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16/12/2014

Les Bidochon se macronisent

 

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- Raymonde ? `

- oui mon Robert…

- dorénavant maintenant on ira faire les courses le dimanche

- le dimanche ? et pourquoi plus le samedi ?

- parce que c’est pas moderne ! faut dire que toi Raymonde t’es pas moderne

- parce que c’est moderne d’aller à SALOPRIX le dimanche ?

- t’as pas vu les sondages Raymonde ? si tu vas pas faire les courses le dimanche, t’es pas moderne

- et mon poulet du dimanche je le ferai quand alors ?

- ben tu le feras le samedi ! ce sera toujours le poulet du dimanche mais le samedi

- C’est complètement con !

- Non c’est moderne !

- Ça sert à quoi ?

- Ça sert à relancer la croissance de la France Raymonde parce que sinon 0N pourrait aller faire nos courses à Lonnnnnnndres

- Parce qu’on va souvent faire nos courses à Londres le dimanche ?

- Non mais on pourrait ! y’a un risque !

- un risque… ??…le risque d’aller t’acheter un nouveau béret maidine chinois à Londres ?

- mais c’est le jeune Macron qu’est pas la moitié d’un con qui l’a dit et pis aut’ chose encore…

- autre chose de moderne ?

- parfaitement, maintenant dorénavant on ira faire nos courses en autocar

- Et la voiture alors,… c’est quand même plus pratique…

- C’est plus pratique mais c’est PAS moderne et toi Raymonde t’es vraiment pas moderne

- Je vois pas en quoi aller chez SALOPRIX en autocar le dimanche c’est moderne

- C’est le jeune hyper moderne Macron qui l’a dit, si tu vas pas faire tes courses le dimanche en autocar … t’es ar-cha-ï-que…

- Alors je vois pas pourquoi on a acheté une voiture si c’est pour la laisser dans le garage le dimanche, déjà qu’on la sort pas de la semaine…

- Mais parce que c’est moderne, tu voudrais quand même pas qu’on soit hasbine ?

- Et en quoi ne pas utiliser la voiture le dimanche va relancer la croissance de la France ?

- Ah ah ah… moi qui suis moderne contrairement à toi qui l’es pas, j’y ai réfléchi…

- Ah ouais ? et donc ?

- Et donc on l’a fera tourner DANS le garage pendant qu’on ira faire nos courses en autocar le dimanche, d’autant que le pétrole y baisse…

- Ben je vois pas l’intérêt…

- C’est normal ma pauvre Raymonde, contrairement à moi, t’es pas moderne !

tgb

23:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

08/12/2014

Evaluation, piège à con

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En Grande Bretagne des professeurs payés au mérite.

En tant que formateur, façon triviale, ou consultant, façon distinguée, cela fait plus de 20 ans qu’à chaque intervention, je suis évalué par mes stagiaires ou mes étudiants. ça se matérialise sous forme de notes, sur 5, 10, ou 20, avec des + des – ou des =, selon les raffinements d’usage, sans omettre les commentaires plus ou moins pertinents.

A chaud, à froid.

Depuis le temps, ces fiches d’évaluation, si je ne les bazardais pas au fur et à mesure, pourraient largement tapisser le loft que je n’ai pas, bien qu’elles soient de plus en plus informatisées et virtuelles aujourd’hui et donc verrouillées.

Ça paraît évidemment plein de bon sens d’évaluer l’intervenant, de valider son savoir faire, d’estimer son travail, sauf qu’il n’y a rien de plus pervers en fait et de plus contre-productif au final.

Ainsi, depuis plus de 20 ans toute ma pédagogie est biaisée par ce seul objectif : ramener de bonnes évaluations et donc conserver mon job et mon salaire. Ce qui n’empêche pas d’ailleurs, le jour ou « les acheteurs » ces arriérés mentaux qui considèrent qu’il est plus rentable de mettre 12 participants là où on en mettait 8 se mêlent de l’affaire, de dégager du jeu des appels d’offre au nom du moins disant, du moins coûtant, dans cet esprit si fin de compétitivité ambiante.

