuve s’il en est ce délicieux et édifiant petit dialogue que j’eus avec une militante socialiste  (il en reste si si, enfin au moins une)  :

Elle - Il faut que la gauche se rassemble
Moi - encore faudrait-il définir ce que vous mettez derrière le mot gauche
Elle - ah ben si on commence comme ça !!!

L’histoire du passage de la Sorcière donc, toute anecdotique qu’elle soit, révèle bien ce glissement de l’intérêt général vers l’intérêt particulier et comment le PS, un coup dans le zig, un coup dans le zag, a finalement choisi son camp.

Quant à l’escalier romantique, nul doute que les signatures de Richard Berry, Charles Berling, Jean-Paul Rouve…sur la pétition citoyenne, sauront émouvoir nos élus, entre deux camomilles, plus sensibles à la causerie du pipole qu’à la cause du peuple. 


Affaire à suivre….

tgb

13:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

02/10/2009

Faut-il castrer Polanski ?

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(chimiquement)

Nan !!!!!!  j’déconne…..
mais la question est bonne
Parce que, faudrait savoir
On Castre (chimiquement) les pédophiles récidivistes côté populo démago
Ou on célèbre (esthétiquement ) Mitterrand Polanski, côté cercle d’amis

Les intimes...

L’axe Sarko/Bruni nous la joue Frankenstein
Il nous sort le Bobo-poujado–populo-people
La droite neuilly-camembert macquée à la jet set épidermiquement de gauche

le croisement contre nature de la droite beauf et de la bof gauche

l'accouplement hybride Hortefeux/Kouchner - petit doigt en l'air/ecrase merde :

Et y’a schizophrénie.

Car, en principe, en république j’veux dire, il ne peut y avoir une morale éthérée pour les uns qui se l’achètent ou se l’indemnisent amen, et une loi pour les autres, les gens qu’on karcherise ou qu’on castratrise, chimiquement .

Ou alors faut le dire clairement.
Un cercle de privilégiés est au-dessus des lois ; au balcon

Et tout le reste, est en dessous,

de la matraque.

au charbon

Ce serait t’y pas un vieux retour de classes ça ?

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J’aime bien Polanski – j’ai lu son roman « Roman »
Sa vie son œuvre, ses anges son diable ! quel destin !

J’aime ses films, pas Rosemary‘baby, trop gore pour moi, ni les derniers trop propres, mais le couteau dans l’eau, Répulsion, Cul de sac, Le Locataire, Chinatown tout ça…j’adore.

Y’a du Kafka chez ce mec là, de la souffrance et du génie
Du sulfureux aussi : Ce chic pour se foutre dans des trucs tordus
ou ce fatum…

Je me fous bien de savoir où Polanski met sa queue  ?
(enfin y’a des limites)

Je le crois honorable.

(Et puis j’ai un faible pour les petits comme moi – Woody Allen, Chaplin,
Dustin Hoffman, Pierre Etaix, même Playmobil Pujadas pour dire, moins un :
A talonnettes

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Qu’on lui foute la paix à Roman, à commencer par son fan culb pétitioniste, pas fin sur ce coup, (même David Linch), et qui lui rend pas service.

S’il doit y avoir indulgence pour une œuvre, qui a tous les droits, et pour Polanski, qui a assez morflé comme ça, il n’y a aucune raison que la justice fasse la différence entre deux hommes qu’il soit une star, qu’il soit un gueux (et même une ordure)

Il ne peut y avoir une loi pour les jean-foutre comme nous, qu’on traite à la chimie, au valium ou au H1N1 et une exemption générale pour les prédateurs et leurs invités, les fous du roi ou les protégés de la dame.

Ou alors faut dire,
faut sortir le contrat
Faut dire qu’on n’est plus du même monde
Qu’on n’a plus les mêmes droits et devoirs
Qu’on est tout juste bon à payer los conneries
les crises les outrances les outrages
Et à bouffer du people en guise de politique.

(Là-dessus, c’est un sans-faute, le mouton est devenu tellement con qu’il vote pour le loup.)

Non faut pas lyncher Polanski, faut lui lâcher la grappe et aimer ses films (ou pas)
mais faut pas non plus que la ploutocratie se croit tout permis et qu’à chaque fait divers aussi horrible soit il, elle nous ponde une loi fétide de plus dans la confusion et le pathos général.

Personne castre personne
On se parle pas comme ça
On n’est pas des chiens.

tgb

 

 

22:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (24)

 
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