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15/10/2007

Nager plus pour se noyer moins

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Quand la droite offensive et décomplexée nous vend ses « valeurs » la moindre des choses serait qu’elle les applique au moins.

En termes d’efforts, de mérite, de culture du résultat, de compétence, de prise de risque récompensée et de responsabilités assumées.

Or s’il y a bien un domaine où la droite (et nos élites en général) est particulièrement peu exemplaire c’est précisément sur ce terrain-là.

Quand la France qui gagne perd, les incrustations de président volontariste et successfull disparaissent mystérieusement de nos petits écrans propagandistes ainsi que toute la clique et claque en tribune du futur divorcé.

Un président qui n’en veut ne peut être associé à une défaite piteuse cela va de soi.


Quand une équipe (au hasard de rugby) se vautre, que son entraîneur grande gueule et furieusement narcissique fuit courageusement les micros et finit quand même par justifier la pâtée « Madrange » en se dédouanant sur le dos de ses joueurs    'qui n’ont pas su se libérer’ (même s’ils n’ont fait qu’ appliquer laborieusement la tactique débile du coach borné et peu inspirée) le moins que l'on puisse dire c’est qu’on ne joue pas dans la division d’honneur et qu’on n’est pas étouffé par le fair-play.

On pourrait espérer que la moindre des élégances serait d’assumer au moins collectivement la branlée...

J’t’en fous….

Ni responsable ni coupable. C’est pas moi c’est ma sœur….

Quand EADS se casse la figure, nos entrepreneurs, si en pointe pour nous donner des leçons sur les joies de la précarité au travail et les avantages de la casse des acquis sociaux, nos ministres si prompts à appeler aux sacrifices et aux retroussages de manches, s’empressent avant tout de se bâfrer sur l’état (les bénéfices sont privés les pertes sont publiques) préfèrants passer pour                « incompétent plutôt que malhonnête »  gratifiant au passage cette incompétence d’une plus value réconfortante ou (alternative) feignent la surprise et l’ignorance, étant comme il se doit toujours les derniers informés…

Aux innocents les mains sales, on connaît….

Quand les parachutes dorés ne viennent pas récompenser les faillites d’entreprises, les fusions ratées, les licenciements abusifs, les stratégies plantées, quand les intrépides aventuriers du biuseness plan ne retournent pas pantoufler prés du radiateur dans quelque administration douillette, ce sont alors les spécialistes de la ceinture et des bretelles dans le confort de leur notabilité, de leur cumul de postes, de leurs émoluments obscènes (fonctionnaires la nuit, consultant le jour…Baverez, Marseille Colombani…) qui ont l’indécence de nous infliger le triste numéro de la liberté d’entreprendre sans freins et sans RMI surtout.

Que le culte du chef ait son intérêt : admettons

Encore faudrait-il que ce petit père des peuples assume les matins de gueule de bois, les déprimes nationales et à l’instar d’un de nos mythes historiques (De Gaulle, Jeanne D’arc) tienne dans le gros temps la barre d’une main ferme et sure.

Le Boss quoi !!!

Ben non, ces matins-là, nos petits chefs sont aux abonnés absents, extrêmement occupés à filer à l’anglaise dans leur voiture de fonction, avec leur salaire de fonction, vers leur logement de fonction.

Fort responsables et vertueux les soirs de victoire (et même tirant quelque peu la couverture à eux) on les retrouve fort discrets et peu communicants les petits matins de nausée.

Quand nous nous devons, de travailler plus, d’être  mieux évalués, de nous lever tôt, de supporter les franchises médicales, de rogner sur nos retraites, suspectés qui plus est, de frauder le fisc, d’entuber la sécu, de profiter des assedic, de tirer au flanc, eux ne doivent rien, ni l’exemplarité, ni de mettre leurs actes en accord avec leur discours, ni de payer le prix de leurs erreurs ou de leurs saloperies.

Ne nous faisons aucune illusion avec ces gens-là, les jours de Titanic :

- les femmes et les enfants après - (moi le déluge)

En capitaines lâches et pitoyables, ils seront les premiers dans la chaloupe, à nous expliquer qu’il faut nager plus pour se noyer moins.

Un chronomètre à la main.

