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19/06/2009

Dommages légèrement collatéraux

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Bon, c’est l’histoire d’un type, premier ministre de la France cohabitante, au temps où la fonction servait encore vaguement à quelque chose, et qui voulait devenir président.

Pas Président de la Société pour la construction et l'exploitation du Tunnel du Mont-Blanc, poste honorifique où l’on touche une fortune à produire de la sieste digestive, à peine troublée par de la catastrophe souterraine, non. Ça il l’était déjà.

Président de la France ; comme le deviendrait plus tard son Iznogoud associé, intriguant déjà méchamment pour devenir calife à la place du calife.

Je vous parle de ça…15 ans au moins, au siècle dernier.

Pour devenir président, c’est bête, mais vaut mieux y penser, des fois que l’idée vous viendrait : faut des sous.

Inspirés sans doute par les célèbres frégates de Taïwan, sauce Mitterrand, le genre de rafiots hautement technologiques avec rétro-commissions turbos injectées, le type et son associé, pas très imaginatifs sur le coup, se dirent qu’avec des sous-marin pakistanais ça pourrait bien le faire.

Ça paraît bien parti…

On a une tradition politique française de la magouille barbouze et maritime, sur un vieux fond d’armements, allez savoir pourquoi…

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Bref, trois sous-marins et un « je vous demande de vous taire » plus tard, Chirac élu à la surprise générale des deux maladroits, recevant la facture du dessous-de-table en formica amélioré, considéra que ça ne le concernait pas outre mesure, que les promesses n’engageaient que ceux qui les écoutaient et partît tâter du cul de vache au salon de l’agriculture entre deux explosions nucléaires.

C’est là, que les généraux pakistanais assez ombrageux, par le biais de quelques islamistes oisifs et instrumentalisés, firent à Karachi, un rappel financier, (8 mai 2002)  sous la forme d’une bombinette débitrice, dans un bus de la DCN (direction des constructions navales)

Bilan comptable : 14 morts dont 11 français de chez ingénieurs prolos. Appelons ça, façon occidentale : dommages collatéraux. (légers finalement quand on songe que pour tuer un taliban les ricains rasent un village)

On mit ça sur l’ardoise d’Al Qaïda, vu que ça existait autant que ça rende service et l’on passa à autre chose.

L’histoire ne dit pas, si, suite à la relance du débiteur rancunier, on fit livrer les deux mallettes manquantes mais on se doute.

Et pendant qu’aujourd’hui se finalise laborieusement la vente de rafales Dassault tout pourris aux Emirats Arabes Unis, nos sous-marins cherchent toujours une certaine boîte noire au fond d’un océan.

- Dis donc Edouard ça existe toujours Al Qaïda ? -

Je dis ça je dis rien, rendez-vous dans dix ans.

tgb

15:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

16/06/2009

Zorro et le sergent Garcia

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Selon le rapport annuel des violations des droits syndicaux de la Confédération syndicale internationale (CSI), 76 syndicalistes ont été assassinés dans le monde en 2008. Si le nombre est en baisse par rapport à 2007, il est toujours en progression en Colombie. 49 assassinats chez le sinistre Uribe, malgré les assurances d’amélioration données par le binoclard fascisant Alvaro.

Comme quoi il vaut mieux être Sainte Thérèse de Bitancourt de la jet set Paris/Ibiza/Bogota victime mondaine des très « sanguinaires » Farc - couteau entre les dents - coke plein les gencives - que le François Chereque Bernard Thibault, que l’Evo Morales local, luttant contre les para militaires et les firmes spéculatives mondialisées.

Au Pérou, l’Evo Morales local s’appelle Alberto Pizango.

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Leader de l'Association interethnique de la Jungle péruvienne (AIDESEP), collectif indigène représentant 65 groupes ethniques 1.300 communautés, 600.000 indiens sur 28 millions de Péruviens, il est réfugié aujourd'hui à la mission diplomatique du Nicaragua à Lima fuyant la justice expéditive du président Alan Garcia.

En effet depuis deux mois, l'AIDESEP proteste et organise des blocus ponctuels de routes, oléoducs ou fleuves dans le nord-est amazonien pour dénoncer les décrets-lois du très corrompu Garcia, favorisant l'exploitation hydrique, forestière et minière, bref la dévastation de la forêt amazonienne et accessoirement des territoires indigènes.

