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11/12/2006

La revanche de Geronimo

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Quand la vigie de la Santa-Maria dans la nuit du 12 octobre 1492 à 2H15 cria ‘terre’ un grand malheur s’abattit sur le monde :

Christophe Colomb découvrait l’Amérique (les Caraïbes surtout)
Et les Indiens, le génocide.

Pas du gagnant – gagnant, à priori

Mais d’abord Colomb ne découvrait rien du tout.
D’abord parce que ce continent était répertorié, cartographié depuis l’Antiquité (géographie de Ptolémée). Ensuite parce qu’au moyen age, pendant que nous pensions encore que la terre était ronde, les Vikings, les Chinois y étaient passés bien avant nous sans en faire un fromage.

Enfin l’Amérique, et on retrouve bien là l’ethnocentrisme nombriliste de l’homme blanc enfariné, existait bien avant Colomb et c’est surtout les Amérindiens et leur culture millénaire qui découvraient Colomb et ses mousquetons.

Ils les sentirent passer.

Le visage pâle, représentant évidemment le nec plus ultra de la civilisation, cette civilisation supérieure aux autres, chère à Berlusconi (il n’y a qu’à voir ses programmes télés pour s’en convaincre) fit connaître à l’indigène et en formation accélérée, la couverture infectée de vérole et de tuberculose, le scalpe, la famine, le génocide culturel, l’esclavagisme, une lente et minutieuse extermination et plus tard, des notions aussi abstraites et sexy que la croissance, l’indice boursier ou le benchmarking. Enfin et pour preuve évidente de notre culture sophistiquée, l’obésité, l’ouvre boîte électrique et la carte Américan express.

Ils apprirent aussi à l’autochtone ignare et nomade ; la sédentarité, la propriété privée, la ruée vers l’or, l’alcoolisme…
A ce peuple collectif et solidaire ; l’individualisme, la compétitivité, l’égoïsme, la spéculation …
Et des sentiments aussi nobles que la cupidité, la vénalité et l’avidité pour bien surexploiter, surconsommer et sur-gaspiller à en épuiser la planète.

Le toujours plus...
Plus de mayonnaise, plus de frittes, plus de coca, plus de ketch up, plus de super super géant, plus de méga menu XXL. Plus de tout et tout de suite.

Le barbare en resta comme deux ronds de cheeseburger et disparut.

Avant l’homme blanc : huit millions d’indiens et 60 millions de bisons.
Apres : quelques milliers d’indiens et 23 bisons (10 000 aujourd’hui)

Depuis que la voix du chamane et le son du tam-tam se sont tus, mon sentiment profond est que l’humanité s’est trompée de civilisation et a choisi l’autodestruction plutôt que l’harmonie.

Sans idéaliser le mythe du bon sauvage (j’ai lu Lévy Strauss, faut pas croire) ou me laisser aller à l’utopie du paradis perdu et sans culpabilité inutile (pas désespérer ce pauvre Bruckner….) je suis convaincu qu’une forme de douce autarcie, de sage autosuffisance et d’écologie sereine s’est perdue en route. Et je suis en manque.

Mais dans ce monde Hollywoodien si subtilement découpé en deux catégories : les bons et les méchants, raisonnons binaire, raisonnons Cow-boys et Indiens.

En France aujourd’hui les Indiens tiennent les murs des cités, s’appellent Mouloud et fument le calumet de la castagne avant de se faire matraquer par les tonfas des cow-boys qui défendent le haut du pavé.
C’est-à-dire nous.
En Irak, les Indiens arabes servent d’ennemi à un peuple de cow-boys ayant un irrépressible besoin de se prouver qu’ils sont des héros.
En Israël, les juifs, après avoir été les Indiens exterminés des nazis se muent en cow-boys enragés des palestiniens.

On peut avoir été indien et devenir cow-boy, simple affaire de pouvoir et de bombes à fragmentation. On est tous finalement le cow-boy de l’un et l’Indien de l’autre.

Mais les véritables Indiens restent d’Amérique et o miracle, Geronimo est de retour.

