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23/03/2015

L'article automatique

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Comme le fait remarquer l’ami Jacques Rosselin sur twitter, c’est historique :

Voilà le tout nouveau, tout beau premier article d’un journal de référence oligarque atlantiste, rédigé par un robot et sans les mains (écrit en collaboration avec Data2Content, une marque de la société Syllabs).

Il est vrai que se taper tous les résultats des bleds des cantons des départements de la France moisie Vallsienne et les rédiger avec les pieds à la sueur du pigiste précaire qui s’en carre, ça pouvait être  fastidieux, surtout en ces temps de réduction des coûts et de la matière grise.

Donc tu rentres les données, t’appuies sur envoi, ça fait sa tambouille et t’as un truc du genre Aphatie, ses conneries en moins.

Tu me diras qu’on gagne en objectivité, en factuel. Oui, Sauf que ça dépend de ce que tu mets dans le bouzin, du logiciel et du bourrage de la banque de données, selon que t' as une vision de la patrie visionnaire avec tranche de jambon à la cantine ou pas.

Mais pour un premier essai, c’est pas mal, au moins tu t’épargnes les éditocraties des petits kapos cintrés de l’info, leurs interprétations niaiseuses, leurs fulgurances formatées vu qu’eux-mêmes sont aussi feignants que programmés, n’utilisant au quotidien que 5 occurrences environ :

- Compétitivité – Allemagne – Austérité – Réforme – Moderne

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Ainsi donc à ce jeu passionnant du « passons du démocrate libéral pro empire au républicain libéral pro Otan avant de repasser au démocrate libéral pro empire et de se fâcher tout rouge en votant pour le républicain libéral pro otan », autant laisser les machines sans états d’âme en synthétiser les comptes rendus.

Ça change pas grand chose.

Si seulement ça permettait de virer les membres de la chorale de l' ordre mondial assisté à trente mille boules par mois qui nous exhortent à travailler plus pour moins mais j’ai des doutes. C’est plus probablement l’obscur stagiaire à que dalle de l’heure qui risque d’y laisser sa plume intermittente.

Faut dire que chez ces gens-là, question économies on touche un peu sa bille, comme par exemple à Radio France où le jeune éphèbe qui n’en veut a le sens du sacrifice partagé. A toi le licenciement à moi les dorures restaurées, tandis que je m’accroche au pinceau et que telle chroniqueuse trempe sa solidarité dans son nombril plutôt que dans celui des autres.

Mais, vu sous cet angle, on pourrait pousser la technologie un chouïa plus loin et présenter comme candidats aux élections dont la moitié des électeurs se fout, de véritables robots. Constatant la disparition du politique pour la cuisine politicienne, on gagnerait à confier la gestion comptable et la rationalisation du citoyen par des machines.

Cela nous éviterait de subir carriérisme, clientélisme, conflits d’intérêts et autre étalage d’égos et de pathos.

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Et comme en absence de tout lendemain qui chante en ce printemps sans cerises, mais bon même la désespérance finira bien par se lasser, et devant mon manque d’enthousiasme à traiter cette actu qui me procure une puissante allergie, je vais moi-même me pencher sur la question du logiciel à écrire automatiquement mes notes.

Quelques concepts lexicologiques de base :

- Cravate – lanterne – pendre – banquier – insurrection

Je dégage toute responsabilité quant à la rédaction.

tgb

15:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

17/03/2015

Un temps de suspension...

B33lAcUCIAEipeh.jpgAffr’euses affr’eux,

vous aurez noté, ici même, comme un temps de suspension…

J’en ai besoin !

Occupé, préoccupé, un peu accablé aussi par une triste nouvelle...

j’ai besoin de reprendre ma respiration.

Quelques jours encore

Et je reviens

avec le printemps

tgb

19:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

25/02/2015

Efkharisto !

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Je ne sais si le gouvernement grec a capitulé, gagné astucieusement du temps ou résiste encore et toujours à l’envahisseur. Je ne sais si, comme veulent nous le faire gober les medias mainstream avec cette jubilation soulagée de ceux tellement vendus aux puissants qu’ils prennent en affront personnel de voir en gros plan leur propre servilité ou leur lâcheté tandis qu’ailleurs à mains nues on lutte encore à échapper à l’ordre établi, Tsipras a déposé les armes.

Ce que je sais, c’est que je ne donnais pas cher de leur peau, seuls face au rouleau compresseur de l’argent, à se fracasser contre le sordide et que durant un mois Tsipras, Varoufakis… auront si bien mené la danse et se seront si admirablement battus dos au mur, jusqu’à faire souffler un vent de panique dans les institutions établies et dans les atermoiements inquiets des petits kapos zélés à hurler en meute, que c’est déjà une victoire.

S’ils se résignent et le sort est loin d’être jeté, ils ne l’auront pas fait sans se battre. Et c’est inestimable.

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Oui, ce que je sais, c’est que l’audace de résister aux injonctions de Bruxelles ne pouvait qu’être insupportable à tous ceux qui, sans même combattre, ont capitulé à peine élus. Et que quoi qu’il arrive, rien que d’avoir essayé, l’honneur est sauf et la Grèce a retrouvé sa dignité et son honneur.

Dans ce monde vautré où la reptation en forme d’allégeance est devenue un passeport pour la carrière, simplement d’avoir osé est un encouragement au possible. Car ce qui se joue avec la Grèce n’est pas seulement le dogme de l’austérité, du nouvel ordre mondial et de la suprématie de la technocratie sur la démocratie, mais aussi et surtout la peur du « mauvais exemple » et de la contagion de l’espérance.

Or, on ne doit rien espérer.

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Non, je ne sais si dans ce rapport de force, comme le titre Médiapart, entre un article anti Maduro et la pitoyable chronique du fils de son père, le néojeunecon Glucksman « l'Allemagne fait plier la Grèce, première capitulation ... ». Ce que je sais, c’est que Médiapart file étrangement du mauvais coton à l’international et que chopper une rallonge de 4 mois en cédant à minima n’est pas une reddition, quitte à faire grincer les valets de pisse de la propagande Tina.

Quand Mélenchon dans son programme annonçait qu’une fois élu, fort de la France, il ferait gronder sa voix et taperait du poing sur la table pour renverser le rapport de force, franchement je trouvais l’argument bien faiblard pour lutter contre à peu près le reste du monde et son mur de pognon.

J’avais tort.

Car si Tsipras et les siens avec ce merveilleux mais si petit pays, si peu d’armes et si peu d’amis, est arrivé un tant soit peu à tenir la dragée haute, même quelques semaines à la toute puissance européenne et à faire, même un instant, changer la peur de camp, alors que dire de la France, 5 ou 6eme puissance mondiale, forte de son droit de veto à l’ONU, de son armée et de sa frappe nucléaire, sans compter ce qu’elle symbolise encore, même au rabais, en termes de valeurs universelles aux yeux du monde.

C’est donc jouable plus que jouable.

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En ce sens la Grèce, quelle que soit l’issue du combat, a ouvert une brèche essentielle. Et c’est pourquoi on ne peut être qu’impitoyable avec Hollandremou qui aura échoué sans même avoir tenté. Qui n’aura rien osé, rien risqué et aura mis tout son conformisme résigné à bien faire ses devoirs et à recevoir les félicitations du jury Merkel:

- Persévérez mon petit François, satisfaisant mais peut mieux faire…

- Merci maîtresse !

Dans le peu à se mettre sous la dent alternative : efkharisto ! Merci aux grecs de nous avoir montré qu’avec des convictions, un peu de ruse et le sentiment de n’avoir rien à perdre et donc tout à gagner, David contre Goliath avait sa chance.

"Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu." (Brecht)

Tsipras est là, Hollandréou t’es où ?

tgb

14:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

19/02/2015

Payer plus pour travailler plus

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 "Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade..."(Krishnamurti)

N’empêche, cette société libérale avancée, à peu près aussi moderne que Valls ou Macron, ces rétropédaleurs poudrés qui nous font du Thatcher/Reagan trente ans après, au-delà de ses dévastations, nous aura bien fait marrer.

C’est déjà ça.

Parce que quand on en vient à supprimer des automates pour défaut de productivité, on touche quasi au sublime.

De quoi de quoi, cette machine qui ne fait jamais grève, qui n’est jamais malade, (mais toujours en panne) qui travaille jour et nuit sept jours sur sept, même s’il faut bien reconnaître qu’elle n’en fout pas lourd le dimanche, qui ne se plaint jamais, ne serait pas, par un surcoût de maintenance, un bon retour sur investissement ?

Serait-ce à dire qu’un humain, par exemple un de ces chômeurs, qui n’attendrait pas tout de l’autre et prêt à se battre pour devenir milliardaire, serait plus avantageux ?

L’heure de la revanche de l’homme sur la machine aurait-elle enfin sonnée ?

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Dans le monde idéal de Maître Gattaz, un stagiaire, précaire à vie, tremblant à l’idée d’être jeté sine die sans autre préavis, promis à un brillant avenir de SDF, soumis, docile, non syndiqué, payé 1 euro de l’heure - et encore ne vivrait-il pas au-dessus de ses moyens ? - pourrait certes faire l’affaire.

Un esclave, mieux qu’un esclave puisque ni nourri, ni soigné, ni logé, capable d’initiative, et comble du luxe, que l’on pourrait, contrairement aux machines, humilier, terroriser, abrutir, avec un certain mépris de classe, deviendrait en effet plus rentable que le robot.

Sans compter que question main au cul c’est quand même plus sympa.

Car dans le monde optimisé du profit, de la joyeuse compétitivité et de la rationalisation, dans le cauchemar climatisé du Dieu chiffre et des stats alignées, on gagnerait à privilégier la chair formatée sur la tôle programmée.

D’autant qu’un homme méthodiquement exploité dont on se débarrasserait à la décharge dès lors qu’il serait usé, estropié, casse couilles, polluerait nettement moins et serait d’un bien meilleur ratio question autodestruction.

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Aussi redeviendrait-il envisageable de supprimer, escalators et ascenseurs pour y substituer des porteurs, les pompes automatiques au profit de pompistes, les distributeurs automatiques pour les remplacer tenez vous bien par des guichetiers obligatoirement aimables quoique faméliques.

Tandis que dans cette perspective harmonieuse de l’humain réifié mais souriant, les machines vivraient enfin une retraite méritoire.

Oui dans ce monde merveilleux de la calculatrice où l’on aura mis la fin au service des moyens, quelques milliardaires vivront comblés, bien qu’en apesanteur, faute de planète pour y poser les pieds.

Sauf que le capitalisme est plus tordu que ça.

Ni esclave, ni machine, non non, puisqu’au final c’est le consommateur lui même qui fait le travail. C’est lui qui cherche,trouve imprime son billet, lui qui passe ses achats à la caisse, lui qui remplit son réservoir de bagnole et comble de l’ironie, non seulement sans être rémunéré mais en payant pour ça.

Sorte de monde renversé. Comme lorsque vous essayez de réparer les conneries de votre opérateur et qui par une ligne surtaxée en tire encore bénéfice.

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Oui dans cette subtile société productiviste, inutile de s’exploiter les uns les autres puisque chacun s’exploite lui-même.

Payer plus pour travailler plus : l’accomplissement rêvé du capitalisme.

Quand même mieux que les machines non ?

tgb

19:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

 
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