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19/10/2014

Le plug qui cache la forêt

B0EWydwIQAA4rcc.jpgLa liberté d’expression d’un artiste doit être totale. C’est pour moi un postulat de départ indiscutable et non négociable. Ensuite, dans le bazar de productions plus ou moins artistiques, que le talent reconnaisse les siens.

De Dieudonné à MacCarthy en passant par Serrano, pas de compromis possible. Aucun état, aucune police, surtout pas un ministre de l’intérieur, pas plus qu’un groupe de pression quelconque ou quelque communautarisme sectaire, , ou là, n’a à juger en mon nom de ce qui est bien ou mal, beau ou pas, admissible ou proscrit.

Il n’y a de danger que de ligne officielle, de comité central du bon goût, que de ministère « de la promotion de la vertu et de la prohibition du vice », que de commission esthétique de la morale et des bonnes mœurs, bref que d’arbitraire.

Car si on sait à peu prés où commence la censure, on ne sait jamais où elle finit et assister aujourd’hui à l’écoeurant retour sur les réseaux sociaux des mots « art dégénéré » avec pour référence le sophiste Zemmour, on a le Savonarole qu’on peut, fait froid dans le dos.

L’art étant l’évidente sentinelle des assauts obscurantistes et liberticides, il s’agit absolument de ne rien céder à la tartuferie ambiante, au fanatisme rampant, aveuglé par ses sinistres certitudes.

Car, il est de notre responsabilité raisonnable d’apprendre à penser contre soi, et si ce n’est d’aimer ce qui nous dérange, du moins d’apprécier et de laisser agir ce qui nous tenaille, plutôt que de nous réfugier dans un confort complaisant qui sent le renfermé.

L’art n’a pas à nous conforter ni à nous dorloter.

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Que le plug anal de Paul MacCarthy fasse s’émouvoir les trous du cul, quoi de plus normal après tout. Il est même assez rassurant d’une certaine manière, que l’œuvre d’art à la provocation de salle de garde, fasse encore réagir, tant on a fini par s’indifférer de tout.

Que la création interpelle et fasse débat, tant mieux, c'est en partie son boulot.

En revanche que l’on tolère l’intolérance, le vandalisme bourrin jusqu’à se dégonfler du sapin gonflable et offrir une victoire symbolique aux pitres intégristes est problématique. Je ne sais quel crétin régressif a tenté de s’asseoir sur le « sapin » de la place Vendôme, mais je me doute que quelque part le supplice du pal le travaille, dans quelque refoulement frustre.

Mais d’autres questions se posent à propos de cette œuvre, hélas saccagée, de MacCarthy, et déjà la privatisation d’un espace public par une galerie internationale, Hauser and Wirth, jouissant en termes marketing d’un énorme coup de comm.

En ce sens le scandale pour eux est déjà plus que rentable, les vandales leur ayant rendu un immense service commercial.

On peut se demander si la place Vendôme (blindée de caméras vidéos cela dit en passant - bijoutiers - ministère de la justice...) comme le château de Versailles doit servir de support à la commercialisation d’un artiste et à la spéculation sur une œuvre en faisant exploser sa côte au profit de ses riches collectionneurs.

La Fiac, entreprise privée, grand marché de l’art ou grande foire du pognon ?

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Si l’année dernière François Pinault, à lire les aimables critiques, donna à voir sa collection privée à la Conciergerie, on pourrait tout aussi bien renverser la proposition et se demander si ce ne serait pas plutôt la Conciergerie, lieu public, qui mit à disposition son espace à la collection privée du milliardaire, offrant un sacré coup de projecteur.

Simple question d’angle.

Autre question que pose cette affaire MacCarthy, la promotion d’un art transgressif toujours récupérable et ne bousculant au final que les mœurs et dieu sait si on en a vu d’autres, mais surtout pas l’ordre mondial consumériste, ne se ferait il pas au détriment d’un art subversif remettant fondamentalement en cause le marché, comme en politique les quelques avancées sociétales ne seraient là que pour masquer ou compenser les régressions sociales ?

Bref, pour le dire trivialement et que les dames m’excusent, il serait plus facile aujourd’hui et rémunérateur de montrer son cul que d’avoir des couilles.

L’un n’empêchant pas l’autre cela dit.

tgb

12:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (26)

14/10/2014

Sans tabous mais avec trompettes

 

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Perso, je trouve qu’il y a comme du mou chez le briseur de tabou pantouflard, comme une certaine retenue chez l’iconoclaste plié dans la soie. A Subir l’inquisition omnipotente du gauchisme triomphant, cet asservissement sournois par la dictature de la bienpensance ultramédiatisée, comme une forme hélas de bienséance et de prudence dans la destruction systématique de l’état providence au profit du profit et du dividende rédempteur.

