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15/09/2015

Lignes de Crète

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 Me voici de retour de mon paradis crétois, de mon coin d’ïle encore un peu sauvage, loin des usines à touristes à débiter du soleil en tranches et chez mes hôtes si hospitaliers et généreux.

La Crète n’est pas tout à fait la Grèce. Quasiment autosuffisante, elle souffre moins de l’austérité que le continent, n’empêche qu’elle croule sous les taxes imposées, même si le cash y est sport national.

Aux dernières élections, les crétois qui ne sont pas du genre à se laisser subordonner, ont voté à 75% pour Syriza quand ce nom-là signifiait encore, rupture, espoir et indépendance. Aujourd’hui, tétanisés, sonnés, écoeurés, se sentant comme en prison, ils n’attendent plus rien que le temps des olives.

Pas d’affiches, pas de meeting, pas de mobilisation, si l’on trouve encore sur les murs des slogans pro-Tsipras, ce sont comme les stigmates de campagnes passées et trépassées d’il y a si longtemps. Six mois.

Ils ne se mobiliseront pas pour ces législatives du 20 septembre, pourquoi d’ailleurs s’engager vu que l’Eurocratie dans son tropisme si démocratique a déjà annoncé son gouvernement de coalition aux ordres.

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Quand on leur demande pourquoi si peu de passion autour de ces élections annoncées, d’un rire désabusé ils vous répondent qu’il y a déjà eu bien assez d’élections comme ça dans ce pays.

Quand je dis les crétois, soyons honnêtes et évitons les généralités pénibles, je parle de ceux que j’ai croisé, de ceux que je connais, de ceux avec qui j’ai fait un brin de causette en un mélange foutraque de franglais, et dans ces salons nautiques si particuliers qui consistent à faire la conversation à moitié immergé dans la mer juste avant le coucher du soleil et l’heure du watermelon et du raki.

Ce qui surtout les désespère, c’est de voir partir leurs jeunes diplômés bien formés se vendre en Allemagne ou en Angleterre, ces pays trop heureux de récupérer de la matière grise à pas cher tandis qu’ils privatisent leurs universités et qu’ils exigent des grecs de brader les leurs.

Je ne garantie pas que dans ces mausolées pour touristes germaniques, sortes de bunkers en autarcie, on ne crache pas dans les plats en cuisine comme un dérisoire exutoire, car là on peut généraliser : on n’aime pas beaucoup les allemands par ici et ça ne remonte pas à hier mais aux massacres nazis.

Vu les derniers évènements , ça ne risque sans doute pas de s’arranger.

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Et tandis que loin de tout et saturé de toute actualité je cultivais mon insouciance, m’arrivait aux oreilles pourtant la victoire de Corbyn au parti travailliste et déjà le travail de sape des chiens de garde à poils ras reprenant imperturbablement leurs classiques, je regardais un jeune colosse barbu partir d’un rire tonitruant tout en retirant sa combinaison de plongée.

Une flammèche ici s’éteint une autre ailleurs s’allume. Il serait bien étonnant qu’un jour ou l’autre une braise sur une brindille ne finisse pas par tout embraser…

Il faut comme Pénélope croire sans fin au retour d’ Ulysse

tgb

photos D.A

 

18:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

02/09/2015

Goutte d’or

 

Rue affre se situe en face de l’immeuble incendié cette nuit.

Rue Myrha

8 morts.

Je ne vais pas faire dans le macabre, ni le racoleur, le tas de journaleux inutiles qui font le pied de grue devant les barrières de protection se chargeront de ne rien en dire en continu…

Le quartier est bouleversé et l’ambiance est plombée.

La goutte d’or est un village où tout le monde se connaît.

Derrière le périmètre de sécurité, la population mélangée vient aux nouvelles et se recueille.

Les gens se reconnaissent en ces gens

Leur compassion n’en est que plus réelle et solidaire.

Un peu de voyeurisme peut-être mais de la dignité.

Et des larmes.

Permettez moi d'y aller de la mienne.

tgb

 

19:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

25/08/2015

Politiquement Spritz

 

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Deux mois sans écrire une ligne. Fallait bien ça !

Usure, saturation, dégoût, overdose de simulacres et de vide…

J’en étais resté à la désolation en tongs. J’ai donc soigné ma désolation à coups de légèreté, de spritz et de doigts de pied en éventail.

Pour parachever ma convalescence, je m’apprête à partir en Crête, en pleine campagne électorale, s’il y en a une, tant les électeurs grecs doivent être blasés d’aller voter pour rien.

Je me souviens, c’était en janvier, la veille de la prise de pouvoir de Syriza en Grèce. Je discutais avec une de ses représentantes en France. Tout en me réjouissait d’avance, je lui glissais avec cette sale intuition qui me fait toujours voir le pire, qu’au final cette victoire annoncée n’était peut-être pas une bonne nouvelle, tant la perspective de se retrouver seul contre tous, risquait d’être fatale et contre productive.

