Avertir le modérateur

07/11/2014

Là-bas si j’en suis !

tous-les-jours-dimanche-manolo-mylonas-12.jpg

Je sais bien qu’à la une de l’actu du jour, dans cette hiérarchisation subtile qui n'appartient qu'à la médiocratie, il y a la présidente Nabilla qui a poignardé la starlette de scooter éjectable Flanby devant 8 millions de téléspectateurs ou quelque chose du genre et que c’est diablement passionnant.

Mais comme il y a longtemps que le vide le disputant au néant, même dans un réflexe de fascination/répulsion, cette bouillie ne m’amuse plus même en me chatouillant sous les bras, je ne lis plus ni les journaux de référence Tina, ni les torchons à l’agonie Tina, ni ne suit et poursuit quelque jt formaté Tina, ni aucune chaîne d’infos sans infos avec de la potiche dedans et du stagiaire approximatif pro Tina sans le savoir.

Je suis bien conscient qu’il faut faire de longues années d’étude à sciences Po puis à telle école de journalisme pour obtenir le rare privilège d’aller en reportage sur le trottoir d’en face et annoncer à la France qui se lève tôt ou pas, qu’il fait super beau pour octobre, super froid pour novembre, où que les usagers qui ont super chaud ou super froid sont pris en otage sur le front ouest de la gare du nord.

Mais je m’en carre.

Bn8iHZhIAAIliJN.jpg

Pour être à peu près informé, j’ai bien pigé qu’il ne fallait surtout jamais biberonner aux merdiocrates et qu’il y avait plus à apprendre de ce qui est tu, que de ce qui est débité sous cellophane.

De toute façon et pour faire simple, mon organisme ne tolère plus depuis belle lurette l’habillage visuel et sonore du produit pseudo informatif racoleur et braillard ; ni les pubs criardes, ni les jingles stridents, ni la tronche en tranche des liseurs de prompteurs, ni le rythme tachycardique et anti zapping des hommes troncs s’éjaculant de la question tout en se branlant de la réponse.

Pas plus donc du fond creux que de la forme pisseuse, les deux m’horripilant de conserve.

Oui l’info est au final exactement celle qu’on ne te dit pas et qu’il te faut aller pêcher sous d’autres latitudes et profondeurs.

Et par exemple à Londres, à Bruxelles…, ces centaines de milliers de manifestants anticapitalistes hier, tandis que le nouvel ectoplasme de l’Europe Juncker se fait déjà renifler le paradis fiscal aux mille vierges multinationales ou qu’en ce jour même 20 lycées parisiens sont bloqués pour dénoncer les violences policières et autres mensonges d’état et que la conformation des merdias associés a la délicatesse de ne pas t'infliger.

tous-les-jours-dimanche-manolo-mylonas-3.jpg

Bref et de guerre lasse, je me contentais jusqu’à présent du moins pire, à savoir France culture et son long ruban de soft Tina justifiant au moins mon réveil grognon.

Mais voilà que viré par France Inter qui devrait vite et amèrement le regretter, Daniel Mermet et l’équipe de là-bas si j’y suis, nous proposent enfin du meilleur dés janvier : un 7/9/9 d’infos autrement, en ce créneau matinal stratégique, et que cette putain de bonne idée de dope anti-tina au réveil, je l’espérais depuis des millions d’années lumière.

Hop là, me voilà abonné (enfin ma meuf mais c’est pareil) et que pour la première fois depuis des lustres, à l’aube de 2015, il y aura enfin dans mon esgourde de l’alternative matutinale.

Plus rien à attendre et tout à commencer, ici ou là-bas.

J’en suis !

tgb

15:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13)

02/11/2014

Djihadistes verts mes frères

7775006476_opposition-entre-les-forces-de-l-ordre-et-les-opposants-au-barrage-de-sivens-le-9-septembre-archives.jpg

Xavier Beulin, le président de la FNSEA, a fustigé ce mercredi les opposants au barrage de Sivens, ces        "jihadistes verts" présentés comme un mouvement pacifique et extrêmement bien organisé".

Djihadistes verts donc, Talibans verts ou Khmers verts…on notera ici, sur la palette des craquettes tout en nuances, le subtil rapprochement lexicologique avec tout ce qui est censé foutre la pétoche dans les chaumières de France. Manquent au tableau, pédophiles verts ou terroristes verts et l’on aura à peu près couvert le champ non point agricole mais sémantique des fantasmes urbi ruraux et orbi urbains.

Faut dire à la décharge de Beulin et pour continuer dans la personnification imagée, ce petit Pol Pot du nitrate et de l’agroalimentaire trafiqué, qu’en termes de manifestations pacifiques de la FNSEA, ce pollueur-casseur-pas-payeur, le commis agricole de Monsanto en connaît un rayon.

petit florilège non exhaustif dressé par Isabelle Sénécal :

B1IDS4zCUAA-DX7.jpg

Mais après tout « djihadistes verts » pourquoi pas et plutôt que d’aller mourir pour les Saoud ou je ne sais quelle arnaque impérialiste en Syrie, autant que la jeunesse mène courageusement le combat vert ici, pour préserver notre maison commune, cette seule planète assez peu renouvelable. Et du courage, il en faut, comme de passer l’hiver dans une cabane, une yourte ou sous une tente.

En son temps, les musicos des « négresses vertes » retournèrent l’insulte en marque de fabrique revendiquée. J’aime assez qu’au final, la peur change de camp et que le peuple retraité, biberonné à la propaganda des télés poubelles, commence à regarder sous son lit, des fois qu’un écolo égorgeur ne s’y planquerait pas.

Tant au final, on ne finit par ne respecter que ce que l’on craint.

IMG_5828-300x171.jpg

Certes la violence c’est mal. Et tandis que le productivisme effréné envoie à la casse des centaines de milliers de gens d’un simple claquement de doigt, il nous faut bien admettre que raser une forêt pour rien ou pour quelque arrangement spéculatif entre copains, c’est quand même bien moins grave que de briser holala, la vitre d’une banque multi assurée dont on a déjà grassement remboursé la dette.

Car dans l’échelle de nos valeurs libres et non faussées, l’oxygène c’est quand même nettement moins vital qu’un distributeur à sniffer du billet.

Pas de violence non, pas casser, pas moufter, au pays des bisounours et des Gandhi aplatis, juste se laisser tabasser en silence, et se faire éborgner, matraquer, cracher dessus par des petits Valls au petit menton, ces sales petites frappes à la carrière pliée dans la soie ; ces vigiles serviles du nouvel ordre mondial au profit de quelque uns et au détriment de tous.

Que Thierry Carcenac, digne représentant de ce socialisme notable en putréfaction se rassure, si «mourir pour des idées…c'est quand même relativement stupide et bête», il en est confortablement préservé. La dernière idée du dernier neurone de cette sorte de gestionnaire pourrissant sur pied consiste à conserver ses privilèges, à sacrifier le patrimoine commun à l’intérêt particulier.

13-02-24-GRAFFITIPOCHOIR-Marseille-archyves.jpg

Mourir à 20 ans pour des idées est un noble et triste gâchis, comme mourir à 40 d’un cancer des poumons, du à l’épandage intensif de pesticides.

Mais du point de vue des abeilles, les sentinelles de notre propre survie, c’est Rémi qui est vivant et Carcenac qui est mort.

tgb

12:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

27/10/2014

La patrie reconnaissante, les mouettes moins…

 

place-des-grands-hommes.jpg

Les morts sont tous des braves types disait Brassens. Et à constater l’hommage quasi unanime à l’ancien patron de Total, celui là même qui corrompit allégrement, sinistre représentant de la "Françafric", barbouilla généreusement nos côtes de marées noires, et ne paya aucun impôt en ce pays, il se pourrait bien qu’il y ait quelque vérité dans la formule de l’ami Georges.

Oui à voir certaine "panthéonisation" en grandes pompes, tel sale type à peine refroidi devenir respectable, une breloque sur le catafalque à titre posthume, dans un concert de louanges funèbres et médiatiques, la mise en bière pourrait bien rendre super sympa.

Général De Margerie mort au combat de la mondialisation heureuse. L’oligarchie et ses chiens de garde reconnaissants.

Les mouettes nettement moins.

5344837-maree-noire-debut-du-proces-au-civil-de-bp.jpg

Car le cadavre n’échappe évidemment pas à l’idéologie ambiante, la dépouille fumante cristallisant assez bien l’état des choses politiques et les aimables connivences d’une classe dominante et de ses pleureuses embedded.

Oui, les morts sont tous des braves types sauf que visiblement il en est de plus honorables que d’autres et que pendant qu’en catimini, l’on tente de glisser sous le tapis des pertes et profits le corps de Rémi Fraisse, "obscur" manifestant écologiste ayant croisé malencontreusement la trajectoire d’une grenade lacrymo, l’on enterre royalement « big moustache » au son du clairon et des sanglots longs des prédateurs et de leurs larbins comme autant de larmes de crocodiles.

La déneigeuse ou le flash ball choisit ton camp camarade.

image.jpg

Si d’un point de vue économique et social, il ne fait aucun doute que tel patron d’empire pétrolier a plus d’influence et c’est un euphémisme que tel militant écolo lambda, il n’en est pas moins vrai qu’en principe et en république, les citoyens restent égaux en droits.

Tu parles, même pas devant la mort.

Car évidemment dans cette religion du productivisme à tout va et dans le mur triomphant, il serait bien surprenant qu’on voit se déplacer quelque zélé ministre dans le Tarn, sur le site d’un chantier de barrage bientôt privatisé au profit de quelques gros intérêts financièrement agricoles pour pleurer sur les cendres d’un modeste empêcheur de tout saloper en bande.

Non, nous ne verrons pas à l’enterrement de tel militant de seconde classe le profil finement maquillé d’un premier ministre dans toute sa ringardise libérale pseudo moderne qui à force de s’identifier à Clémenceau finit et c’était fatal par avoir du sang sur ses mimines manucurées.

4508711_3_746f_manuel-valls-francois-hollande-et-emmanuel_b8949093982ef95aa6bcf6bdb55ad603.jpg

Il est ainsi des morts comme des justiciables sanctionnés déjà dans les mots mêmes, "odieux fraudeur de l’indemnisation chômage" pour le cul terreux ou "en délicatesse avec le fisc" pour le notable. Selon que tu seras de la grande famille entreprenante ou du petit peuple résistant, aux grands hommes du premier cercle vertueux la patrie en berne, aux petits gêneurs de l’immense truanderie, l’escamotage du corps et l’état méprisant.

Il y aurait pourtant quelque avantage à voir disparaître de la surface du globe et dans l’intérêt général, quelque scélérat vendu, quelque salopard dégueulassant tout, quelque vil exploiteur d’humanité et de planète non renouvelable, quelque fieffé maquereau du profit particulier.

- Mais un peu de retenu que diable - m’enjoignent à l’unisson les braves gens respectables, les mêmes qui, devant le cercueil d’Hugo Chavez ou de Stéphane Hessel se lâchaient de la nouille et du rectum avec délectation.

Chaque cause à son martyr, chaque camp son héros, où l’on voit à juste titre de quel côté penche l’obscène gouvernement en ce lundi d’officielles funérailles mazoutées.

Que chacun donc enterre ses morts et ses illusions, tout en se rappelant en ces jours d’élections tunisiennes, que les obsèques d’un insignifiant vendeur ambulant immolé par le feu peut subitement fracasser l’histoire.

tgb

15:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

19/10/2014

Le plug qui cache la forêt

B0EWydwIQAA4rcc.jpgLa liberté d’expression d’un artiste doit être totale. C’est pour moi un postulat de départ indiscutable et non négociable. Ensuite, dans le bazar de productions plus ou moins artistiques, que le talent reconnaisse les siens.