Oui bien ramollo et pusillanime le jeune marginal Macron à refuser tabou et posture à propos de l’assurance chômage tout à s’accommoder pourtant de quelque compromis alors qu’il suffirait de supprimer toute indemnité pour éradiquer définitivement l’assisté profiteur chômeur. La demi mesure restant hélas le symptôme du socio libéral complexé.

Car dans cette science exacte qu’est l’économie capitaliste dont les crises récurrentes nous rappellent son extrême fiabilité et sa justesse arithmétique, point d’idéologie. Quand l’humanité est enfin mise en équation tout devient simple affaire de logique.

Par exemple, si les seuils sociaux, les CDI, et autres 35 heures sont un frein à l’emploi, que dire alors des salaires ? N’importe quel économiste rebelle de C dans l’air vous le confirmera. Supprimer la rémunération c’est favoriser à coup sûr l’embauche massive. Dans cette même logique objective, laisser crever les malades réglerait assez rapidement le déficit de la sécurité sociale, fermer les écoles faciliterait le non renouvellement d’un prof sur un et anéantir Paris relancerait considérablement le marché du BTP.

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Est-il acceptable aujourd’hui dans une compétitivité mondialisée libre et non faussée d’accepter encore que quelques grévistes fous prennent en otage des usagers et les égorgent en toute impunité devant les caméras sur les quais de gare ?

D’ailleurs il serait temps que les professionnels de la profession politique au service de la finance admettent que la démocratie entrave considérablement les affaires et que seul un totalitarisme économique sain est en mesure de doper une saine croissance au profit de quelques uns et au détriment égalitaire de tous.

Car on ne dira jamais assez combien et dieu sait pourtant qu’on l’assène, le répète en boucle et le bourre dans le mou, les protections sociales, les normes écologiques, les visions éthiques nuisent à l’esprit d’entreprise tout en indisposant cruellement les marchés. Et qu’il n’y a d’amour pourtant que dans l’entrepreneuriat :

J’aime l’entreprise !

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Voilà trente ans maintenant que les pauvres, les SDF, les smicards et les classes moyennes elles mêmes vivent au dessus des moyens de nos milliardaires, trente ans que nous refourguons égoïstement la dette à nos enfants, tandis que sages et prévoyantes, les multinationales leur laissent généreusement en héritage un changement climatique bienfaiteur, des déchets nucléaires profitables et tant de fines particules chimiques dans l’atmosphère.

Bien sûr certains esprits chagrins et fanatiques, gangrenés par cette maladie infantile qu’est l’humanisme, cette sale manie juvénile, véritable « Ebola » de la pensée dégénérée, viendront encore polluer la VERITE économique de leur sectarisme mais nonobstant ces parasites archaïques, nous aurons fait un grand pas dans la spéculation heureuse quand le business en toute modernité se sera émancipé de l’homme.

Oui l’économie dans sa subtile finalité enfin libérée de toute humanité sera alors profitable au plein emploi…

des cancrelats.

tgb

13:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

06/10/2014

Marina Silva, candidate caoutchouc, fait flop !

 

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Donc nos médias complaisants, pas trop regardants sur la chose, qui aiment à fabriquer du story telling sur commande, de l’icône sur mesure, de l’héroïne à sa pogne toute photo shopée, nous l’avaient vendue et survendue comme la surprise du chef, la favorite do Brasil, la fulgurance médiocratique de l’autre Amérique.

Ne lésinant pas sur les superlatifs, la Marina Silva, on nous l’a présenta comme l’Obama brésilien, la Lula en jupon, la guerrière de l’Amazone, l’apôtre d’une nouvelle politique, la cendrillon noire d’Amazonie et ne mégotons pas dans la connerie zélée, le nouveau Gandhi carrément.

Façon ‘relooking express’, on te l’avait maquillée, socialiste à l’eau de rose (genre Valls), écologiste fervente, orpheline méritante, sa couleur de peau suffisant naturellement à la rendre insoupçonnable, tant la machine transatlantique sait renouveler le genre et adapter sa comm aux canons pipolisés et pipotés du moment.

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Pour peu qu’on ne creusât pas trop l’affaire, ce que nos médias de référence se gardaient bien de faire faut pas déconner, on en oubliait simplement que la campagne de la sainte socialiste rosâtre était financée par la première banque privée du pays, Itau, que la Marine locale soutenait l’école néo libérale ricaine, militait pour l’indépendance de la banque centrale autrement dit la perte de contrôle de l’économie nationale, préconisait la sortie du MERCOSUR, le marché commun de l’Amérique du Sud élaborée par Chavez et Lula, privilégiant les accords bilatéraux, y compris et surtout avec les Etats-Unis, tout en prenant ses distances avec le BRIC, (Brésil, Russie, Indes, Chine) association fort dérangeante contre la suprématie monétaire du dollar.

Ainsi, Marina Silva, ni de droite ni de gauche donc de droite, petite fiancée des favelas, Cosette au cœur pur, intègre et honnête, « seringuera° » méritante, faisait dans le joyeux oxymore : écologiste néo libérale pro nucléaire, socialiste ogm, avec comme vice président putatif, le député Beto Albuquerque, réputé proche de l'agro-business et de la multinationale Monsanto.

Représentante du puissant lobby évangélique (20% de la population 42 millions de fidèles) sous marin(a) yankee, elle prenait évidemment position contre l’avortement tandis que 800 000 femmes allaient visiter les faiseuses d’ange dans la clandestinité chaque année.

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Résultat des courses, de cette brillante fabrication médias et sondagière, Marina Silva est éliminée au soir du premier tour des élections présidentielles brésiliennes en arrivant troisième avec 21,3% des voix loin derrière Dilma Rousseff ( 41%) qui a toutes les chances de repartir pour un second mandat à la tête du Brésil ce qui, indice toujours réconfortant, ne rassure pas les marchés.

Rappelons d’ailleurs pour la petite histoire que dans les années 70 sous la dictature, Dilma Rousseff, guerrillera aujourd’hui bien assagie, fut torturée pendant vingt-deux jours par les militaires, ce qui n’est pas grand chose j’en conviens, rapport à François Hollandréou affrontant les intempéries sans parapluie ou assistant dans une salle quasi vide à la dernière daube de son ami visionnaire Botul, mais quand même !

Pendant ce temps-là et tandis que la starlette ripolinée des oligarchies faisait la une avant que de crever sa bulle médiatique, au Venezuela les paramilitaires assassinaient le député chaviste Robert Serra et sa femme dans l’indifférence générale.

Sûrement une histoire de look coco !

tgb

°récoltante de caoutchouc

13:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

30/09/2014

Tout ça pour ça !

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Quoi, le Sénat était à gauche ?

Oui mon ami, jusqu’à dimanche soir, le sénat était à « gauche ».

Je sais qu’on ne s’en était pas forcément aperçu, que pas grand monde était en mesure de citer le nom du premier président socialiste de toute l’histoire du sénat, Jean-Pierre Bel et qu’on se rappelle sans doute davantage l’épisode Dassault, quand la majorité de « gauche » ne s’était même pas sentie obligée de lever l’immunité du sénateur à rafale assisté ; tant ça avait fait vilain, qu’ils avaient du remettre le couvert à main levée un mois plus tard, tandis que MR Dassault himself se proposait de se la lever lui-même hop-là histoire de blanchir son honneur supersonique.

Nostalgie, nostalgie.

Bref, il faudra donc se souvenir dans les annales que, dans les années 2010, et particulièrement 2012, le Parti « socialiste » français, sous la houlette de son immense président Hollandréou affrontant vaillamment la bourrasque sans même de parapluie, concentra entre ses petites pognes proprettes, absolument tous les leviers du pouvoir en France pour ne rien en faire si ce n’est sous lui.

Oui dans ces années-là, le parti solférinien dirigea (à peu prés) la France en la personne de son ancien secrétaire roitelet de la synthèse, échoué à l’Elysée en pédalo water proof, 21 régions sur 22, 66% des départements, 70% des mairies de plus de 30 000 habitants et la majorité absolue à l’assemblée nationale sous la baguette du chef d’orchestre à patrimoine modéré Claude Bartolone.

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De ce grand chelem donc nos amis socio-démocrato-libéraux n’en 'fouturent' pas grand chose et pour ainsi dire rien, que dalle, nothing, oualou, nada, zobi quiquette, tant qu’il finit par se trouver soulagé de brader ces pouvoirs un à un ainsi que d’envoyer au pôle emploi des professionnels de la profession, 30 000 de ses 60 000 mille élus et 600 de ses collaborateurs experts de la chose politique. Soit pour faire simple 50% de ses militants, tant ses encartés sont des élus, salariés de la rente mensualisée et publique.

Au moins ça débarrasse.

Ainsi donc, en ces temps automnaux, souvenons nous bien qu’il est parfaitement inutile de voter utile, qu’on est rarement déçu quand on espère rien et que quand on a tout essayé, ne reste plus qu’à trouver utile de voter inutile à sa convenance.

tgb

07:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

 
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