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24/06/2013

Les géants et les nains

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Tandis que le géant Mandela, sur la pointe des pieds, nous quitte, lui qui sacrifia 27 ans de sa vie à sa cause et nourrit l’humanité de son humanité, qui hier encore était considéré comme un dangereux terroriste par tonton Sam, saoulé d’apartheid et d’anticommunisme, le bouffon Mariton tout en mocassins à glands, s’en va soutenir à Fresnes, un petit réac de la manif pour scouts, tombé sous les lois punitives de leur idole Sarko, monté sur pilotis.

Oui à l’heure de l’agonie de Madiba, voir en cet autre Nicolas (Bernard-Busse) excité, une victime de la      « dictature hollandaise » est juste pathétique.

On a les prisonniers politiques qu’on peut. Les zéros qu’on mérite.

Non pas que le petit merdaillon, ce « Jean Moulin Ventilateur » de la branlette partisane, ait eu tort de ne pas se laisser prélever l’ADN, mais peut-être bien, de ne pas ouvrir sa gueule alors que l’infime Mariton votait en son temps cette loi expéditive qu’il pensait réservée aux racailles et gauchistes.

Ironique retour de bâton.

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Tandis que l’impayable Fanfoué s’en allait en grandes pompes refourguer du Rafale au dictateur du Qatar, tout en refusant, en catimini, d’en livrer au démocrate vénézuelien Madura, Rafael Corréa président du tout petit Equateur, avait le courage de défier l’empire, d’offrir l’hospitalité à quelque dissident apatride dénonçant les saloperies totalitaires ricaines.

Non, l’admirable Edward Snowden, risquant soit sa peau soit l’exil à balancer les magouilles liberticides de la Stasi anglo-saxonne, ne risque pas de demander l’asile au pays de Flanby.

Flanby a piscine chez l’Emir.

Il fut un temps où la France en ses valeurs universelles s’honorait d’accueillir les opprimés de tous les pays, les réfugiés pourchassés, les bannis, les traqués, mais ça c’était avant, avant que notre pays serve de paillasson à l’Europe, servant elle-même de paillasson à l’empire.

Avant que Flanby ne serve lui-même de paillasson à M6.

Evidemment, quand on en est à quémander trois sous à quelque obscure sous dictature obscurantiste, on peut difficilement prendre le temps de se faire greffer une paire de couilles et se hisser à la hauteur de l’Histoire.

Honnêtement, dans cette France minable, tout à fabriquer du minable populisme de fille à papa, être le minable « prisonnier politique » d’un minable chef de bureau, y’a pas de quoi pavoiser.

Quand les géants s’en vont, restent les nains.

tgb

18:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

21/06/2013

Eloge du larbinisme

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« Utilise-moi pendant le temps qui te convient et convient à ton action et à ton casting »

Ainsi écrivait, ce qui nous sert aujourd’hui de matronne du FMI, la chienne de garde Lagarde à son petit cheffaillon, distillant en une phrase, l’art de la reptation pour mieux s’élever dans la hiérarchie au-delà de toutes compétences. Ou, comment gravir les échelons en se prosternant et signer des chèques publics à quelque escroc notoire sur un claquement de doigt, pour mieux en toucher les dividendes le soir au fond de sa gamelle.

Cette déclaration SM, tenant autant de la soumission au maître que de l’auto flagellation, illustre parfaitement le mode d’emploi du larbinisme ascendant et du plan de carrière, option collier.

Ainsi dans la servilité idéologique, ce qui nous sert de président, normal tout autant que transparent, ce valet de pisse du capital : Hollande.

S’écrasant platement sur l’écran plat, cet orfèvre de la phrase qui s'anule dans sa volonté par exemple de "faire avancer la France… autant qu'il est possible" vient un soir de dimanche nous expertiser comptable dans une sous émission d’élucubrations libérales pour mieux faire flop et fuir l’ahuri ordinaire.

Cette parfaite réussite tant sur le fond que la forme de l’orfèvre de la synthèse ne peut que nous rassurer quant à sa colossale capacité à bien négocier la longueur de la chaîne et le poids du boulet mondialisé.