Non seulement dans le visage cuivré d’Evo Morales et de son pull made in Bolivie mais d’une manière générale, partout en Amérique du sud au nord comme en Oklahoma par exemple.

Les Seminoles, peuple de guerriers insoumis et jamais vaincu ( ils n’ont jamais signé de traité de paix qui ne leur a d’ailleurs jamais été proposé) sortent de leur réserve.
Ce peuple, réduit à quelques centaines d’individus au début du XXe siècle et aujourd’hui fort de 10 000 âmes est en pleine renaissance.

Renaissance, grâce à la manne des 400 casinos disséminés dans 28 états d’Amérique.
Manne plus efficace que toutes les aides sociales et l’assistanat infantilisant.
Efficace car gérée collectivement et redistribuée à la communauté dans des projets sanitaires et éducatifs.

Les Seminoles donc, viennent de racheter la chaîne des ‘Hard Rock Café’ ; 124 établissements de par le monde et pour une fois voilà une OPA qui remplit de joie mon tipi parisien.

Je vous rappelle quand même pour plomber l’ambiance (faudrait pas exagérer) que le prisonnier politique Léonard Peltier, militant du American Indian Movement, accusé du meurtre de deux agents du FBI, clame son innocence dans les geôles Yankee depuis 1977.

Un pow wow en son nom….

tgb


Petit plus : un texte à la fois poétique et prophétique du chef indien Seattle à conseiller d’urgence à Nicolas.
Hulot pas l’autre…




Nous sommes peut-être Frères

Paroles du chef Seattle


Le Grand Chef Blanc, à Washington, nous salue avec de l'amitié et de la bonne volonté. Ceci est gentil de sa part, car nous savons qu'il n'a pas besoin de la nôtre d'amitié.
Il nous fait savoir qu'il veut acheter notre terre et nous laisser une réserve pour y vivre sans encombre.
Cette offre paraît juste et même généreuse, car l'Homme Rouge n'a plus de droits à faire valoir face à l'Homme blanc qui peut venir avec ses fusils.

Mais, comment pouvez vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L'idée nous paraît étrange.
Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le miroitement de l'eau, comment pouvez-vous les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple.
Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d'insecte est sacré dans le souvenir et l'expérience de mon peuple.
La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'Homme Rouge.

Les morts des Hommes Blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu'ils s'en vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l'Homme Rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous.
Les fleurs parfumées sont nos soeurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle, sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l'homme : tous appartiennent à la même famille.

Aussi, lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu'il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous.
Le Grand Chef envoie dire qu'il nous réservera un endroit de façon à ce que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considèrerons, donc, votre offre d'acheter notre terre, mais ce ne sera pas facile.
Car cette terre nous est sacrée.

L'eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n'est pas seulement de l'eau mais le sang de nos ancêtres.

Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler qu'elle est sacrée, et vous devez apprendre à vos enfants qu'elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l'eau claire des lacs parle d'évènements et de souvenirs dans la vie de mon peuple. Le murmure de l'eau est la voix du père de mon père. Les rivières sont nos soeurs : elles étanchent notre soif, portent nos canoës et nourissent nos enfants.

Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler, et enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos soeurs, et les vôtres, et vous devrez alors montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour une soeur.

Nous savons que l'Homme Blanc ne comprend pas nos moeurs.
Pour lui, une parcelle de terre ressemble à la suivante car c'est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas sa soeur, mais son ennemie, et, lorsqu'il l'a conquise, épuisée, il va plus loin. Il abandonne même la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux, et le patrimoine de ses enfants tombent dans l'oubli.

Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre, comme les moutons ou les perles brillantes.
Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu'un désert.

Nos moeurs sont différentes des vôtres.
La vue de vos villes fait mal aux yeux de l'Homme Rouge. Mais peut-être est-ce parce que l'Homme Rouge est un sauvage et ne comprends pas.
Il n'y a pas d'endroit paisible dans les villes de l'Homme Blanc. Nul endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d'un insecte.
Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas ?

Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t'il a vivre si l'homme ne peut entendre le cri solitaire de l'engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d'un étang la nuit ?

Je suis un Homme Rouge et ne comprends pas.
L'Indien préfère le son doux du vent s'élançant comme une flèche à la surface d'un étang, et l'odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon.
L'air est précieux à l'Homme Rouge, car toutes choses partagent le même souffle : la bête, l'arbre, l'homme, tous partagent le même souffle.

L'Homme Blanc ne semble pas remarquer l'air qu'il respire :
comme s'il mettait plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est précieux, qu'il partage son esprit avec tout ce qu'il fait vivre.

Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devrez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l'Homme Blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.

Nous considèrerons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais si nous décidions de l'accepter, j'y mettrais une condition : l'Homme Blanc devra traiter les animaux de cette terre comme ses frères.
Je suis un sauvage et ne connais pas d'autre façon de vivre.
J'ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l'Homme Blanc qui les avait abattus d'un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous tuons, nous, uniquement pour subsister.

Qu'est ce que l'homme sans les bêtes ?
Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l'homme.

Toutes les choses se tiennent.
Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu'ils respectent la terre, dites à vos enfants qu'elle est enrichie par les vies de notre race.
Enseignez à vos enfants ce que nous avons toujours enseigné aux nôtres : que la terre est notre mère. Et que tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous savons au moins ceci : l'homme appartient à la terre.
Cela nous le savons.
Toutes les choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille.
Toutes les choses se tiennent et tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre.
Ce n'est pas l'homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu'il fait à la trame, il le fait à lui-même.
Même l'Homme Blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune.

Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien.
Il y a une chose que nous savons et que l'Homme Blanc découvrira peut-être un jour : c'est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre : mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de l'Homme, et sa pitié est égale pour l'Homme Rouge et le Blanc.
Cette terre lui est précieuse, et nuire à la terre c'est accabler de mépris son créateur.

Les Blancs aussi disparaîtront. Peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus. Mais en mourrant vous brillerez avec éclat, ardents de la force de Dieu qui vous a amenés jusqu'à cette terre et qui, pour quelque dessein particulier, vous a fait dominer cette terre et l'Homme Rouge.

Cette destinée est mystère pour nous, car nous ne comprenons pas.
Quand les bisons seront tous massacrés, les chevaux sauvages
domptés, les coins secrets de la forêt chargés de l'odeur de beaucoup d'hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui parlent.

Alors où seront les fourrés ?
Disparus.
Où sera l'aigle ?
Disparu.

Et cette disparition marquera la fin de la vie et le début de la survivance.

09:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

06/12/2006

Libertador

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Hugo Chavez, le Simon Bolivar Vénézuélien vient d’être plébiscité par 61 pour cents des électeurs.

Ça casse l'ambiance dans le paf socio-démocrate et bon teint de notre hexagone juste pensant.

En effet 'Libération' (qui avait sorti l'intox : Chavez ‘antisémite’) et 'Le Monde' vont devoir ramer sévère pour nous expliquer comment un "dictateur populiste" peut être élu démocratiquement et triomphalement contre la quasi-totalité des médias privés de son pays. (mais rassurez vous, ils ont des idées)

Quand même, qu'est ce que c'est que ces électeurs Vénézuéliens qui préfèrent aux joies du LIBRE marché et de la sublime compétitivité des choses aussi futiles que l'éducation ou la santé ?

Et pendant qu'on y est pourquoi ces autochtones attardés ne nationaliseraient-ils pas les terres en friche des grandes Latifundiaires ou même les matières premières du pays - eau - gaz - pétrole…- si généreusement exploitées par des multinationales étrangères extrêmement compétentes ?

Faudrait voir à ce que ça ne donne pas des idées à l'Afrique par exemple. S'accaparer ses propres ressources…quelle faute de goût !!!

Ces indigènes-là sont-ils vraiment mûrs pour la démocratie ?

Déjà que le peuple Français a voté non à une géniale constitution Giscardienne malgré les éclairages affectueusement matraqués de l'intelligentsia française…Y'a des jours, je vous jure, faudrait dissoudre ces peuples un peu cons qui préfèrent défendre leurs intérêts plutôt que ceux des classes privilégiées clairvoyantes.

