Avertir le modérateur

05/10/2009

La Sorcière au placard

dscn6101+(copie).jpg



Il était une fois, à Montmartre, entre l’avenue Junot et la rue Lepic, un gentil petit passage champêtre, escalier mystérieux, arboré et bucolique  ouvert au public :

le passage de la Sorcière.


Apprécié des riverains, des flâneurs et des touristes hors des sentiers battus, ce passage piétonnier, dernier vestige du « maquis de Montmartre » vient d’être fermé arbitrairement par le syndic des copropriétaires sous les prétextes usuels et bien rodés  – quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage - de la sécurité et de la dangerosité du lieu.

Bref cet espace public, collectif, vient tout simplement d’être privatisé.

Certes, ce coup de force ne changera ni la face du monde, ni celle de Paris, ni même n’affectera la qualité de la sieste manageuse du maire Delanoë, suite à sa nuit blanche.

Cette (petite) affaire pourtant me semble assez emblématique de la posture embourgeoisée de l’élu socialiste lambda et de l’accaparement par des intérêts particuliers de l’espace public et social au détriment d’une cohabitation citoyenne et d’un certain art de vivre ensemble.

Bref du délabrement de la république et du délitement de son esprit civique.

Un nouveau ghetto de riches avec hôtel de luxe, vient donc de naître à Montmartre, sorte de "gate community" d’Anglosaxonie, segmentant un peu plus l’espace commun et refoulant le vulgum pecus sur la route à bagnoles entre deux merdes de chien.

Rocher+de+la+Sorcière+Montmartre+(3)+[750].JPG


Un accord, il y a quelques années, avait été conclu entre les différents co-propriétaires, dont la marie, possédant un charmant et discret terrain de boules (il me revient un pastis délectable sur invitation...) afin de garantir le passage public. C’est sur cet accord, sans concertation, et unilatéralement qu’est revenu le syndic interdisant ainsi par une méchante grille avec digicode  (un peu comme le bunker PS de Solférino) le lieu commun.

Lors de la manif bon enfant de samedi dernier, 150 participants remontés, six flics débonnaires  et une poignée d’élus, il était fort éducatif  d’entendre Monsieur Christophe Caresche, député PS de Paris, censé défendre le bien public, se fendre d’un discours copieusement sifflé du genre :

"les copropriétaires sont aussi des citoyens de Paris, ils ont aussi des droits, nous défendons le droit à la propriété privée et en conséquence nous ne ferons rien qui aille à l'encontre de leurs droits"!!!


Tandis que l’adjoint vert se démarquait courageusement de la majorité municipale dans une intervention mémorable qui pourrait se résumer en :  – c’est pas moi c’est ma soeur qu’a laissé blinder la grille centrale –

Bref à l’heure où notre cœur Vaillant, maire somnolent de la rente 18eme, semble plus préoccupé de récupérer l’action contre la privatisation de la poste et ses bulletins, (action pour laquelle il n’a guère décollé son postérieur de son fauteuil en cuir de notable véritable et qui avec ses amis de la dream team Jospinienne avait largement œuvré pour l’ouverture du capital de la société de services publics), que de protéger le bien collectif, cette anecdotique affaire illustre parfaitement le dévoiement et le déphasage azimuté des sociaux démocrates définitivement à l’ouest. Et bientôt nulle part…

Preuve s’il en est ce délicieux et édifiant petit dialogue que j’eus avec une militante socialiste  (il en reste si si, enfin au moins une)  :

Elle - Il faut que la gauche se rassemble
Moi - encore faudrait-il définir ce que vous mettez derrière le mot gauche
Elle - ah ben si on commence comme ça !!!

L’histoire du passage de la Sorcière donc, toute anecdotique qu’elle soit, révèle bien ce glissement de l’intérêt général vers l’intérêt particulier et comment le PS, un coup dans le zig, un coup dans le zag, a finalement choisi son camp.

Quant à l’escalier romantique, nul doute que les signatures de Richard Berry, Charles Berling, Jean-Paul Rouve…sur la pétition citoyenne, sauront émouvoir nos élus, entre deux camomilles, plus sensibles à la causerie du pipole qu’à la cause du peuple. 


Affaire à suivre….

tgb

13:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

02/10/2009

Faut-il castrer Polanski ?

94971505.jpg

(chimiquement)

Nan !!!!!!  j’déconne…..
mais la question est bonne
Parce que, faudrait savoir
On Castre (chimiquement) les pédophiles récidivistes côté populo démago
Ou on célèbre (esthétiquement ) Mitterrand Polanski, côté cercle d’amis

Les intimes...

L’axe Sarko/Bruni nous la joue Frankenstein
Il nous sort le Bobo-poujado–populo-people
La droite neuilly-camembert macquée à la jet set épidermiquement de gauche

le croisement contre nature de la droite beauf et de la bof gauche

l'accouplement hybride Hortefeux/Kouchner - petit doigt en l'air/ecrase merde :

Et y’a schizophrénie.