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Tout autant que celle qui nous sert de ministre de l’exception culturelle, dans la mesure toutefois où l’on parle le globish ricain en université, l’inconsistante Filippetti et ses aptitudes à bien s’avachir devant le Crif, rapport à quelque œuvre palestinienne. C’est dire si l’on peut être rasséréné quant à sa capacité de résistance face aux bulldozers du marché transatlantique qui nous fera enfin dire dans notre sous préfecture gauloise, sous succursale de Washington :

Nous sommes tous des sous américains !

Cette vague et nébuleuse exception culturelle précisément qui nous vaut d’être traité de « réactionnaire » par ce qui nous sert de président de la commission européenne : le transfuge Barroso. Cet ex maoïste, criminel de guerre, défendant officiellement les intérêts européens tout en roulant ouvertement pour l’empire ne pouvant être renouvelé à son poste d’oligarque de la grosse commission, vise avec zèle une autre place de laquais chef assisté du côté de l’ONU pour mieux porter en sa vassalité, la voix de son maître.

Il fut un temps où l’on appelait ça « intelligence avec l’ennemi » réglant l’affaire d’un honorable peloton d’exécution. Les traditions se perdant, nul doute que nous retrouverons ce bon à rien de renégat de loufiat de luxe dans quelque organisation à la courbette atlantiste pour mieux passer les plats.

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Oui mes amis camarades, si vous cherchez quelque accélérateur à votre promotion sociale, visez Val, soyez Valls, chargez votre langue de velours, léchez consciencieusement le fond du fion de quelque potentat local/global et toujours dans le sens du poil, du vent et du maître, soyez servile soyez serviable, flattez le puissant, méprisez le misérable :

la génuflexion comme ascenseur social.

tgb

11:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (19)

16/06/2013

L’archétype du sale type

 

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Sans en faire un cas personnel, le mis en examen dans l’affaire Tapie, Stéphane Richard, est l’archétype même du sale type qui pourrit de l’intérieur ou de l’extérieur, selon l’opportunité du moment, notre société déliquescente.

Ni pire, ni meilleur qu’un autre, il est le parfait représentant de l’oligarchie dans sa toute puissance, sa perversité et son impunité : on notera que malgré sa mise en examen pour escroquerie en bande organisée, il conserve son poste de président directeur général de France Telecom, ainsi que son salaire annuel d’un million cinq cent mille euros.

Le parcours de ce haut fonctionnaire soi disant de gauche, élu conseiller municipal de Bandol sur une liste de centre gauche en 89 et 95 avant de figurer sur la liste du maire UMP sortant en 2008, en dit long sur sa capacité à slalomer entre les lignes, à diluer par un réalisme bien senti ses convictions s’il en a, à jouer du pragmatisme, façon polie de nommer la défense de ses intérêts particuliers plutôt que l’intérêt général.

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Cet énarque, diplômé d’HEC, devenu inspecteur des Finances, ce dirigeant d'entreprise publique autant que privée, pantouflant de l’une à l’autre, passant d’un ministère Strauss Kahn à l’état major Messier, de Véolia à Borloo puis Lagarde, de Sarko à Hollande est le « pur produit de l’excellence française » dixit Challenges, à savoir, cette charnière privilégiée, cet interface protégé public/privé, bref un permanent et intolérable conflit d’intérêt ambulant.

Cumulant à la fois les privilèges de la haute fonction publique autant que les libéralités de l’entreprise capitaliste, un jour au service du profit, le lendemain à celui de l’administration, ce brouilleur de lignes de gauche de droite ou du centre, ce mélangeur d’ intérêt personnel et public, ce jongleur de responsabilités sans en avoir jamais à en assumer quelque conséquence est le parfait révélateur des dérives d’un système clanique.

Assisté tout autant que profiteur.

L’ADN éloquent et fondateur ENA/HEC est la marque même de ce glissement progressif vers tous les abus, toutes les permissivités, de la dérégulation à l’amoralité et du mélange des genres.

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A ce petit jeu tout confort d’aller retour en classe affaires, de mercenaire de la nomenklatura, la fortune de Richard est aujourd’hui estimée à 35 millions d’euros soit, rapport à sa formation initiale par l’état, un sacré retour sur investissement pour sa gueule.