En plus croyez vous que Chavez s'excuserait auprès du gouvernement Bush d'avoir fait échouer le coup d'état des patrons et de la CIA en 2003 ?

Même pas. Ce sale provocateur au contraire, ose retourner le compliment de 'Diable' à Bush en pleine séance de l'ONU et recevoir officiellement les diabolisés Loukachenko et Ahmadinejad, ce qui est fort peu diplomatique et un signe évident de mauvais esprit.

Si on ne respecte plus le patron….

Alors que Fidel Castro enfin, bouffe son dernier Havane par les deux bouts à Cuba (là où est implanté un certain Guantanamo) voilà t'y pas qu'une autre grande gueule se met à hurler du haut de son balcon de Miraflores dans le mégaphone révolutionnaire empêchant (et c'est une honte) les gens du CAC 40 de s'écouter compter leurs bénéfices.

Triste constat : l'Amérique du sud est à Gauche. Dangereusement émancipée de la tutelle paternelle et conviviale de son patron US. Un pur scandale.

Heureusement dans cette gauche alternative, il reste quelques présidents fréquentables et bien élevés, ceux qui ne mettent pas les pieds sur la table du cocktail dînatoire libéral par exemple…

Michelle Bachelet au Chili
Ignacio de Lula au Brésil
Tabare Vasquez en Uruguay
Nestor Kirchner en Argentine (et encore… bien un peu populiste celui-là)…

Et puis les autres, les infréquentables…ceux qui refoulent un peu du populo...

Rafael Correa en Equateur
Evo Morales en Bolivie
Daniel Ortega le sandiniste échaudé au Nicaragua
et le camarade Chavez au Venezuela.

Une chance, la Colombie cocaïnée de Uribe et le Mexique (avec ses élections un poil frauduleuses) ont échappé à cette sale engeance.

Certes il y a bien du côté de la ville d'OAXACA, une vague rébellion populaire contre la corruption du gouvernement et au Chiapas quelques Zapatistes folklos et un sous commandant Marcos pittoresque mais bon… l'essentiel est sauf :

L'Alena (accord de libre-échange entre USA Canada et Mexique)

Il est quand même consternant de constater que L'Amérique Bushienne, prise par ses laborieux travaux démocratiques et libérateurs en Irak ait oublié de fomenter quelques 'golpe de estado' dans son arrière-cour.

Si les meilleures traditions se perdent…

Manquerait plus que la patrie de Coca-Cola se voit soufflée le monopole tragique du 11 septembre au profit de l'autre 11- O9 - celui de1973 :

Le coup d'état du Chili.

En cette triste semaine où Pinochet se meurt et où Chavez est encore vivant est-il bien raisonnable de sabler le champagne ?

Que viva Guevara….

tgb

09:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

01/12/2006

MOMO Palestine

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Si Voltaire savait qu'aujourd'hui à Genève on ne peut plus mettre en scène son ’ Mahomet’ sans subir les menaces de certains cercles intégristes…
Si Mozart savait qu'on se tâte sérieusement avant de jouer à Berlin son ‘Idoménéo’ par peur d'offenser les musulmans….
Si Nabokov et sa Lolita savaient que l'art est mis en examen au CAPC de Bordeaux pour (pseudo) pédo-pornographie…
Si Jonathan Swift et sa " Modeste proposition sur les enfants pauvres d'Irlande" (1729) où il se propose de cuisiner les bébés pour leur éviter la misère, savait qu’Hans Bellmer a dû amputer de dix dessins son exposition à la Whitechapel Art gallery à Londres pour ne pas choquer les ligues anti-pédophiles…

Ils seraient sur le cul.

Et pas sur celui de ce triste crétin Michael Youn indigne représentant de l'humour industriel avec code barre et plume dans le…qui feint de croire que la provoc consiste à mettre son cul sur la commode. Si la vulgarité dérangeait à la télé ça se saurait.

