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01/05/2008

Pas vu à la télé

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Les plus grandes menaces viennent aujourd’hui moins des méchants que des industriels de bien ».L’hyperconsommation s’effectue avec un sentiment omniprésent du danger et du risque.

Le turbo-consommateur accroît ses achats par impulsion, modifie sans cesse ses préférences « dévoré qu’il est par le temps compressé de l’immédiateté et de l’urgence. »

Jean-Pierre Dupuy


Cette pub est intéressante.
En ce qu’elle joue des codes détournés
En ce qu’elle nous renvoie à d’autres images.
En ce qu’elle puise dans notre mémoire visuelle.
En ce qu’elle titille notre cadre de référence.
En ce qu’elle détourne et annihile nos propres valeurs.
En ce qu’elle transpose en virtuel une réalité sanglante.
En ce qu’elle porte en elle d’arnaque et de perversité.
En ce qu’elle nous montre en occultant :

        Abou Graïb 2069636377.jpg

 

 

 

De la torture incarnée au sm bcbg un peu trash et hédonistement désincarné….
De l’humiliation raciste et supérieure au simulacre de soumission pédé sauce Ardisson et backroom…

Rien. Juste une image.

Une image esthétisante qui joue à se faire peur.
Mais pas trop ; Juste la dose.
Un message commercial qui canibalise le sursaut moral
Du subliminal qui flirte avec l’ambigu
De l’United Colors of Benetton et une lichette de gore.

Du SM pour de faux au dominé dominant pour le pire.
De la séance cul branchouille à la violence physique, jusqu’à la destruction mentale.
Du viol simulé à stimuler la libido, jusqu’à la brutalité du tortionnaire abruti.
De la souffrance feinte à la douleur insoutenable
Du Donjon coquet au cachot institutionnalisé
Du frisson érotique à la déshumanisation foutrement pensée
Du luxe coquin d’enfant gâté, à la cruauté doctrinale et clandestine.

La marchandisation a le chic pour recycler quasi-instantanément les îcones, les symbôles, pour les confondre, les distordre, pour les récupérer délavés, les vider de leur sens et leurs tripes et les mouliner façon junk food, jusqu’à les rendre consommables et inoffensifs.
 
Plus rien n’est grave, plus rien n’a de sens.
Si tout se vaut, plus rien n’a de valeur.

La mode, la saleté, le cul tendance, l’arrachage des ongles, la fashion victim, le bourreau, le fétichiste du pied, la gégène, le fun, le supplicié, l’érotisme bobo, le charcutage, le porno chic scénarisé, la mort.

Sévice et vertu.
Eros et Thanatos :
La Bestialité clinique.

Le capitalisme vendrait la corde pour se pendre. (Lenine)

Voilà, c’est fait.
Le capitalisme va se pendre….
 
En attendant la dernière érection du pendu obèse, entre cette pub racoleuse, un peu homo, pour pays encore d’opulence, ce même rapport sado-maso, de vainqueur sur vaincu, du fort sur faible, du riche sur pauvre, et le même rapport de con dominant qui finit par sortir une ignominie sans même s’en apercevoir :

- Nous avons l’intelligence, vous avez la main d’œuvre –


Ce qui en traduction simultanée signifie :

Nous tenons le fouet, vous nous offrez la chair (à canon)
Nous sommes la tête (d’ogive) et vous êtes la viande.
Nous sommes le nord civilisé, vous êtes le bon sauvage. (celui qui obéit, le mauvais étant celui qui se révolte)

Vieux comme le monde ce rapport maître/esclave


Et dans cette mise en abyme de vrai pour de faux, de télé sans réalité, de guerre sans corps, sans cadavre, sans pourriture, dans ce sadisme aseptisé sans pus ni merde ni déjections, dans cette télé sans réalité mais avec beaucoup de télés dedans :


Zero mort

ou un million.

Le crade, la crasse  ? rien
Un linceul un drapeau173924947.jpg

ou un slip tendance
Un dommage collatéral
Une frappe chirurgicale
Rien
un mot, un mort
Des statistiques
Du chiffre, un nombre
Une abstraction décharné.
Sans stigmates
Sans présence
Un slogan.

L’ordure devient moderne, technologiquement avancée.

Or en réalité, derrière l’image, nul plaisir consenti entre adultes consentant, pas d’orgasme, ni de jouissance, juste de la puanteur et de la sécrétion. Juste une réalité monstrueuse, obscène et scabreuse, et pour le coup totalement pornographique.

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Sale, comme toutes les guerres
Plus sale encore puisque cette guerre se voudrait précisément morale et vertueuse
Exemplaire
Juste
Civilisatrice
Propre sur elle

Dans cette société où tout est marchandise, où tout se vend et surtout son âme, dans cette machine molle de monde moche, à tout avaler, à tout digérer, où l’on recycle un Kerviel en tee shirt, un « casse toi pauvre con » en nom de domaine sur le net en moins d’une demi-heure, qui s’apprête à dissoudre le télégénique Besancenot en retape de ménagères chez Drucker consensus tout finit en war game, en star ac, en ludo-video..

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On y consomme de l’indignation en zappant
de la dénonciation en commandant une pizza
de la compassion en surveillant son micro-onde.

Pourtant non, ce n’est pas parce que notre sauvagerie s’est insidieusement sophistiquée qu’elle en est moins barbare et moins foncièrement animale.

Oui - l’Amérique est passée de la barbarie à la décadence sans passer par le stade de la civilisation - (attribué à Einstein)
(Et nous avec….)

Non
Il n’y a pas de torture propre
Ni de bombe propre
Ni d’occupation propre
Ni d’oppression propre
Il n’y a que du sale
Du crade
Du vomis
Du dégueulasse
Du bien pourri

Et quitte à faire dans la pub faussement provoc
le cucul praliné et l’image un peu choc
Faisons vraiment dans l’insoutenable
Dans le pas distordu
Le pas vu à la télé

Quitte a faire dans le cul
Autant faire dans le cru

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Bien moins sexy qu’un string, c’est sûr

 

tgb

18:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

28/04/2008

Le facilitateur

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- Le monde, vous n’avez pas à l’imaginer mais à le faire…-


Ce slogan, je l’avais vu affiché, lors d’un séminaire quelconque que j’animais en tant que consultant quelconque qui pensait à peu prés le contraire.

Facilitateur
ça s’appelait, dans la novlangue poétique de l’univers corporate.
Ce fut une journée difficile….

- Le monde, vous n’avez pas à l’imaginer mais à le faire…-

Et ce monde, ils le firent.

Ils firent du reporting, ils firent du benchmarking, ils firent du marketing quantitatif, ils firent du consulting qualitatif iso 9001.
 
Ils firent du coaching individuel et du team building collectif, des jogging performants, du speed dating compétitif, tout en gérant leur temps efficacement.

Ils rentabilisèrent en optimisant, ils s’adaptèrent en fonction des challenges, ils atteignirent leurs objectifs trimestriels :

Du software au hardware ils firent dans la gestion de soi et dans le management.

Pour quoi faire ? on sait pas, mais il firent.

- Le monde vous n’avez pas à l’imaginer mais à le faire…-

Ils firent dans le productivisme motivé, ils firent dans le consumérisme zélé, ils firent dans le développement personnel et dans le segmentant. Ils firent dans la part de marché, ils firent dans la réduction des coûts, ils firent dans la culture du résultat et l’évaluation en feed-back ;

Ils firent de l’audit, ils firent de la statistique, ils firent du graphique avec du power point. Des super camemberts quadri-chromés projetés sur Barko en salle plénière.

Ça pour faire ils firent.

Ils marchandisèrent, ils commercialisèrent, ils mercantilisèrent. Et réifièrent et chosifièrent, et rationalisèrent en positivant carrément.

A fond la forme….

Ils formatèrent et calibrèrent tout plein de choses en tion :
-Normalisation
-Mondialisation
-Déréglementation
-Dérégulation

Ils firent glisser sémantiquement les mots :

-libéraliser, libérer, liberté….
-usagers, abonnés, clients…

De la technologie au concept
De l’idéologie à la science

-employabilité, faisabilité, pénibilité…

De l’entreprise au langage courant

-Gérer ses affaires, gérer ses enfants,
-sa vie sentimentale, manager ses parents…

 du savoir faire au savoir être....

