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25/06/2008

les jolies colonies de vacances ?

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Bon positivons.

Si le sarkozisme pour moi, a finalement une utilité pédagogique, c’est de bien me faire comprendre et concrètement encore, ce que fût le pétainisme, spécificité locale, et comment une énorme partie de la population française, en sa majorité silencieuse et consentante, a pu s’en accommoder, voire s'en réjouir.

Moi qui ai la chance (sans avoir à m’en vanter vu que je n’y suis pour rien) d’être issu d’une famille rangée instinctivement, presque par nature, dans le camp estimable et justement vainqueur, la collaboration restait un avatar de l’histoire de France, une tâche honteuse et indélébile mais circonstanciée et lointaine.

Or, je suis en train de prendre péniblement conscience qu’elle est fondamentalement une constante de notre peuple, une composante de notre mode de fonctionnement, une inclinaison assez naturelle de notre culture ordinaire.

Certes nous avons échappé au fascisme à l’italienne, (qui renaît de ses cendres) au franquisme espagnol (et Aznar rode encore), au national socialisme Hitlérien, mais notre particularité qui perdure reste ce goût tranquille pour le conformisme servile, l’obéissance consciencieuse et la délation pépère de bon Français faisant respectablement son devoir de bon français.

Car évidemment, comme les copains, on a assez facilement la haine des autres, le mépris facile des plus faibles, le goût malsain du bouc émissaire et des penchants scabreux qui ne demandent qu’à s’épanouir pour peu qu’on les caresse dans le bon sens du poil.

Et il se trouve donc que ce sarkozisme, que l’on nous survend moderne, a du talent pour la chose, s’y connaît en viles flatteries de reptilien beauf et a en lui, quelque chose de pathétiquement archaïque, de l’ordre précisément de cette trinité poisseuse et indémodable :

travail, famille, patrie : cette trinité qui sent bon son populisme satisfait et étroitement bourgeois.

Le flic obéissant aveuglement dans son souci servile de l’objectif quantifié et de la rafle performante
L’administration scrupuleuse dans son efficacité pointilleuse et ses statistiques lissant les drames humains en colonnes de reporting.

                                                                                                   

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Le ministre zélé et adipeux, appliqué dans sa culture du résultat et tout à ses records espérant la reconnaissance du chef et la promotion qui s'ensuit.  (les bons cons faisant les bons amis)      

 

Colonel noius voilà....                                                                             

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Le propagandiste suffisant dans sa morgue décontractée tout concentré à dénoncer les témoins de l’incendie plutôt que ceux qui l’attisent.
Le journaliste complaisant dans sa soumission ambitieuse, faible avec le fort, fort avec le faible.
L’intellectuel de service s’indignant du fascisme d’hier ou du bout du monde et justifiant, arrogant, celui sous ses yeux et devant chez lui.

Et toute cette populace, vengée du malheur des uns, indifférente au mieux, dans sa lâcheté ordinaire, à l’humiliation des autres, tout à son aspiration à l’ordre misérable et hiérarchique, et prête à échanger deux barils de liberté dont elle n’a que faire contre un pur baril de sécurité fantasmée et méchamment matraquée.

Cette France normalement hideuse qui se dessine, dont la traque aux sans-papiers, n’est finalement qu’un avant-goût obscène, un laboratoire du contrôle à venir, ce sont les pauvres, puis les classes moyennes, qui se croient à l’abri car n’ayant rien à se reprocher, (sauf de laisser faire), qui en seront les inévitables et prochaines victimes.

Inévitable car c’est un processus classique et constant dans l’histoire.

Bien sûr et heureusement la France vigilante secrète ses anti-corps et des femmes et des hommes de tous milieux, de toutes origines et dans leur souci de dignité et d’humanité sauvent l’honneur d’un pays retournant à ses plus bas instincts.

 Mais tant que les centres de retention (ah ces charmants euphémismes) mais plus sûrement les camps d’internement, cet arbitraire concentrationnaire, cet été carcéral du triage, se dilueront dans les joyeuses colonies de vacances et les campings des flots bleus, les barbelés en attendant les miradors, s’incrusteront bien peinards dans le paysage estival de notre douce France en toute sa triste laideur…

Oui, tant que la révolution, c’est pour après les vacances…


tgb

12:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (16)

21/06/2008

Rauque n’ Râle

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Il y a quelques années : soirée nomade à la fondation Cartier.

J’accompagnais ma douce.
Un peu au flan, sans billet, nous allions écouter, idée saugrenue avec le recul mais bon, Michel Houellebecq dans un de ces récitatifs poétiques et musicaux, assez tendance à l’époque.
 
