Avertir le modérateur

20/03/2009

Alain rève...

 

v_7_ill_1027258_08032618_bashung+x1p1_ori.jpg


Pour être original, et à l’heure de sa mise en poussières, je vais faire comme tout le monde et dire tout mon Bashung à moi.

A force, d’éreinter tous les mondains du monde et tous les cuistres pontifiants, rendre hommage à Alain Bashung me sera comme un exercice vain mais vital, d’admiration. 

Il était mon voisin et je n’en savais rien. Il était le résident de la république de la goutte d’or et sa discrétion légendaire l’avait laissé incognito dans ce quartier populaire qui lui allait si bien. Lui, fils de père kabyle et inconnu.

v_7_ill_1027258_08032618_bashung+x1p1_ori.jpg



Bashung était un immense poète - Curieux pour un mec qui a si peu écrit (quelques textes co-signés)  mais sa voix et son style traversaient à ce point ses auteurs (de Boris Bergman à Jean Fauque) qu’il imprimait sa griffe et à travers l’écriture des autres, sa propre écriture. Une écriture inventive et sonore, entre psalmaudie et swing.

Donner du swing à la langue française étant déjà en soi une performance, nourrie par le travail prosodique de Nougaro et Gainsbourg.

Bashung était un immense musicien ; entre variété audacieuse et rock éraillé. Dans le sombre et léger, il prolongeait ainsi une tradition de blues à la française (Piaf), assurant le tube (sans faute de goûts) comme le truc expérimental et intime.

J’ai toujours eu un faible pour ces artistes réussissant la synthèse tranquille de l’exigence créative et du succès populaire. Une sorte d’élitisme pour tous avec dans leur œuvre, des entrées à tous les étages et des lectures à tous les niveaux.

Le contraire d’une œuvre fermée.

Des plages oniriques aux rifs balafrés, il mixait sa mélancolie électrique à une rage sobre. Il était un son cuisiné Bashung, qui faisait faire les yeux ronds à tous ses producteurs déstabilisés derrière la vitre du studio.

- Toute ma vie j’ai lutté contre les yeux ronds – disait il.

v_7_ill_1027258_08032618_bashung+x1p1_ori.jpg



Bashung était un immense crooneur. Une voix avant tout. Même quand le corps mourait, la voix vivait encore. Rauque et veloutée. Crachée et contenue, justement instrumentalisée avec quelque part le vibrato cafardeux de Chet Baker, le roulis guimauve et sirupeux d’un Sinatra, flirtant avec le mièvre parfois sans jamais y tomber, à toujours nous surprendre, à toujours se reprendre à rebondir façon Johnny Cash.

Bashung était d’une immense élégance. Dans l’impudeur violente de son extrême pudeur, il faisait précisément tâche dans le vulgaire ambiant et le fric et la frime bling bling qu’il détestait.

Dans la beauté dandy et cramée des timides, Leotard, Desproges, Dewaere, Nino Ferrer…il savait par cette grâce instinctive qu’il n’y a pas de parole sans silence, pas d’esthétisme sans introspection, pas de fulgurance sans réserve.

- Bonjour, merci, bonsoir…

service minimum sur scène.

Mais cet échange minimal tout en retenue était sublimement compensé par la présence énergique et déhanché du corps. Une grâce adolescente dans la beauté du noir. Un charisme sans égo, une cicatrice narcissique sans l’hideux et haïssable moi je, qu’on nous inflige pour masquer le vide.

Un corps sec et nonchalant et beau, comme une scansion.

v_7_ill_1027258_08032618_bashung+x1p1_ori.jpg



La mort qui dit la vérité.

Bashung était d’une immense décence.
Dans sa leçon de savoir vivre et de savoir vieillir, mais pas trop. Dans la dignité du savoir mourir
sans se répandre et sans gémir.

Sommes nous ?

v_7_ill_1027258_08032618_bashung+x1p1_ori.jpg



Dans cette classe folle du chanteur jusqu’au bout, toujours sur la ligne blanche et toujours sur (dans ?) la brèche à surnager jusque sous le regard visqueux et concupiscent du pitre Nagui à la dégoulinance obséquieuse de l’hommage à taux d’audience.

(Chimio et ovation n’étant évidemment pas les mamelles rassurantes de la longévité.)

Et maintenant quoi ? se taper 30 ans encore de fadaises Bruel, de rien Benabar et de même pas la peine Obispo ?

La mort d’Alain Bashung m’ampute de quelque chose. D’un bout de moi. De ces moments vécus et musicaux comme des réminiscences dans cette boîte crânienne.

Et ce crabe qui pourrait au moins me conduire à arrêter la clope, fera que je continuerai encore pour la beauté du geste.