Car, en principe, en république j’veux dire, il ne peut y avoir une morale éthérée pour les uns qui se l’achètent ou se l’indemnisent amen, et une loi pour les autres, les gens qu’on karcherise ou qu’on castratrise, chimiquement .

Ou alors faut le dire clairement.
Un cercle de privilégiés est au-dessus des lois ; au balcon

Et tout le reste, est en dessous,

de la matraque.

au charbon

Ce serait t’y pas un vieux retour de classes ça ?

94971505.jpg

J’aime bien Polanski – j’ai lu son roman « Roman »
Sa vie son œuvre, ses anges son diable ! quel destin !

J’aime ses films, pas Rosemary‘baby, trop gore pour moi, ni les derniers trop propres, mais le couteau dans l’eau, Répulsion, Cul de sac, Le Locataire, Chinatown tout ça…j’adore.

Y’a du Kafka chez ce mec là, de la souffrance et du génie
Du sulfureux aussi : Ce chic pour se foutre dans des trucs tordus
ou ce fatum…

Je me fous bien de savoir où Polanski met sa queue  ?
(enfin y’a des limites)

Je le crois honorable.

(Et puis j’ai un faible pour les petits comme moi – Woody Allen, Chaplin,
Dustin Hoffman, Pierre Etaix, même Playmobil Pujadas pour dire, moins un :
A talonnettes

94971505.jpg



Qu’on lui foute la paix à Roman, à commencer par son fan culb pétitioniste, pas fin sur ce coup, (même David Linch), et qui lui rend pas service.

S’il doit y avoir indulgence pour une œuvre, qui a tous les droits, et pour Polanski, qui a assez morflé comme ça, il n’y a aucune raison que la justice fasse la différence entre deux hommes qu’il soit une star, qu’il soit un gueux (et même une ordure)

Il ne peut y avoir une loi pour les jean-foutre comme nous, qu’on traite à la chimie, au valium ou au H1N1 et une exemption générale pour les prédateurs et leurs invités, les fous du roi ou les protégés de la dame.

Ou alors faut dire,
faut sortir le contrat
Faut dire qu’on n’est plus du même monde
Qu’on n’a plus les mêmes droits et devoirs
Qu’on est tout juste bon à payer los conneries
les crises les outrances les outrages
Et à bouffer du people en guise de politique.

(Là-dessus, c’est un sans-faute, le mouton est devenu tellement con qu’il vote pour le loup.)

Non faut pas lyncher Polanski, faut lui lâcher la grappe et aimer ses films (ou pas)
mais faut pas non plus que la ploutocratie se croit tout permis et qu’à chaque fait divers aussi horrible soit il, elle nous ponde une loi fétide de plus dans la confusion et le pathos général.

Personne castre personne
On se parle pas comme ça
On n’est pas des chiens.

tgb

 

 

22:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (24)

La carpette coréenne


monument-a-kim-il-sung1.jpg

Quand même c’est caustique ;

Quasi humiliant ;


Missionner Jack Lang en Corée du nord, faut admettre, c’est limite cruel.

Moi même, qui n’éprouve pas une tendresse démesurée pour la précieuse ridicule moumoutée, l’égérie 80 des " love parade " et autres joyeusetés carnavalo-cultureuses, je n’aurais pas osé.

Je sais bien que lécher langoureusement le fion gominé du président, faire adopter (à deux voix prés) la réforme de la constitution française ou soutenir, seul membre du PS, la loi Hadopi (sans la lire) ne suffit pas à vous faire passer de l’ombre à la lumière sarko-télévisuelle, ou de la gauche caviar à la droite camembert qui pue, mais tout de même, on aurait pu espérer de la part du nabocrate un peu plus de mansuétude.

Du genre  : Mesdames messieurs nous allons passer parmi vous, si vous avez un petit maroquin ministériel, un ticket électoral ou une quelconque  mission gouvernementale un tantinet prestigieuse, soyez généreux, cela aidera notre collègue sans domicile fixe de Calais, à se tenir propre et à payer sa chambre du Ritz cette nuit.

J’t’en fous, directement déporté en Corée du nord, le Jack.
Déjà que parachuter Michel Rocard au pôle nord frisait l’ingratitude.

5532826af0101924d54bdcf7d49fa6d8.jpg



J'admets qu’en France, on manque terriblement de mines de sel, qu’on a fermé les bagnes de Cayenne et qu’il a beau faire frisquet dans le Doubs du côté de Mouth, ce n’est quand même pas la Sibérie, mais est-ce une raison suffisante pour infliger aux renégats zélés en pré-retraite, des heures de fanfares officielles lors des fêtes de musiques coréennes ?

Sûr qu’il va pas rigoler tous les jours le Jack, sûr que c’est pas du côté de chez Pyongyang qu’il va s’émoustiller le col mao, versus carpette coréenne, en se chatouillant sous les bras avec le pote Polanski.

Et imaginez que le facétieux Kim jong-il nous le garde en otage…
Ou pire qu’il nous le renvoie fissa 
accompagné d’un courrier diplomatique du style :

On est salaud, mais quand même on n’a pas mérité ça
Recyclez vous-même vos déchets politicards !


On aura l’air malin.

Je suis bien conscient qu’exporter à l’étranger nos députés absentéistes aussi grandiloquents qu’inutiles, aussi verbeux que désopilants et aussi coûteux qu’improductifs, pourrait, à terme, doper notre balance commerciale mais quand même, doit on pour cela sacrifier nos vieilles reliques de style pompier, traces mineures mais caractéristiques de notre patrimoine national ?


Je pose la question.

tgb

12:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

29/09/2009

Démanagement - 2

IMG_0088.JPG



Ben moi je dis y’en a la dedans !!!

De la ressource, de la créativité, de l’esprit de synthèse finaud, rapport à de l’analyse systémique trapue.

Faut reconnaître : ça phosphore fort du brain storming dans la téléphonie française sur fond de quatre saisons vivaldiennes à 1 euro 34 la minute..

Car, quand on a du haut cadre manager, capable, face à une situation dégradée de pondre de la réponse idoine et adaptée, y’a pas, tout mauvais esprit au sarcasme facile que l’on soit, faut la jouer fair-play, voire élégant.

J’admire donc, je m’incline  platement. Et je m’explique :

IMG_0088.JPG



Ainsi donc France-tétécom, suite à quelques dégâts collatéraux dans  le bétail humain, la ressource humaine construit à saint Denis, un immeuble zero suicide « le Balthazar », pour prévenir toute défénestration dommageable.

Fenêtres condamnées – passerelles  et terrasses inaccessibles  – rambardes rehaussées – " un immeuble le plus sécuritaire possible "  nous déclare avec fierté Sylvie Robin, membre du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT)

et je plussoie.

Je plussoie  avec un enthousiasme non dissimulé, car un esprit simple (disons moi ) se serait naturellement penché (pas trop quand même) sur les causes des multiples dépressions et autres comportements mortifères dans cette bonne vieille entreprise du 22 à Asnières.

Je sais pas moi au hasard : management par la terreur – objectifs hors d’atteinte – turn over systématique - ambiance malsaine et délétère sur les plateformes téléphoniques  – déconsidération et harcèlement des salariés poussés à la démission …

Mais le côté visionnaire  de l’équipe dirigeante m’ouvre des perspectives que je ne soupçonnais pas. Andouille que je j’étais, puisque là où les managers de France télécom sont balèzes, c’est qu’eux, sans atermoiements inutiles, s’en prennent directement aux conséquences en s’épargnant le facteur causes et ç’est à cela que l’on reconnaît le fleuron du haut commandement français formé aux méthodes performantes d’Anglosaxonie.

IMG_0088.JPG



Donc, c’est dans un climat sympathiquement carcéral, forcément ragaillardissant que va pouvoir s’épanouir le salarié orange choyé aux petits ognons managériaux.

Soulagé de clope café et de pause détente sur la terrasse ensoleillée, protégé de l’air frais et vicié de l’extérieur, avec ce sentiment rassurant d’être enfermé à l’intérieur d’un bunker sur la ligne Maginot de l’accident du travail, nul doute que le moral du travailleur s’en trouvera fortement rassénéré.

Dans la tension de l’hyper compétitivité inter personnelle, le climat oppressant de l’enfermement ne peut, et c’est une évidence, que générer un sain et serein sentiment maternel confortable et protecteur.  

Remercions donc France télécom pour cette brillante  initiative et cette avancée sociale éminemment cogitée en vue de la protection de l’intégrité  physique et de l’hygiène mentale du salarié passé au presse orange.

IMG_0088.JPG



Un bémol toutefois : je me demande si cet immeuble zéro suicide, empêchera de se taillader les veines dans les toilettes, de se pendre dans la salle de réunion au barko, ou d’avaler des barbituriques à la cantine …je ne parle même pas de faire un carton sur le comité de direction dont l’humanisme lucide le dispute à la fertile imagination. 

- Ah zut de zut -
nous déclarerait sans ambages Sylvie Robin, un tantinet perplexe, ressortant illico son paper board pour circonvenir ces derniers détails :

- avec des couverts en plastique à la cantine, de la vidéo surveillance dans les toilettes et des détecteurs à l'entrée ça peut le faire…accoucherait elle sans doute du haut de son mirador neuronal.

Apprécions donc la finesse de tant de jus de crâne : quand la société atteint une telle sophistication dans l’intelligence, c’est que notre civilisation  n’en a plus pour longtemps.

On peut prendre ça comme une bonne nouvelle !!!

tgb

 

photo : D.A

12:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu