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21/11/2017

Îles flottantes

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 « Ils se construiront des ghettos sociaux, sécuritaires, climatiques. » François Ruffin

En ce jour d’ouverture des restaurants du coeur, il n’y a heureusement pas que de mauvaises nouvelles dans l’actualité.

Cette info par exemple dont on pourrait se réjouir : La création d’îles artificielles pour riches. Financé notamment par Peter Thiel à hauteur d’1,7 million de dollars (ce qui est somme toute négligeable) le milliardaire cofondateur de Paypal et soutien affiché de Donald Trump, l’institut Seasteading compte inaugurer une première île flottante d’ici trois ans dans l’océan Pacifique du côté de Tahiti mais quand même pas trop loin de la terre ferme on ne sait jamais.

Un Tsunami, un ouragan ou une montée des eaux est si vite arrivé.

Cette création d’une fédération d’îles artificielles qui serait reconnue comme un état à part entière, sorte de « pays start up » et dont j’ai comme une vague idée du président qui pourrait opportunément y officier, donnerait au monde sa 198eme nation en 2020.

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Ingratitude de ses concepteurs, leur motivation première serait de libérer l’humanité des politiciens en réécrivant les règles de gouvernance. On pensait la chose faite depuis que les banquiers, milliardaires, et autres hommes d’affaires occupaient les plus hautes fonctions mais parmi certains puristes de la chose défiscalisée visiblement trop de contraintes encore.

Perso je n’y vois que des avantages. D’une part, c’est pas dans le paradis des milliardaires qu’on risque de reprendre les essais nucléaires et engendrer des bébés méduses. C’est toujours ça de gagné pour les peuples indigènes.

D’autre part en ces microcosmes endogames, la consanguinité, c’est bien connu, ne peut que bonifier la nouvelle race des Robinson Crusoe grand luxe. Imaginer Mr Arnault vivre en vase clos avec Mr Pinault me fait saliver d’avance rapport à la dégénérescence oligarchique.

On sait comment l’utopie communautaire des soixante-huitards fut couronnée de succès. Voir la classe dominante recycler l’affaire et le mythe platonicien de la cité idéale ne peut que susciter toute notre admiration en attendant la dystopie.

Les projets pharaoniques des émirats ayant bu le bouillon,

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c’est avec grande impatience que nous attendons le passage de relais. D’autant que dans leur préoccupation écologique, ils pourraient à moindre coût installer directement leurs bulle paradisiaque sur ces îlots de plastique,

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sixième continent à la dérive.

Prenant enfin conscience de leur forte capacité de nuisance, quelle noble et belle idée altruiste n’empêche, pour les riches, que de se ghettoïser, de s’ostraciser, de se retirer du monde, facilitant d’avance le recensement et le parcage définitif dans un éden concentrationnaire, sorte de gate community ou de Sun City pour multimilliardaires désoeuvrés et neurasthéniques.

Nul doute qu’après avoir rapporté triomphalement l’ultime trophée à tête d’éléphant, ils pourront s’entretuer les uns les autres à coups de magnum de champagne millésimé.

Bref, dans un de ces rares moments de lucidité, la mise en quarantaine volontaire de ces fossoyeurs de l’humanité me parait définitivement comme la marque éminente de leur contribution à l’avenir de la planète.

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Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés.

tgb

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10:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11)

14/11/2017

Le monde est une start up

 

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Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. Guy Debord

C’est une affaire entendue, il n’y a pas de paradis fiscal en Europe. Il n’y en a d’ailleurs pas dans le monde non plus. Le monde lui même étant un vaste paradis fiscal sans frontières, on ne voit pas comment il pourrait y avoir de paradis fiscaux dans un paradis fiscal.

et d’ailleurs Dieu lui même paie t’il des impôts ?

S’il est bien une fraude sociale chez les pauvres, il n’existe rien d’autre qu’une optimisation fiscale chez les riches. La preuve en est que vous recevez officiellement des publicités légales en ce sens par courriel et jamais de mails d’avocats spécialisés vous expliquant comment filouter bonifier les aides sociales.

C’est une évidence, les milliardaires et les multinationales ne doivent pas payer d’impôts. S’ils peuvent bénéficier des services publics, des infrastructures, routes aéroports… ils ne peuvent être contraints de respecter quelque règle sociale, ou écologique que ce soit. Accablés par les taxes, ils risqueraient de partir habiter une autre planète et faire profiter de leurs immenses talents d’autres galaxies.

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C’est clair, les 0,001% des riches qui possèdent la moitié de la planète en attendant de croquer l’autre moitié sont des gens audacieux qui ont pris des risques considérables en évitant d’avaler la cuiller en argent dont ils ont hérités à la naissance ou en dépeçant courageusement des entreprises prospères, voire en licenciant par vagues salutaires des milliers de salariés fainéants, alors que pour la plupart ils rêvaient simplement de devenir pompiers assistés ou ouvriers détachés du bâtiment à se la couler douce (dans le béton).