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Le fait d’être évalué systématiquement induit nécessairement la séduction, la flatterie, une obligation de popularité qui n’a en fait rien à voir avec la compétence ou l’art d’enseigner ; la prime allant à l’intervenant cool et sympa, plutôt qu’au prof savant et didactique. Bref, l’objectif de la bonne évaluation se substituant totalement à la pédagogie.

C’est un peu comme ces candidats aux élections à la présence indiscutable, au charme et charisme avérés, visiblement doués pour la comm et la démagogie, qui, en définitive, font de piètres gouvernants, fonction pour laquelle ils n’ont pas le moindre talent.

Ainsi donc, la culture du résultat ou du chiffre dont on nous rabat les oreilles comme panacée universelle de l’efficacité et de la performance est une monumentale connerie.

Une connerie parce qu’elle traduit tout dans une vision comptable, comme si les effets d’une pédagogie active notamment en « développement personnel » devait être forcément quantifiée. J’ai vu un responsable de formation dont c’était le boulot, faire des stats sur 1 stage de 3 participants tout à sa vision « reporting » et son goût immodéré du « benchmark ».

Une connerie parce qu’elle pousse indubitablement à la triche, au trucage, au maquillage, à la pression psychologique sur les apprenants, à une forme de manipulation, à tout un jeu d’influence empirique afin « d’acheter » le résultat ou de le rectifier.

Une connerie parce qu’elle dévoie fondamentalement le rapport de confiance, la déontologie, et cette conscience professionnelle dont font preuve la plupart des enseignants considérant la transmission de savoir comme un acte fondateur et admirable. Se mettre dans une obligation de résultats, c’est nier précisément toute l’alchimie de l’enseignement et toute la subtilité de la maïeutique. La déception étant une composante vitale de la pédagogie.

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Sauf que ce boulot passionnant est suffisamment éprouvant, à la merci du premier pervers narcissique venu pour ne pas avoir la tentation de neutraliser tout impondérable. Oui ce job est suffisamment cruel, parfois destructeur, pour ne pas tendre à vouloir tout contrôler et imposer. Inutile donc de nous y encourager.

Ce que l’on dit chez les parapentistes, pas de bons pilotes, que de vieux pilotes, on peut le dire aussi de tout enseignant tant la discipline est féroce : pas de bons profs que de vieux profs : ceux qui n’ont pas pétés les plombs.

Ainsi donc, dans cette politique à court terme du tout quantitatif et selon quelques brillants abrutis qui n’ont jamais enseigné de leur vie, pourrions nous payer les profs au mérite.

Mais de quel mérite parlons nous ? et selon quels critères ?

Un travail d’émancipation de l’élève, lui donnant l’esprit critique, les conditions pour apprendre à apprendre, en développant sa curiosité, des structures mentales pour appréhender le monde et le mettre en perspective, les bases d’une culture générale pour un jour penser avec sa tête plutôt qu’avec celle des autres ou au contraire pour en faire une bête à concours, pour bien le calibrer à la norme Gattaz, taillable et corvéable à merci, dans la doxa d’entreprise et la soumission à l’ordre dominant ?

Une tête bien pleine quantifiable ou une tête bien faite difficilement mesurable ?

Un esprit sain dans un corps sain ou dans un corset ?

Car il n’existe aucun critère objectif, tout critère participant forcément à une forme idéologique, productiviste ou humaniste, libératrice ou aliénante. Cadrer les cadres, maîtriser la maîtrise, requinquer les quinquas…

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Là où l’enseignement ne demande que bienveillance, doublée d’exigence, quitte à déranger, bousculer, pousser dans l’inconfort, n’y exercer au final ses talents que pour plaire et complaire est l’assurance de l’anti pédagogie formatée sur mesure.

Le seul mérite pour un enseignant est de faire le pari de l’intelligence de l’élève et de le gagner, pas de l’avoir satisfait façon branlette.