Juste avant, dans un troquet pas loin, on avait pris une bière, histoire de…

C’est là que nous l’avons vu.

Assise, discrète et désinvolte, juste à la table à côté. On se demandait bien ce qu’elle foutait là. Un peu lasse, un peu froissée.

J’avais déjà croisé Nick cave à Pigalle, Arno à Bruxelles… mais elle, là, à quelques centimètres…

Sans abuser, avec pudeur tout en osant, évidemment nous la regardions. Tenue vestimentaire savamment négligée, cheveux gras, visage gris. Elle avait cette étrange présence à la fois triste et fragile et foutrement sereine.

Revendiquée nature.

On l’avait laissé là, à regrets, pour rallier Cartier.
Devant la fondation : une foule considérable, mélangée, métissée, toutes générations.

En ces temps-là, le phénomène  Houellebecq démarrait déjà, mais, tant de monde pour écouter les poèmes d’un écrivain incertain…

Alors nous sommes rentrés. Alors nous avons assistés, assis par terre et affligés au spectacle Houellebecqien.

Un Houellebecq figé, pétrifié, inerte : absent !!!

Admirablement désincarné, au charisme stupéfiant de macaroni cuit.

Une voix inaudible
Des textes insipides
sur une musique d’ascenseur à chier.

Un Rimbaud de maison de santé.

Alors la salle s’est vidée. Alors la salle d’à côté s’est remplie. Alors nous avons planté là, le clown inconsistant dans toute sa fadeur ânnonée.

Et nous avons compris
La foule c’était pour elle
Rien que pour elle.

Elle est entrée, accompagnée de deux musiciens
Elle a dit quelques mots en français
Quelques mots en anglais
Elle a psalmodié un texte qui indistinctement et dans une litanie, est passé du récit linéaire au chant bouleversé.
Sa voix s’est élevée, mélodieuse, lancinante
Et somptueusement sale.
En cette alchimie bizarre du pur et du crade
Du rauque et du râle et du cri retenu.
Quelques accords de guitares acoustiques
Et ce fut l’irruption du réel mêlé à la magie
Jusqu’à la flamboyance.

Et La grâce.

Instant d’autant plus rare qu’inattendu.

Et nous laissions Houellebecq, le réfugié fiscal irlandais, à ses pauvres flatulences et en sa posture de poseur faussement désabusé et mal dégrossi. (visiblement depuis il ne s'en est pas remis)
 
Si aujourd’hui le Libé du cuistre farceur Joffrin-Mouchard, avait quelque peu encore le respect de ce qu’il fût et un reste de teneur éthique et journalistique, il ne ferait évidemment pas sa une marketing sur un produit mannequiné lisse, clinique, vaguement de gauche tout en plastique, avec CD sous vide ( et reprenant il n’y a pas de hasard un texte de Michel Houellebecq) mais bien le portrait sublime et radical de notre îcone rockeuse de l’anti bling bling et du vrai de vrai.

Ce que l’Amérique dans son génie peut nous offrir de mieux.
 
En ce 21 juin, jour de la fête du saucisson à l’ail musical et Languien, un de ces gadgets socialiste , nuit blanche, véli’b et paris plage, qui permet l’air de rien de justifier son libéral décomplexé tout en restant super de gauche cool et sympa, que Carla sois belle en son plan média et la ferme, tandis que la beauté rebelle de chez Cartier nous saoule de toute son âme soul et déchire sa race.

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Libé est mort, Patti Smith est vivante
Finalement deux bonnes nouvelles.

 

 tgb 

 

land 250 - exposition photos de patti smith - fondation Cartier _ Présence dédicace de l'auteur 21 juin - Fin de l'expo 22 juin . 

15:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

19/06/2008

"Zinneke"

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LU, ce soir, 18 H, Station Pigalle :

 

                                                   Abandonnez Sarko, pas votre chien...

 

 

(et si votre chien s'appelle SARKO, c'est votre problème - ça c'est moi qui rajoute)

 

 tgb

 

photo sculpture : "Zinneke" - chien batard en belgique -   

19:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

16/06/2008

Mais qu’est ce que c’est que ce peuple de rouquins gorgé de Guinness, de whiskey et de Joyce, éleveur d’ovins et de puces informatiques qui fait rien qu’à contrarier l’Europe de nos élites clairvoyantes ?

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C’est pas pour cafter, pas mon genre, mais y’en a quand même marre de ces pécores qui font là où on leur dit de faire quand il s’agit d’élire un Berluscopopuliste, un démagozarkozygue et qui dés qu’on leur demande de répondre oui ou oui à une question où il faut répondre oui, finissent par répondre non, comme des cons.

C’est pourtant pas compliqué

La réponse est OUI
Peu importe la question.
 
A quoi ça sert que nos fabricateurs de consentement breveté par les meilleurs spin-doctors du monde et relayé par un rouleau compresseur médiatique bigrement couillu en consensualité se décarcassent ?

A quoi ça sert de mettre tant d’application, tant de sophistication à abrutir les masses populaires, si, sur un referendum basique et fastoche où le choix se situe clairement entre un oui socialo libéral et un oui libéralo-social, les bouseux ne sont même pas foutus de cocher la case indiquée ?

Car, c’est quand même pas une poignée de celtes frustres et ingrats qui plus est, à peine sorti de la misère grâce à notre euro-pognon, qui va bloquer le processus gagnant gagnant de 500 millions d’idéalistes européens dans leur marche triomphante vers le paradis capitalo-technocratique bruxellois où l’on a toujours le juste souci d’harmoniser les lois sociales sur le pire.

Certes sur ces 500 millions d’Europhiles convaincus, les français ont dit non, les hollandais on dit non, les allemands auraient dit non, les anglais aussi, les italiens pareil et les danois tout autant, mais on eut quand même la lucidité de ne pas leur poser la question, tant les peuples même conditionnés finissent toujours par sentir un peu des pieds et qu’après ça schlingue grave dans les isoloirs, obligeant nos oligarchies chatouilleuses du tarin à mettre du sent bon dessus avant de tout aseptiser au kärcher avec des hauts le cœur.

Que l’Europe enfin, dans sa grande sagesse, se passe définitivement des peuples laborieux et la démocratie, des opinions publiques un peu dure de la feuille :

Elle fera leur bonheur malgré eux.
Au napalm s’il le faut.

C’est précisément ce que nous propose un Daniel Cohn Bendit au mieux de sa forme libertaire :

« Le non irlandais a une fois de plus montré que les référendums nationaux constituent un instrument inadéquat pour décider des questions européennes". Communiqué du vendredi 13 juin 2008

Tandis qu’un député européen vertement libéral, élu par personne et sans cravate - donc forcément de gauche - est évidemment plus adéquat.

Se substituer au peuple, c’est d’ailleurs ce qu’avait bien capté l’UMPS au dernier congrès de Versailles en corrigeant subtilement les égarements d’une population infoutue de voter droit.

- imbéciles d’irlandais -
nous déclare courageusement le télévisionnaire Minc, plagiste d’entreprise en faillite, plagiaire d’essai pas transformé et fossoyeur de journal de ré(v)férence.

Quand on est l’auteur de l’historique : - Sarko est fait pour le job – on n’est évidemment plus à une connerie prés et on a toute latitude pour se les enfiler comme des perles avec cet air condescendant que Bolloré lui envie quand il lui signe ses chèques.

Non, déjà que le peuple est à peine capable de voter pour le bon chanteur à la star Ac, qu’il est tout juste bon à pétitionner pour le retour de PPDA, héros du journalisme critique et indépendant, à la une de la une, on ne va quand même pas prendre le risque que la plèbe ne plébiscite pas quand on lui demande de plébisciter là où on lui demande de plébisciter.

Lui demander de choisir la société dans laquelle il souhaite vivre est une évidente aberration politique.

Et puis quoi encore ?

Parce que, résultat des courses, maintenant notre quasi Euro-président, le mari de la chanteuse tsoin tsoin, qui se remettait à peine, à mieux crapahuter dans les sondages ;  ben il est tout navré.

Alors qu’il pourrait tranquillement continuer à dédicacer les disques de sa femme au beau milieu d’un troupeau d’infirmières en chaleur … (C’est quand même vrai que c’est con un people quand il mouille abondamment pour son propre bourreau.)…

le voilà obligé de cacher ce peuple qu’il ne saurait voir, jusqu’à ce que le Oui s’ensuive.

Pour faire simple la prochaine fois, un seul bulletin possible : oui ou oui

Mais entre le Oui Cohn Bendit
Et le Oui Sarkozy

Le choix restera cornélien.

Heureusement y’aura pas de prochaine fois.


Tgb


Grand jeu concours – sauras tu reconnaître ce personnage politique (photo du haut) qui cache sa grosse tête derrière son tout petit doigt et qui aura beaucoup contribué au non irlandais par son arrogance tout en faisant une leçon culpabilisante à un peuple Celte peu sensible à ce genre d’arguments ?

15:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

 
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