C’ est un fait : les chômeurs craquent scandaleusement leurs colossales indemnités aux Bahamas à rien foutre tandis que les riches persécutés par l’ISF tentent désespérément de fuir sur des yachts improbables immatriculés à Malte avec le danger évident de chavirer et de finir échoués sur une plage. Il faut l’affirmer sans trembler et le dénoncer, oui au final c’est l’ISF qui crèe le SDF cosmopolite.

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Alors que sur les 19 derniers mois en France pas plus de 4013 militants, manifestants, grévistes et syndicalistes ont été gracieusement conviés à des procès ou à des sanctions paternalistes, il est temps d’admettre que la chasse aux riches est elle, une ignoble stigmatisation d’une minorité fragile de la population et une atteinte intolérable aux droits de l’homme et du milliardaire dont le calvaire n’est plus ici à démontrer.

Il est indéniable que « la sécurité sociale…vestige communiste qui date de 1945 » doit être éradiqué de toute urgence au profit d’une santé pour ceux qui ont la santé où les moyens de la conserver selon les principes sains et responsables du profit et de la loi du plus fort, marques d’un capitalisme dont le nom apparait pour la première fois en 1753.

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Oui l’inversion de la hiérarchie des normes stimulera la négociation entre les partenaires responsables et dynamisera positivement le dialogue.

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Enfin, il va de soi que certaine subjective chroniqueuse islamogauchiste se doit de cesser toute confusion entre son statut de militante djihadiste et son boulot de « journaliste » de chez Bolloré. En cela elle porte préjudice à l’ensemble de la profession éditocrate dont l’objectivité, la connaissance des dossiers, le respect des faits et de la hiérarchie de l’information honorent nos médias et garantissent l’ indépendance et la liberté d’expression vis à vis des patrons de presse admirablement philanthropes et modestement milliardaires.

tgb

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15:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

30/10/2017

Le César du président des riches

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Pour le rôle du « président des riches » sont nominés :

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Manu Macron, jeune premier de maison de retraite, rombières et rentiers pour sa prestation incontinente dans le remake moderne : Tina et Zupiter

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Nico Sarko, pour son come back de vieux cabot un poil surjoué dans : Kadhafi c’est fini

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Fanfoué Mollande (faussement) surpris et honoré pour son rôle dans : L’ennemi de la finance mais pas trop

et le César du président des riches est attribué à…

 

tgb

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08:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13)

24/10/2017

La liberté est la première des sécurités

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La liberté, c’est très difficile. Parce qu’il est très facile de se laisser aller. L’homme est un animal paresseux. Il y a une phrase merveilleuse de Thucydide : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Cornelius Castoriadis

La sécurité est la première des libertés qu’ils disent.

En effet pour ceux, et ils sont innombrables, qui n’ont rien à dire, rien à changer, rien à espérer d’autre que de serrer la zapette de la boîte à cons entre deux caddies chez Monop, la sécurité du canapé est la première des libertés de ne penser à rien et de ne rien penser.

"Une société qui supporte d'être distraite par une presse déshonorée et par un millier d'amuseurs cyniques court à l'esclavage" A. Camus

C’est très reposant de ne penser à rien dans le confort des pantoufles.

"Si vous ne lisez que ce que tout le monde lit, vous ne pouvez penser que ce que tout le monde pense." H. Murakami

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La liberté de faire autrement, de penser autre chose, de vivre différemment, mais pour quoi faire ?

Penser comme tout le monde, faire comme on vous dit de faire, avoir peur là où on vous dit d’avoir peur et à quelle heure et alors toute loi sécuritaire, tout décret liberticide sera vécu comme un grand édredon molletonné et protecteur.

Le ver solitaire n’a pas de cerveau : s’en plaint il ? Après tout on a le droit de se choisir une vie de tube digestif.

Si je n’ai rien à me reprocher qu’est ce que je risque dit l’autre ?

D’abord il faut être bien vaniteux ou bien inconscient ou très con pour croire qu’on a rien à se reprocher. Tout parcours a ses accrocs, toute vie a sa part d’ombre, tout chemin a ses entorses, ses raccourcis, ses arrangements. Une main trop baladeuse (#balancetonporc) un petit boulot au black, un excès de vitesse par ci, une véranda sans permis de construire par là, un petit joint ado, un verre de trop, un cv bidonné… …

et peut être aussi pourrait on te reprocher d’être trop sdf ou trop pauvre ou trop chômeur ou trop assisté…et envisager de te contrôler sdf, de te pucer chômeur, de te suivre retraité, de te fliquer salarié…

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si je n’ai rien à me reprocher qu’est ce que je risque dit l’autre ?

Ah la terrifiante certitude du brave citoyen, du bon français, faisant bien son devoir et dont le vieux fond pétainiste remplit les tiroirs de lettres anonymes immaculées sur le voisin trop normal ou pas assez, trop dévot ou pas assez, trop riche ou pas assez.

Si fier d’être dans les bons clous un jour et si honteux d’être l’infâme balance après le retournement et avant la tondeuse.

Cette bonne conscience ne marquerait il pas justement une étrange absence de scrupules, une étonnante forme d’aveuglement sur soi et un manque de probité au final ?

Est ce si bon signe finalement de n’avoir rien à se reprocher, c’est à dire, d’être à ce point dans les rails, dans le conforme, le formaté, d’avoir à ce point cette vocation de soumis satisfait ou d’esclave ivre de soi, de béni oui oui convenable et de bon petit soldat prêt à obéir à toutes les saloperies ?

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Allez, admettons qu’on n’ait réellement rien à te reprocher, alors ça pourrait être ton fils, ton frère ou ton cousin, ou même un fâcheux malentendu, être pris pour un autre, ou payer pour l’exemple, parce qu’on n’a personne d’autre sous la main.

A toujours chercher l’on finit toujours par trouver, la petite tâche, le petit coup de canif dans le contrat. Au besoin on inventera, pour la bonne cause ; l’inquisiteur de service te fera avouer ton crime ou le sien que tu endosseras.

Un arsenal juridique de lois sécuritaires et c’est alors, pour peu que des nazillons prennent le pouvoir, ou un fou furieux qui déteste les rouquins, abhorre les myopes, exècre les bègues, l’arbitraire clef en mains, l’abus de pouvoir en kit, la porte ouverte à tous les délires paranoïaques, à tous les maccarthysmes, à tous les procès staliniens.

Et puis ce n’est pas comme si on n’avait pas utilisé l’état d’urgence pour museler des militants politiques cueillis au petit matin lors d’une de ces "visites domiciliaires" anciennement "perquisition" qui fait le délice de la novlangue pré-totalitaire.


Et pourquoi pas « brunch républicain ?»

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Je ne suis pas terroriste, donc je n’ai rien à craindre dit il

Sauf qu’on est toujours le terroriste de quelqu’un, le résistant de l’autre, l’empêcheur du barbecue du voisin, l’irascible du tapage nocturne, l’amant de la boulangère, le cocu du patron, le beau frère du cousin de la tante du petit délinquant ou du trop barbu et que dans un état policier, tout le monde et chacun à forcément obligatoirement quelque chose à se reprocher, est un potentiel coupable.

Non la sécurité n’est pas la première des libertés en revanche la liberté oui est une insécurité.

S’émanciper, s’affranchir est insécurisant, libre penser, oser l’esprit critique, être rebelle, transgresser est un risque, sortir du troupeau, de la bigoterie officielle, mettre en doute, lutter, se révolter, ne pas rassurer le marché, découvrir un chemin c’est se mettre en danger.

Etre différent c’est être suspect.

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La liberté c’est renoncer au collier du chien plus ou moins repu pour vivre la liberté du loup affamé.

La liberté a un coût a un prix.

La mort.

Celle de 

Daphne Caruana Galizia dont la liberté d’exercer pleinement son métier de journaliste, d’enquêter, d’investiguer s’est payée cash : l’assassinat politique.

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Premier meurtre d’un journaliste en Europe depuis des lustres, évènement considérable dont les éditocrates confis de ce pays se fichent, comme si ce crime faisait honte à leur servilité ou les obligeait à mettre le nez là précisément où il ne veulent pas.

Qui en effet aurait l’idée saugrenue d’assassiner ici Pujadas ou Aphatie…, les valets de pisse des puissants dont la carrière entière consiste à ne pas déranger. "Le Français aura beau faire, il ne sera jamais qu’un courtisan, n’importe de qui, pourvu que ce soit un puissant du jour"  Chateaubriand

Ou la mort sociale

Celle de Denis Robert par exemple, harcelé financièrement durant des années, accablé de procès, insulté par ses confrères…

Non en effet, rien à gagner à être libre que le goût de la vérité, sauver sa dignité ou l’honneur.

Tous suspects, tous écoutés, tous fichés mais qu’importe puisque je n’ai rien à me reprocher avant de voir partir le petit voyou qui avait si peu à se reprocher et qui ne sortira jamais vivant du camion, avant de voir partir le rom qui n’avait pas grand chose à se reprocher, avant de voir partir mon voisin militant qui devait surement avoir quelque chose à se reprocher, avant de me voir partir moi qui n’avait rien à me reprocher …

soi disant…

"Sauvons la liberté, la liberté sauve le reste" Victor Hugo

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Car oui la liberté est la première des sécurités de la condition humaine, à moins d'opter pour la condition digestive.

tgb

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13:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

 
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