Ils privatisèrent, turbo-capitalisèrent, stocks optionnèrent à donf, spéculèrent sur leurs propres licenciements, centralisèrent tout en délocalisant, externalisèrent en sous sous sous sous traitant…

Ils mirent le monde en équation.
Façon Kerviel
Et paumèrent mille millards.

Et nous avec

 - Le monde vous n’avez pas à l’imaginer mais à le faire…._

D’abord on se sert ensuite on voit....

A l’issue de ce séminaire mémorable où l’on tourna en rond et devant mon peu d'enthousiasme à facilitater, le responsable logistique avait cru me flinguer en cette formule qu’il pensa assassine  :

- En tant que facilitateur vous fûtes plutôt complicateur -

Je pris cela comme un compliment.



tgb

 

photo : Fragments de Samuel Beckett, mis en scène par Peter Brook

16:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

24/04/2008

L'autre Amérique

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Bien se faire une raison, c’est triste à dire, mais y’a pas, dans notre pauvre monde, que des mauvaises nouvelles…

Je sais bien que l’actualité nous réserve au jour le jour quelques news affligentes, quelques anecdotes éloquentes et quelques fausses joies comme la mort puis la résurrection d’une guimauve à brushing pour ménagère de plus de 1O2 ans mais il reste quand même quelques vraies réjouissances, comme la sortie du dernier opus inspiré d’un élégant irremplaçable ou la vision roborative de cette carte géographique. (ci-dessus)

Je vous laisse à votre coït post électoral….


Et je poursuis

 
Avec la victoire historique de Fernando Lugo au Paraguay, le Mercosur vient de basculer entièrement à gauche et le continent d’Amérique du sud vient de se teinter d’un joli rosé estival à consommer sur place et sans modération.

Si l’on rajoute à ce réjouissant tableau que Garcia au Pérou (tendance schtroumpf pâle) se voit obligé de mener une politique modérément sociale-démocrate, que le Mexique de Calderon bidouilleur d’élections n’en reste pas moins sous la pression populaire du peuple de Mexico et du vainqueur moral des présidentielles Obrador (Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des Etats-Unis) et que le si charmant Uribe commandant de bord du porte-avion américain en amérique du sud est comme sa crapule de cousin dans le collimateur de la justice, le grand chelem de l’autonomie et de l’émancipation latine est à portée de bulletin.

Certes tout n’est pas si rose bonbon sur le continent latino

Croire a une homogénéité politique serait quelque peu idéaliste. Chaque état expérimentant sa propre expérience alternative. En effet, bien peu de rapport entre la socio-libérale Bachelet et la grande gueule picaresque Chavez

De plus, et dans la série - diviser pour régner-, il est des craintes sérieuses pour l’intégrité de la Bolivie, tandis que les riches provinces sécessionnistes encouragées par la clique Bushienne essaient de déstabiliser par tous les moyens y compris les plus dégueulasses, le symbole de l’indienité : Morales.

Et pendant que nos médias qui mentent (et particulièrement Mr Paulo A. Paranaguá, correspondant anti-Chaviste assidu et hyper tendancieux du journal de référence mon cul le Monde) et nous passionnent pour le feuilleton gloire et beauté de l’otage le plus esthétiquement bouleversant de l’année, Betancourt, il est préférable, si vous voulez quelque info sur le dur métier d’aspirant journaliste à la rencontre des affreux sales et méchants Farc subtilement explosés façon puzzle par un missile de l’oncle Sam (quand même bien plus malin que Geroges W) de ne pas vous rendre sur le site de RSF.

(mais peut être que les journalistes stagiaires ne sont pas considérés comme journalistes chez Robert, faut pas déconner avec la comptabilité c’est sûr)

Bref pas d’angélisme et une extrême vigilance, en surveillant bien attentivement les coups tordus des néo-cons à la chasse ouverte au Chavez pas dans les clous, mais réjouissons nous pour une fois de la beauté pastel de cette si jolie carte postale.

Et allez, one more time, je ne m’en lasse pas.