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Résistance pacifique jusqu’aux affrontements violents du 5 juin dernier où la police du sergent Garcia tenta de déloger à coups de flingues, les barrages civils des autochtones.

Bilan : 25 policiers, 9 Indiens morts selon les cow-boys, l’inverse selon les indiens.

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Rappelons que Garcia, dernier vestige droitier avec Uribe en Amérique latine, grand amateur de crise économique, son premier mandat (1985-1990) avait plongé le pays dans un marasme spectaculaire, s’appuyait lors des dernières présidentielles sur le slogan : « Aidez-moi à construire un Pérou plus juste »

On voit que c’est bien parti.

Qui pourrait bien se soucier en effet du scalp d’un peau rouge, syndicaliste qui plus est, au pays des grands propriétaires terriens et des compagnies pétrolières internationales ? certainement pas le peau vert de la tribu BOBO, Cohn-Bendit dont on attends toujours une vive réaction, certainement pas non plus l'héliporté de chez Pinault simple fric, dont on peut attendre longtemps une photo de cadavre indien.

Sauf qu’aujourd’hui dans l’Amérique Bolivarienne de Chavez, les amerindiens ont des frangins qui leur ouvrent l’asile diplomatique et ça change tout.

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Car s’il est un espoir de changement quelque part, c’est bien ce retour de l’indianité et de leurs représentants, luttant pour recouvrir terres, droits et maîtrise de leur destin et arrachant peu à peu les pouvoirs exorbitants des mains des colonisateurs. Une juste revanche sur le génocide indien.

Enfin, notons au passage, que le groupe pétrolier Shell, accusé de complicité, après l'exécution de neufs militants des droits de l'Homme par l'armée nigériane en 1995, dont l’écrivain Ken Saro-Wiwa dans la région fort marécageuse (sic) du Delta, a finalement signé un accord de 15,5 millions de dollars avec les familles des victimes pour échapper au tribunal de New-York admettant ainsi, implicitement sa culpabilité.

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Baril de sang contre baril de pétrole ? après tout, si parfois la lutte pour la justice payait ? Si en vrai, de temps en temps, Zorro bottait vraiment le cul du sergent Garcia ?

C’était mon message optimiste de l’année dans ce monde brutal du pétrole brut.

tgb

11:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

13/06/2009

Martine et les garçons

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La politique ce n'est qu'une certaine façon d'agiter le peuple avant de s'en servir.
Talleyran



Ça phosphorait fort ce soir-là, dans le bunker Solférino. Ça carburait au brain-storming, rapport à la déculottée Européenne.

Martine A. 1er secrétaire G. du Parti S, agitait vigoureusement le shaker de la cogitation neuronale des camarades éléphants, élaborant un de ces cocktails trans-courants imbuvable dont seuls les socio démocrates avaient le secret.

Une recette que l’on se transmettait, de génération en génération de 1er secrétaire à 1er secrétaire exclusivement.

Mais là, y’avait urgence à dompter les idiosyncrasies des leaders des motions ABCDEF

Sur le paper board, on commençait à lister les fulgurances, jaillit de quelque cerveau de quadragénaire narcissique en pré orbite présidentielle du genre : déposer le dispositif - démission participative – celui qui dit qui y’est - rénovation 33 - remise à plat de l’organigramme dans sa verticalité - re-re-re-refondation - Jack Lang !? -

Pendant que Moscovici proposait de relooker le poing et Peillon de reverdir la rose, un militant de base qu’on avait invité là pour voir à quoi ça ressemblait en vrai, essayait vainement d’en placer une du genre :

- Oui mais quand même la trahison de Versailles...

Mais dans le vacarme dialectique et le concours touche pipi des jeunes fringants déclinants personne n’y prêtait attention.

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- Le mot « socialiste ne veut plus rien dire » assénait le jeune Valls, tout frais épilé du maillot, dans une bouffée délirante confinant au sublime, due à des poussées d’hémorroïdes marxistes qui l’empêchaient encore de s’asseoir sur un strapontin gouvernemental.

- Oui mais quand même les camarades Lamy a l’OMC, Strauss Kahn au FMI…
essayait de dénoncer le militant inaudible.

Tout à ses élucubrations libérales de chez Bilderberg, de provocs pseudo iconoclastes par çi, de plus de blancs de whites et de blancos par là

- mais surtout moins de connards de droite au parti…tentait de placer abasourdi notre militant

le jeune Manuel, lové dans son fauteuil rotin, en plein acmé, (juvénile) concluait ravi qu’ UMP ça sonnait bien, et monsieur le ministre aussi.

- Oui mais nos valeurs…liberté égalité…


- Fra-ter-ni-té - reprenaient en cœur zénithal la chorale des quadras tout en se circonférençant voluptueusement le nombril.

Sur le paper board on lisait maintenant des mots comme : maison commune mais individuelle – repositionnement néo-stratégique - alliance verte/orange (avec un peu de rouge aussi mais pas trop) – primaires portes ouvertes – congres de Reims à Metz – Epinay mon amour – Back in SFIO - SOS Rolex - Julien Dray !? -

Au bout d’un moment comme ça phosphorait fort mais stérile, l’éléphanteau Hamon, qui venait de perdre son CDD au fond d’une putain d’urne se tournait alors vers le militant de base pour s’inspirer un peu du prolétariat.

- ben il est où ? demandait Benoît
- l’est parti répondait Mosco
- parti où ? demandait Aubry
- parti de Gauche répondait l’écho.

tgb

09:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11)

10/06/2009

Le nabot vert

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Confortablement installé dans son air force one, (dont on venait malheureusement de changer les pitots) à destination de Saint Barth (paradis fiscal moralisé) où se languissait le yacht de son pote Bolloré (déforestateur africain), le nabot à Ray-Ban, cacolac à la main, penché sur les résultats des élections européennes eut soudain une révélation :

« Repeignons l’ump en vert »


« génial !!! » réagit son porte-malette Devedjan (assouplisseur de code environnemental au nom de la croissance relancée) avant de s’interroger :

- mais qu’est ce qu’on fait de gros cul ?


Gros cul, pour la petite histoire avait eu la malencontreuse idée d’exprimer tout haut, rapport aux OGM et au réchauffement climatique, ce que pensait la bande tout bas, qui se branlait pas mal du trou d’ozone, d’autant qu’il n’était même pas privatisable.

- y’a qu’a l’envoyer chez les pingouins
- proposa, le porte-flingue Lefebvre avec un rictus malfaisant.

- Y’a déjà la mère Michel - s’esclaffa le porte-malette officiel tout en se grattant les roubignoles.

- On va se le garder sous la pogne – réfléchit tout haut le nabot vert, entre deux gorgées de cacolac - si ça sert pas on le donnera à becqueter aux crocos des centrales nucléaires dés que j’aurai refilé Areva à Bouygues, en attendant d’en prendre la direction et de me faire des couilles en uranium enrichi -

- Trop fort !!! – s’exclama le porte flingue en retroussant les lèvres avec gourmandise.

Le « air force one » survolait maintenant, les centrales à gaz Poweo (profiteur d’énergie) qui dégageaient onctueusement leurs fumées blanchâtres chargées de CO2.

Le nabot vert se mit à regretter subitement d’avoir passé au broyeur les conclusions du Grenelle de l’environnement juste après avoir roulé dans la farine les écolos bobos de TF1.

- Préparez un Grenelle 2 et trouvez-moi un développé durable vaguement présentable

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Le gros Airbus capitonné volait maintenant au dessus du circuit F1de Flins, délicatement tracé sur la nappe phréatique alimentant Paris.

- heu…Wechter…- proposa Lefebvre pas très convaincu
- Présentable j’ai dit !!! - grogna le nabot vert contenant un de ces tics nerveux
- Ben heu…Lalonde - murmura Devedjan se reculant instinctivement de peur de s’en prendre une
- L’est encore vivante l’écolo mondaine ? – s’informa le nabot vert un poil perplexe…- ça peut le faire avec un bon lifting bio…

Le porte malette venait de marquer un point face au porte flingue et en rougit de vanité.

Un ange déguisé en Jack Lang passa…

- et pour la taxe carbone on fait comment ? – reprit le porte-malette, cherchant à pousser l’avantage

Le nabot vert réfléchit un instant avant d’arborer un de ses sourires suffisants qui plaisait tant à sa dame guitareuse.

- y’a qu’à leur refaire le coup de la vignette auto que ces cons de socialos ont supprimés
-

- C’est grand !!! – siffla le porte-flingue, béat d’admiration

- Verte, la vignette – renchérit le porte-malette, histoire de dire quelque chose.

Et les trois d’éclater de rire grisés par l’altitude et les tournées de Cacolac.


tgb

16:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

 
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