Un certain plaisir et une certaine attitude oui, à voir les volutes bleues pétrole partir en fumée.

tgb

12:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

18/03/2009

Lutter plus pour gagner plus

 

violence-travail_384.jpg

J’étais dans mon bled, (Savoie) dans ma bagnole, enfin celle de ma mère. J’ai pas d’bagnole.

J’écoutais France info – c’est dire.
J’aime bien écouter la radio au volant
en fumant une clope.

Même France info.

Reportage :

Y’avait un type de la cftc
Un cadre quoi, qui Gueulait :
« les salauds !!! »

Il désignait ainsi les boss de Continental, (boîte allemande de pneumatiques ) plus quelques autres non identifiés sûrement mais on se doute… bref

- On a travaillé plus pour gagner plus, on a cru au slogan, on a négocié à 40 Heures pour sauver la boîte, aujourd’hui ils nous virent tous, 1120 bonshommes, les salauds…-


Délégué syndical cftc dixit
Enervé le gars
Grosse colère
Il en chialait presque.

et moi de soliloquer au volant - et pourquoi t’as négocié les 40 Heures, sale jaune, et pourquoi t’as plié, au lieu de lutter à ce moment là sans céder au chantage. Jamais céder aux chantages, c’est écrit dans les dix commandements de la lutte de classe des blaireaux, sinon, engrenage et dîner de con assuré.-

Et je repensais à cette phrase copiée colée du ‘monolecte’ :

- La cupidité des uns se nourrit forcément des renoncements des autres -


Et je me disais que les résistants de la 25eme heure ne luttaient que quand la foudre leur tombait sur la gueule, en bons petits soldats de la machine à fric, toujours dans le court terme, en espérant que ça tape sur la tronche du voisin.

Alors que, c’est en luttant avant, avec et pour les autres, qu’on pense intelligemment à soi.

Penser solo ok mais jouer collectif au moins.

Voilà ce que je me disais dans la bagnole de ma mère, dans les rues de ma ville natale, dont le maire UMP libéral, châtelain depuis peu, faisait beaucoup dans l’immobilier et n’aimait pas les arbres. (Quelques projets en ruines d’ailleurs…)

Tout en écoutant France info.

( Plus RMC et TF1, en lisant, le Dauphiné libéré et le point….Quand je suis ici je me fais un stage comportemental de français de plus de 65 ans en Sarkozie profonde. Et j’apprends beaucoup.)

Quelques jours plus tard, toujours dans la même bagnole, toujours en écoutant France info, et toujours en fumant ma clope, j’écoutais un autre délégué syndical de la même boîte, se désoler, de l’irruption intempestive d’ouvriers en colère dans une réunion de concertation avec la direction.

« Débordements compréhensibles mais inacceptables » qui avaient mis fin illico à la négociation.

Quid des débordements inacceptables ?

Deux ou trois verres de cassés.

Je regardais mes montagnes, avec de la neige dessus et un zest de soleil et je me pensais tout bas - qu’ils se démerdent, les syndicalistes des 40 heures de chez Continental, ex croyants sarkoziens, tétanisés grégaires par deux ou trois verres de cassés quand une direction casse allègrement et sans états d’âme, une usine entière avec 1000 gars dedans.

Autant dire qu’avec un tel degré de radicalisation, ils n’étaient pas prêts, de s’accaparer l’outil de travail en autogestion et de mettre leur prime de licenciement dedans, les gentils délégués moutons qu’avaient si peur de déranger à l’heure de l’abattoir.

Parce qu’à part lutter plus pour gagner plus
Je ne connais pas d’autre moyen de défendre et de conquérir des droits et un chouïa de justice sociale.

Mais tant qu’on tremble à l'idée de casser la vaisselle…


tgb

15:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

10/03/2009

Pause pré printannière

securedownload-3.jpeg
A la semaine prochaine...

10:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

08/03/2009

ça se fête !

securedownload-5.jpeg

Une petite brésilienne de 9 ans est violée par son beau père – elle avorte de jumeaux ; l’église excommunie sa mère.

Marie Christine, une caissiere de chez Auchan (famille Mulliez) est licenciée pour un bon d’achat de 0,60 centimes d’Euro.

Pareil pour Barbara autre caissière (syndicaliste) de chez Kaiser’s (Allemagne) licenciée pour 1 euro 30.

L’église et le capital toujours très soucieux de célébrer

la journée de la femme (8 mars)

tgb

quant à moi, modestement, j'ai préféré féter cette journée en écoutant Gisèle Halimi, (ce que j'aime chez les femmes, c'est elle) au Zenith pour le lancement du front de gauche

23:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu