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25/03/2009

Le Discours de Saint Glinglin


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Campagne présidentielle - Marseille - 2007

"Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes, parce que c'est contraire aux valeurs qui sont les miennes"

Traduction simultanée pour mal comprenant :

- ..tention hein mon Medef chéri, faudrait voir à pas trop me les brouter, parce que tu connais pas le Raoul que s’il fait les gros yeux, le monde  tremble sur ses bases… j'compte jusqu’à 3…

1….!!!

Toulon octobre 2008 :

« La rémunération des dirigeants des grandes entreprises doit être encadrée, soit par un accord professionnel, soit par une loi qui serait présentée d'ici la fin de l'année. »


- fais bien gaffe à ton cac 40 mon patronat tout parachuté d’or parce que ça va bien que j'me contrôle zen et tout sinon que je te laisserai éclater ma présidentielle colère et que l’apocalypse à côté ce serait du roupie de sansonnet…

….2….!!!

18 février, au soir de la rencontre avec les organisations syndicales :


« Les dirigeants des entreprises qui recourent au chômage partiel ou au licenciement économique devront s'engager à renoncer à leurs bonus. »


- tu sais pas à qui t’as à faire mon Big Boss à Bonus tout en Rolex plaqué platine parce que si j'm’énerve ch’uis un pur killer, qu’on m’appelle à l’international de chez Kouchner, l’Atila de Neuilly….

….2,5...!!!

Saint Quentin - mars 2009

" Nicolas Sarkozy a lancé un ultimatum aux patrons, invitant les partenaire sociaux à adopter des règles sur le partage des profits de l'entreprise d'ici à juin, faute de quoi une loi pourrait être présentée à l'automne. » le Monde.fr


- j’ai beau être patient, faudrait voir à pas trop ..xagérer des fois mon PDG à stock options que j’en veux aussi, parce que c’huis l’gars super déterminé que quand il a parlé une fois c’est dit c’est fait et que j'reviens pas d'ssus vu que ch’uis trop cohérent m'ame Chabot...

….2, 672...!!!

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Ah c’est qu’il fait très très peur le petit fanfaron cohérent qui s’en prend à la profitation de ses employeurs prédateurs du haut de ses ergots en options sur 5 ans et qu’il est trop super crédible en moralisateur tsoin tsoin.

L ‘a pourtant moins de scrupules le bonimenteur, quant à la législation compulsive pour micro événement de l’actu délinquante et canine

Un fait divers une loi même si elle existe déjà.

Bref, chez le hâbleur blablateur au bling bling mexicain et poudré, s’il y a bien une cohérence dans son incohérence rhétorique, c’est dans cette charmante citation :

«Le Grand Restaurant, de Funès ! Mon film préféré ! Quand je serai élu, je serai comme lui : ignoble avec les faibles et servile avec les puissants. »

….2, 67534….!!!


tgb

12:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (27)

23/03/2009

Epître au pitre

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Il existe en France au moins 834 contribuables (patrimoine de plus de 15,5 millions d'euros) habitant a priori Neuilly, qui ayant voté pour vous aux dernières présidentielles, je le suppute, et bénéficiant en retour, au titre du bouclier fiscal, d’un chèque moyen de 368 261 euros ne regrettent pas leur vote.

J’en suis content pour eux, même si, rapport qualité prix, ça fait un peu cher de l’isoloir, mais il est de ces luxes décomplexés qui ne se refusent pas.

Au final quand même un bon investissement.

Cet argent récupéré, qu’ils ont depuis, placé en banque, est, il en va de soi, parti en fumée dans les aléas d’une météo financière capricieuse et peu reconnaissante.

Un peu ballot quand même.

Je sais bien que par les temps qui courent, quelques millions perdus face à quelques milliards évaporés ne font pas tripettes, mais, ne serait ce que symboliquement et à titre d’exemplarité, ça sonne un tantinet méprisant pour les masses laborieuses et visiblement quand même ça laisse quelques douleurs anales, à des millions de Français descendus dans la rue ce dernier jeudi à la couleur colère ensoleillée.

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Si, dans ce rassemblement, vous et vos amis, en service recommandé n’y avez vu, comme Henri Guaino, que « de l’angoisse collective, mais pas une défiance personnelle, une haine vis-à-vis du président de la République ou du gouvernement."

Si, comme Brice Hortefeux "vous avez entendu «un message d'inquiétude« mais pas «une demande de changement» et si dans l’indignation sourde et profonde venue du cœur des rues vous n’avez pas tout à fait saisi que le coup de gueule était «c’est pas à nous de payer vos conneries»

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c’est qu’il y a alors, un sacré malentendu qu’il faudra songer d’urgence à réduire, ou un indéniable problème de reformulation fort dommageable qui risque encore de creuser le hiatus.

Alors bien sûr on peut toujours penser comme en UMP, qu’il est vain de manifester contre la crise, et qu’une journée de grève, en ces temps de misère économique et pour les fins de mois si difficiles de madame Parisot, est un luxe qu’on ne peut s’autoriser.

Je ne m’étendrai pas sur ces petites veuleries ordinaires et me contenterai de rappeler quand même, que ce n’est pas de « LA crise » dont on cause mais bien de  « VOTRE crise » capitaliste et libérale, et que le prix d’une journée de grève ne coûte pas même le chèque envoyé à l’association caritative « Sauvons Bernard Tapie comédien » ce qui relativise quelque peu les frais engagés.

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Bref si vous avez vu dans la mobilisation du 19 mars un encouragement à conserver le CAP des privatisations des déréglementations et de toutes ces choses si performantes qui firent la fortune du plagieur plagiste Alain Minc c’est que décidément  Atoll les opticiens et Oooooooooooooooptic 2000 font des lunettes de merde.

(ce qui est bien possible)

et qu’il va falloir vous expliquer, en urgence et en cours accélérés, qu’une grosse majorité de la population de ce pays (entre autre) n’a pas du tout l’intention de trinquer pour la cupidité indécente de quelques uns, et qu’il serait bien possible, et malgré TF1 et ses copines de cerveau disponible, que le connard moyen (dont moi) ait quelque peu l’envie irrépressible de botter certains culs de fouteurs de gueules un peu voyants.

(ce dont vous avez relativement conscience, cerné que vous êtes à chacun de vos déplacements d’une farandole sécuritaire de quelques centaines de CRS qui doivent commencer à avoir les yeux cernés eux aussi)

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Comme visiblement vous avez dû rater un épisode, Je me permets de vous rappeler que, s’il y avait bien un slogan fédérateur arboré en autocollant sur à peu prés toutes les poitrines des manifestants des rues de France en ce jeudi 19 Mars, c’était :

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Pour la plupart des participants et moi compris, ça paraissait relativement explicite et assez peu nécessaire d’y consacrer une exégèse, maintenant si vous avez toujours la comprenette difficile, on peut volontiers passer aux travaux pratiques.

Je vous prie d’agréer (petit) monsieur…..   


tgb

12:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (18)

20/03/2009

Alain rève...

 

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Pour être original, et à l’heure de sa mise en poussières, je vais faire comme tout le monde et dire tout mon Bashung à moi.

A force, d’éreinter tous les mondains du monde et tous les cuistres pontifiants, rendre hommage à Alain Bashung me sera comme un exercice vain mais vital, d’admiration. 

Il était mon voisin et je n’en savais rien. Il était le résident de la république de la goutte d’or et sa discrétion légendaire l’avait laissé incognito dans ce quartier populaire qui lui allait si bien. Lui, fils de père kabyle et inconnu.

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Bashung était un immense poète - Curieux pour un mec qui a si peu écrit (quelques textes co-signés)  mais sa voix et son style traversaient à ce point ses auteurs (de Boris Bergman à Jean Fauque) qu’il imprimait sa griffe et à travers l’écriture des autres, sa propre écriture. Une écriture inventive et sonore, entre psalmaudie et swing.

Donner du swing à la langue française étant déjà en soi une performance, nourrie par le travail prosodique de Nougaro et Gainsbourg.

Bashung était un immense musicien ; entre variété audacieuse et rock éraillé. Dans le sombre et léger, il prolongeait ainsi une tradition de blues à la française (Piaf), assurant le tube (sans faute de goûts) comme le truc expérimental et intime.

J’ai toujours eu un faible pour ces artistes réussissant la synthèse tranquille de l’exigence créative et du succès populaire. Une sorte d’élitisme pour tous avec dans leur œuvre, des entrées à tous les étages et des lectures à tous les niveaux.

Le contraire d’une œuvre fermée.

Des plages oniriques aux rifs balafrés, il mixait sa mélancolie électrique à une rage sobre. Il était un son cuisiné Bashung, qui faisait faire les yeux ronds à tous ses producteurs déstabilisés derrière la vitre du studio.

- Toute ma vie j’ai lutté contre les yeux ronds – disait il.

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Bashung était un immense crooneur. Une voix avant tout. Même quand le corps mourait, la voix vivait encore. Rauque et veloutée. Crachée et contenue, justement instrumentalisée avec quelque part le vibrato cafardeux de Chet Baker, le roulis guimauve et sirupeux d’un Sinatra, flirtant avec le mièvre parfois sans jamais y tomber, à toujours nous surprendre, à toujours se reprendre à rebondir façon Johnny Cash.

Bashung était d’une immense élégance. Dans l’impudeur violente de son extrême pudeur, il faisait précisément tâche dans le vulgaire ambiant et le fric et la frime bling bling qu’il détestait.

Dans la beauté dandy et cramée des timides, Leotard, Desproges, Dewaere, Nino Ferrer…il savait par cette grâce instinctive qu’il n’y a pas de parole sans silence, pas d’esthétisme sans introspection, pas de fulgurance sans réserve.

- Bonjour, merci, bonsoir…

service minimum sur scène.

