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18/06/2007

La revanche des cloportes

medium_shalivre.gif
 
 

S’il est une leçon à tirer du scrutin d’hier c’est de savourer encore et encore ce proverbe furieusement Shadokien :

- plus on échoue, plus on a des chances de réussir –

Pour avoir négligé cette admirable pensée j’ai bien failli, ce dimanche, me priver du plaisir de voter (seul dans le bureau de vote et juste après avoir croisé  O.Besancenot, mon voisin qui taillait une bavette militante sur son pas de porte) pour un ex ministre de l’intérieur passablement pachydermique : Daniel Vaillant.

Par ce geste laborieusement citoyen, j’ai pu ainsi avantageusement participer à la surprenante et roborative revanche des cloportes.

Spéciale dédicace donc, à Jean-François Copé, à ses frasques immobilières et à sa langue de pute censée remplacer la langue de bois mais je le soupçonne volontiers d’être totalement bilingue.

Je dois aux lecteurs assidus et mobilisateurs de ce blog un rien azimuté ces temps ci ,ce sursaut civique qui me fit accomplir héroïquement mon devoir et en toute bonne conscience, vers 20 heures, faire péter le champagne qui tapait l’incruste de mon freezer depuis un certain nombre de semaines.

C’est comme ça d’ailleurs que je renversais ma coupe pleine sur mon Ordi quasi-neuf et généralement sobre et que ce demi-succès de la gauche va me coûter probablement mes dernières économies. (il est actuellement en salle de réanimation et  je ne vous cache pas que le pronostic est extrêmement réservé)

Y’a des jours on se demande vraiment si Dieu existe. (étant évidemment persuadé les autres jours qu’il n’existe pas).

Sinon résumons les dernières péripéties politiques :

1) La droite est décomplexée mais en talonnettes
2) La France vote trois fois à droite pour une fois à gauche façon Ricard
3) La participation est exemplaire ou absolument pas
4) Le casting gouvernemental sent le gros navet
5) Fillon est aussi crédible en premier ministre qu’une endive
6) Cecilia et Nicolas font semblant, Ségolène et François, plus.
7) Klarsfeld est à nouveau disponible pour garder les frontières
8) Juppé est par terre et je ne tire pas sur un homme à terre
9) Borloo comme Michael Youn n’est plus très bancable
10) La TVA sociale c’est prendre aux pauvres pour donner à Johnny
11) Sarkozy pourrait finalement n’être qu’un gros malentendu
12) On a gagné tout en ayant perdu
13) L’effet papillon existe (voir plus bas)

Je souhaite donc bonne chance aux professionnels de la profession, sondeurs, politologues et autres Duhamelistes en chambre bleue-rose pour nous analyser tout ce foutraque (mais eux au moins en vivent) tout en leur conseillant quand même de se méfier sur ce quinquennat -là de ne pas finir la tête au bout d’une pique.
Je sais pas pourquoi mais je sens le Français soupe au lait, irascible et un poil imprévisible. ces temps ci
moi même…

Sinon on peut toujours se refaire mentalement la finale de France Italie à l’Euro 2000 et se prendre pour Wiltord à la 93ème minute en se disant que jusqu’à la fin tout est jouabl/

GOALLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL


Pour hier ça change pas le match mais ça fait quand même un peu plaisir


Allez champagne !!!!
Heu…………non !!!!



tgb

20:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

15/06/2007

Dans quel état ?

medium_palestine.2.jpg



pas une image juste, juste une image (Jean-Luc Godard)



tgb

13:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

11/06/2007

l'effet papillon

medium_la_vague.3.jpg



Hier j’ai voté.
Je n’ai jamais autant voté.
J’ai voté plus en un mois qu’en dix ans.
J’ai rentabilisé à mort ma carte d’électeur.

Puis je suis allé voir la mer
et les abstentionnistes.
A vue d’œil 40 % qu’ils étaient.
Les pieds dans l’eau, la tête dans le sable.
Dans une géniale stratégie d’opposition toute taoïste :

Le vide
Le zen
La planche.

On les reconnaissait facilement :
bronzage Marcel et coups d’soleil.
Illustrant à merveille le proverbe populaire :

« Quand Bidochon sortir glacière
Soleil taper sur plage arrière
»

La moule était marinière, la vague clapotante et la mer d’huile, loin de la déferlante mazoutée dont les éclaboussures et les embruns à radio bleue égayèrent en nocturne mes heures d’attente dans les bouchons à péages et à queue de poisson.

J’ai voté. Une fois, deux fois, trois fois.
Depuis un certain 22 avril j’ai révisé mes objectifs à la baisse :

Résultat pour hier, carton plein :

1) les sondages n’ont pas votés à ma place

2) ma voix à rapportée à mon candidat extrêmement marginal et désargenté : 1 euro 66.

Que des satisfactions finalement. (un conseil par les temps qui courent soyez modestes et pragmatiques)

Et donc pour faire original en ce lundi d’après Grand Soir avorté (reporté à une date ultérieure) et de petit matin glauque avéré (mais on a pris un abonnement) faisons comme tout le monde : parlons de tsunami.

Anecdote :

Un jour je fus appelé en catastrophe par ma frangine en panique suite à un débordement féroce de ruisseau bucolique mais capricieux et d’une inondation de rez-de-chaussée après un furieux orage (elle habite un moulin). Seul au milieu de millions de mètres cubes d’eau déchaînés, avec ma pelle et ma pioche « j’avais l’air d’un con ma mère… » Je restais prudemment en retrait du déluge, des éléments en furie et en inimaginable disproportion.

Il y a des jours, où le véritable héroïsme consiste à ne pas faire semblant de sauver l’honneur. D’autant que l’avantage avec la crue, comme avec le flux, c’est que l’eau finit toujours par retourner d’où elle vient, en l’occurrence dans ce cas, gentiment le lendemain dans son lit.

Ce que moi aussi je fis en reflux bien senti.

Tout ça pour dire que quand je vois en ce raz de marrée dominical le crawl gesticulé et pathétique de quelques socialistes essayant vaguement de surnager entre deux gros bouillons, je me dis que Laure Manaudou a bien fait de sortir du grand bain et des tentacules musclés du débardeur en coach pour filer l’anguille amoureuse en dolce Italia.

Buvons la tasse, ingurgitons une fois, deux fois, trois fois la vase et le plancton, faisons une cure intensive d’iode et de cours bouillon, que la note soit sale et salée et n’en parlons plus : à partir d’aujourd’hui, j’arrête de me prendre pour Bob l’éponge.

De plus, quand la moindre tanche estampillée UMP (au hasard Klarsfeld) se retrouve éligible, une seule issue devient possible, se la couler douce, à la nage indienne et si possible dans la fluidité en apnée, surtout qu’à force de coups de harpon dans le fion, je commence à douter de mon étanchéïté et de ma garantie water-proof.

Je ne sais pas si la montagne ça vous gagne mais je suis sûr qu’on a tout intérêt parfois à gagner la montagne et particulièrement en ces temps de guérilla (et c’est un savoyard qui vous parle).

Alors, en ce lundi de bac philo et dans le creux de la vague, phosphorons un peu.

Sur l’estampe célèbre et japonaise qui illustre ma note du jour, on pourrait constater que la vague bleue domine largement le Mont Fuji. Or sans tomber dans les révisions bachelières du type Platon, mythe de la caverne et le toutim tout cela n’est qu’effets d’optique, de trompe l’œil et d’illusions à la mort moi l’expert politologue de soirée électorale tout prêt à célébrer l’extraordinaire civisme français en discipline participative et citoyenne un dimanche et à ne pas trop s’inquiéter de son goût soudain pour les châteaux de sable le dimanche suivant.

Le Mont Fuji sera encore à sucer les nuages quand la méchante vague sera redevenue stagnante et raplapla, car le principe de réalité surviendra forcément, dissipant d’un coup d’un seul, ce gaz virtuel qui semble anesthésier la France jusqu’à la rendre faussement euphorique devant un président habile et fort en gueule mais quand même très limite et petit joueur à la vodka.

Donc considérant que :

Une canicule, une grève, une cata, un furoncle, une facétie dont le réel a le secret finira par surgir en effraction même au jt de TF1,

que la nature ayant horreur du vide, la droite faute d’une opposition deviendra son propre ennemi,

qu’opposer face à la force, le néant et l’inertie c’est pas si con,

que je me fiche éperdument d’assurer les points de retraite de Daniel Vaillant en mon dix-huitième arrondissement,

que je ne vois pas bien la différence entre 53, 67, où 86 députés socialistes contre 500 UMP, et qui tel Jack Lang fileront illico missionner chez Président (un job de conseiller conjugal pour Royal Hollande peut être ?),

qu’il vaut mieux pas de digues du tout que des digues pourries et spongieuses (au moins on prend nos précautions on gonfle nos brassières)

qu’il est préférable de se décomposer pour se recomposer plutôt que de poser et composer :

dimanche prochain je dors.

Et du haut du Mont Fuji (qui est un volcan) et pour filer encore la métaphore liquide et aquatique ‘ je vais attendre assis, de voir passer sur le fleuve le cadavre de mon ennemi.’

Sachant qu’attendre c’est tout sauf ne rien faire, hier à Trouville, j’ai effectué quelques ricochets dans l’eau...

Selon la loi de l’effet papillon, les conséquences devraient être amplifiées et terribles.

Je ne sais pas où, je ne sais pas quand mais je sais qu’elles surviendront violemment en boomerang.

Et pour passer le temps on peut toujours se répéter cette maxime Bouddhiste et Shadokienne

"Quand y’a pas de solutions c'est qu'y a pas de problème!"

 

tgb

 

estampe : la vague - Hokuzaï (merci Zgur) 

18:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

06/06/2007

Les m'as tu lu ?

medium_censure.jpgC’était une de ces soirées d’hiver. J’étais devant l’excellente émission de Taddeï 'ce soir ou jamais' le débat tournait notamment autour de la question de la censure en France.