Et pendant que l'infantilisation scabreuse et obscène s'expose sur nos petits écrans, la pudibonderie faux cul, elle, s'attaque à ce qui dérange et transgresse vraiment (et c'est même fait pour ça) :

La création.

Tandis que Mickey se farcit Darwin
Que les mythes et légendes se goinfrent les vérités scientifiques,
Copernic, Galilée et Platon en sa caverne, s'hallucinent grave de retrouver sur une terre bientôt aussi plate que l'encéphalogramme plat des obscurantistes et des mauvais coucheurs, les deux mamelles de l'imbécillité :

La censure et l'autocensure.

On avance.

Ligues de vertu, intégristes de tous poils, petits fachos en herbe, lobbies communautaires, parents d'élèves incultes, partout les faiseurs d'ombre éteignent les lumières et font péter les disjoncteurs.

Rassurez vous de l'ombre, y’en a pour tout le monde :

Pour la maison Girbaud, traînée devant les tribunaux par les évêques catholiques, rapport à leur détournement de Cène trop féminisé à leur goût
Pour Fernando Botero ne trouvant aucun musée à New York pour exposer ces toiles inspirées des tortures D'Abou Ghraïb
Pour la galerie Niçoise Helenbeck sommée, pour attentat à la pudeur, par la maréchaussée, de décrocher de leur vitrine une toile pastichant 'l'origine du monde' de Courbet. (Pas Julien, Gustave).
Pour cette institutrice américaine attaquée par des parents d'élèves décérébrés par Fox News pour avoir osé emmener des enfants à une exposition de nus de Rodin
Pour ces enseignants et artistes Algériens, Thaïlandais égorgés à la chaîne au nom d'Allah le miséricordieux.

Etc….

Nous sommes par retour de matraque en pleine régression intellectuelle et culturelle. Et ça me fait flipper.

Partout l'art, la culture et la connaissance reculent, au profit de l'ignorance crasse et de la médiocrité autorisée.

Le très estimable Philippe Noiret parti rejoindre Marco Ferreri au paradis des empêcheurs de filmer en rond, confiait encore récemment lors d'une interview que réaliser aujourd’hui’la grande bouffe' serait tout simplement impossible.

Pourtant il faut le dire et le hurler :
Oui, on peut rire de tout et surtout des puissants et surtout de ce qui fâche
Oui, il faut exorciser nos peurs nos angoisses nos fantasmes
Oui, il y a un droit et un devoir au blasphème
Non, il n'y a pas de tabous dans la création
Non, le comique troupier sous cellophane n'est pas drôle.

Quand Sarkozy fait pression sur Publicis pour empêcher la campagne de pub de Télérama plutôt marrante et pas bien méchante :

- Sarkozy devrait faire attention, voilà trois fois qu'il invite Michel Drucker à son émission ' vivement dimanche' -

Il nous révèle un manque d'humour sur lui-même assez navrant et un échantillon de ce qui nous attend s'il prend le pouvoir.

Cela dit, l'interdit est le piment de l'expression. Il donne un sens à la création et l'art contemporain aujourd'hui, pataugeant dans un pur nihilisme déconcerté, pourrait y retrouver une âme.

Si la liberté naît des contraintes, alors comme le disait Sartre (qui s'était planqué à la campagne) - on n'a jamais été aussi libre que sous l'occupation -

Certes en Pologne au temps du Soviétisme aigu, un texte contestataire prenait de la valeur et se passait en Samizdat. Aujourd'hui que tous les livres sont en librairie, on préfère s'empiffrer aux rayons des Hypermarchés. C'est un choix.

C'est même à se demander si une furieuse envie de démocratie n'est pas liée plus à une frustration de frénésie consumériste qu'à un besoin inextinguible d'exprimer des idées (quand on voit le taux de participation dérisoire aux élections polonaises…)

Certes quand Vaclav Havel, croupissant dans les geôles Tchèques, devient un symbole de la résistance au totalitarisme, il a une autre gueule que celle de ce vieux bourgeois léchant les pompes de Bush et de Glucksman (c'est dire sa dégénérescence aggravée)

Mais quand même, à l'heure des caricatures de Mahomet et du soufflé Redeker autant préserver notre espace d'expression tant qu'il en est encore temps.