 

tgb

13:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

11/10/2007

BHL pour les Nuls

Petit résumé didactique et à peine manichéen du dernier hors d’œuvre chef d’oeuvre  de l’immense pipolosophe Bernard Henri Levy° que le monde entier nous envie (peu)

 

Le méchant est :

 

 

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barbu et communiste













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barbichu et bolchevique
 
 
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                                                                                                                                      pileux et soviétique
 
 
 
 
 
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moustachu et fasciste
 
 
 
 
 
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broussailleux et révolutionnaire 
 
 
 
 
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 ébouriffé et intégriste
  
 
 
                                                                                                                                                                                                   
 
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hirsute et islamo-fasciste 
 
 
 
 
 
 
medium_arafat.jpgtouffu et terroriste
 
 
 
 
 
 
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velu et dictatorial
 
 
 
 
 
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pas rasé et antisémite 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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poilu et anti-américain primaire 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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bref sauvage et diabolique 
 
 
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bestial 
 
 
 
en revanche le gentil est :  
 
 
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glabre et droit-de-l'hommiste 
 
 
 
 
 
 
 
 
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imberbe et atlantiste (attention la frange ne compte pas) 
 
 
 
 
 
 
 
 
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lisse et évangélique
 
 
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 lustré et FMIste 
 
 
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gommée et socio-libérale 
 
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dépoli et néo-conservateur 
 
 
 
 
 
 
 
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rose et ultrasioniste 
 
 
 
 
 
 
 
 
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velouté et suiviste 
 
medium_cheney.jpgpoupin et interventioniste
 
 
 
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bref, frais et angélique 
 
 
 

maintenant je vous laisse deviner si Arielle Dombasle muse et compagne du pipolosophe à col ouvert a la touffe :  
 
 
fournie barbaremedium_origine_du_monde-courber.jpg
 
 
ou 
 
 
 
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ticket de métro civilisé 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Voilà vous venez d’économiser 19 euros 90 et deux heures de lecture fastidieuse 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
tgb 
 
 
 
 
 
 
°petit con prétentieux dixit Henri Guaino° (plume (dans le cul) de notre paon président)
 

                             °raciste dixit bernard henri lévy°  

                    
                             °petit con prétentieux
dixit Henri Guaino°

 

                            °raciste dixit Bernard Henri Lévy°....
 

 

  
 
 
 
 

12:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

08/10/2007

I will survive

medium_file_283072_87002.jpgIl y a quelque chose de symptomatique à voir des centaines de milliers de gens descendre dans la rue pour hurler « allez les bleus, les roses ou les verts pistaches » gueuler Zizou ou Chabal président, et ne voir qu’une centaine de personnes manifester avec lassitude contre l’expulsion d’étrangers, la casse du contrat social, ou les délits d’initiés d’EADS par exemple.

Qu’une énorme partie de la population soit dépolitisée, acculturée, ignorante de son histoire, de l’histoire même de leurs parents est acquise, mais qu’elle soit abrutie à ce point, d’une certaine manière, force le respect. (beau travail Le Lay, bien programmé ce temps de cerveau disponible).

En termes de manipulation de masse, on connaît maintenant la technique disséquée avec brio par Noam Chomsky : abrutir 80 pour cent de la population, manipuler les 20 pour cent de décideurs restant.

Savoir que le peinturluré lambda de ce grand carnaval à deux balles, agiteur forcené de drapeau, peut et sans se tromper vous réciter le nom des joueurs, les clubs, les postes, le montant des transferts, les coachs, les soigneurs, toute une sous-culture impressionnante et vaine …et qu’il est en revanche incapable de vous dire qui présidait la France en 1974, ce que sont les accords de Grenelle ou quels pays composent la communauté européenne, est, d’un certain point de vue, fascinant.

Nous sommes entrés dans l’ère du divertissement totalitaire, l’ère de la culture de l’insignifiant, du soft fascisme ludique et séducteur, d’autant plus pervers que l’individu loin de le dénoncer y consent avec une volupté, un enthousiasme de crétin grégaire et lobotomisé auquel on ne demande aucun effort surtout.

Cette société du spectacle que nous annonçait visionnaire et rigolard Guy Debord.

Quand l’aliéné revendique sa propre aliénation, quand le fliqué tire fierté d’être devenu son propre flic, inutile de réprimer, nul besoin de sévir. L’homme est devenu enfin son propre loup et la boucle est bouclée.

(lu un courrier sur le site du quotidien ‘ l’équipe ‘ ou un lecteur traitait un autre lecteur, trop critique à son goût, « d’intello, sale lecteur de Baudelaire »)


Quand avoir deux sous de culture devient insultant, quand arborer son inculture devient légitime, il y a comme un renversement de valeurs assez éloquent.
 
Pizza, poker et neuroleptiques :
Le nouveau Panem et circences de notre glorieuse civilisation supérieure.
 
A voir ces abrutis aux peintures vaguement guerrières dans des déguisements puérils et régressifs saluer dans un orgasme simiesque leurs voisins de palier sur l’écran géant du stade – leur quart d’heure de célébrité mondiale – on se dit que ce grand défouloir mercantile, cette pseudo catharsis obscène, que ce simulacre de liesse hystérique et populiste, tient plus de la partouze à Neuneu que d’une célébration joyeuse et sportive.

Quand au son rituel des banderas, au chant lancinant des cornemuses, aux chœurs magiques interprétant avec ferveur « Swing Low, Sweet Chariot » ou « Land of my Fathers » on substitue le piteux slogan « on va gagner »  ou une pauvre marseillaise beuglée et désincarnée on constate le glissement scabreux du sacré au vulgaire.

Si lors du mondial de foot 98, il se passa réellement quelque chose d’intense dans les rues de France, comme une délivrance, comme le mélange heureux d’une population ivre d’une joie enfin, comme la liesse inventée et spontanée d’une fusion black blanc beur qui ne dura que deux jours mais qui au moins exista, aujourd’hui on constate combien tout cela est recyclé, capitalisé, exploité, marchandisé (femmes des joueurs, kit du petit supporter en tête de gondole, pipolisation des tribunes…) et que ce soit TF1 qui en soit le maître d’oeuvre industriel et médiatique en dit long sur les véritables motivations des promoteurs/exploiteurs.

Propagande et marketing, les deux mamelles du néo-pouvoir.


Enfin, je me souviens de l’initiative, à priori pertinente, de Canal Plus en juillet 98 qui avait demandé à ses abonnés de faire parvenir les vidéos réalisées au soir de la victoire pour en faire un montage.

Après avoir visionné dix minutes d’élucubrations excitées sur le toit de voitures au son des klaxons, cinq plongeons collectifs dans des piscines de lotissement et trois chenilles de beaufs bourrés en slip et marcel, de « Glorias Gaynors » ménopausées s’époumonant sur « I will Survive » j’en avais conclu en éteignant mon poste que finalement la joie de la victoire (par procuration et compensation) n’avait rien à dire.

Car finalement ce qu’il reste de concret après la célébration d’une pseudo-gloire éphèmère, d’une techno parade vachement festive, d’une nuit blanche d’art de masse balisée, c’est  à l’image d’un Barthez embrassant un Mac-do, quelque chose comme ça :

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tgb

13:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

04/10/2007

Vivre à mort

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Un peu d’A dans ce monde de N

Non seulement le philosophe André Gorz n’avait pas viré sa cuti en s’affadissant les idées jusqu’à se socio-libéraliser avec ses petits camarades du Nouvel Obs mais au travers d’une pensée anti :
Economiste
Utilitariste
Productiviste
Consumériste

Il a continué à prôner jusqu’au bout et sous l’influence de René Dumont une révolution écologique sociale et culturelle loin des contraintes du totalitarisme capitalistique, de l’accumulation et gaspillage des matières premières, de la logique du profit et de son triste corollaire l’individualisme hédoniste et matérialiste.

André Gorz vient de se suicider à l'âge de 84 ans, accompagnant dans la mort, sa femme Dorine, atteinte d'une grave maladie, le 24 septembre 2007 dans sa maison de Vosnon (Aube)


« [...] Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment, je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide débordant que ne comble que ton corps serré contre le mien [...] Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible nous avions une seconde vie, nous voudrions la vivre ensemble. »

Extrait de Lettre à D. (2006) Ode à Dorine par André.

Dans ce monde brutal et déshumanisé où l’obscénité économique est la norme, dans cette France vulgaire où les lettres d’amour et les « besitos » sont exhibés à la une des journaux comme des trophées cosmétiques, le cri d’amour et de liberté d’André Gorz retentit comme une fulgurance d’élégance et de loyauté romantique.

Valeurs il faut bien en convenir fort peu d’actualité.

André Gorz, homme de conviction profonde, de fidélité discrète et de pudeur passionnée nous offre avec panache une leçon de savoir vivre et de savoir mourir classe et chevaleresque.

Dans cette photo (voir plus haut) avec quelque chose du baiser de l’hôtel de ville de Doisneau, Dorine et André ont la beauté insolente et racée des jeunes gens amoureux et libres.

La grâce est bien le dernier luxe auquel les parvenus à talonnettes n’accèderont jamais.

Il est vain de demander à tous les renégats et rats de l’ouverture et de la gamelle de mourir pour des idées, mais vain aussi de leur demander de mourir d’aimer.

Ils n’aiment que leur nombril.

Réunir à nouveau le vieux couple inséparable d’Eros et Thanatos,, André Gorz l’a osé. Chevillé au corps de Dorine, il vient de jeter à la gueule du virtuel et du factice ce vivre à mort comme un baiser craché.

Un doigt d’honneur à la médiocrité.


tgb   

10:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

 
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