On m’avait gentiment sermonné, mais au final…

Tsipras nous a « tuer ».

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Il nous a d’autant anéanti qu’il s’est battu comme un fauve, seul et désarmé durant six mois, soit six mois de plus qu’ Hollandréou, qui n’a pas résisté plus d’un quart de seconde vu qu’il n’en a même jamais eu l’intention.

Par sa capitulation et son complet retournement, le premier ministre grec porte une responsabilité historique dans ce désastre. J’ai bien conscience que c’est facile à dire assis dans mon fauteuil, n’empêche, à ce niveau focal de gravité, si on a le droit d’échouer, on n’a pas le droit à la reddition tant elle tue tout espoir en nous engageant tous.

Ou alors fallait pas s’inviter.

Que ce guignol de Cohn-Bendit fasse aujourd’hui l’éloge de Tsipras sur qui il crachait son venin verdâtre en juin en dit long sur l’étendue des dégâts.

Démobilisation des électeurs

Discrédit des gauches alternatives

Poussée de l’extrême droite

Fin du choix démocratique …

En refermant le couvercle et en nous laissant dans le noir, Tsipras a définitivement enfoncé le dernier clou du cercueil Tina, tandis que l’oligarchie par ce sinistre exemple fait la brillante démonstration qu’aucun autre chemin n’est possible.

Ils sont tout et nous ne sommes rien.

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L’histoire est trop cruelle pour s’y engager en camping car. Vu l’étendue de nos forces, soit l’on use de la guérilla du moustique, soit l’on renonce en attendant des temps meilleurs, soit l’on meurt les armes à la main, mais il n’y a pas de place pour l’amateurisme avec ou sans cravate.

Nous n’avons les moyens ni de l’échec, ni de l’innocence, ni même de la composition, ou alors c’est le tri sélectif et la poubelle de l’histoire directe : malheur aux vaincus !

Nous n’avons pas d’autre choix que celui d’être modeste et impitoyable, barge et surtout pas normal.

L’heure n’est pas au raisonnable. Le sont-ils eux ?

Car si l’on a perdu, c’est que probablement on avait encore quelque chose à perdre.

On pourrait croire pourtant qu’une fois mort, on se débarrasse enfin de nos illusions et de cette sale maladie tenace qu’on appelle l’espérance.

Même pas !

C’est comme une écorce, faut toujours que ça repousse. ,, ou là …

Je dirais presque Hélas.

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Tsipras a tué l’espoir, mais l’espoir ne meurt pas. Allez donc savoir pourquoi !

Même si le pire est toujours sûr, même si le mieux n’est jamais là…

Peut-être parce que dans notre impuissance, l’humanité bande encore dans le spritz…

tgb

 

17:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11)

13/07/2015

La désolation en tongs !

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Ben voilà, on est à poils.

Tu me diras, on a l’habitude.

On va d’échec en défaite.

C’est pourquoi, quand y a un bout de victoire, faut vite en profiter, ça dure 5 minutes.

C’est toujours ça !

Je ne vais pas faire la leçon à Tsipras. Il a pas dû beaucoup dormir ces derniers temps. J’aurais pas aimé être à sa place. Alors respect !

Mais faut bien le dire, si c’était pour en arriver là, il aurait mieux fait de se coucher tout de suite et de piquer un roupillon, ça aurait fait moins de dégâts. Parce que là, il s’est battu comme un lion et puis, à l’aube, comme la chèvre de mr Seguin, il a tout lâché.

Voire plus !

Et maintenant y’a plus rien.

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A poils.

De défaite en défaite jusqu’à la victoire disait machin… heu… Victor Serge.

M’ouais…

Y’a qu’à dire ça…

Mais ce serait plutôt de défaite en défaite jusqu’à la défaite.

On est mal !!!

N’empêche, on sait au moins, que changer les choses de l’intérieur comme Filoche au PS ou Tsipras en Europe, ça marche pas. Je vous laisse en tirer les conclusions…mais je vous aide :

Elections piège à cons !

A noter, un seul s’en tire avec les honneurs ! Varoufakis. Sorti du jeu juste à temps.

C’est le joker ! Notre super Héros !

Che Varoufa !!!

A suivre…

Quant à l’Europe c’est un désastre !

L’Europe est morte ce soir !

Vive l’EURO ! Ce néo pays…

Et sa zone !

Mais l’histoire est taquine…

Et l’été est là…

Et si y’a pas de révolution…

Y’a au moins les tongs.

j'ai bon espoir...

tgb

 

Photo 1 : D Atala

 

19:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

 
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