De Dieudonné à MacCarthy en passant par Serrano, pas de compromis possible. Aucun état, aucune police, surtout pas un ministre de l’intérieur, pas plus qu’un groupe de pression quelconque ou quelque communautarisme sectaire, , ou là, n’a à juger en mon nom de ce qui est bien ou mal, beau ou pas, admissible ou proscrit.

Il n’y a de danger que de ligne officielle, de comité central du bon goût, que de ministère « de la promotion de la vertu et de la prohibition du vice », que de commission esthétique de la morale et des bonnes mœurs, bref que d’arbitraire.

Car si on sait à peu prés où commence la censure, on ne sait jamais où elle finit et assister aujourd’hui à l’écoeurant retour sur les réseaux sociaux des mots « art dégénéré » avec pour référence le sophiste Zemmour, on a le Savonarole qu’on peut, fait froid dans le dos.

L’art étant l’évidente sentinelle des assauts obscurantistes et liberticides, il s’agit absolument de ne rien céder à la tartuferie ambiante, au fanatisme rampant, aveuglé par ses sinistres certitudes.

Car, il est de notre responsabilité raisonnable d’apprendre à penser contre soi, et si ce n’est d’aimer ce qui nous dérange, du moins d’apprécier et de laisser agir ce qui nous tenaille, plutôt que de nous réfugier dans un confort complaisant qui sent le renfermé.

L’art n’a pas à nous conforter ni à nous dorloter.

B0NkpEIIMAACGYK.jpg

Que le plug anal de Paul MacCarthy fasse s’émouvoir les trous du cul, quoi de plus normal après tout. Il est même assez rassurant d’une certaine manière, que l’œuvre d’art à la provocation de salle de garde, fasse encore réagir, tant on a fini par s’indifférer de tout.

Que la création interpelle et fasse débat, tant mieux, c'est en partie son boulot.

En revanche que l’on tolère l’intolérance, le vandalisme bourrin jusqu’à se dégonfler du sapin gonflable et offrir une victoire symbolique aux pitres intégristes est problématique. Je ne sais quel crétin régressif a tenté de s’asseoir sur le « sapin » de la place Vendôme, mais je me doute que quelque part le supplice du pal le travaille, dans quelque refoulement frustre.

Mais d’autres questions se posent à propos de cette œuvre, hélas saccagée, de MacCarthy, et déjà la privatisation d’un espace public par une galerie internationale, Hauser and Wirth, jouissant en termes marketing d’un énorme coup de comm.

En ce sens le scandale pour eux est déjà plus que rentable, les vandales leur ayant rendu un immense service commercial.

On peut se demander si la place Vendôme (blindée de caméras vidéos cela dit en passant - bijoutiers - ministère de la justice...) comme le château de Versailles doit servir de support à la commercialisation d’un artiste et à la spéculation sur une œuvre en faisant exploser sa côte au profit de ses riches collectionneurs.

La Fiac, entreprise privée, grand marché de l’art ou grande foire du pognon ?

B0EWydwIQAA4rcc.jpg

Si l’année dernière François Pinault, à lire les aimables critiques, donna à voir sa collection privée à la Conciergerie, on pourrait tout aussi bien renverser la proposition et se demander si ce ne serait pas plutôt la Conciergerie, lieu public, qui mit à disposition son espace à la collection privée du milliardaire, offrant un sacré coup de projecteur.

Simple question d’angle.

Autre question que pose cette affaire MacCarthy, la promotion d’un art transgressif toujours récupérable et ne bousculant au final que les mœurs et dieu sait si on en a vu d’autres, mais surtout pas l’ordre mondial consumériste, ne se ferait il pas au détriment d’un art subversif remettant fondamentalement en cause le marché, comme en politique les quelques avancées sociétales ne seraient là que pour masquer ou compenser les régressions sociales ?

Bref, pour le dire trivialement et que les dames m’excusent, il serait plus facile aujourd’hui et rémunérateur de montrer son cul que d’avoir des couilles.

L’un n’empêchant pas l’autre cela dit.

tgb

12:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (26)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu