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25/08/2009

Leurre d'été

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Je rentre de la plage , serviette autour du cou, slalomant léger, sur ma honda XL, une antiquité remarquable, dans la vieille  ville  thermale où j’ai grandi  ainsi qu’une célèbre présentatrice pipole  de JT à temps de cerveau disponible.
Star locale.

Lumière d’aout ; 17 heures ; un peu d’herbe au compteur ; soleil  accablant.
Un moment deux flons  flons à mes oreilles ;  je m’arrête ; le thé dansant du casino ; ambiance nostalgie  froufroutante : j’adore  - sous les platanes, apero musette ; un peu kitch, un peu chicos, genre les curistes s’amusent et s’encanaillent  ; délicieusement ringard . Les plus aisés consomment attablés, les plus pauvres ou les plus radins, rangés autour sur des bancs, ondulent par procuration . C’est la lutte des classes balnéaires.

Quelques dames coquettes, élégantes,  veuves ou divorcées cherchent fortune, quelques vieux beaux à gourmette, chemise blanche  col ouvert, jouent les tombeurs. Deux ou trois gigolos  kiffant sur leur maman font dans le taxi boy, quelques couples dansants adorant danser valsent joliment ;  tout un univers.

Ambiance les yeux noirs sans Mastroianni.

Tout à l’économie, JP, le chanteur, assure l’orchestre à lui tout seul. Il croone, pas si mal sur de vieux standards diffusés à la chaîne par une mauvaise sono. Dans un coin, à l’écart, une dame sexagénaire,  avec une jolie  robe noire à volants rouges,  nous gratifie  d’un solo inspiré  par « my way » versus Jean Pierre Sinatra. Seule au monde elle s’éclate, dans une chorégraphie  toute personnelle  à la fois pathétique  et fascinante.  Une partie de l’assistance  complimente.

Attendrissant comme tout.

Je matte le thermomètre numérique de la municipalité  sarko-moderne de Gnangnan les Bains : 40 degrés au soleil . Pétard !!!

Je donne un coup de kick en tong et je m’éloigne  sur ma bécane dans la fournaise  des rues quasi désertes.  Je retourne chez moi, sous les arbres, dans mon village  de pré montagne, bientôt transformé en banlieue .

A un feu rouge, j’attends sagement à l’ombre.  Un moment je me vois comme dans la ballade  de Moretti en scooter dans Rome mais sans Rome (journal intime). Devant moi, un coupé Audi blanc avec une belle  brune au volant. Je la suis.  Sur un dos d’âne, je la double.  Je lui jette un regard souriant qu’elle ne me rend pas.

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Sale bêcheuse, je me dis, en accélérant à donf, voyant s’évanouir la frimeuse dans le rétro avec l’été en prime.

tgb

Photos  D.A

10:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (17)

19/08/2009

Le concombre démasqué

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Bon, faut bien reconnaître qu’à force de faire le tour estival des potagers de mes potes, d’avoir l’insigne honneur de consommer de la tomate du jardin sur laquelle il est recommandé de s’extasier, de la courgette farcie forcément bio, de la salade, sans pesticides, élevée  à la bouillie bordelaise, et de devoir s’émerveiller devant la citrouille géante,  fierté patrimoniale qui fera sans doute la une du Daubé Libéré local, on finit par regretter parfois la bonne junk-food bien dégueu de chez ED. 

Heureusement Monsanto, leader capitaliste de l’arme alimentaire massive,  jamais à court d’imagination pour tout bien saloper, nous enfumer l’estomac et le porte monnaie,  propose une loi pour interdire les jardins de curé.

Etats-Unis : Monsanto propose une loi pour interdire les potagers des particuliers.

La Résolution 875, a été présentée à la Chambre sous le nom d’ Acte de Modernisation de la Sécurité Alimentaire 2009 en février par Rosa DeLauro dont le mari, Stanley Greenburg, dirige les recherches pour la firme Monsanto - le leader mondial de la production d'herbicides et de semences génétiquement modifiées.

La nouvelle loi viserait à réduire les risques de contamination par la nourriture: bactéries, produits chimiques, toxines naturelles ou artificielles, virus, parasites, prions et autres agents pathogènes pour l'homme.


Merci à Monsanto ;

Car à l’heure où, rapport à la conjoncture,  il semble vital de regrouper ses forces, de se rendre alimentairement autonome et de subvenir plus ou moins sainement à son autonomie nourricière, en inventant par la démerde un quotidien potable, savoir que des gens sont assez créatifs pour évoquer l’aspect sanitaire des potagers,  alors qu’on s‘appelle Monsanto, mérite le respect.

C’est un peu comme Sarko, claironnant la moralisation du capitalisme. Rien que le fait d’oser un semblable oxymore peut rendre admiratif.

Car oui, la multiplication des jardins potagers individuels ou collectifs, à la ville ou aux champs, nuit considérablement  à la dépendance alimentaire, aux semences stérilisées à un coup, aux graines brevetées  avec copyright et à la marchandisation du vivant.
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Et il serait bien dommage de ne pas humer ce délicieux et prometteur parfum « soleil vert » qui commence à flotter avec insistance dans l’ozone, avec ses rations nutritives génétiquement calibrées, dont finirait par dépendre pour la plus grande joie des firmes pharmaco-protéïnées,  une humanité définitivement aliénée par son tube digestif.

Madame Obama, militante de jardin bio et cultivant le sien à la Maison Blanche, ferait bien de se méfier. On a vu des présidents se faire buter pour moins que ça.

Je ne doute pas un instant que l’on trouvera quelques fumeux intellos de chez Corporate pour justifier cette proposition de loi. Je sens assez bien Alain Minc sur le coup, en iconoclaste mensualisé du cucurbitacée sous contrôle ou le gros Allègre revenir à la charge,  quand la bise de l’écolo bobo versus TF1 aura passée. 

Oui, bientôt, grâce aux brillantes initiatives de Monsanto, nous goûterons au monde merveilleux  du potager clandestin  (jouxtant  tant qu’a faire les plans de canabis) à la courgette prohibée à se refiler sous le manteau, et au concombre masqué vendu en samizdat.

Au trouble voluptueux du légume transgressé.

En attendant, faut se farcir encore les haricots du jardin en n’oubliant pas, par courtoisie, de s’esbaudir sur les subtilités goûteuses du papilionacée. 

tgb

13:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (27)

02/08/2009

Bronzer sur un volcan

 

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On décroche des évènements scabreux du monde tel qu’il va. On met sa santé mentale à l’ombre d’un parasol sicilien, à surveiller l’Etna du coin d’un œil flemmard ; des fois qu’Empedocle viendrait récupérer ses sandales, abandonnées juste au bord du cratère…

On traîne en plein pisolino (sieste) à l’heure des chiens et des français dans la fournaise du théâtre grec de Taormina à relire Euripide.

On sirote une granita lemone dans la torpeur tranquille de Syracuse, en attendant la passeggiata. Ce moment rituel où la société sicilienne parade, aimant à voir et à être vue.

On slalome comme on peut dans un essaim excité de scooters et de scippatori (voleurs à l’arraché) entre palais baroques palermitains soit restaurés soit en ruine soit les deux.

On savoure la gentillesse sicilienne, tout en s’envoyant un plat de spaghetti al vongole, arrosé de bière Moretti et d’hospitalité.

Prego
.

On cossarde dans des hôtels quasi vides, devant les TV achat Berlusconiennes consacrées entièrement à la vente de masseurs vibrants censés faire fondre la cellulite sans efforts.

On a bien une pensée émue sur l’autostrade, quand on passe devant le monument dédié au Juge Falcone explosé là avec toute son escorte dans sa voiture blindée par les gens de Corleone, épaulés par quelques nervis des services secrets d’une Italie schizophrène.

Mais on en reste à la surface des choses et à l’indolence toute méditerranéenne. A la quiétude estivale, les tongs bercées par les vagues.

Jusqu’au jour du départ. Aéroport de Catane.
Jusqu’à ce que l’actualité tenace nous rattrape.
Jusqu’à l’étrange ballet de quatre hommes aux aguets épousant de leurs corps les déplacements d’un cinquième.

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On regarde l’homme assis, à deux mètres, fumant cigarette, sur cigarette, perdu dans ses pensées, jonglant avec ses téléphones, plaisantant avec ses gardes du corps, jeunes, aussi désinvoltes que vigilants, un flingue glissé dans la ceinture.

On pense à Pasolini. On ne sait pas trop pourquoi. A l’élégance raffinée.

Et l’on sent bien qu’on est au cœur du sujet. De l’héroïsme ordinaire d’un homme qui se lève le matin en ignorant s’il sera vivant le soir.

Et l’on se met à regarder alentour avec l’œil inquiet du flic qui finit par trouver que tout est suspect. Le chauffeur de taxi, comme la valise sur le chariot.

On suppose que l’homme assis est un juge. On se rencarde. C’est un homme politique. Il s’appelle Rosario Crocetta. Il est maire de Gela, député européen depuis juin dernier, communiste, homosexuel déclaré et en lutte ouverte contre la mafia.

Rien que ça.

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Dans l’Italie pourrie et populiste de Berlusconi oui, il y a encore des citoyens pour élire (largement) des types aussi atypiques, libres pédés intègres ( et chretien en plus) que Rosario Crocetta qui nous réconcilie avec la politique.


et l'italie


Rosario Crocetta essaie de nettoyer Gela, une des villes de Sicile les plus infiltrée par la pieuvre. Il se bat contre le pezzo, l’impôt mafieux qui ruine les commerçants. Il se bat contre l’anarchie immobilière et l’empire financier si indissociablement lié à l’empire tout court si lié à la crise.


Il se bat pour l'état de droit.


Et je crains qu’un jour, comme pour Falcone, Borselino et les autres héros ordinaires, je lise dans un canard, en entrefilet, que le maire de Gela vient d’être victime avec toute son escorte, quatre jeunes mecs , fonctionnaires, aussi désinvoltes que vigilants, courageux, d’un enieme attentat...

autant pas...

Voilà, j’aurai eu l’honneur de passer quelques instants aux côtés de Rosario Crocetta, héros admirable, citoyen libre, atypique et intègre d’une Sicile volcanique aussi douce que cruelle.


tgb

photos d.a

20:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

23/07/2009

Information éditeur

Affr’euses, Affr’eux, accroses, accros…

Ma tendinite du bras droit, ainsi que mon hygiène mentale ont le plaisir de vous faire part de mon abstinence blogueuse et estivale pour quelques jours.

En attendant et pour pallier, au manque TéGéBesque évident, une nouvelle :

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VOL 093

écrite par un certain tgb (comme quoi y’a des coïncidences dans la vie…)

En attendant, et pendant que le monde continue à tourner à sa perte, la rue Affre décline toute responsabilité en cas de saloperies gouvernementales (probables) de ré-effondrement bancaire (prévisible) ou d’apocalypse nucléaire (potentielle).

 

tgb

11:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

 
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