Fort de ce principe, je ne me commets jamais au grand jamais dans quelque évaluation que ce soit. rapport à quelque service bien ou mal rendu. J’en connais trop les effets pervers et la duplicité.

J’en connais trop les limites et l’arnaque.

tgb

12:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

01/12/2014

Du pareil au même et inversement

 

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Zélectrices, Zélecteurs réjouissez vous, lors du prochain simulacre démocratique 2017, vous aurez donc à choisir entre pareil et même avec au rang des figurants quelque escroc bonimenteur sur le retour de chez Goldman Sachs ou quelque pédaleur de pédalo développé couché çi-gissant aujourd’hui à 13%.

Bref, si c’est pas Bismuth ce sera donc son frère et si c’est pas Pays Bas ce sera son neveu hispano-suisse, avec le délicieux chantage au votutile, à la coalition supranationale sauveuse de patrie et au front républicain qui ne marche que dans un sens pour échapper au pire au chaos à la grosse Bertha catastrophe, Jean-Marine Lepen, précieuse sur ce coup en grande méchante louve à faire rentrer dans le rang.

Et quand on en est à se dire qu’à la limite du final du moins pire du pire vaudrait encore mieux que ce soit Juppé maillot jaune sur la ligne d’arrivée, on perçoit bien l’ampleur des dégâts et la haute ambition de nos espérances parfaitement solubles dans notre sombre désarroi.

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La machine à élire en rond est donc comme toujours admirablement en place et vu la déliquescence de par chez nous où l’on s’empoigne et se déchire pour une performance (heureusement bientôt plus besoin de brûler les théâtres ils auront tous été fermés par décret d’austérité) on n’est pas près de lui voiler la roue ou de lui changer l’angle.

Rassurons nous donc, que ce soit machin ou truc, bidule ou bidulette, nous retrouverons l’indispensable Jouyet, sa femme et ses cousins aux manettes, l’inévitable Macron de la bande à Rothschild et ses petites sœurs des riches, dans un « programme commun » révolutionnaire avec le Medef et la star AC toute pensante Attali-Minc-BHL inamovible et fondamentalement indispensable à rapporter dans les clous de l’oligarchie centrale.

Le seul suspens au final étant de savoir quelle banque l’emportera et placera son pion sur la case de moins en moins centrale. Suspens, autant le dire de suite, qui m’émeut assez peu.

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La réalité ayant souvent plus d’imagination que les politologues qui n’en ont aucune, un accident DSK n’est pas à exclure, ce qui heureusement ne changera rien au résultat final du grand gagnant gagnant de la pensée gnangnan et raisonnable de la putain Tina.

Voilà voilà ! I

Inutile donc de vous préciser mon immense lassitude face à ce jeu de dupes et que je ne participerai pas à cet énième dîner de cons.

Vous me direz que le pire n’est jamais sûr et que le moins pire est possible, ce dont j’ai l’honneur de me contrefoutre définitivement.

tgb

16:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

24/11/2014

De Daech à Nabilla

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C’est donc dans les années 70 que fleurirent un peu partout en Europe des mouvements « terroristes » style Brigades rouges ou bande à Baader.

Alors que chez nous la sociale démocratie était plutôt douce et autorisait un certain confort, que le mot réforme n’était pas synonyme de régression sociale et de déshumanisation au profit de la seule gestion comptable, des centaines de jeunes en rupture de société, choisirent la lutte armée.

Aujourd’hui, alors qu’un libéralisme radical et ultaviolent offre pour seule perspective une consommation de masse avec des salaires de misère, générant pur matérialisme, frustrations, délinquances et la confiscation des flux d’argent par un tout petit nombre au détriment de tous et de la planète, plus de groupes insurrectionnels, plus d’utopie à investir, pas plus de guérilla romantique.

Seul un grand désarroi des jeunes générations dépolitisées, atomisées, en jachère.

Il n' y a pas d'alternative.

