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26/08/2014

Sous les claviers la plage

  BYpbYCOCcAAQ0pN.jpgOn finit toujours par rentrer à la fin. On a beau faire tirer, dix ans comme Ulysse, « une minute encore, monsieur le bourreau » comme Madame du Barry, aimer le bruit des tongs splatch splatch dans les flaques d’eau, y’a toujours un moment où faut se rendre à l’évidence : on s’en sortira pas ; faut rentrer.

 

PHO39f2d850-2c75-11e4-979a-890130c3f93a-805x453.jpgDes rentrées y’en a de tous les genres, de tous les styles mais faut admettre que celle d’Hollandréou water proof restera un bon cru. Parce que côté spongieux on a rarement fait mieux. Je vois bien l’aspect communicant de la chose – Tout à son énième commémoration de celui qui regarde derrière vu qu’il ne voit rien devant, le capitaine de pédalo impassible brave fièrement les éléments déchaînés maintenant résolument le cap.

Ça pourrait avoir de la gueule sauf qu’avec pépère normal ça ressemble forcément à rien, à un « Ice Bucket Challenge » à la con sans les mains, à un gros navet humide qui prends l’eau et qui te donne une idée assez précise de la politique qui va s’ensuivre dans le registre pluvieux.

‘Qui voit Ouessant voit son sang, Qui voit Molène, voit sa peine, Qui voit Sein, voit sa fin…’

En route donc pour l’ultime phase de l’économie zombie et de la politique aplatie, le dernier quarteron de baltringues opportunistes du pays d’hollandouille avant liquidation ayant pris place dans la voiture balais, nous pouvons dors et déjà envisager de passer à autre chose voire à pire.

Si si, c’est possible.

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C’est pourquoi la rentrée récréative et combative à l’heure du laitier me paraît assez recommandable, histoire de se soulager les nerfs, de bien reprendre l’entraînement et le rythme juste avant d’aller fixer ses objectifs de fin d’année compétitive avec son N+1, en attendant, il va de soi, d’être expulsé jeté.

Ma préconisation : un pavé le matin après le café, un pavé le soir avant l’apéro.

melenchon.jpgMais ma rentrée préférée reste quand même celle de Jean-Luc Melenchon qui, en s’offrant quelque recul que modestement je lui préconisais (il m’arrive dans une de mes crises mégalomaniaques de penser qu’il suit mes conseils à la lettre) prends 100 mètres d’avance sur tous les autres tocards déjà hyper rincés avant même que ça commence.

Tout lâcher pour ne rien lâcher du tout !

Savourons ce concentré d’intelligence oratoire, d’humour et de culture d’un Méluche au meilleur de sa forme et qui nous laisse déjà entrevoir que ce qu’il y a de bien avec la rentrée c’est qu’on peut à nouveau attendre inéluctablement la sortie…

Ça y est, on va vers l’été.

tgb

13:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

06/08/2014

Les enfants de la plage

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Que les enfants de la plage et les 400 autres me pardonnent mes jours d’indolence d’ici, loin si loin de leur cauchemar et de la lacrymo dérisoire de Château Rouge. Qu’ils m’autorisent ces heures entières d’insouciance à ne rien faire d’autre qu’être bien. A voir et contempler, à toucher et sentir, à m’émerveiller tranquille de trop de beauté, de tant de caresses douces et sonores, du roulis perpétuel de la mer, du concert des cigales par vagues ensoleillées, du parfum enivrant de chanvre et d’oliviers dans la torpeur de l’ombre.

Que les mômes de la plage et les milliers d’autres à qui l’on a tué l’enfance me laissent cet égoïste répit de jouer avec les enfants d’ici qui ne risquent rien d’autre que de s’écorcher sur les rochers en écoutant le dialogue secret des chevreaux presque sauvages avec leur mère. Qu’ils m’autorisent la quiétude de l’aube suave jusqu’à l’heure bleue du soir, ce moment précis ou les milliers d’ailes et d’élytres rendent un ultime hommage au grand dieu Citron avant qu’il plonge, avant de faire soudain silence avec le crépuscule.

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Que les gamins de la plage là-bas me laissent les oublier le temps de rejoindre les gens d’ici et de boire avec eux toute la gentillesse et l’hospitalité crétoise à coups de verres de raki sous les caroubiers et les tamaris, à célébrer nos retrouvailles, jusqu’à nous laisser croire que le monde est si bon et la vie si facile. Oui que les gamins de la plage dévastée aient la chance un jour de faire chanter les pierres plutôt que d’en faire leur seule arme face au carnage légalisé, au chèque en blanc des puissants, aux Ponce Pilate misérables qui s’en lavent les mains pleines de sang et me couvrent de honte.

Que les enfants de la plage jouent comme ici au ballon sans bombes, à la guerre sans la guerre, sans que demain, ils deviennent eux-mêmes des bombes humaines, nourris par tant de violence si confortablement justifiée par l’hypocrisie sordide de l’occident humanitaire et colonial. Que les enfants de la plage là-bas aient un jour le droit comme ici de jeter des cailloux dans l’eau en s’éclaboussant et d’empiler en riant les galets sur la grève.

Dieu que la guerre est sale et l’été si léger.

tgb

20:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

27/07/2014

Dès que les martyrs s'endorment...je me réveille...

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«Celui qui m'a changé en exilé m'a changé en bombe.

Je sais que je vais mourir, je sais que je livre une bataille perdue au présent, car elle est d'avenir.

Et je sais que la Palestine - sur la carte - est loin.

Et je sais que vous avez oublié mon nom dont vous avez falsifié la traduction.

Et tout cela je le sais.

Et c'est pourquoi je porte la Palestine sur vos boulevards, dans vos maisons, dans votre chambre à coucher.»

Mahmoud DARWICH


Eneko artiste vénézuelien

21:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

14/07/2014

Son et lumière à Gaza

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Depuis les hauts de Sdérot, on peut admirer les bombardements sur Gaza.

Oh la belle bleue ! oh la belle rouge ! oh la belle bombe phosphorescente ! oh le beau « dime » fluorescent ! d’applaudir et de s’esbaudir en famille les colons réjouis.

La mort comme un spectacle a ceci de particulier qu’elle arrive à ôter toute humanité au plus sensible des spectateurs, au plus éclairé des peuples, d’illustrer, comme le disait l’impayable Botul, "la barbarie à visage humain" ou le conceptualisait l’immense Hannah Arendt," la banalité du mal".

Depuis que dans ce monde renversé la norme est à exiger du dominé qu’il fasse des sacrifices, à la victime qu’elle se culpabilise, au faible qu’il rende les armes, il est de bon ton de s’excuser devant le dominant, de plaindre le bourreau, de défendre le fort.

Et tandis qu’à travers le paillasson qui nous sert de président, la France des lumières qu’elle a mis en veilleuse depuis belle lurette demande courtoisement à Israël de "faire preuve de mesure dans sa riposte" contre Gaza face aux tirs de roquette de la part du Hamas que "nous condamnons", bref de massacrer avec modération, notre ambassade offrira à Tel Aviv, en ce 14 juillet, un bal solidaire avec feu d’artifice qui ne jurera pas ou si peu dans les détonations ambiantes.

Tout à la gloire d’une armée à chasser le gibier dans un zoo, en l’occurrence ici une bande de 41 kms de long sur une largeur de 6 à 12 de large, sorte de souricière à 4672 habitant au km2, on peut toujours arguer subtilement que le Hamas utilise sa population comme bouclier humain plutôt que de la laisser se réfugier dans des montagnes virtuelles.

On n’est quand même pas à un petit foutage de gueule près.

Oui, pour ces salauds de pauvres, pour ces enfoirées de victimes, pour ces bébés terroristes, dans cette énorme arnaque de l’escroquerie humanitaire et des droits de l’homme quand ça m’arrange :

the show must go on !

tgb

11:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

 
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