Oui, le piètre philosophe Redeker a le droit (et ça a l'air de lui tenir à cœur) d'aller à Paris Plage en string. Il n'est évidemment pas de la pointure d'un Salman Rushdie ou de l’admirable Anna Politovskaïa, mais même un obscur islamophobe à l'érudition approximative, jouissant enfin de son quart d'heure de célébrité mondiale (il va sortir un bouquin c’te blague) a le droit, tout comme Dieudonné d'ailleurs, de dire des conneries à table, sans qu'un abruti arriéré lui colle une fatwa sur le râble.

En revanche ce qui serait assez fair-play, c'est que son comité de soutien, le fan-club des inénarrables pétitionnaires borgnes et atlantistes se mobilisent aussi pour lutter contre toutes les formes de censure y compris celles de leur propre famille (ainsi que ce cher Philippe Val ayant réussi la prouesse de faire de Charlie Hebdo une revue pour néo-conservateurs attardés).

Car les fatwa, les lynchages médiatiques et autres autodafés rampants ne sont l'apanage de personne et sont visiblement à disposition de tous.

‘MOMO PALESTINE’ livre pour enfant de Robert Gaillot, Kheïra et Chérif Boudelal, publié en 2002 aux éditions Grandir, décrivant la vie d'un petit Palestinien pendant l'intifada, vient de se voir retiré de la Bibliothèque de Vence sous la pression de divers lobbies sionistes.

Ce livre avait pourtant obtenu toutes les autorisations d'usage pour figurer dans les rayons de nos bibliothèques françaises… bref,

Outre que cela n'a pas l'air d'émouvoir nos penseurs hémiplégiques et pétitionnaires de la main droite, ça n'a pas l'air d'émouvoir non plus le Landerneau médiatique (mais l'un explique sûrement l'autre).

En tout cas vous pouvez (comme moi et comme l’Association des Bibliothécaires de France (ABF) ) toujours écrire à monsieur le maire de Vence, le couard Pierre Marchou (ump)

pierremarchou@ville-vence.fr

pour le remercier de vous avoir fait connaître cet excellent ouvrage ‘MOMO PALESTINE’ que je m'empresse de commander et de vous recommander…


tgb


Dans le feuilleton - lapsus de la semaine – on retrouve le confus et dorénavant habitué Sarko à l’inconscient bien tourmenté :

- Il y a des hommes et des femmes qui sont victimes de discrimination et je ne LES accepte(nt) pas-

Et le nouveau venu et prometteur François Hollande :

-…si l'on veut battre la gauche…-

si c'est lui qui le dit….

18:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

27/11/2006

malhonnête ou incompétent ?

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- Il y a pire que le bourreau c’est son valet - Mirabeau

Ainsi donc c’est Ségo !
Qui l’eut cru ?
60/100 des militants socialistes et pas Alain Duhamel.

Pas Alain Duhamel, au point que dans son énième et sempiternel ouvrage à colorier sur les candidats à l’élection suprême (son marronnier) il fait le portrait de quinze présidentiables dont Christine Boutin et omet carrément celui de Ségolène Royal.
Acte manqué, autocensure ou mépris ???
En tout cas cet expert au nez creux a le flair morveux.

30 ans que ce type fait partie des meubles médiatiques. Trente ans que ce chroniqueur multimédia, omniprésent et proclamé spécialiste en mœurs politiques se vautre.

Trente ans que cet éditorialiste mièvre nous explique qu’il faut renouveler la classe politique sans se demander lui-même ce qu’il fout là à prendre racine, à taper l’incruste (et, à côté de la plaque) depuis la préhistoire, c’est-à-dire le Giscardisme.

Il n’est pas le seul.

Lors de l’affaire EADS et de la vente scandaleuse et obscène des actions de Noël Forgeard, soupçonné aujourd’hui de délit d’initiés, Arnaud Lagardère, l’héritier militaro-industriel embarqué dans la même carambouille nous expliquait à peine honteux qu’il préférait être jugé incompétent plutôt que malhonnête.