La nature ayant horreur du vide, sans plus d’idéal, même bancal, sans plus de sens ou de rôle dans une machine consumériste, mortifère et déliquescente, les seuls horizons pour les exaltés, les paumés, les révoltés se réduisent désespérément à Daech et pour tout combat révolutionnaire, ce djihad bestial et réactionnaire.

Selon ce principe qu’il vaut mieux gâcher sa jeunesse plutôt que de ne rien en faire, c’est donc avec cette indémodable figure christique à la Guevara, cette indépassable effigie mythique de poster, que des centaines de mômes d’ici s’abandonnent à la cause islamiste ne faisant finalement que suivre la politique française tout à son hystérie atlantiste, consistant à abattre Assad à tout prix ; pour des valeurs humanitaires apparemment mais plus sûrement pour un pipe-line venant du Qatar et sensé rendre l’Europe indépendante de la Russie et auquel s’oppose Bachar El Assad.

Bref comme toujours, on croit égorger pour le sultanat ou autre cause et l’on décapite ses frères pour les industriels dans cet emballement médiatique du web, ce tout à l’égout de l’info, tandis que les journaux de référence sont autrement plus fiables.

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Si dans les années 30, l’on venait du monde entier se battre en Espagne au côté des républicains, aujourd’hui dans l’ inculture crasse de ces intégrismes en kit (évangélique islamique judaïque même haine même combat) et ce romantisme suicidaire teinté de Lawrence d’Arabie et d’exotisme, l’on est prêt à se sacrifier pour le pire de l’obscurantisme et de l’instrumentalisation.

Triste chair à canon que ces petits soldats de l’islamisme fruste que l’on tolère tant qu’ils n’abusent pas, que l’on fait tourner au gré des intérêts géostratégiques ou économiques de l’empire. Un jour en Afghanistan, un autre en Bosnie, le jour d’après en Tchétchénie, puis en Irak puis en Syrie et pourquoi pas en Ukraine…Selon que l’on redessine les frontières, que l’on divise les territoires ici ou que l’on nettoie ethniquement là.

Ils pourraient mourir pour la Palestine, pour quelque cause plus juste, pour un monde meilleur, mais étrangement ils meurent pour les Saoud, cette famille qui donna son nom à ce sale état, finançant à coups de petro dollars cette saloperie de wahhabisme considéré dés sa naissance comme une pure hérésie en Islam.

Car face à l’irruption du nationalisme arabe teinté de marxisme, les USA jouèrent la carte islamiste (mais après tout une certaine forme de valeurs communes : pognon et puritanisme) comme Israël préféra encourager le Hamas religieux pour mieux affaiblir le Fatah laïque et discréditer la cause palestinienne.

Comme le dit si bien Georges Corm (pour une approche profane des conflits), dans cette analyse binaire entre gentils et méchants, si Hassad vous empêche de dormir, alors que d’insomnies pour la condition de l’homme et surtout de la femme en Arabie Saoudite nos chers alliés !

Et dans ce jeu d’indignations sélectives, l’occident se soucierait-elle de la bombe Iranienne si comme le Pakistan, les perses étaient nos alliés ?

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Ainsi donc à manipuler les religions pour mieux faire avancer intérêts économiques et politiques voici venir ce glissement sémantique malsain du gréco romain au judéo chrétien et de l’homo islamicus opposé à l’homo hibraïcus dans ce choc de civilisation fabriqué et artificiel servant de paravent au choc de compétitivité venant tout dévaster.

Pourtant l’on sait, que point de salut dans l’ethnique et le communautarisme, ce chaos à venir, qu’il nous faut séparer pouvoir temporel et spirituel, neutraliser le religieux, que le moyen orient est terre de mélange, que nous sommes frères et sœurs en humanité, que la stigmatisation de l’immigré n’est là que pour protéger le banquier, que nous ne devons pas nous tromper de combat.

Dans ce grand simulacre où tout est fanatisé, faire la grève de la faim ici pour Nabilla ou mourir là-bas pour 50 vierges participe à peu près de la même connerie, du même vide mental.

tgb

16:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

 
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