Un jeune bellâtre tout en pamoison, les cheveux en pétard de chez Maniatis avec mèche rebelle et accessoirement auteur de romans pas la peine, soutenait qu’il n’y avait pas de censure en France, qu’ il en était la preuve vivante (vivante ? ) écrivant tout ce qui lui passait par la tête (c’est à dire pas grand chose).

Dans un coin du plateau Jean-Jacques Beinex qui se taisait depuis un moment explosa soudain dans une de ces colères saines et si rare à la télé, une colère à la Chabrol, Mocky, une colère dévastatrice qui résumée et de mémoire balançait au blanc bec de la plume dans le cul que quand on avait rien à dire, qu’on était un pur produit marketing, un prêt à lire et à colorier formaté, on ne risquait pas d’être censuré, que parler de cul n’était pas une preuve de liberté d’expression, ça se saurait à TF1, et que les formes de censure en France étaient rarement directes et politiques mais plus subtilement juridiques ou économiques.

Le jeune génie du nombril fictionnel en resta pétrifié, on observa même quelques bavures dans son rimmel, sûr que ni Durand, ni Giesbert, ni PPDA, ces géants de la critique littéraire de complaisance (comme les pavillons) ne lui avaient jamais parlé comme ça. Ce soir là, le jeune auteur de rédactions sur ses vacances en Egypte découvrit qu’une parole pouvait être signifiante et que les mots pouvaient tuer. On ne le revit plus. Sûr que depuis il n’a plus quitté son lit où il doit continuer à se manucurer grave le clavier et à faire des phrases. (Pour avoir lu deux pages de lui à la Fnac je confirme d’ailleurs que si c’est ça la jeune littérature française je préfère encore le scrabble).


Oui il est une star ac’ de la littérature ou de la philo comme de la chanson, une littérature de la vacuité, de l’eau tiède et de l’insipide qui coule des robinets des médias et dont la vocation est l’insignifiance et l’inanité.

Car oui, la censure existe. Elle existe à plusieurs niveaux. Elle peut être politique (pressions amicales de Sarko pour empêcher la publication du livre sur Cecilia, par exemple) elle peut être administrative (fermeture de blog d’un prof) elle peut être économique, on n’édite pas, on ne produit pas ce qui ne se vend pas ou mal ou est exigeant ou est dérangeant et enfin juridique, on assigne en procès, on épuise nerveusement et financièrement l’auteur ou l’éditeur (Denis Robert) qui même s’il finit par gagner en reste marqué, au point de ne plus écrire que la vie ébouriffante d’une madame méteo ou d'éditer la bio trépidante d'un vainqueur de Koh Lanta.


C’est comme ça qu’on se retrouve avec une littérature aseptisée qui ne dérange plus personne.

Un procès en diffamation, c’est ce qui vient d’arriver à Jean-Jacques Reboux auteur et éditeur courageux et indépendant, fondateur des éditions 'Après la lune', pour avoir publié Camino 999, un polar de Catherine Fradier, qui fait référence à l'oeuvre de José-Maria Escriva El Camino, créateur de l'Opus Deï.

L’Opus Deï, cette aimable association bien connue pour son ouverture d’esprit désintéressée, sa transparence oeucuménique et son irrépressible sens de l’humour reproche à l’ouvrage de porter atteinte à son honneur et à sa considération en mélant étroitement fiction et réalité.

Ce qui est normalement le principe même de la littérature mais bon...

LES CONSEQUENCES ??? : je cite Reboux :

« Avec ce type d'assignation, c'est la liberté
d'expression et de création littéraire qui est mise en
danger. Cette menace pourrait concerner demain, si
elle faisait jurisprudence, tous les écrivains.
Dans un second lieu, c'est l'existence même d'une
maison d'édition qui est menacée, car si nous pensons
avoir de bonnes chances de gagner notre procès, il
nous faut engager des frais d'avocat pour assurer
convenablement notre défense. Face à une organisation
puissante et argentée, une petite maison d'édition
victime d'une censure économique lutte pour sa survie.

C'est pourquoi nous avons décidé de faire appel à la
solidarité de tous en lançant une souscription
nationale de soutien.Toute personne désireuse de nous aider,
indépendamment de ses convictions politiques et confessionnelles,
peut envoyer un chèque à l'ordre de APRES LA LUNE (CAMINO)
à l'adresse suivante:

Editions Après la Lune
Souscription CAMINO
26 rue Pétrelle
75009 Paris «


Sûr que le bellâtre ému du fond de son lit et dans ses affres romantico-gnangnan gratifiera « Après la lune » d’un cheque tiré de ses substantiels droits d’auteur. Il serait juste et normal que ceux qui gagnent leur vie en la fermant paient au moins pour ceux qui l’ouvrent en grand. Sinon plutôt que d’aller enrichir Hachette-Lagardere (ils n’en ont pas besoin ils vendent des canons) aidez 'Après la lune', eux les canons au moins ils les boivent.

tgb

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16:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

 
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