Et si tous ces soi-disant experts étaient un peu les deux ?

Un peu les deux Antoine Sfeir, apparemment et définitivement le seul et unique expert disponible et cachetonneur de ce pays fantasmé qu’on appelle la Musulmanie et qui déclarait sans rire lors de l’émission ‘C. Dans l’air’ que les USA étaient en train de gagner la guerre d’Irak.

Vu la pertinence de l’analyse on ne sera pas surpris de l’entendre faire l’éloge de la famille Gemayel suite à l’assassinat tragique de Pierre en oubliant de préciser que tonton Bechir, le chef à l’époque des phalangistes Libanais et avec la complicité de l’honorable et momifié Ariel Sharon, avait planifié le massacre de Sabra et Chatila (sept 82) qui fit entre 800 et 1500 morts palestiniens, femmes et enfants compris. Il n’eut d’ailleurs pas le loisir d’en jouir puisqu’il explosa la veille dans son QG.

Tout cela n’excuse certes pas l’assassinat du neveu Pierre, mais ne justifie pas non plus de sanctifier ou d’héroïser le clan Gemayel.
Mais Sfeir devenu la caution arabe (chrétienne quand même faut pas exagérer) des pétitionnaires islamophobes s’en carre.
Il a trouvé un métier. Musulmaniste incompétent (ou tendancieux).

Un peu des deux aussi Alain Frachon, Editorialiste du MONDE 2 (le retour) qui l’air grave nous alarme de la dictature naissante del senor Chavez devenant président à vie, alors que celui-ci ne fait que proposer un referendum pour changer la constitution vénézuélienne en permettant de ne plus limiter le nombre des mandats présidentiels. Comme en France, donc.

Nico ou Pimprenelle pourraient être théoriquement élus douze fois de suite, ce qui ne ferait pas d’eux des tyrans en puissance, il me semble.(enfin Nico si quand même)

Pour ce cher Frachon, ce changement constitutionnel est un coup d’état. C’est le traitement de faveur particulier réservé par les médias français à notre ami Hugo, le très méchant castriste.

Malhonnêteté ou incompétence ? Un peu des deux comme pour l’insoupçonnable économiste catho Michel Camdessus, passé de la présidence du FMI à l’Opus Deï, au Vatican et qui en plus de conseiller l’église en ses placements fort spirituels fait des rapports économiques à Monsieur Nicolas S. en tant que spécialiste du développement capitalistique.

Bonne pioche !

Rappelons que son ultra-compétence a mis en banqueroute l’Argentine (entre autres) il y a quelques années et que depuis que les Argentins ont choisi de faire a peu prés le contraire de ce que ce cador libéral préconisait, ils commencent à sortir leur pays du marasme.

Enfin et pour en finir avec la malhonnêteté ou l’incompétence réjouissons nous du fait qu’un certain ministre de l’intérieur hyper pointu en matière de sécurité vient d’être désavoué par ses employés lors des dernières élections syndicales de la police.

Si même les flics ne votent pas Sarko….

Je ne sais pas vous, mais moi qui suis évalué quand je travaille et qui en tant que vacataire me trouve sur un siège éjectable à chaque mission, y’a longtemps que je pointerais à chomdu avec ce genre d’état de service…

Or tous ces experts, et bien d’autres, (cette liste est loin d’être exhaustive) fort de leurs brillants CV semblent inamovibles, voire récompensés pour leur glorieuse et consciencieuse incompétence.

Mais si la clef de tout ça n’était pas bizarrement que leur incompétence et je ne parle même pas de leur malhonnêteté (au moins intellectuelle) étaient leur première et seule vertu.

Car l’incompétence servile n’a que des avantages pour le pouvoir.

Elle ne dérange personne
Elle occupe le terrain
Elle repasse les plats
Elle va à la gamelle
Elle fait là où on lui dit de faire…

Et si Ségolène avait capté par intuition divine que dans cet univers d’imposture elle avait toutes ses chances…

Et si c’était justement ça que l’incompétent Duhamel ne lui pardonnait pas…


tgb

13:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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