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Tiens, imagine juste une seconde que ce soit l’Europe.


tgb







16:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21)

21/04/2008

Ainsi donc, Ainsi donc....

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Ainsi donc, ainsi donc, un hommage national fut rendu à Aimé Cesaire, chantre de la négritude, petit père des Antilles, poète solaire et pourfendeur du colonialisme sur les traces de Toussaint Louverture.

Ainsi donc, ainsi donc, le plus vulgaire, le plus impopulaire, le plus médiocre de tous les présidents français, chasseur de noir malien englouti par la marne, râfleur de petits enfants africains à l’école, orateur inspiré de discours Dakarois et raciste, statisticien d’immigration choisie, décomplexeur de droite à identité nationale et ADN, chaud partisan de non repentance assumée, nostalgique du colonialisme civilisateur, ami de philosophe écoeuré par des équipes de foot black black black (l’honneur de l’intelligence française) ; ainsi donc, ainsi donc, le karcheriseur de la racaille ethnique, le croisé va t’en guerre avec le sang des autres s’incline avec une componction constipée devant le cadavre d’un poète tout bronzé.

Normal !!!

Car le gisant refroidi d’un juste et d’un rebelle, n’a pas que des inconvéniants.

Extrêmement conciliant :

- Il ne refuse pas de vous serrer la pogne (la grande différence entre un vieux et un mort étant que le vieux – et c’est bien un des seuls intérêts de la vieillesse – peut envoyer se faire f…un ministre de l’intérieur sans avoir à s’en excuser – bien peu en profitent d’ailleurs)
- Il ne vous inflige pas son ouvrage consacré à la lutte contre le colonialisme (Discours sur le colonialisme) -(qu'il faut faire semblant de lire en plus)
- Il ne vous porte pas la contradiction
- Il ne vous claque pas le beignet de blanc-bec arrogant
- Il ne s’oppose pas à la récupération, au programme lavage séchage de la machine à recycler, détourner, désincarner, la machine à se réapproprier dare-dare la queue (forcément TBM) du Mickey.

Ainsi donc, ainsi donc, comment s’étonner que le petit nécrophage au goût prononcé pour l’enterrement de première classe, pour l’oraison funèbre à trémolo, pour l’hommage claironné en cour d’invalides ne saute à pieds joints et talonnettes cirées sur un cadavre mondialement célébré et encore un peu tiède?

Quand les bons nègres sont des nègres morts : Aimé Cesaire
Quand les bons cocos sont des cocos crevés : Guy Moquet
Quand les bons éthnologues engagés sont des dépouilles d’éthonogues désengagés :  Germaine Tillon


Quand on peut vider de leur sang et de leur sens les camarades fusillés et les rectifier compagnon à disposition média d’un coach de rugby à tête de jambon..

Quand on peut se recueillir minable sur une croix de Lorraine avec divin laser tout en réintégrant d’une main la France dans l’Otan et tout en bousillant de l’autre, les acquis sociaux du Conseil National de la Résistance.

Au moins la famille de Cesaire a t’elle pu imposer au petit récupérateur nécrophile (et négrophobe ?) de la mettre en veilleuse devant le cercueil du grand petit homme noir. (comme quoi tout est possible)

Ainsi donc, réduire une minute au silence le paltoquet de Neuilly n’aura pas été le moindre des prouesses Cesairiennes
.
Et puisque Cesaire restera vivant dans le cœur des Antilles, autant le laisser irradier de sa présence la Martinique et quitte à enfermer un mort vivant dans les catacombes sombres et sinistres d’un panthéon grandiloquent autant y emmurer le dernier combattant des tranchées 68, le dernier poilu centro-centriste de mai y’a 40 ans.

Oui, de la barricade Gay-Lussac du quartier Latin, au temple des grands hommes-la patrie reconnaissante, offrons la place humide à Dany Cohn-Bendit

Au tombeau boursouflé les bouffons surbouffis.

Que le libéral libertaire sombre au mausolée, tandis que le libre poète se chauffe à la lumière….

ainsi donc, ainsi donc, ce ne sera que justice.

tgb

 

photo : anne Geddes 

17:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

 
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