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28/05/2009

Zoé sort du zoo

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Elle s’appelait Zoé Aveilla.
Elle avait 23 ans.
Elle était ardéchoise et vivait dans un camion.
Elle fréquentait vaguement ce qu’on appelle pour lui donner un nom, la « mouvance anarcho-autonome, et avait participé à quelques manifestations.

Dans la nuit du 30 avril, à Cognin, banlieue de Chambery, avec son copain, Mickaël Dupanloup, jeune marginal suisse, elle bricolait dans une usine désaffectée, une bombe artisanale.

Ce qu’ils comptaient en faire ?
On n’en sait rien et on s’en fout.
Pas grand chose, la preuve :
La bombinette leur péta à la gueule.

Il fut gravement brûlé.
Elle y laissa la vie.

Mourir à 20 ans
Plutôt qu’à trente
Quand on voit le destin du triste Romain Goupil, pourquoi pas ?

Mourir pour des idées d’accord mais de mort lente lui répondrait Brassens dans sa bonhomie lucide.

Ni héroïne, ni anonyme, Zoé n’est évidemment pas Nathalie Menigon qui n‘était évidemment pas Louise Michel. Si elle est un peu plus qu’un fait divers, elle est un peu moins qu’un symbole. Tout au plus un syndrome.

Le syndrome d’une désespérance face à pas d’avenir, pas d’utopie, pas de perspectives, face à une machine froide, sans amour, sans pitié, instrumentalisant par l’émotionnel le moindre fait divers et désignant à la foule des victimes expiatoires affublées du terme anesthésiant « terroriste »  comme en fait les frais dans une manipulation étatique arbitraire, Julien Coupat. (libérable aujourd’hui ?)
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Une machine jouant à la fois le rôle de majorité et d’opposition, faisant les questions et les réponses et n’acceptant aucune alternative hors la radicalisation qui l’autorise à justifier l’incessant grignotage des libertés.

Combien d’apprentis bricolos boum boum jouant à la guerre romantique au fond de leur garage contre ce soft totalitarisme insaisissable et rampant ?

A l’heure où la connerie démago installe ses portiques à l’école et ses miradors sur le net flattant la médiocrité de la France d’en dessous la ceinture qui applaudit à la fabrication de sa propre aliénation, il est au moins toujours mieux, comme Zoé de « gâcher sa jeunesse plutôt que de ne rien en faire ».

Si, sous les pavés la plage, sous la plage à nouveau les pavés...

Face à cette impossible impasse où trouver la mer ?

En attendant la résolution de cette question vitale et peut-être insoluble ce qui n’empêche heureusement pas d’y réfléchir (sinon quoi faire ?) les anarchistes grecs viennent de perpétrer deux attentats contre des commissariats et dédiés à ZOE.

Drôle de légion d’honneur et drôle de dédicace certes , mais finalement bien plus honorable que de finir ministre de l’immigration et de l’identité nationale.

tgb


11:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

26/05/2009

La révolution en tongs


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Le temps des cerises


Au moment où on efface « la commune » des manuels d’histoires qui n’avait déjà pas une place démesurée dans le programme, et puisque l’insurrection ne vient pas, on peut avec Jean Baptiste Clément, l’auteur communard de la chanson révolutionnaire, célébrer dans une nouvelle version post crise, « le temps des noyaux de cerise. »
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Clément par Nadar

Pas sûr, qu’elle gagne l’Eurovision cette chanson là.



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‘Quand l’Europe veut l’Europe peut.’

Je ne sais qui est l’auteur de ce plan com au slogan fulgurant. J’espère simplement que le « créatif » qui a pondu cette niaiserie au volontarisme douteux a soulagé d’un max de blé l’ump.

Variante gratos que j’offre à tous les cocus du PS à Bové, empapaoutés un soir à Versailles.

« Quand le peuple ne veut pas, l’Europe peut quand même »

Un hommage à la démocratie participative à méditer le 7 juin au fond de l’isoloir.



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Sous les pavés la plage

En cette période de canicule n’oubliez pas votre kit « la révolution en tongs » qui vous assurera un bronzage estivalement révolutionnaire et prolétarien.