On ne s’étonnera donc guère que cet assujetti à l'ISF, ne soit pas un farouche partisan de la lutte des classes, qu’il exige d’un bord à l’autre, précarité, austérité et réformes et qu’en termes de retour d’ascenseur, il ait forcément le bouton facile vers les étages supérieurs et soit solidaire de sa caste.

Ce présumé innocent, servant pour une fois de fusible, s’il n’est pas coupable est absolument responsable d’avoir joué de toutes les ambiguïtés, de toutes les compromissions, de toutes les facilités.

Il est le révélateur d’une corruption légalisée d’une élite.

Il est à ce titre, lui et sa clique, le prototype même du scandale.

tgb

15:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

13/06/2013

Les nouveaux dissidents

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Aux temps manichéens des gentils et des méchants, de la liberté ici, du goulag là-bas, les dissidents étaient derrière le rideau de fer tandis que les intellectuels luttant contre le cauchemar totalitaire étaient assis devant.

C’était un temps simple, confortable, pratique, ethnocentré. On était dans le bon camp et Botul faisait encore illusion.

Depuis, et à force de manipulations toujours plus grossières, de propagandes outrées, d’élections truquées, de tortures légalisées, de Guantanamo arbitraire, d’invasions coloniales teintées d’humanitaire, de guerres pétrolières, de dictatures soutenues, de démocraties détruites, depuis que l’on apprit à entrer dans la complexité des choses, on constata que le pays de la liberté pouvait être tout aussi bien un cauchemar climatisé, que le prix Nobel de la paix pouvait tuer à sa convenance par drone interposé, que la couleur de peau ne changeait rien à l’affaire.

Obama n’est pas Mandela, il est un fils de pute comme les autres, au service d’un empire comme les autres, même s’il chante le blues mieux que Bush junior.

Il n’y a pas de gentils ni de méchants. Ni de camp du bien, ni de camp du mal. La victime des nazis peut être le bourreau des palestiniens, le civilisé parfaitement barbare, le trotskiste Menard au non de RSF, peut rouler pour la CIA en soutenant du dissident ciblé, avant de rouler pour l’extrême droite..

Plus l’occident bave de la démocratie à plus il s’assoit dessus. Plus l’occident exporte ses valeurs à coups de bombes phosphorées hors de ses frontières, plus il les foule au pied en dedans.

Le terrorisme, largement nourri par nos saloperies, servant de prétexte à restreindre nos libertés :

Al Qaïda, Patriot Act même combat.

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Aujourd’hui, les dissidents sont héroïquement occidentaux, Assange, Manning, Snowden… Ils paient lourdement le prix de leur courage, de leur conscience, tandis que Botul et sa bande, pas payés pour s’en émouvoir, sautent sur Bagdad, Benghazi ou Damas en service commandé.

Big brother is watchning you. L’oncle Sam nous surveille, nous écoute, nous flique, nous prive de notre vie privée, au nom il va de soi, de notre sécurité et naturellement pour notre bien.

On le savait déjà, on en a la preuve.

Pour l’avoir dénoncé, le cyberrésistant Julian Assange est reclus depuis des mois à l’ambassade d’Equateur à Londres, sauvé provisoirement d’un emprisonnement inique par le téméraire président Corréa, victime forcément d’une campagne de presse calomnieuse dans nos medias aux ordres.

Le soldat Bradley Manning, accusé entre autres ‘d’aide à l’ennemi’, croupit depuis des années dans des conditions carcérales ignobles, dans les geôles de l’empire totalitaire américain. Il risque 20 de prison lors d’un procès militaire tout autant que politique.

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Pour avoir révélé les programmes secrets de surveillance téléphonique et électronique, aux Etats-Unis et à l’étranger en transmettant des documents au Washington Post et au Guardian l’ex-consultant informatique de la NSA, Edward Snowden, est réfugié à Hong-Kong redoutant une extradition.

Ce n’est donc évidemment pas le procès de Manning qu’il faut faire d’urgence ou de quelque lanceur d’alerte exemplaire mais bien le procès d’un gouvernement américain, (voire anglais…) liberticide.

Avant que de s’indigner des dissidents du sud, du nord, de l’est et de faire la leçon, soutenons d’abord nos dissidents à nous, qui mettent en jeu leur liberté pour garantir la notre.

Attention les nouveaux dissidents sont à l’ouest, nos sociétés à la dérive aussi.

tgb

10:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

 
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