Mais cet échange minimal tout en retenue était sublimement compensé par la présence énergique et déhanché du corps. Une grâce adolescente dans la beauté du noir. Un charisme sans égo, une cicatrice narcissique sans l’hideux et haïssable moi je, qu’on nous inflige pour masquer le vide.

Un corps sec et nonchalant et beau, comme une scansion.

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La mort qui dit la vérité.

Bashung était d’une immense décence.
Dans sa leçon de savoir vivre et de savoir vieillir, mais pas trop. Dans la dignité du savoir mourir
sans se répandre et sans gémir.

Sommes nous ?

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Dans cette classe folle du chanteur jusqu’au bout, toujours sur la ligne blanche et toujours sur (dans ?) la brèche à surnager jusque sous le regard visqueux et concupiscent du pitre Nagui à la dégoulinance obséquieuse de l’hommage à taux d’audience.

(Chimio et ovation n’étant évidemment pas les mamelles rassurantes de la longévité.)

Et maintenant quoi ? se taper 30 ans encore de fadaises Bruel, de rien Benabar et de même pas la peine Obispo ?

La mort d’Alain Bashung m’ampute de quelque chose. D’un bout de moi. De ces moments vécus et musicaux comme des réminiscences dans cette boîte crânienne.

Et ce crabe qui pourrait au moins me conduire à arrêter la clope, fera que je continuerai encore pour la beauté du geste.

Un certain plaisir et une certaine attitude oui, à voir les volutes bleues pétrole partir en fumée.

tgb

12:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

18/03/2009

Lutter plus pour gagner plus

 

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J’étais dans mon bled, (Savoie) dans ma bagnole, enfin celle de ma mère. J’ai pas d’bagnole.

J’écoutais France info – c’est dire.
J’aime bien écouter la radio au volant
en fumant une clope.

Même France info.

Reportage :

Y’avait un type de la cftc
Un cadre quoi, qui Gueulait :
« les salauds !!! »

Il désignait ainsi les boss de Continental, (boîte allemande de pneumatiques ) plus quelques autres non identifiés sûrement mais on se doute… bref

- On a travaillé plus pour gagner plus, on a cru au slogan, on a négocié à 40 Heures pour sauver la boîte, aujourd’hui ils nous virent tous, 1120 bonshommes, les salauds…-


Délégué syndical cftc dixit
Enervé le gars
Grosse colère
Il en chialait presque.

et moi de soliloquer au volant - et pourquoi t’as négocié les 40 Heures, sale jaune, et pourquoi t’as plié, au lieu de lutter à ce moment là sans céder au chantage. Jamais céder aux chantages, c’est écrit dans les dix commandements de la lutte de classe des blaireaux, sinon, engrenage et dîner de con assuré.-

Et je repensais à cette phrase copiée colée du ‘monolecte’ :

- La cupidité des uns se nourrit forcément des renoncements des autres -


Et je me disais que les résistants de la 25eme heure ne luttaient que quand la foudre leur tombait sur la gueule, en bons petits soldats de la machine à fric, toujours dans le court terme, en espérant que ça tape sur la tronche du voisin.

Alors que, c’est en luttant avant, avec et pour les autres, qu’on pense intelligemment à soi.

Penser solo ok mais jouer collectif au moins.

Voilà ce que je me disais dans la bagnole de ma mère, dans les rues de ma ville natale, dont le maire UMP libéral, châtelain depuis peu, faisait beaucoup dans l’immobilier et n’aimait pas les arbres. (Quelques projets en ruines d’ailleurs…)

Tout en écoutant France info.

( Plus RMC et TF1, en lisant, le Dauphiné libéré et le point….Quand je suis ici je me fais un stage comportemental de français de plus de 65 ans en Sarkozie profonde. Et j’apprends beaucoup.)

Quelques jours plus tard, toujours dans la même bagnole, toujours en écoutant France info, et toujours en fumant ma clope, j’écoutais un autre délégué syndical de la même boîte, se désoler, de l’irruption intempestive d’ouvriers en colère dans une réunion de concertation avec la direction.

« Débordements compréhensibles mais inacceptables » qui avaient mis fin illico à la négociation.

Quid des débordements inacceptables ?

Deux ou trois verres de cassés.

Je regardais mes montagnes, avec de la neige dessus et un zest de soleil et je me pensais tout bas - qu’ils se démerdent, les syndicalistes des 40 heures de chez Continental, ex croyants sarkoziens, tétanisés grégaires par deux ou trois verres de cassés quand une direction casse allègrement et sans états d’âme, une usine entière avec 1000 gars dedans.

Autant dire qu’avec un tel degré de radicalisation, ils n’étaient pas prêts, de s’accaparer l’outil de travail en autogestion et de mettre leur prime de licenciement dedans, les gentils délégués moutons qu’avaient si peur de déranger à l’heure de l’abattoir.

Parce qu’à part lutter plus pour gagner plus
Je ne connais pas d’autre moyen de défendre et de conquérir des droits et un chouïa de justice sociale.

Mais tant qu’on tremble à l'idée de casser la vaisselle…


tgb

15:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

 
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