Le marcel est conseillé.

tgb

10:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

22/05/2009

L’idiome du village


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L’homme dont on ne peut plus prononcer le nom
(appelons le « la chose ») sous risque de sanction de 100 euros, je le vois.

Je le vois, s’effacer derrière le mot, je le vois disparaître dans la chose.

« la chose » donc, je la vois, derrière l’arrestation de deux jeunes et dangereux terroristes basanés de 6 et 12 ans, armés, d’un tricycle piégé et embarqués au poste pour une de ces gardes à vue dont le nombre explose.

« la chose » je la vois aussi, derrière ces six policiers obéissant sans états d’âme, aux ordres hiérarchiques, qui me font mieux comprendre, comment des pandores consciencieux, pouvaient rafler tranquille des enfants juifs en 40, avant de retourner paisibles, border leurs propres gosses le soir à la veillée.

« la chose je la vois encore, derrière les commentaires pathétiques des « bons français » des « honnêtes citoyens » laudateurs du tout sécuritaire, justifiant le pire de la saloperie, et monstrueux dans la certitude hideuse de leur « normalité » sale.

«  la chose » je la vois toujours, derrière l’ arithmétique froide, du reporting débile, basant le rapport humain sur la statistique et l’objectif quantitatif, faisant de la relation sociale, un sinistre bilan comptable, un tableau excel motivé par les primes au rendement. 

Oui la chose je la vois avant de ne plus la voir.
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Car l’homme dont on ne peut plus prononcer le nom, celui, qu’on ne qualifie pas, qu’on identifie plus, qu’on ne peut même plus citer « casse toi pov’ c… » sans risquer le procès verbal, cet homme oui, qu’on prénomme tour à tour Chouchou, Naboléon, omniprésident, ou mr Bruni, cet homme aux mille surnoms gratifiés, s’interdit lui-même de patronyme.

Et le piège, par le jeu abusif et absurde de ses propres zélateurs, de se refermer sur l’abus de présence, l’excès de suffisance dans l’insuffisance, dans la surexposition banalisée, passant du stade de l’omniprésence, au stade intermédiaire de l’indifférence avant d’atteindre le stade fatal de la transparence :

L’homme dont on ne peut prononcer le nom et que l’on ne voit plus, tant on s’est habitué à ne plus voir que lui entre outrance et outrage, jusqu'à l'interdiction.

Et conscient de l’effet pervers, ses sbires, pas si cons, de tenter de désamorcer déjà : « Excès de zèle » par çi, « inadmissible » par là…à remettre de la mesure tenable dans la disproportion improductive, à réancrer de l’identifiable dans l’anonymat . Car le risque de ne plus dire son nom, c’est devoir se passer du martèlement obsédant de l’occurrence dans l’esprit conditionné. C’est devoir accepter le glissement progressif et sémantique du mot vers « la chose ».

De cette chose abstraite, indéfinissable, qui ne serait plus nommée. Le risque même du prénom impersonnel.
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Un patronyme devenant dans le langage usuel et familier, du propre au commun, une insulte, un gros mot, une injure, un ustensile, un objet, une chose accessoire et triviale, voire une entité.

Comme ce monsieur Poubelle, ce monsieur Guillotin, ce Sir Sandwich, ce Besson de la « bessonade » : traîtrise

Jusqu’à cette question terrible dans sa stérilité ;

De quoi donc est le nom de l’homme dont on ne peut plus prononcer le nom ?

Car alors, le nom de l’homme dont on ne peut plus prononcer le nom, peut-il être transmis en gage d’hérédité, d’héritage politique et filial, au fils de l’homme dont on ne peut plus prononcer le nom, sans que ce nom devienne en insulte suprême au quotidien dans l’idiome du village

Jean, fils de…,enfant de S…selon que tu seras  tricycle ou bien scooter ?


tgb

14:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (17)

21/05/2009

Les grands esprits se rencontrent

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Carla Bruni demande la libération de la Birmane Aung San Suu Kyi et moi je demande à ma femme la libération de la salle de bain.

tgb

11:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

 
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