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06/01/2010

Columbo : brigade anti bling-bling

 

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J’ai reçu à Noël une compilation de la série Columbo.
J’ai déjà vu tous les épisodes vingt fois (au moins) et je les reverrai encore une 21 ème fois avec le même indéfectible plaisir,  la nostalgie kitch des années 70 en plus et la version VO enfin.

J’ai toujours  été fan de cette série et quand je zappe à la télé, désespérant de trouver quoi que ce soit de regardable qui n’insulte pas trop mon honorable intelligence, je finis  toujours au final, par me caler sur un épisode de Columbo ou des indémodables Simpson, sur une de ces chaînes négligeables dont je n’ai nulle envie de citer le matricule.

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Peter Falk acteur héros de l’anti héros de la série, souffre aujourd’hui d’Alzheimer. Il sucre méchamment les fraises et ne se souvient plus de grand chose et évidemment pas qu’il incarna durant tant d’années (18 saisons) et tant d’épisodes (prés de 70) ce personnage de flic à l’imper beige, à la 403 Peugeot pourrie et décapotable, au basset artésien répondant au nom inspiré de « le chien » et marié à une femme mille fois évoquée mais jamais représentée, répondant au doux prénom de « ma femme ».

Peter Falk donc, grand pote de Cassavetes, dans sa fin de vie naufragée est même aujourd’hui l’enjeu d’une mise sous tutelle et d’un combat juridique entre une de ses épouses (peut être bien la dernière) et l’une de ses filles (peut être bien légitime). Déchéance ordinaire et sordide du mythe Hollywoodien.

L’originalité folle de cette série classiquement policière est de balancer direct le nom du meurtrier, le comment du pourquoi d’un crime toujours  très trop sophistiqué (alors qu’il est si simple de faire simple) et de se débarrasser recta de toute intrigue et de tout suspens. Fallait oser.

Oui le flic choppera l’assassin, oui la vertu triomphera du vice et non le crime parfait n’existe pas ni ne paie. L’affaire est entendue. On s’en tape.

Car l’intérêt du feuilleton réside avant tout dans la manière implacable dont le flic justicier à l’air con, à la vue basse, au style brouillon, ce bouffeur de chili con carne invétéré, ce machouilleur de cigare éteint qui pue, ce collectionneur maniaque de petits détails, va coffrer le meurtrier, pour qui, il peut avoir à l’occase plus ou moins de sympathie mais à qui il ne laissera pas l’ombre d’une chance.

La rédemption n’étant pas son rayon.

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Que ce feuilleton soit apparu au début des années 70 n’est pas anodin, car il y a dans son mécanisme et sa dramaturgie, quelque chose de la lutte des classes, de la revanche jouissive du petit contre les grands, du modeste fonctionnaire ne payant pas de mine et mal payé surtout, démasquant le notable baignant dans le luxe, la gloire et les dollars qui vont avec.

Oui, l’assassin, le "méchant" est toujours un de ces « winner »  socialement aisé, partie intégrante de la ploutocratie californienne, plutôt beau,bronzé, brillant, bien sapé, étalant sa réussite décomplexée dans le dream Américain climatisé avec ce cynisme et cette désinvolture propre à ceux qui se savent intouchables.

Tandis que le Lieutenant Columbo, flic volontairement terne, quasi transparent, en rajoutant même dans sa gaucherie, se fichant radicalement de son look et cultivant une sortie d’innocuité ahurie, affiche un anti bling bling compulsif et propice même à son enquête et à ses obsessions.

Il fait pitié, il amuse, il agace, il déconcerte et gagne à la fin.

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C’est l’anti pipole se goinfrant le pipole, c’est le faux modeste se jouant du mépris, c’est la pseudo insignifiance venant à bout du clinquant et de l’esbroufe. C’est Diogène rappelant aux pédateurs de s’ôter de son soleil. 

C’est la force de l’être sur le culte de l’apparence.
La force du raisonnement et le mépris du revolver
C’est la certitude patiente que la ténacité triomphera de la vacuité.

En cela bien sûr, Columbo et son œil de verre parle de nous, de ce rapport instauré entre ceux qui ont tout et qui en veulent encore et ceux qui n’ont rien et qui doivent le payer. En cela bien sûr Columbo nous rassure et nous venge :

c’est par la ruse que les faibles mettrons en taule les puissants, victimes de leur propre vanité.

tgb

18:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (24)

04/01/2010

Baisons futés

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Si le plan B (polonais) est de retour avec son Bolkestein relooké voluptueusement en « directive services », si vous pouvez encore fignoler votre système D pour survivre dans les décombres d’une civilisation occidentale très avancée (c’est le mois du blanc profitez en), si vous pouvez mollement espérer encore l’instant T de L’heure H du jour J, en revanche pour ce qui est du "point G" des fois que ça vous démangerait encore, vous pouvez lâcher l’affaire :

Le point G n’existe pas.

C'est ce qu'affirme en tout cas, une étude britannique, l'étude du King's College de Londres portant sur 1.800 femmes et mettant en évidence que la zone érogène féminine, dite point G, ferait partie d’un imaginaire encouragé par les magazines Petasse Beauté… et autres sexologues, grands spécialistes du consumérisme sexuel et du marronnier printemps été du touche pipi hautement performant.

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"Le point G, zone érogène réduite, située dans le vagin, censée concentrer de nombreuses terminaisons nerveuses et supposée mener à un plaisir  sexuel intense n’est au final qu’une arnaque marketing et donc une idée à peu prés aussi subjective que la grippe  A (90 millions de doses en moins).

Pour ceux ou celles qui tel le graal le recherchait encore éperdument la nuit dernière, ils peuvent éteindre la lampe frontale, ranger les étriers et adresser leurs légitimes doléances à Ernst Gräfenberg, gynécologue allemand, inventeur prétendu de l’objet sus cité et à Beverly Whippleen qui popularisa le concept en se faisant des couilles en or dans les années 80.

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Et pendant que le nigaud de service qui n’est pas du genre à renoncer à la première difficulté, cherche encore le point G de Carla B en se moralisant le capitalisme d’une main tout en se rééduquant le périnée de l’autre, le mieux c’est encore d’oublier toutes ces conneries logomachiques sorties directes du monde abruti de l’entreprise, de bazarder définitivement des concepts aussi foireux qu’évaluation, performance, optimisation et compétitivité et d’étreindre sa (son) bon(ne) ami(e) sans se soucier de la moindre prouesse sexuelle.

Baiser futé c’est se décomplexer du gland, pas tenir la moyenne.

tgb

18:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (16)

01/01/2010

Allons enfants de l’apathie

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Ch’ais bien, les lendemains  de fête, tout ça, on a l’œil penaud, la pensée pâteuse, et la casquette à l’envers, pour peu que les plus masos, ou les plus scrupuleux, dont je ne suis pas, (hier soir j’ai fait un geste pour la planète, j’ai éteint ma télé, pile à 20 h) se soient enfilé le mauvais mousseux du type qui nous sert de président …

Bon apathie…

Alors pour se ragaillardir le muscle de l’estomac et attaquer ce 2010 avec un entrain républicain, ce condensé d’un discours de Jean-Paul Marat, qui comme tout le monde l’apprit à l’école d’Hortefeux, mourût dans la baignoire  à égorger les moutons.

Leçon d’histoire avant disparition  :

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« …Les citoyens timides, les hommes qui aiment leur repos, les heureux du siècle, les sangsues de l'Etat et tous les fripons qui vivent des abus publics ne redoutent rien tant que les émeutes populaires ; elles tendent à détruire leur bonheur en amenant un nouvel ordre de choses…

…ils  ne parlent que d'apaiser le peuple, ils ne travaillent qu'à l'empêcher de se livrer à sa juste fureur…

…ils  ont pour cela de puissantes raisons…

…car, à quoi devons nous la liberté, sinon aux émeutes populaires ?…

…c'est une émeute populaire…,qui  a éveillé l'insurrection de la nation…

…c'est une émeute populaire, …qui a fait avorter la seconde conjuration…

…ce sont les émeutes populaires qui ont subjugué la faction aristocratique …

…l'Assemblée nationale,… n'est entrée en activité qu'à la suite de quelque émeute populaire, ..elle n'a décrété de bonnes lois qu'à la suite de quelque émeute populaire…

C'est donc aux émeutes populaires  que nous devons tout, et la chute de nos tyrans, et celle de leurs favoris… et l'abaissement  des grands, et l'élévation des petits, et le retour de la liberté…

…Réveillez  vous citoyens, Réveillez  vous !

Marat

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Affr’euses et Aff’eux encore enfarinés , je vous la souhaite non frigide et bien phrygienne…

tgb

09:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (17)

22/12/2009

L’odeur de la neige



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On la sent venir. A ce quelque chose d’indicible, d’indistinct. Un parfum de fadeur qu’on renifle. Une suspension humide dans l’air. Une douce tension. Une latence qui fait que tout se ralenti, que tout devient calme trop calme, comme dans ces films de cow-boys et d’indiens juste avant l’embuscade.

L’arrivée de la neige a une odeur oui. A moins qu’elle ait une ambiance ou une couleur. Un ciel qui s’épaissit en gris cotonneux et qui s’installe en édredon. Un silence qui gagne imperceptiblement la ville ou la campagne comme si la nature elle-même retenait sa respiration et les chiens leurs aboiements.

Rien à voir avec l’odeur de la pluie qui vient. L’odeur de la neige a ce parfum inodore qu’on reconnaît pourtant d’instinct. L’odeur du zéro degré.

Et puis les premiers cristaux ; timides et délicats. Et puis les premiers flocons, légers et aériens qui envolutent tout, qui forcissent et s’empâtent, lourds et onctueux. Cette fluidité fragile qui se matérialise, jusqu’à tout envelopper, tout amoindrir, tout amortir, tout calfeutrer de blanc impec, tout insonoriser à l’étouffé, jusqu’à l’apaisement. A arrondir les angles, à embellir le moche, à adoucir les perspectives, à souligner d’un trait ouaté, les lignes électriques qui structurent un autre paysage.

Et les premiers pas dans la neige. Cet écrasement voluptueux et sourd d’une mousse qui se tasse, et qui finit par faire de son inconsistance, une force.

Des millions de flocons, tous ressemblants et tous différents, des millions de presque rien, cette insignifiante condensation de vapeur d’eau, jusqu’à l’improbable dévastation de l’avalanche.

Il neige.

tgb

09:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

 
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