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09/09/2014

Mes nuits en urgence

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Si vous n’avez rien de prévu le prochain week-end, vous pouvez toujours vous faire une otite carabinée et aller aux urgences de Lariboisière samedi soir.

Les urgences de Lariboisière je connaissais déjà mais je ne m’en lasse pas. J’y étais allé, il y a quelques années, me faire recoudre l’arcade sourcilière après m’être pris une porte de métro automatique et fantasque (du genre à s’ouvrir du mauvais côté) dans la poire.

Les urgences, je vous rassure tout de suite, ça n’a pas changé voire ça a empiré.

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On pourrait croire naïvement que le principe des urgences est de traiter les cas prioritaires selon que tu pisses le sang ou pas (et encore parfois tu pisses le sang et c’est pas grave, tandis que tu pisses rien du tout et que c’est désespéré) or à moins d’arriver sur un brancard du Samu, vaut mieux s’armer de patience puisque tu seras traité selon ton ordre d’arrivée et après avoir franchi les différents obstacles administratifs (garde bien ta carte vitale sur toi en cas d’agression caractérisée de porte automatique RATP par exemple).

Au service d’urgences, l’attente peut durer des plombes d’où son vocable approprié : urgence !

Les urgences, c’est la cour des miracles, c’est toutes les misères du monde concentrées au même endroit au même moment, submergeant dans l’énervement, la souffrance et l’exaspération un personnel admirable et blindé gérant le bobo comme le trauma, de l’hypocondriaque ou du mourant dans une tension permanente.

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Les urgences, c’est l’un de ces derniers endroits de brassage social où la petite nana de chez Colette avec entorse vip peut y côtoyer la racaille à suturer ou le sdf en coma éthylique.

Les urgences ont l’immense mérite de soigner sans discrimination et dans la gratuité. Elles sont au cœur même du serment d’Hypocrate dans la politique santé d’un état hypocrite. C’est l’honneur d’une civilisation et l’accomplissement d’une société.

Sauf qu’elles ont leurs effets pervers, dévoyées par des usagers en consultations médicales de confort, ou en infirmerie de secours pour des gens qui n’ont même plus accès aux médecins.

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Ainsi donc ce samedi soir là mon oreille en chou fleur mes migraines et moi, étions nous partis pour poireauter entre une heure et huit heures chrono dans les cris hystériques d’une jeune femme sur brancard et les coups de gueule incompréhensibles d’un ivrogne tuméfié. Une fourchette assez large donc.

Et pourquoi une telle fourchette dans cet hôpital spécialisé justement dans l’ORL ?

Parce que, et vous allez relire cette phrase 3 fois et l’apprendre par cœur : il n’existe sur toute l’île de France qu’un seul et unique service d’urgence ORL, soit un médecin par nuit, pour 12 millions d’habitants et que s’il est parti au bloc opératoire, tu peux aller rejoindre les sans dents et les sans lunettes dans une nouvelle rubrique de la misère programmée : les sans tympans.

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Alors, dans ce grand merdier de l’hospitalité bradé à la compétitivité libre et non faussée, dans cet espace d’austérité institutionnalisée, dans l’agonie de cet hôpital public si charitable, on ne peut que remercier le personnel qui se débat comme il peut pour te soulager la douleur, la misère et souvent les deux à la fois.

Je ne peux personnellement qu’assurer au jeune médecin de garde au nom à consonance arabe qui me confia d’urgence au jeune chirurgien ORL d’origine asiatique, assisté de cette jeune infirmière au sourire antillais que je leur garde éternellement une oreille attentive.

Celle qu’ils viennent précisément de me sauver.

tgb

17:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

05/09/2014

Faudrait pas se moquer !

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D’abord parce que c’est un peu facile. Dans l’état où il est. A côté de la plaque, totalement à l’ouest. Tout vers l’atlantique et rien vers l’Oural. Et déjà tout cramé tout zombi à 13% et plus tellement étanche.

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Ensuite il est quand même censé représenter la France. C’est à dire nous. Et qu’on est assez chatouilleux pour pas avoir trop envie de passer pour des glands. Déjà que le précédent…

Enfin il ne devrait même pas être sur cette photo. Nous n’avons rien à foutre dans l’Otan. Et surtout pas pour y faire le grouillot et porter les valoches des patrons.

Cette photo pourrait être sympa, annoncer quelque chose, si seulement notre maladroit ou plus certainement notre malagauche, notre François Pignon de la communauté internationale (c’est à dire l’occident), notre Pierre Richard du concert des nations (c’est à dire l’occident ) un chouia moins ethnocentré que les copains de la promo, voyait quelque chose que les autres ne voient pas, avait une vision singulière, un regard décalé, une posture atypique…

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S’il s’intéressait justement à autre chose, autrement… à l’Amérique du sud, à l’Asie, à la Russie, aux Brics, aux pays émergents… S’il portait une autre voie, s’il parlait d’une autre voix, celle des non-alignés, des sans dents, des sans états, sans maisons, sans futur, des palestiniens, des indiens plutôt que des cow boys, des iconoclastes plutôt que des comptables, des inventeurs plutôt que des spéculateurs, de la coopération plutôt que de la compétitivité…

S’il essayait au moins…

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S’il était moins conforme, un tantinet rebelle, s’il tentait un solo dans la chorale, s’il mettait le boxon dans l’ordre mondial, s’il empêchait de libéraliser en rond, s’il ramait peut-être mais au moins à contre courant, s’il portait une esquisse de début d’ébauche d’alternative… Bref, s’il existait un peu.

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Sauf qu’à le voir si soumis, si servile, si suiviste et aplati, systématiquement raisonnable, résolument obéissant et totalement consciencieux, impossible de s’attendrir, aucune chance de s’émouvoir de sa maladresse, de son air ahuri et niais, de son absence de charisme, de son manque de tempo, de ce don pour le contretemps, le contre emploi ; ce syndrome même du remplaçant qu’il est et qu’il restera :

 

ce président si normal, si normé, si normalisé et pourtant ni synchrone ni en phase.

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Il sera donc cette anomalie, cet incident, ce ravi de la crèche appliqué, celui pour qui on ne vota pas, tandis qu’on votait contre l’autre

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celui qui n’aurait pas du être là et qui fait de son mieux pour ne pas y être.

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Fallait pas qu’il s’invite, fallait pas l’inviter : il eut sa chance.

Alors tant pis ! pour tous ses reniements, ses remaniements, pour tous ses renoncements avant même d’avoir commencé, pour nous avoir ouvertement pris pour des jambons, pour nous avoir craché son Valls au visage, son Macron dans les dents, moquons nous, défoulons nous, amusons nous du guignol…

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S’il passe pour un con

c’est qu’il en est un.

tgb

18:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (19)

30/08/2014

Manu, premier loufiat

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un grand salon bourgeois un patron paternaliste et condescendant un larbin en gants blanc droit et obséquieux :

- vous m’avez sonné monsieur ?

- non sifflé mais c’est pareil …où en est mon gouvernement ?

- le gouvernement de monsieur est avancé...

- c’est bien Manuel c’est bien, vous m’avez viré les 3 dangereux bolcheviks ?

- c’est fait monsieur

- je vous sais gré de me les avoir dénoncé

- je n’ai fait que mon devoir monsieur

- (taquin) on dit d’ailleurs que vous même dans votre jeunesse vous fûtes un peu socialiste…

- (offusqué) ce sont des calomnies monsieur jamais je ne me serais abaissé…

- (geste un peu las) ah l’exaltation juvénile, moi même je fus un peu rebelle, j’assistai une fois au conseil d’administration de père, sans cravate…(rires)

- (encore marri) c’était bien audacieux monsieur mais je vous jure que pour ma part…

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- (coupant court ) j’ai appris qu’on avait engagé un nouvel intendant…

- oui monsieur, le jeune Macron, un homme bien de sa personne…

- vient-il d’une bonne maison ?

- de la meilleure monsieur, de chez Bilderberg tout comme moi

- c’est une bonne référence en effet…vous lui direz de passer le code du travail à la broyeuse

- c’est déjà fait monsieur

- (surpris et satisfait) décidément mon bon Manuel vous m’étonnerez toujours

- pour vous servir monsieur…(claquant des talons )

- avec zèle, avec zèle… (pensif)…bien sûr ce monsieur Macron se devra de faire travailler mes gens tous les jours y compris le dimanche…

- cela va sans dire monsieur, il en sera comblé, il me confiait d’ailleurs à l’instant que « les droits des travailleurs se transforment en handicaps pour ceux qui ne travaillent pas. »

- le brave garçon…(un peu ému) …savez vous mon cher Emmanuel « que j’ai vu de mes propres yeux sur les Champs Elysées des jeunes gens pleurer de ne pouvoir travailler le dimanche après 21 heures… »°

- bouleversant monsieur, proprement bouleversant

- n’est-il pas ? (indigné) on voudrait dégoûter la jeunesse de l’esclavagisme moderne et de l’exploitation heureuse qu’on ne s’y prendrait pas autrement…

- hélas monsieur…il y a encore un mot fort déplaisant dans ce social libéralisme…

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- (hochant la tête – un temps ) …dites moi mon cher Manu, permettez que je vous appelle Manu ?

- c’est un honneur monsieur…

- mon cher Manu donc, vous qui êtes un homme compétitif, ça vous dirait de passer major d’homme prochainement…ouvrir, fermer les portes, annoncer les visiteurs sur le perron, chasser les importuns, humilier les domestiques, trousser les boniches, devenir mon valet de pisse...un métier somme toute passionnant…à la hauteur de vos légitimes ambitions rampantes…

- c’est mon vœu le plus cher monsieur mais il y a déjà monsieur François…

- ce monsieur François est bien serviable certes, mais il se fait pluvieux et court la gueuze dit t-on… -

- (perfide quoique évasif) il est vrai que certain soir en triporteur…

- (songeur)…bien nous en reparlerons plus tard …n’oubliez pas que ce soir nous recevons les Merdef…

- la table est déjà dressée monsieur…

- c’est fort bien et amenez moi les 35 heures sur un plateau…

- (embarrassé)… c’est que…à vrai dire monsieur…

- oui mon ami… ?!…

- c’est que…je les ai mises au rebut

- (s’esclaffant) au rebut ??!! … vous savez quoi mon petit Manu ?

- (un brin méfiant)… non monsieur ?

- vous êtes encore plus servile que ce mr Sarkozy et c’est un compliment…

- j’en Jouy en Josas Monsieur…

- jouissez jouissez mon ami mais pas sur le tapis…vous pouvez disposer…

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Il congédie le larbin qui s’incline et qui sort rompant et rampant.

tgb

(° entendu de la bouche même de Pierre Gattaz sur France culture)

15:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

26/08/2014

Sous les claviers la plage

  BYpbYCOCcAAQ0pN.jpgOn finit toujours par rentrer à la fin. On a beau faire tirer, dix ans comme Ulysse, « une minute encore, monsieur le bourreau » comme Madame du Barry, aimer le bruit des tongs splatch splatch dans les flaques d’eau, y’a toujours un moment où faut se rendre à l’évidence : on s’en sortira pas ; faut rentrer.

 

PHO39f2d850-2c75-11e4-979a-890130c3f93a-805x453.jpgDes rentrées y’en a de tous les genres, de tous les styles mais faut admettre que celle d’Hollandréou water proof restera un bon cru. Parce que côté spongieux on a rarement fait mieux. Je vois bien l’aspect communicant de la chose – Tout à son énième commémoration de celui qui regarde derrière vu qu’il ne voit rien devant, le capitaine de pédalo impassible brave fièrement les éléments déchaînés maintenant résolument le cap.

Ça pourrait avoir de la gueule sauf qu’avec pépère normal ça ressemble forcément à rien, à un « Ice Bucket Challenge » à la con sans les mains, à un gros navet humide qui prends l’eau et qui te donne une idée assez précise de la politique qui va s’ensuivre dans le registre pluvieux.

‘Qui voit Ouessant voit son sang, Qui voit Molène, voit sa peine, Qui voit Sein, voit sa fin…’

En route donc pour l’ultime phase de l’économie zombie et de la politique aplatie, le dernier quarteron de baltringues opportunistes du pays d’hollandouille avant liquidation ayant pris place dans la voiture balais, nous pouvons dors et déjà envisager de passer à autre chose voire à pire.

Si si, c’est possible.

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C’est pourquoi la rentrée récréative et combative à l’heure du laitier me paraît assez recommandable, histoire de se soulager les nerfs, de bien reprendre l’entraînement et le rythme juste avant d’aller fixer ses objectifs de fin d’année compétitive avec son N+1, en attendant, il va de soi, d’être expulsé jeté.

Ma préconisation : un pavé le matin après le café, un pavé le soir avant l’apéro.

melenchon.jpgMais ma rentrée préférée reste quand même celle de Jean-Luc Melenchon qui, en s’offrant quelque recul que modestement je lui préconisais (il m’arrive dans une de mes crises mégalomaniaques de penser qu’il suit mes conseils à la lettre) prends 100 mètres d’avance sur tous les autres tocards déjà hyper rincés avant même que ça commence.

Tout lâcher pour ne rien lâcher du tout !

Savourons ce concentré d’intelligence oratoire, d’humour et de culture d’un Méluche au meilleur de sa forme et qui nous laisse déjà entrevoir que ce qu’il y a de bien avec la rentrée c’est qu’on peut à nouveau attendre inéluctablement la sortie…

Ça y est, on va vers l’été.

tgb

13:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

 
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