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01/10/2013

Le fascisme cool et sympa

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A une époque de technologie avancée, le plus grand danger pour les idées, la culture et l'esprit risque davantage de venir d'un ennemi au visage souriant que d'un adversaire inspirant la terreur et la haine. Aldous Huxley

Si tu crois encore que le fascisme entrera par la porte au pas de l’oie, le bras levé, avec la tête de l’emploi, mèche sur le front pour bien l’identifier, moustache calibrée des fois que ça suffirait pas, tu te fourres salement le doigt dans l’œil de Lepen père.

Parce que l’extrême droite sait entrer par la fenêtre en épousant son temps. Elle peut être cool et sympa, jouer de la gratte en catogan, prendre de la coke et fumer des pétards, être homo et décontracte, avoir les traits d’une nana sexy et faire dans la séduction, la caution rebeu, ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de planquer un drapeau hitlérien dans sa cave.

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Tandis que le fond conserve ses invariants, xénophobie, ordre, nationalisme… la forme s’édulcore, s’adapte à l’époque, se donne un coup de djeune et de réseaux sociaux. L’extrême droite a bien compris qu’il lui fallait avancer masquée, liftée, souriante ; éviter l’antisémitisme, y aller mollo sur les mœurs, enjoliver son discours, décerner à titre gracieux une carte FN au Valls méritant, s’accaparer les valeurs de l’autre, inspirer en loucedé un rire collabo qui ne déparerait pas à la une de Minute ou de Valeurs Actuelles.

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Plantu Lepen, même combat !

En ce sens les crétins de la Daube Dorée n’auront pas fait dans la finesse. Avec leur croix plus ou moins gammée, leur panoplie revisitée du petit Nazillon à la grecque, ils devenaient un peu trop voyants, encombrants et difficilement sortables, voire assumables, par des autorités complaisantes pour ne pas dire conniventes. Quoi que le pouvoir grec prit son temps, il finit quand même par remettre (jusqu’à la prochaine fois) les petits gestapistes du 3ème Reich dans leur boîte.

Oui, la droite extrême new-look évite dorénavant de trop se commettre avec les crânes rasés un peu frustes et préfère distiller à petites touches ses insanités dans les ouvrages pseudo historiques du si sympathique et insoupçonnable Lorant Deutsh, porte serviette propret du sinistre Patrick Buisson, faire dans le discours populeux et social, opportunément anti-libéral, caresser la Janine rurale dans le sens du poil, le Jean-Claude suburbain dans le sens de la raie du milieu.

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Il n’empêche que l’extrême droite, quelque soit sa plastique, reste le meilleur allié du capitalisme. En détournant la colère populaire vers des boucs émissaires, elle capte assez de voix pour empêcher toute alternative à gauche, toute remise en cause de la doxa et des privilèges de l'oligarchie.

Avec ou sans cravate, l’extrême droite porte en elle le fascisme comme la nuée porte l’orage. Plus elle sera proche du pouvoir plus elle se fera mielleuse et policée : bonne fille… à papa.

tgb

10:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (20)

24/09/2013

Du mouvement social à la délocalisation en mouvement

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Mais où va t’on ?

Non seulement les ouvriers du textile du Bangladesh refusent dorénavant de se prendre des usines insalubres sur la tête et de mourir par milliers enchaînés à leur poste de travail, mais en plus, ces chochottes exigent-elles maintenant d’être payées.

Ce monde marche sur la tête.

Et pourquoi pas réclamer, non par jour mais carrément par semaine, les 35 heures pendant qu’on y est ?

Ainsi, et l’on croit rêver, plusieurs milliers d’usines à travers le pays sont paralysées par une grève massive tandis que des manifestations monstres sont organisées dans les rues.

Manquerait plus que Pujadas en parle dans son JT et que C dans l’air en fasse un sujet sans même inviter Christophe Barbier et l’on aurait alors touché le fond.

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Déjà que les ouvriers chinois ont obtenu par de désastreux conflits sociaux d’indécentes revalorisations de salaire et des améliorations déplorables de leurs conditions de travail (on a connu des temps où le dirigeant chinois était moins émoussé de la répression) que ce mauvais exemple fait contagion au Vietnam et au Cambodge, on tremble à l’idée même que cela puisse inspirer la CFDT chez nous et que cette organisation pragmatique se mêle alors de ce qui ne la regarde pas, à savoir, de luttes syndicales.

Bien sûr, l’entreprise H&M, jamais à court d’imagination et toujours à anticiper, pense à délocaliser ses usines en Ethiopie et se réjouit à l’avance de revenir aux sources de l’esclavagisme pour le plus grand bonheur d’Auchan, de Carrefour, Wallmart, Camaïeu, Zara…ces refourgueurs de fringues conçues par des miséreux, achetées par des moins pauvres, et vendues par des salariés en voie de paupérisation.

Le cercle vertueux de la saine sainte compétitivité.

Compétitivité, ce mot magique qui, s’il disparaissait, priverait tragiquement Nicolas Baverez et ses affidés de 50% de leur vocabulaire. Ce qui nuirait quelque peu aux passionnants débats économiques entre experts du même avis.

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Mais alors, si l’on doit en permanence délocaliser les usines d’Europe de l’Est au Maghreb, du Maghreb en Asie, d’Asie en Afrique, ne serait-il pas plus simple au final de produire directement dans les avions, d’envisager l'usine-cargo, et ainsi d’en profiter pour balancer dans le vide les quelques ouvriers récalcitrants et leurs revendications afin de protéger les dividendes de la rente à rien foutre et de redonner tout leurs sens aux parachutes dorés des grands patrons ?

Heureusement pour l’Europe tout à son Dumping visionnaire, l’invention en Allemagne du petit boulot à 1 euro 32 de l’heure pourrait redonner quelque espoir à la ré-industrialisation (provisoire) et donner quelques idées novatrices à Hollande/Moscovici, déterminés à réduire le goût coût du travail (et revaloriser ainsi le coût de l’actionnariat).

Par exemple, le petit boulot textile à 1 euro 29, histoire de bien emmerder Merkel et d’inscrire une France modernisée dans la mondialisation du changement c’est maintenant.

Le Medef reconnaissant.

tgb

11:46 Publié dans Blog, Web | Lien permanent | Commentaires (10)

17/09/2013

Légitime défiance

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Enfin la parole porcine se libère, enfin l’intelligence intestine, opprimée par la pensée unique, s’exonère, enfin l’instinctive diarrhée verbale exprime ses relents raffinés et se répand sur l’infâme carcan du politiquement correct.

La dialectique par l’invective et l’obscénité.

Merci aux briseurs de tabous, aux courageux francs tireurs qui osèrent, au péril de leurs multichroniques sur les multimédias, faire sauter les verrous de l’odieuse bienpensance. Merci aux pourfendeurs du laxisme angélique et du bobo-gauchisme oppressant qui sournoisement nous empêchaient de nous débraguetter et de mettre nos chaussettes sales sur la table.

Merci de réveiller l’inspecteur Harris qui sommeillait en chaque pochtron

Merci d’autoriser enfin la liberté reptilienne de penser ses instincts.

Merci pour cette grande émancipation par le tube digestif

Pour cet exutoire anal par les sphincters de la tête.

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C’est le grand défouloir du refoulé, le grand déversoir du frustré, l’exorcisme national par la rhétorique primale de l’analphabète en rut : la psychanalyse du beauf abruti, par l’éructation du concept flatulent.

Enfin, les jolis mots de nègre, bougnoule, youpin, vont avoir droit de cité, enfin sommes-nous autorisés à exterminer à notre convenance le voleur de poules, enfin pouvons-nous lyncher la racaille sur la place publique, éradiquer la vermine basanée, violer la salope de voisine qui n’attend que ça !

Exister un peu quoi !

Que nous encombrions nous de justice, alors que la vengeance est si compétitive. Que tels nos alliés Saoudiens, il suffit de couper la main du voleur, crever l’œil du voyeur, couper la langue du maraudeur, pour que tout rentre dans l’ordre.

Certes il faudra déplorer quelques légers dommages collatéraux : le carton sur le gamin qui rentre un peu tard, la balle perdue dans la tronche de la petite dame sur le trottoir d’en face, le pendu à la branche qui s’avèrera, confus mais un peu tard… n’y être pour rien.

Mais peccadilles, face à cette sublime avancée de notre civilisation occidentale, qu’est l’expression haineuse de nos pathologies mentales, l’accomplissement de nos frustes aigreurs, le triomphe de la connerie et de la colère mal placée.

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A force de servir de paillasson aux puissants, quel plaisir alors de s’essuyer les pieds sur les faibles et d’ainsi reporter lâchement nos propres humiliations et nos inexistences.

Que cent milices fleurissent dans leurs accoutrements et alors, y trouverai–je ma place et mon rôle et ma reconnaissance.

Du haut de leurs milliards, le 0,1% de l’oligarchie nous contemple et se marre, à nous voir fiers de cette liberté chèrement acquise :

le droit absolu de penser comme des porcs.

tgb

12:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (18)

11/09/2013

Salvador Hollandé au panthéon

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C’est donc le 11 septembre 2013 que Salvador Hollandé, président de la république socialiste Française, réfugié avec quelques fidèles au palais de l’Elysée, bombardé par l’aviation putschiste, et refusant de démissionner, mourrait, après avoir résisté plus de sept heures, les armes à la main.

Pour l’anecdote, la mitraillette avec laquelle il mettra fin à ses jours, avait été offerte par Evo Morales. Le président de Bolivie, le remerciait ainsi de lui avoir sauvé la vie en l’autorisant, malgré le diktat américain, à poser son avion à court de kérosène sur le sol indépendant français.

Entouré de ses plus proches collaborateurs, Pierre Moscovici, l’homme honni du patronat, l’anarchiste Manuel Valls, petit fils de républicain espagnol, Arnaud Montebourg arborant le pull marin des révoltés du Potempkine, Laurent Fabius ministre militant aux positions anti-atlantistes bien connues et Jean Marc Ayrault, le chef charismatique et radical du gouvernement, Salvador Hollandé s’adressait une dernière fois à la nation :

« Vive la France, vive le peuple, vive les travailleurs ! Ce sont mes dernières paroles, j'ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain et qu'au moins ce sera une punition morale pour la lâcheté et la trahison. »

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Victime d’un coup d’état militaire, financé par la CIA, Salvador Hollandé plus déterminé que jamais, payait ainsi de sa vie son combat contre son principal ennemi : la finance.

Pour avoir confisqué aux 500 milliardaires français le tiers de leur fortune afin d’apurer la dette, pour avoir nationalisé les banques, fait une chasse sans merci, grâce à l’acharnement de son ministre des finances, l’incorruptible Cahuzac, à la fraude fiscale, pour avoir dénoncé les écoutes odieuses de la NSA et les alliances contre-nature de l’empire américain avec l’Arabie saoudite et le Qatar, deux monarchies obscurantistes et féodales, le président de la France libre et souveraine choisissait le sacrifice plutôt que le déshonneur.

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Ainsi l’immense Salvador Hollandé, l'intransigeant président d’une gauche inflexible, traçant une véritable alternative à la politique libérale européenne, résistant courageusement à la vassalité de son pays, fidèle à ses valeurs et à ses promesses électorales, écrivait de son sang, une des plus belles pages de notre histoire, tragique et admirable.

tgb

14:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

 
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